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LA SAOURA

Grande vallée façonnée par l’Oued portant le même nom, la Saoura est l’une des régions les plus attrayantes du sud algérien. Elle est limitée au Nord par les Monts des Ksour et le Haut Atlas marocain, à l’ouest par la Hamada du Draa, à l’est par les oasis du Tidikelt et au sud par le plateau du Tanezrouft. Un décor fait de paysages lunaires de la Hamada du Guir contrastés à l’autre rive par les splendides dunes dorées du grand Erg Occidental. Entre ces deux ensembles féeriques s’incrustent, tels les joyaux d’un collier, palmeraies et ksour le long du lit des Oueds.

 


  
Mercredi 30 mai 2007

Hasna El Bacharia, qui sera la vedette du 1er festival du Gnaoui qui se poursuit à Bechar jusqu'au 31 mai, passe pour être "un phénomène" dans l'interprétation du genre musical Gnaoui, étant l’unique femme joueuse de l'instrument du Goumbri dans tout le Maghreb Arabe. Le genre musical qu'est le Gnaoui, est notamment répandu en Algérie et au Maroc, où l’on connaît que des hommes "Maalem" joueurs de cet instrument à cordes, fabriqué à base d’intestins de boeuf et se "distinguant par la lourdeur de son poids".

 

Jamais de mémoire humaine on ne connaît de femmes joueuses d’instruments musicaux dans la confrérie des Gnaoua, disent les adeptes de ce rite musico-spirituel qui a fait connaître Hasna tout d'abord à Bechar sa ville natale, avant qu’elle ne devienne une artiste de réputation internationale à travers plusieurs concerts animés en France, au Maroc, au Portugal et surtout à l’opéra du Caire où elle a établi sa notoriété en tant qu’artiste arabe confirmée, en plus de ses concerts et prestations à Alger. Avec une carrière artistique de plus de trente années et un album "Djazair Djohara" dédié à son pays, Hasna El Bacharia s'impose comme monument de la musique Gnaouie, mêlant le sacré et le profane et où le Goumbri, Karkabou et Tbal sont les piliers. Grâce à l’héritage culturel de son père lui-même Maalem de la confrérie à Bechar, elle a su imposer sa personnalité artistique à travers son jeu et sa dextérité dans l’interprétation des textes gnaouis, notamment "Jangari" ou "Bordj" dans le langage Gnaoui, qui passe pour être l’un des morceaux des plus difficiles à interpréter. Hasna s’est illustrée d’abord dans les fêtes de mariages à Bechar qu’elle a animée pour les femmes. Elle joue en outre de la guitare électrique, le luth, le Banjo et surtout le Goumbri.

 

Cette artiste qui aura à animer avec sa troupe une soirée très attendue par le public dans le cadre du festival national de la musique et de la danse Gnaouis, est considérée comme "la diva" de cet art séculaire, qui s'est forgée une notoriété de par la beauté des compositions musicales et surtout des textes chantés. Hasna El Bacharia, qui vit actuellement entre sa ville natale Bechar et la capitale française, Paris, reste très attachée à son pays qui est pour elle, le centre de son inspiration artistique. Elle est actuellement en voie de "finir" un nouvel album portant sur la paix et l’amour du prochain, a-t-elle indiqué.

 


 

Source : R.C., Le Courrier d'Algérie.

par Sofiane publié dans : Culture
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Mercredi 30 mai 2007
 

 

