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LA SAOURA

Grande vallée façonnée par l’Oued portant le même nom, la Saoura est l’une des régions les plus attrayantes du sud algérien. Elle est limitée au Nord par les Monts des Ksour et le Haut Atlas marocain, à l’ouest par la Hamada du Draa, à l’est par les oasis du Tidikelt et au sud par le plateau du Tanezrouft. Un décor fait de paysages lunaires de la Hamada du Guir contrastés à l’autre rive par les splendides dunes dorées du grand Erg Occidental. Entre ces deux ensembles féeriques s’incrustent, tels les joyaux d’un collier, palmeraies et ksour le long du lit des Oueds.

 


  
Dimanche 1 juillet 2007
En se rendant à Bechar, dans le cadre de la 1ère rencontre des écrivains de l’exil, le docteur Yolanda Guardi du département de la traduction de l’Université de Milan en Italie ne se doutait pas que les intellectuels de la capitale de la Saoura lui réserveraient une surprise. Et quelle surprise ! Ils lui ont organisé une réception conviviale pour fêter son anniversaire qui coïncidait avec le jour de son passage dans leur ville, le 26 juin.
 
C’est un cadre de la bibliothèque natio-nale chargé de l’accompagner qui a vendu la mèche aux Becharis. Aussi, l’hôte italienne fut émue devant tant d’égards qui démontrent que l’hospitalité des Algériens n’est pas une légende. Le docteur Yolanda Guardi peut être considérée, pour de nombreuses raisons, comme étant l’ambassadrice de la littérature algérienne en Italie.

Née à Milan le 26 juin 1958, elle obtient un doctorat sur une étude de la littérature allemande à l’université de sa ville natale, puis entreprend des études en langue arabe qui seront couronnées par un second doctorat dont la thèse se centre sur l’œuvre littéraire de .. Abdelhamid Benhadouga. Pourquoi ce choix ? L’hôte de la Saoura dira tout simplement qu’étant mariée à un Algérien, c’est ce dernier qui l’éclaira en lui offrant à lire «Demain, un autre jour» autrement dit «Ghadan Yaoumoun Jadid» du romancier algérien. Ce fut le déclic. Yolanda Guardi est également auteur de trois livres, à savoir «l’Islam en Italie», «Façons de se guérir avec le Coran» et «Etude anthropologique du monde arabe». Elle a traduit également l’œuvre de Khellas et travaille actuellement sur la traduction du «Zelzel» de Tahar Ouatar.

En ce qui concerne l’image que se font les Italiens de la littérature algérienne, elle dira que les éditeurs avancent que celle-ci ‘ne se vend pas’, c’est ce qui a fait que la traduction de «Ghadan Yaoumoun Jadid» est restée dix ans dans le tiroir de son éditeur avant de voir le jour, l’œuvre de Khellas, trois ans. Ce que j’entreprends dans le domaine de la traduction de la littérature algérienne, je le fais en tant que volontaire ayant pour objectif de faire connaître aux Italiens ceux qui écrivent en italien, en l’occurrence Amara Lakhous, Tahar Amri et Abdelmalek Sémari, mais les académiciens les considèrent comme étant des auteurs italiens. Elle ajoutera que pour elle les œuvres de ces auteurs, bien qu’écrites en langue italienne, se basent sur des références culturelles arabes. En ce qui concerne une œuvre de Sémari, formée de deux parties dont la première reflète sa vie en Algérie et la seconde celle vécue en Italie, l’éditeur a voulu supprimer la partie algérienne. L’hôte de la Saoura précise que les traducteurs italiens, lorsqu’ils entreprennent la traduction d’une œuvre littéraire, pensent d’abord à la langue italienne sans se soucier des finesses et des subtilités de la langue d’origine de l’œuvre traduite, ce qui les confine dans l’égocentrisme de la traduction. Quant au lecteur, il lit ce qu’on lui donne à lire. Pour ce qui est des auteurs algériens d’expression française, Yolanda Guardi dira que le ministère des Affaires étrangères français les fait traduire en italien comme étant des écrivains français, francophonie oblige, et les considère comme chasse gardée. Il existe bien des échanges bilatéraux entre l’Italie et l’Algérie mais ils concernent les échanges économiques et des transferts de technologie. Pourquoi ne pas faire en sorte qu’il y ait aussi des échanges culturels, pour comprendre l’autre?


