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LA SAOURA

Grande vallée façonnée par l’Oued portant le même nom, la Saoura est l’une des régions les plus attrayantes du sud algérien. Elle est limitée au Nord par les Monts des Ksour et le Haut Atlas marocain, à l’ouest par la Hamada du Draa, à l’est par les oasis du Tidikelt et au sud par le plateau du Tanezrouft. Un décor fait de paysages lunaires de la Hamada du Guir contrastés à l’autre rive par les splendides dunes dorées du grand Erg Occidental. Entre ces deux ensembles féeriques s’incrustent, tels les joyaux d’un collier, palmeraies et ksour le long du lit des Oueds.

 


  
Lundi 3 décembre 2007
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Derrière la station service Total, qui maintenant est une station service Naftal, on voit la poste et la mairie. Photo  datant des années 70.

par Sofiane publié dans : Photos
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Samedi 1 décembre 2007
Le Sud algérien, véritable gisement cultu-rel, n’a pas encore dévoilé toutes ses richesses. Oralité, folklore, arts plastiques, artisanat, costumes et us et coutumes conservent encore une originalité mêlée à un soupçon de naïveté qui accentue leur charme et force l’admiration. Avec la sédentarisation massive, la population autochtone trouve-t-elle des structures culturelles capables de promouvoir ces richesses et les perpétuer? La «Voix de l’Oranie» s’est approché du directeur de la Culture de la wilaya de Bechar, Belkihel Abdelkrim pour avoir une idée sur les réalités et perspectives dans ce domaine.

La Voix de l’Oranie: Pouvez-vous faire un état des lieux des infrastructures culturelles existantes dans la wilaya de Bechar.

Belkihel Abdelkrim: Au début, il y avait 9 centres culturels dont 2 au niveau du chef-lieu de wilaya en égard de la forte concentration de la population, 75 % du chiffre total de la population de la wilaya se trouve à Bechar. Ces centres culturels, en général, se trouvent dans un état déplorable. Les équipements sont dégradés et les encadreurs ne sont plus à la hauteur pour mener à bien les tâches qui leur sont assignées. D’autres part, ces centres sont gérés par les communes et comme on sait que ces dernières ont tant de difficultés pour mener à bien tout ce qui se rattache à la ville, il est bien évident que la gestion de centres culturels est une chose qui les dépasse. Ajouté au fait que les centres culturels n’ont ni statut ni budgets propres. Alors… Actuellement, la wilaya a une autre vision qui consiste à promouvoir la culture de la région. Le premier acquis dans ce domaine est la construction de la maison de la Culture qui a été suivie par celle de l’annexe de la bibliothèque nationale et du musée de la wilaya.
Ce dernier a été construit, mais n’est pas encore créé officiellement. Il y a encore la réhabilitation de la cinémathèque qui ouvrira ses portes au début de l’année 2008. L’acquisition de son équipement est en cours. Cinq centres culturels sont en cours de réalisation à Ouakda, Lahmar, Mougheul, Boukaïs et Taghit.

- VO: Et qu’en est-il des projets d’avenir?

- BA: Pour ce qui est de l’avenir, la wilaya verra l’ouverture d’une annexe de l’institut régional de la musique d’Oran. M. le wali a mis à notre disposition des locaux au niveau du «Titanic».
Il ne nous reste plus qu’à les aménager et les équiper. La direction de la Culture est chargée de l’équipement et l’acquisition d’ouvrages pour vingt bibliothèques communales, dont trois pour Bechar, seront construites prochainement. Il va de soi qu’elles seront implantées dans les communes selon la densité de la population. Les cahiers de charges sont établis et l’opération sera lancée dans les prochains jours. Nous avons également bénéficié de deux études qui sont déjà au niveau de la commission des marchés. La première concerne le plan de sauvegarde des ksours classés, des gravures rupestres… etc. La deuxième opération concerne l’acquisition d’ouvrages pour l’annexe de la bibliothèque nationale.

- VO: Quelle est la part des arts dans les projets à venir?

