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BÉCHAR ET LA RÉGION DE LA SAOURA 

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Une délégation conduite par M. Laouar, responsable au ministère des Ressources en Eau, comprenant le Dr. Kessel, directrice du programme « Eau GTZ » pour la partie allemande, s'est séjournée à Béni Abbès du 11 au 13 juin, dans le cadre des travaux relatifs à la finalisation du « programme de la gestion intégrée de l'Eau ».
A Béchar, la direction de l’environnement de la wilaya a organisé cette journée à la maison de la culture avec la participation de 18 structures publiques ainsi que privées, notamment les associations écologiques de la wilaya. Le programme a été conduit par les responsables de la direction de l’environnement de la wilaya.
La direction des services a participé avec des exposés affichés. Il est à noter que M. Toufik Sarmoun, responsable du cabinet d’études et d’expertises et risques industriels environnementaux CEEI de la wilaya de Sétif, indiquera dans ce contexte que ce sont les risques industriels qui sont à l’origine de la dégradation de l’écosystème compte tenu des moyens employés et leur excès d’utilisation qui ne répondent pas aux normes internationales. Mme Elisabeth Van Den Pael, chargée du projet ( S E D ), installé à El-Meniaa au sud-est du pays, a également insisté pour des recherches biologiques et écologiques, Sahara Environnement et Développement des milieux sahariens en particulier l’agrobiologie des plantes médicinales en matière de distillerie pour des besoins au niveau européen, la recherche dans le domaine des espèces végétales qui sont en voie de disparition et sur le développement, les enjeux de l’écotourisme et l’artisanat.
Cette journée a été éclairée par des affichages des paysages sahariens. L’importance des oasis sont des lieux où se déroulait la vie tant il y a de l’eau. Il est à remarquer que la wilaya de Béchar couvre 1 225 hectares. De nos jours, ce patrimoine cultural et culturel est menacé en raison de sa fragilité hydrologique. Ce système n’a pas connu de modernisation progressive et adaptée. Certes, l’environnement a connu une modernisation à travers les forages de puits, l’électrification, l’assainissement, malheureusement l’inadaptation qui est due à l’insuffisance d’approche à ces oasiens pour des pédagogies et des méthodologies .
Néanmoins, cette modernisation a transformé la conduite de ce système traditionnel qui assurait un équilibre naturel dans les oasis, cela déduit une double menace, à savoir la technologie hydraulique (le pompage d’eau provocateur des différences de niveau, de la carte hydrogéologique), salinisation (transformations géologiques), motorisation (moyens mécaniques, carburants, fumées et huiles usagées), les produits chimiques (pollution).
Les menaces socioéconomiques bouleversent les modes de vie des palmeraies qui sont en difficulté par manque d’entretien.
Cet ensemble entraîne un affaiblissement et une régression des économies locales et de l’occupation humaine en même temps se développe des anarchies et des pratiques
destructives. Par ailleurs, une stratégie est mise en œuvre sur la dynamique de développement agricole et rural par l’instauration des projets de proximité de développement rural à travers
le projet mis en place comme celui de l’oasis de Béni-Abbès qui est un projet-pilote.
Les ensembles des acteurs qui ont participé à la définition au montage , l’orientation et à la gestion du projet visent les objectifs, notamment le développement, le modèle intégré,
l’amélioration du système d’irrigation et de production oasiens qui repose sur la répartition d’eau qui fonctionne selon un ancien droit de distribution traditionnelle. L’utilisation de ce
système va en fonction des besoins des cultures seulement. S’agissant des actions portant sur la réalisation d’ouvrages à usage collectif, la somme débloquée est de 7 150 510 DA, sur le fonds de
développement rural, le montant est de 4450150 DA, pour le PSD le montant est de 2700360 DA.
Concernant les actions individuelles le montant est de 7 908 299 DA, le FDR est estimé à 485 997 DA, un montant de 1 789 292 DA pour la pêche continentale. D’autre part l’ANSEJ a
participé avec 325 000 DA, quant à l’autofinancement est de 2 532 285 DA et un montant de 2 775 725 DA sont pour le crédit.
Source : M. Smaïl, La Nouvelle République.
L’inscription d’un parc d’attractions ou d’un espace de loisirs au programme de mise à niveau des wilayas du Sud, viendrait sûrement à point, si les pouvoirs publics venaient à envisager une prise en charge du temps de loisirs de l’enfant, cet homme de demain.
Cette réalisation, si elle viendrait à voir le jour, transformerait le paysage juvénile de la capitale de la Saoura, en offrant aux familles un espace de divertissements sains et fort profitables à la frange infantile, qui n’a d’autre espace d’évolution et d’expression, que l’exiguïté du logement pour les filles ou la rue et ses multiples dangers de dérives pour les garçons.