Auteur: Messaoud Ahmed,  La Voix de l'Oranie.
par Sofiane publié dans : Culture
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Lundi 18 juin 2007
Quatre nouvelles stations de gravures rupestres datant de plus 8 000 ans, selon les premières estimations et comprenant une quarantaine de dessins de bovidés et autres espèces animales de l’époque, ont été découvertes dans une zone désertique située à 16 km à l’ouest de Abadla, distante de 88 km au sud de Béchar, apprend-on de la Direction de la culture. Cette découverte a eu lieu dans un site dénommé Khnag Tsaouir (gorges des Images) par le guide Hadj Brahim, un connaisseur des secrets du désert.
Aussitôt informés, les services de la Direction de la culture ont dépêché une équipe technique pour prendre les photos nécessaires au repérage de cette zone où la découverte a eu lieu, des sépultures, de la poterie et plusieurs autres matériaux archéologiques, dont seuls les spécialistes peuvent déterminer l’âge, souligne-t-on à la Direction de la culture.
La wilaya de Béchar, où l’on recense plusieurs stations similaires à Taghit et dans la région de Marhouma, sur le territoire de la daïra de Béni Abbès, en plus de différents sites archéologiques témoins des premières manifestations de l’espèce humaine sur Terre, doit prendre en charge cet important patrimoine historique par la création d’une structure spécialisée encadrée d’archéologues, soulignent des responsables d’associations activant dans le domaine de la protection de ce patrimoine.

Source : Liberté.
par Sofiane publié dans : Culture
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Dimanche 3 juin 2007
Le premier prix du Festival national de la musique et danse gnaouies qui s'est déroulé à Béchar est revenu à la troupe "Sidi Billel" de Mascara alors que les deux prix suivants ont été décernés aux groupes "Diwan Dzaïr" d’Alger et "Dikioussia" de Béchar. La troupe lauréate "Sidi Billel", composée d'une dizaine de jeunes musiciens adeptes du diwan, a charmé le public par la qualité de sa prestation, particulièrement par l'originalité de sa chorégraphie puisée de la tradition gnaouie. La cérémonie de clôture de cette manifestation culturelle s'est déroulée jeudi au stade "En-Nasr" devant un public nombreux captivé tout au long de la soirée, et essentiellement charmé par la production de Hasna El-Bacharia, la diva maghrébine du genre gnaoui qui clos la manifestation culturelle. La chanteuse et sa troupe musicale dirigée par son propre fils ont subjugué, par les mélodies envoûtantes du gumbri, les spectateurs qui reprenaient spontanément tous les refrains des chansons telles "Djazaïr Johara", "Jangari" et surtout "Nabina" en louange au Prophète Mohamed (QSSSL). Cette soirée, haute en couleur et en son, a été également marquée par un hommage rendu au doyen des Maalem de la confrérie des gnaouis, Brahim Berrezoug. Ouvert le 27 mai dernier, le Festival national de la musique et danse gnaouies a regroupé 18 troupes en provenance d'Aïn Sefra, Alger, Béchar, Béjaïa, Jijel, Mascara, Mostaganem, Saïda, et Sidi Bel- Abbès, rappelle-t-on. Son organisation intervient dans le cadre de la promotion des expressions musicales et chorégraphiques traditionnelles du pays, a souligné Mlle Kaddouri, représentante de la ministre de la Culture, Mme Khalida Toumi. Pour sa part, le wali de Béchar s'est lui aussi félicité de la réussite de cette manifestation qui consacre, selon lui, la ville dans son statut de capitale culturelle du Sud du pays. A noter, par ailleurs, que les trois troupes primées lors de cette grande fête musicale prendront part au Festival international de la musique et danse gnaouies prévu en juillet prochain à Alger.