-BA: Il y a aussi une étude qui concerne la réalisation d’un théâtre à Bechar.Le choix du terrain a été fixé, le cahier de charges établi et l’opération est en cours. Une autre étude prévoit la construction d’un institut régional de la musique. Nous avons également demandé l’inscription d’une opération de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel en plus d’une autre opération d’inventaire du patrimoine culturel matériel et immatériel, cette fois-ci, en plus du classement de trois sites de gravures rupestres à Abadla, Taghit et Merhouma ainsi que le classement des ksours de Béni ounif, Kerzaz et Mougheul.

- VO: Parlez-nous maintenant des objectifs.

- BA: Nous voulons que chaque groupement de population, que ce soit un ksar, un village ou une oasis, ait une bibliothèque. Nous aspirons aussi à ce que le patrimoine existant soit sauvegardé. Je parle de ksours, de manuscrits, d’oralité, de coutumes, costumes… etc.
Il me tient à cœur aussi de voir la création de festivités cycliques dans le domaine de la poésie, du folklore et du théâtre. Voir se concrétiser des bibliothèques à l’instar de la Khizana Ziania de Kénadsa ainsi que la restauration des manuscrits et ouvrages rares. Nous voulons aussi que la restauration des ksours et sites historiques soit faite sur des bases scientifiques pour des raisons culturelles, historiques et touristiques.
-Abordons, maintenant, si vous le voulez bien, le côté pédagogique.
-Notre action vise l’instauration du goût de la lecture chez l’enfant et la femme, créer des habitudes pour ce qui est de la fréquentation du théâtre et des expositions culturelles.

- VO: Comment comptez-vous faire?

- BA: Nous commençons d’abord par le théâtre destiné à l’enfance et à la jeunesse et pour cela, nous ferons appel aux associations actives dans ce domaine et que nous assisterons financièrement.

- VO: Quelles sont les manifestations culturelles, spécifiques à la région, que vous êtes arrivés à imposer?
- BA: Nous avons institué les journées de la chanson locale dans le cadre du patrimoine national, les journées de chants religieux et mystiques.
Il y a aussi le festival annuel du Gnaoui et les journées culturelles des ksours auxquelles nous comptons associer, dans les prochaines éditions, des chercheurs, des scientifiques et des conférenciers de différentes régions du pays.

- VO: Avez-vous, au programme, des échanges culturels avec d’autres wilayas?

- BA: Au printemps prochain, nous recevrons la wilaya de Mostaganem. Elle sera suivie par celle de Tizi Ouzou qui vient à Bechar pour la deuxième fois. Il y aura aussi un projet d’échange avec celle d’Aïn Témouchent, projet déjà en cours. Pour des raisons de climat, nous visiterons les wilayas citées en été.

- VO: Quelle expérience avez-vous acquise dans ce domaine d’échanges culturels?

- BA: Notre participation à la semaine culturelle de Bechar dans le cadre d’ «Alger, capitale de la culture arabe» nous a permis d’avoir une idée sur ce qui est de l’organisation, de l’association des parties actives dans le champ culturel.

-VO: Y a-t-il d’autres horizons que vous voulez aborder?

- BA: Nous nous préparons à la création d’une revue culturelle trimestrielle qui traitera du large éventail culturel de la région. Je voudrais aussi dire que j’ai besoin d’un encadrement spécialisé surtout du côté animation et activités culturelles. Il me faudrait aussi faire appel aux gens ayant des connaissances dans le domaine du patrimoine (archéologues, architectes).

- VO: Avez-vous quelque chose à ajouter pour finir cet entretien?

- BA: Je voudrais dire que la direction de la culture occupe actuellement les locaux destinés au musée de la wilaya et qu’il faudrait nous construire une direction de la Culture digne de la wilaya devenue pôle culturel.

- VO: Et qu’est-ce qui empêche le musée d’ouvrir ses portes?

- BA: Le musée, comme vous le voyez, a été construit et équipé. Il lui manque son arrêté de création.


Source : M. Ahmed, La Voix de l'Oranie.

par Sofiane publié dans : Culture
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