Le volet culturel semble constituer une préoccupation majeure pour la télévision nationale qui a résolument décidé d’accorder, dans sa grille
des programmes, une place importante à ce registre en portant une attention particulière aux manifestations culturelles locales par le truchement de ses différentes stations
régionales.
La station régionale de Béchar vient de nous donner le ton en inaugurant le cycle, vendredi soir sur la chaîne Canal Algérie, immédiatement
après la diffusion de l’émission culte sur le patrimoine «Qaâda», par la présentation de son nouveau magazine culturel «Marhaba min Béchar». Une véritable rétrospective sur la vie culturelle de
toute la région sud ouest du pays qui, en l’espace d’une heure, a réussi à faire découvrir au téléspectateur algérien des richesses méconnues de notre patrimoine et donner un aperçu sur une
vitalité insoupçonnée d’associations locales qui activent dans une partie du pays qui reste encore à découvrir. Asla dans la wilaya de Naâma, Tamentit près d’Adrar, Kenadsa, Mécheria, Tindouf
puis Taghit et Beni-Abbès ont été les principales haltes de ce captivant périple culturel auquel nous a convié l’équipe technique de la station régionale de Béchar. A 60 km de Aïn Sefra, la
caméra nous conduira vers une des plus grandes manifestations culturelles du pays, la waâda de Sidi Ahmed El Mejdoub de Asla où, sur les vastes étendues, les halqas des poètes rivaliseront avec
celles des danseurs folkloriques et les cavaliers de toutes les régions du pays, avec leur riche accoutrement, se donneront rendez-vous pour embraser la fête et exécuter leurs fantasias
endiablées dans ce territoire qui fut durant la guerre de libération nationale, nous apprend-on, un terrible camp de détention. A Tamentit, à 12 km d’Adrar, le téléspectateur découvrira le décor
enchanteur de cette oasis, son système d’irrigation par foggaras et les constructions ingénieuses du Ksar Ouled Daoud qui, depuis le 7ème siècle, continue à résister à l’épreuve du temps. A
Kenadsa, la riche bibliothèque de la zaouia de Sidi Mohamed Ben Abderrahmane Ben Bouziane nous ouvrira ses salles de lecture où enseignants et étudiants viennent consulter son important gisement
d’anciens manuscrits. A Mécheria, l’artiste peintre Rachid Hammad accueillera le téléspectateur dans son atelier pour parler de son parcours artistique et présenter ses œuvres qui reproduisent,
pour la plupart, les traditions locales ou des scènes de vie quotidienne. Tindouf sera la cinquième halte. Dans cette ville située au fin fond du pays, on parlera de théâtre en faisant la
connaissance de l’association «Nousour», qui a été créée en 1979 par un groupe de lycéens passionnés de théâtre et qui, depuis, se sont aguerris et ont décidé de porter le flambeau du 4ème art en
enrichissant constamment leur répertoire, notamment par des œuvres du patrimoine universel.
Cette revue culturelle sera clôturée par une visite aux splendides oasis de Beni-Abbès et Taghit qui ont abrité d’importantes rencontres sur le
cinéma et prêté leurs remarquables décors pour la réalisation d’œuvres cinématographiques nationales ou étrangères. Durant toute la rétrospective, les enchaînements seront ponctués par des
intermèdes musicaux animés par des groupes folkloriques locaux qui feront pour la première fois l’expérience de la caméra. Bravo à l’équipe technique de la station régionale de télévision de
Béchar pour nous avoir proposé un produit de qualité dont les autres stations devraient s’en inspirer.
Source : G. Morad, La Voix de
l'Oranie.
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