Source : Courrier d'Algérie.
par Sofiane publié dans : Culture
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Mercredi 30 mai 2007

Hasna El Bacharia, qui sera la vedette du 1er festival du Gnaoui qui se poursuit à Bechar jusqu'au 31 mai, passe pour être "un phénomène" dans l'interprétation du genre musical Gnaoui, étant l’unique femme joueuse de l'instrument du Goumbri dans tout le Maghreb Arabe. Le genre musical qu'est le Gnaoui, est notamment répandu en Algérie et au Maroc, où l’on connaît que des hommes "Maalem" joueurs de cet instrument à cordes, fabriqué à base d’intestins de boeuf et se "distinguant par la lourdeur de son poids".

 

Jamais de mémoire humaine on ne connaît de femmes joueuses d’instruments musicaux dans la confrérie des Gnaoua, disent les adeptes de ce rite musico-spirituel qui a fait connaître Hasna tout d'abord à Bechar sa ville natale, avant qu’elle ne devienne une artiste de réputation internationale à travers plusieurs concerts animés en France, au Maroc, au Portugal et surtout à l’opéra du Caire où elle a établi sa notoriété en tant qu’artiste arabe confirmée, en plus de ses concerts et prestations à Alger. Avec une carrière artistique de plus de trente années et un album "Djazair Djohara" dédié à son pays, Hasna El Bacharia s'impose comme monument de la musique Gnaouie, mêlant le sacré et le profane et où le Goumbri, Karkabou et Tbal sont les piliers. Grâce à l’héritage culturel de son père lui-même Maalem de la confrérie à Bechar, elle a su imposer sa personnalité artistique à travers son jeu et sa dextérité dans l’interprétation des textes gnaouis, notamment "Jangari" ou "Bordj" dans le langage Gnaoui, qui passe pour être l’un des morceaux des plus difficiles à interpréter. Hasna s’est illustrée d’abord dans les fêtes de mariages à Bechar qu’elle a animée pour les femmes. Elle joue en outre de la guitare électrique, le luth, le Banjo et surtout le Goumbri.

 

Cette artiste qui aura à animer avec sa troupe une soirée très attendue par le public dans le cadre du festival national de la musique et de la danse Gnaouis, est considérée comme "la diva" de cet art séculaire, qui s'est forgée une notoriété de par la beauté des compositions musicales et surtout des textes chantés. Hasna El Bacharia, qui vit actuellement entre sa ville natale Bechar et la capitale française, Paris, reste très attachée à son pays qui est pour elle, le centre de son inspiration artistique. Elle est actuellement en voie de "finir" un nouvel album portant sur la paix et l’amour du prochain, a-t-elle indiqué.

 


 

Source : R.C., Le Courrier d'Algérie.

par Sofiane publié dans : Culture
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Mercredi 30 mai 2007
 

 

En marge des soirées artistiques qui se tiennent au stade Ennasr de Bechar, sept conférences sont programmées au niveau de la Maison de la culture. La matinée de lundi dernier a vu deux interventions présentées par le Dr. Tehirichi Mohamed et Abdelmalek Hanane. Les thèmes abordés avaient pour sujets « Les musiques du Sud de l’Algérie et leurs influences sur les genres musicaux modernes» et «le Diwan: de la thérapie à l’art».
Au cours des débats qui ont suivi, l’une des principales questions posées était de savoir pourquoi avoir choisi Gnaoui et non pas Diwan pour l’appellation donnée au Festival? Dans le Sud algérien et plus exactement à Kenadsa, c’est le mot Diwan qui désigne ce rituel parce qu’il se réfère au lieu, tandis que Gnaoui ou Tagnawit se réfère aux origines comme nous l’avions précisé dans notre article d’hier. De même que l’origine du karkabou, crotales en forme de «8», n’est pas du tout une référence aux menottes. Cette remarque pertinente nous poussa à chercher l’origine du mot «crotale» et nous avons découvert que cet instrument existait dans l’antiquité grecque donc bien avant la traite des esclaves en Afrique. Il est parti du Sud et au Sud il revient, l’espace d’un festival qui fait de Bechar la capitale du Gnaoui, et historiquement c’est de Kenadsa qu’on devrait parler. Cette Oasis servait de point de passage des caravanes revenant de Tombouctou et du Tafilalet. Ces caravanes chargées de poudre d’or en provenance du Soudan, ancienne appellation du Mali et du Niger, reprise plus tard pour désigner ce qu’on appelait le Soudan français, ramenaient aussi des esclaves. Certains ont été retenus à Kenadsa comme en témoigne «Derb laâbid» qui est sauvegardé pour mémoire. D’autres moins chanceux continuèrent leur longue marche vers le Nord. C’est ce qui explique leur fixation dans les Grabas ou villages nègres des villes comme Aïn Sefra, Mecheria, Saïda, Sidi Bel-Abbès et Oran entre autres. Le Diwan en Algérie, Tagnawit au Maroc ou Stambal en Tunisie avait ses traditions et son protocole. On devait y accéder en respectant le lieu, c’est-à-dire se déchausser d’où l’expression populaire «Dakhal el hadra bsébath». En ce qui concerne le lexique approprié, certains mots d’origine nous sont parvenus, d’autres sont usités sans qu’on connaisse la signification exacte parce que perdue avec les Mokadems et Maâlems disparus.