En marge des soirées artistiques qui se tiennent au stade Ennasr de Bechar, sept conférences sont programmées au niveau de la Maison de la culture. La matinée de lundi dernier a vu deux interventions présentées par le Dr. Tehirichi Mohamed et Abdelmalek Hanane. Les thèmes abordés avaient pour sujets « Les musiques du Sud de l’Algérie et leurs influences sur les genres musicaux modernes» et «le Diwan: de la thérapie à l’art».
Au cours des débats qui ont suivi, l’une des principales questions posées était de savoir pourquoi avoir choisi Gnaoui et non pas Diwan pour l’appellation donnée au Festival? Dans le Sud algérien et plus exactement à Kenadsa, c’est le mot Diwan qui désigne ce rituel parce qu’il se réfère au lieu, tandis que Gnaoui ou Tagnawit se réfère aux origines comme nous l’avions précisé dans notre article d’hier. De même que l’origine du karkabou, crotales en forme de «8», n’est pas du tout une référence aux menottes. Cette remarque pertinente nous poussa à chercher l’origine du mot «crotale» et nous avons découvert que cet instrument existait dans l’antiquité grecque donc bien avant la traite des esclaves en Afrique. Il est parti du Sud et au Sud il revient, l’espace d’un festival qui fait de Bechar la capitale du Gnaoui, et historiquement c’est de Kenadsa qu’on devrait parler. Cette Oasis servait de point de passage des caravanes revenant de Tombouctou et du Tafilalet. Ces caravanes chargées de poudre d’or en provenance du Soudan, ancienne appellation du Mali et du Niger, reprise plus tard pour désigner ce qu’on appelait le Soudan français, ramenaient aussi des esclaves. Certains ont été retenus à Kenadsa comme en témoigne «Derb laâbid» qui est sauvegardé pour mémoire. D’autres moins chanceux continuèrent leur longue marche vers le Nord. C’est ce qui explique leur fixation dans les Grabas ou villages nègres des villes comme Aïn Sefra, Mecheria, Saïda, Sidi Bel-Abbès et Oran entre autres. Le Diwan en Algérie, Tagnawit au Maroc ou Stambal en Tunisie avait ses traditions et son protocole. On devait y accéder en respectant le lieu, c’est-à-dire se déchausser d’où l’expression populaire «Dakhal el hadra bsébath». En ce qui concerne le lexique approprié, certains mots d’origine nous sont parvenus, d’autres sont usités sans qu’on connaisse la signification exacte parce que perdue avec les Mokadems et Maâlems disparus.

C’est ainsi que le «Goumbri», le «karkabou» et le «Guenga» désignent respectivement l’instrument à cordes, les crotales et le tambour. Il existe trois genres (Toboâ) de Diwan. Le genre El Filali pratiqué au Maroc, celui Chergui pratiqué dans le Nord algérien et le genre Touati existant au Sud de notre pays. A Bechar, il y avait, au cours des années 70, deux Diwans différents par leurs composantes humaines et par leurs genres. Le Diwan du Mokadem Salem, père de la chanteuse Hasna, et du Mokadem Mejdoub, héritiers du Diwan de Mokadem Faradji Bel Lahbib avait le genre Touati. Le Diwan de Mokadem Blal Essaïdi (de Saïda) avait le Chergui qu’il avait ramené avec lui. Le Mokadem Salem se faisait seconder par sa sœur Lala Mina qui exerçait la fonction de Aârifa et couvrait d’un drap vert les femmes entrées en transe. Toujours du point de vue lexical, «Boulel» désignait le fouet fait à partir du nerf de bœuf noir sacrifié. Le terme «Namayou» désigne la femme et «Bawa» les adeptes de la confrérie. La «sanda» est la danse des bâtons et «Kovo bango» le maâlem. En ce qui concerne la symbolique, qui ne se souvient pas du taureau noir servant de mascotte que les Ouled Sidi Blal déambulaient avec eux dans leurs exhibitions rituelles dans la rue. Le taureau capé représente le traître des esclaves, «Merzoug», qui, à la fin de l’exhibition, sera immolé pour garnir le coucous des festivités. La «Djedba» est une sorte de délivrance des démons car, dans la croyance anté-islamique des esclaves, l’animisme, les démons peuvent entrer dans le corps du possédé, d’où «Meskoun» ou habité par le Djinn. D’ailleurs «labradj», pluriel de «Bordj» et l’encens utilisé sont en fonction de l’invocation de tel ou tel esprit. Laârifa qui sert de médium parle au cours des transes et les paroles qu’elle prononce sont perçues comme étant celles de l’esprit invoqué. La «Djedba» qui sert parfois d’exorcisme pour délivrer certains malades des esprits qui les habitent se termine toujours par l’écoute de ce que «Laârifa» prononce. Le plus souvent c’est l’immolation d’un bouc noir sans tache ou d’un coq de même couleur, selon le statut social du malade ou du demandeur. le «Jaoui soudani», encens africain à base de résine, brûle à profusion en propageant une fumée opaque. Les présents peuvent en avoir une partie en fonction d’une obole offerte en contrepartie. En ce qui concerne la gent féminine, il existe à Kenadsa une troupe gnaouie nommée «Karktou».

Source : A. Messaoud, La Voix de l'Oranie.
par Sofiane publié dans : Culture
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