C’est ainsi que le «Goumbri», le «karkabou» et le «Guenga» désignent respectivement l’instrument à cordes, les crotales et le tambour. Il existe trois genres (Toboâ) de Diwan. Le genre El Filali pratiqué au Maroc, celui Chergui pratiqué dans le Nord algérien et le genre Touati existant au Sud de notre pays. A Bechar, il y avait, au cours des années 70, deux Diwans différents par leurs composantes humaines et par leurs genres. Le Diwan du Mokadem Salem, père de la chanteuse Hasna, et du Mokadem Mejdoub, héritiers du Diwan de Mokadem Faradji Bel Lahbib avait le genre Touati. Le Diwan de Mokadem Blal Essaïdi (de Saïda) avait le Chergui qu’il avait ramené avec lui. Le Mokadem Salem se faisait seconder par sa sœur Lala Mina qui exerçait la fonction de Aârifa et couvrait d’un drap vert les femmes entrées en transe. Toujours du point de vue lexical, «Boulel» désignait le fouet fait à partir du nerf de bœuf noir sacrifié. Le terme «Namayou» désigne la femme et «Bawa» les adeptes de la confrérie. La «sanda» est la danse des bâtons et «Kovo bango» le maâlem. En ce qui concerne la symbolique, qui ne se souvient pas du taureau noir servant de mascotte que les Ouled Sidi Blal déambulaient avec eux dans leurs exhibitions rituelles dans la rue. Le taureau capé représente le traître des esclaves, «Merzoug», qui, à la fin de l’exhibition, sera immolé pour garnir le coucous des festivités. La «Djedba» est une sorte de délivrance des démons car, dans la croyance anté-islamique des esclaves, l’animisme, les démons peuvent entrer dans le corps du possédé, d’où «Meskoun» ou habité par le Djinn. D’ailleurs «labradj», pluriel de «Bordj» et l’encens utilisé sont en fonction de l’invocation de tel ou tel esprit. Laârifa qui sert de médium parle au cours des transes et les paroles qu’elle prononce sont perçues comme étant celles de l’esprit invoqué. La «Djedba» qui sert parfois d’exorcisme pour délivrer certains malades des esprits qui les habitent se termine toujours par l’écoute de ce que «Laârifa» prononce. Le plus souvent c’est l’immolation d’un bouc noir sans tache ou d’un coq de même couleur, selon le statut social du malade ou du demandeur. le «Jaoui soudani», encens africain à base de résine, brûle à profusion en propageant une fumée opaque. Les présents peuvent en avoir une partie en fonction d’une obole offerte en contrepartie. En ce qui concerne la gent féminine, il existe à Kenadsa une troupe gnaouie nommée «Karktou».

Source : A. Messaoud, La Voix de l'Oranie.
par Sofiane publié dans : Culture
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Mardi 29 mai 2007
 
La première édition du festival national du Gnaoui qui se tient à Bechar du 27 au 31 mai 2007 offre aux chercheurs en ethnomusicologie l’opportunité d’entreprendre des travaux de sauvegarde de cette tradition musicale menacée de disparition, ou plus exactement menacée par l’influence de la culture occidentale, notamment en ce qui concerne l’introduction d’instruments nouveaux qui risqueraient de la défigurer.
Le genre Gnaoui a de tout temps rempli, dans notre société traditionnelle, une fonction rituelle qui implique sa conservation et son immuabilité ; s’il perdait un jour sa fonction traditionnelle, il risquerait de s’affaiblir ou de disparaître en tant que tel. Le Gnaoui est un genre qui prend ses sources, pour certains, du Ghana, pour d’autres, de la Guinée. Ce fut, à l’origine, des complaintes chargées de nostalgie et d’amertume chantées par des déportés durant la sinistrement célèbre époque esclavagiste. Donc le Gnaoui était pratiqué, au départ, dans une communauté d’esclaves, Laabid, d’où incompréhension de certains refrains dont le sens originel a été perdu avec les anciens. Ce genre musical est exécuté par certains membres de la communauté qui s’était convertie à l’Islam au Maghreb et avait pris comme saint patron Sidi Blal, autrement dit Sidna Bilal, le compagnon de couleur du prophète (QSSSL). Le Gnaoui est souvent étroitement associé aux événements importants de la vie communautaire, aux activités quotidiennes liées aux rites religieux ou profanes et aux cycles naturels (saisons). L’instrument de base du Gnaoui, ou Laabid puis Diwan comme cela se dit à Bechar, est sans conteste le Goumbri.

Le Goumbri est un instrument à corde dont la caisse en forme de parallélépipède rectangle est faite en bois, il est muni d’un manche et couvert de peau de chèvre. Les cordons, au nombre de trois, sont faits avec les boyaux du même animal. Couverte de préférence avec un tissu vert, la caisse du Goumbri est le plus souvent ornée d’amulettes et de ferrures accentuant la sonorité.
 
Vient ensuite le Karkabou, sorte de double castagnettes en fer qui marquent le rythme et rappellent le tintement des chaînes, et enfin le tambour. La danse est en elle- même une expression de liberté corporelle pleine de symbolique. Le danseur montre son agilité et se libère des contraintes quotidiennes. C’est à ce seul moment qu’il dispose librement de son corps et en fait ce qu’il veut. La danse commence par le salut du Mokadem et des gestes à l’endroit du foyer du feu d’où se dégage l’odeur de l’encens à base de Jaoui, une résine d’arbre provenant de la lointaine Afrique, d’où son appellation de Jaoui Soudani. Les gestes s’accentuent crescendo suivant le rythme de la musique et finit le plus souvent par la transe qui, par définition, est l’état modifié de la conscience dans lequel entreraient les médiums quand ils communiquent avec les esprits. Car il ne faut pas perdre de vue que le Gnaoui à toujours été empreint de l’animisme pratiqué dans les pays d’origine des esclaves. Le plus souvent, le rituel se pratiquait près d’un arbre fétiche sur les branches duquel des rubans et des bandelettes de tissu sont noués après la formulation d’un vœu. Vient ensuite la symbolique de la punition infligée à l’esclave. Le danseur s’échauffe d’abord, puis il commence, à l’aide de nerfs de bœuf, à s’autoflageller. Les gestes sont aujourd’hui symboliques mais on assistait dans le passé à des scènes où le dos du danseur était lacéré de toutes parts et les blessures laissaient couler du sang. Cette gestuelle peut s’interpréter de deux façons. Le danseur s’inflige cette correction pour se délivrer du démon qui l’agite, ou montre à son maître dans une sorte de défi qu’il est capable de supporter ce supplice.
 
Vient ensuite la danse des couteaux où le danseur accomplit le geste de se piquer le ventre avec la pointe des instruments en suivant le rythme ambiant. D’autres danseurs marchaient sur des braises ardentes, gestuelle qu’on rencontre dans des danses exécutées par des noirs dans différentes contrées du monde et ayant la même origine. On soutient que dans le passé, certains Mokadems, en transe, se mettaient des braises dans la bouche et les mâchaient. Le plus souvent, des familles présentaient, en pleine cérémonie, un bébé au Mokadem qui lui met sur la tête soit son turban, soit sa chéchia et à partir de ce moment- là, l’enfant est entré sous la protection de Laâbid contre le mauvais œil ou les mauvais esprits. Les parents offrent une obole qui symbolise «la vente» du protégé à Ouled Sid Blal. La danse de Laâbid, plus précisément la transe, appelée chez nous Jedba, fut longtemps liée à l’exorcisme.

Source : A. Messaoud, La Voix de l'Oranie.
par Sofiane publié dans : Culture
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Dimanche 27 mai 2007

La ville de Béchar vibre au rythme de la musique et de la danse gnaouie, à la faveur d’un festival national ouvert tard dans la soirée. 
Initié par le ministère de la Culture dans le cadre de la promotion et de la préservation de cet art séculaire, ce festival regroupe 18 troupes et ensembles des différentes régions du pays, ainsi que la célèbre troupe «El Gaâda» et la «diva» dans ce genre musical du Maghreb Arabe, Hasna El Bécharia.

 

La cérémonie d’ouverture a été marquée par la présence d’une représentante du ministère de la Culture, laquelle a mis en évidence «l’importance de ce genre de manifestation tendant à préserver le patrimoine culturel du pays».

 

La troupe Sidi Blal de Sidi Bel Abbès, qui a inauguré le cycle des représentations artistiques de ce festival, a fait preuve sur scène d’une maîtrise des sonorités et danses gnaouis, grâce à l’homogénéité de ses dix membres qui ont emballé le public en cette première soirée.   
Cette manifestation, qui durera jusqu’au 31 mai, sera l’occasion aussi pour les troupes des autres régions de se faire connaître à travers leurs prestations.

 

En marge de ces représentations, une rencontre sur le gnaoui est prévue dès lundi à la Maison de la culture de Béchar avec la participation de nombreux universitaires et chercheurs qui aborderont de nombreux thèmes liés à cet art musical et chorégraphique séculaire.

 


 

Source : La Nouvelle République.

par Sofiane publié dans : Culture
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Samedi 26 mai 2007
L’une des plus anciennes expressions musicales et chorégraphiques au Maghreb arabe est sans doute le genre Gnaoui, très répandu notamment en Algérie et au Maroc, où il est recensé une multitude de groupes à travers plusieurs régions de ces deux pays. Cet art traditionnel et populaire, dont le 1er festival a débuté hier à Bechar et durera jusqu’au 31 mai, avec la participation de 18 groupes et artistes de renommée internationale, notamment le groupe "Gaada" de Béchar et la chanteuse Hasna El Becharia, est apparu selon différentes sources historiques en Algérie et au Maroc à l’époque des Almohades, au sein de la confrérie des Gnaoua autour de maîtres "Maalem" et de joueurs d’instruments de Karkabou et du Goumbri (instrument à trois cordes fabriquées à base d’intestins de boeuf) en plus du tambour appelé "Tbal".

Au début de son apparition, la confrérie "Gnaoua" regroupait aussi des voyantes, des médiums et de simples adeptes qui pratiquaient un rituel appelé en Algérie "Diwane" et au Maroc "Lila" où se mêlent à la fois des apports culturels et artistiques africains, arabes et berbères et durant lequel on s’adonne à la transe (danse de possession). Ce brassage de cultures a donné à cet art sa richesse et sa diversité musicale et chorégraphique qui ont fait en sorte que d’une région à une autre les rythmes diffèrent, mais les cinq notes appelées "Khoumassi", établies depuis des siècles, sont jouées et respectées par l’ensemble des groupes. Le respect de ces notes musicales par les adeptes du "Diwane" est à l’origine de la préservation des rythmes et des danses qui sont restées immuables depuis des siècles. Le tour de chant dans le "Diwane" s’appelle "Bordj" dont certains textes sont essentiellement des louanges à Dieu, son envoyé Mohamed (Que le Salut soit sur lui) et le compagnon du prophète Bilal. Les Saints patrons sont également cités dans ces chants. Pour de nombreux adeptes de ce genre, l’attachement à l’islam à travers les textes chantés représente une appartenance à une civilisation qui avait rassemblé des peuples de différentes cultures, comme c'est le cas du "Diwane" où les paroles des chansons comprennent des mots en "Bambara", en arabe et dans les différents dialectes berbères. Le rituel Gnaoua pendant le "Diwane" est destiné parfois pour la guérison "des possédés et des malades" à travers des représentations chorégraphiques et des danses implorant Allah à guérir les personnes atteintes de maladies. Le tout animé par les sonorités du Goumbri et un air de karkabou. Le même rituel est pratiqué par les adeptes "d’El Hadhra", très suivie par les habitants des villes et villages de l’ouest et du sud ouest du pays et qui crée une communion entre l’âme et le texte chanté, aboutissant à une transe, sorte d’extase qui permet à l’individu de faire le "vide", comme le disent les Gnaouis.

Le mysticisme est toujours présent durant le cérémonial des Gnaoua. Il a pour objectif la découverte de l’âme individuelle et collective et celle des secrets et mystères de ce monde, l'évasion du quotidien pour aller vers le "sublime", la perfection. La transe est dirigée par le Mokadem, généralement le plus âgé et le maître des membres de l’assemblée qui, au début du cérémonial est salué avec un grand respect par les membres du groupe, du fait qu’il incarne la connaissance parfaite du rite Gnaoui, la sagesse et préserve l’homogénéité du groupe. La beauté du texte, de la musique et de la danse Gnaoua procure, au fil du cérémonial, un sentiment de satisfaction, de bien-être, tant chez les membres de groupes que chez les spectateurs. En chacun s’opère une sensation de l’état sublime, de par la beauté des rythmes ou des sons des instruments, notamment le Goumbri dont la grave sonorité des cordes "pénètre immédiatement dans les fins fonds des âmes des participants".

Cependant, l’apparition ces dernières années de troupes en Algérie, au Maroc et en France, adoptant une instrumentation moderne aux rythmes Gnaoui risque d'affecter une sonorité et un style artistique qui a résisté durant des siècles, demeurant partie intégrante de la culture et du patrimoine des populations de toute la région du Maghreb Arabe. Jusqu'à ce jour, les fêtes continuent d'être célébrée sur un air de Gnaoua, indiquent de nombreux adeptes du Diwane original à Béchar. L'organisation du 1er festival national de cet art séculaire à Béchar atteste de l’engagement des pouvoirs publics, notamment le secteur de la culture, à préserver et à sauvegarder une dimension culturelle ayant contribué à la formation du patrimoine national.

Source : R.C., Le Courrier d'Algérie.
par Sofiane publié dans : Culture
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Mercredi 2 mai 2007
Le premier festival national de la musique et de la danse "gnawa" ou "diwan" aura lieu entre les 26 et le 31 mai prochain à Béchar, avec la participation de dix- huit troupes et ensembles des différentes régions du pays, a indiqué le commissaire de ce festival, Hocine Zaidi. Ce festival, initié par le ministère de la Culture dans le cadre de la valorisation et de la promotion des expressions lyriques et chorégraphiques traditionnelles et populaires nationales, et de la manifestation "Alger capitale de la culture arabe", fait actuellement l'objet d'intenses préparatifs, souligne le même responsable Il est attendu que cette rencontre constitue pour les amoureux de la musique et chants gnawa un grand évènement culturel, du fait de la popularité et du succès de ce genre d’expression artistique à travers le pays et à l’étranger. En plus des troupes participantes, une pléiade de groupes et artistes de renommée internationale dans l’art gnaoui animeront les soirées de ce festival qui auront lieu à la salle omnisports de "Debdaba". A ce titre, il est cité Hasna El Bacharia, unique femme maître du genre dans l’ensemble des pays du Maghreb arabe d'où est originaire cette musique. Le groupe "Gaâda de Béchar" dont le concert est prévu pour le 28 mai est très attendu par les Bécharis, ainsi que les groupes "Sakia" et "Talla" d'Alger, et "Algo Rythme" de Jijel. Ces artistes et groupes, qui ont confirmé officiellement leur participation à ce festival, animeront également des ateliers consacrés à l’art gnawa avec la participation de nombreux universitaires et chercheurs de différentes universités du pays invités à cette occasion, des conférencesdébats portant sur le même thème sont également au menu de cette manifestation. La ville de Béchar qui passe pour être la capitale du gnawa et du fondou grâce à la notoriété des maîtres de ces musiques originaires de cette cité du Sud notamment Brahim Garros pour le gnaoui et Alla pour le fondou. Le comité d’organisation de cette importante manifestation artistique poursuit ses préparatifs pour assurer, avec le concours du ministère de tutelle et des autorités locales de la wilaya, les meilleures conditions à ce festival, précise-t-on de même source.

Source : Le Courrier d'Algérie.
par Sofiane publié dans : Culture
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Dimanche 22 avril 2007

La clôture du séminaire national sur les patrimoines des manuscrits islamiques, qui s’est déroulée en présence de monsieur Bouabdallah Ghoulam Allah ministre des affaires religieuses et des waqfs, qui a été organisé par la direction de la même institution de la wilaya de Bechar.
Ce séminaire a été finalisé à l’auditorium du centre universitaire, des intervenants et des participants des différentes wilayas et zaouias ont participé aux recommandations, ainsi que les collaborateurs du laboratoire de recherche dans ce domaine des manuscrits islamiques. En outre la mise en exergue de cette évidence de ce concept, c’est de mettre en œuvre les exploitations de cette matière à la portée des institutions concernées pour éclairer cet héritage spirituel qui reste encore poussé dans le temps lointain, pour déterminer les explications des fondements sur le développement de ces pôles qui sont spiritualisés et qui restent les mêmes avec leur hérédité depuis longtemps et il faut le signaler l’anthropologie, accompagnatrice durant des périodes jusqu’à ce jour. Il est à signaler que ce séminaire prélude l’usage de l’épistémologie de cette science islamologique à l’induction dans toutes les universités, notamment dans les instituts islamiques.
Par ailleurs, le séminaire a été couronné par des visites de mosquées qui sont encore à l’état de chantier avec des soutiens purement bénévoles en matière de subvention.
A Béni-Ounif, le ministre a visité le mausolée de Sidi Slimane Ben Bousmaha et sa zaouia et une autre mosquée de 1 300 m2  d’une capacité de 2 000 places et il faut le spécifier, cette mosquée est en cours de réalisation avec un avancement de 5 % seulement depuis 2003, d’où le montant de réalisation est de 31 000 000 DA.

A Taghit, le ministre a visité la mosquée en projet d’extension, de réhabilitation et de construction de trois salles d’étude coraniques bibliothèque et des locaux sanitaires et commerciaux. Ces travaux de réalisations sont estimés à 6 164 745,80 DA. Pour la ville de Bechar, il a visité la mosquée du Forkane à Debdaba qui est en travaux, la construction se fait par la famille Chenni avec tous les moyens que cela demande, elle a pris en charge toute la réalisation de cette mosquée.
Ensuite, le ministre s’est dirigé vers la grande mosquée Aïcha Oum-el Mouminines (mère des croyants), d’une contenance de 8 000 places qui est en construction par son association. Cette mosquée se compose de plusieurs infrastructures répondant à toutes les nécessités pour hommes et femmes.
La mosquée est constituée une salle de conférence, bibliothèque, salle de cours et d’autres structures. Il est à remarquer que 2400 m2 sont bâtis.  A noter, que le ministre a accompli la prière du vendredi à la mosquée du centre ville de Bechar et la zaouia de Kenadsa a été programme à la fin de ce périple.

 

Source : M. Smaïl, La Nouvelle République.

par Sofiane publié dans : Culture
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