Malheureusement à Béchar, toutes les parcelles figurant sur les plans des quartiers, comme réservées aux espaces verts et autres aires de jeux, ont été squattées sans vergogne. Le phénomène s’est étendu jusqu’aux cours des établissements scolaires, que certains débrouillards se sont dépêchés de grignoter, pour agrandir les cours de leurs logements d’astreinte. Des habitations qu’ils se sont fait attribuer définitivement par la suite. C’est pour pallier à toutes ces carences qu’un appel est lancé aux autorités, pour les inciter à inscrire, dans l’ambitieux programme de mise à niveau des villes du Sud, la réalisation d’un parc d’attractions ou du moins celle d’un centre de loisirs familiaux (CLF), comme a su le faire l’institution militaire pour ses cadres. Comme la population civile est sans contexte plus nombreuse, elle aspire légitimement à ce que les responsables locaux se penchent sur ce cas. D’ailleurs, l’emplacement actuel de la voirie communale, sur le point d’être évacué, semble tout indiqué pour servir d’assiette à ce genre de projet. Ce serait même le meilleur investissement de gros rapport, que pourrait consentir la municipalité à sa commune, elle qui se plaint sans cesse du manque d’autonomie financière, que ne peuvent lui assurer les subventions de l’Etat.
Source : A. Messaoud, La voix de l'Oranie.
Les gens originaires du pays, après tant d'enthousiasme et d'espoir pour une vie meilleure, ont fini par déchanter. Il s'agit de se rendre fatalement à l'évidence : le projet est un échec consommé. Certains autochtones regrettèrent même jusqu'à l'ancien temps où le barrage n'existait pas, quand ils pouvaient encore cultiver la terre de leurs ancêtres sur les sédiments charriés par les crues d'un Guir majestueux et terrible. Mais la terre de leurs ancêtres telle qu'ils la connaissaient a disparue sous les coups de boutoir des engins de terrassement. Par ailleurs, pendant plus de 10 ans l'eau n'est pas arrivée, (années 80), le barrage ayant été vidé sur un ordre irresponsable. A cette catastrophe provoquée par l'homme, est venue s'ajouter une autre, naturelle celle-là : la région avait connu une période de sécheresse inhabituelle qui a durée aussi une dizaine d'années ! Les gens qui conservaient encore le sens de l'humour (noir) pouvaient ironiser par des boutades telles que : «Oh, le barrage, on peut y faire sa prière, au plus profond du bassin vide, mêmes les poissons ont déménagé depuis longtemps !». Des 360 millions de mètres cubes d'eau, il ne restait plus qu'une mare résiduaire miasmatique et putride, à la surface de laquelle flottaient des milliers de barbeaux et de carpes asphyxiés, en état de décomposition avancée. Tout autour, c'était le marécage et le désert qui reprenait ses droits.
L'eau peut revenir car elle vient du ciel et ne dépend pas, heureusement peut-on dire, de la volonté des hommes. Et elle est revenue. Mais la grande aventure qui aurait dû donner naissance à notre «Californie Nationale», et sur laquelle il a été fondé tant d'espoir, en laquelle beaucoup de monde avait cru et espéré, a fondu comme sorbet au soleil, un soleil torride, incandescent. Les raisons de cet échec ne sont certainement pas à rechercher sur la plaine de Abadla mais dans les profondeurs abyssales de l'incompétence et de la bureaucratie.
DE L'AGRICULTURE EN GENERAL
Où en est-on par exemple avec le programme relatif au développement de l'agriculture ? Dans ce cadre, des milliers de superficies ont été distribuées ces vingt dernières années et ce, en application de la loi sur l'Accession à la Propriété Foncière Agricole (A.P.F.A.). Distribution de terres suivi d'un soutien (da'm) financier appréciable au profit des «heureux» fellahs. Qu'en est-il de cette politique tous azimuts qui a suscité un engouement sans précédent des agriculteurs ou de gens supposés tels ? Son taux de succès ou d'échec ?
La rumeur publique colporte toutes sortes de magouilles qui caractériserait ce secteur où il est question de terres distribuées à des personnes qui ne connaissent rien à l'agriculture mais qui se sont faits fellahs du jour au lendemain pour bénéficier du da'm, un pactole non remboursable, du Fonds National de Régulation du Développement de l'Agriculture (FNRDA). Tout le monde veut cultiver du palmier. Mais une ignorance avérée de la culture phoenicicole par exemple, ferait que des «fellahs improvisés» auraient acheté et planté des milliers de pousses de palmiers (djabbars : rejets de palmiers) qui seraient des mâles (doukkars) ! Par conséquent improductifs. En effet, il est rare que les propriétaires de palmeraies, lorsqu'ils font «la toilette de leurs palmiers» (élagage des palmes mortes, arrachement des rejets de palmiers ) revendent des rejets de palmiers femelles.
Ceci, seulement en ce qui concerne la wilaya de Béchar. Une étude datant de fin 2003 début 2004, faisait déjà état de 7 335 opérations de certifications de «services faits» finalisés, correspondant à un engagement financier qui avoisine les 300 milliards de centimes. Ce chiffre serait aujourd'hui amplement dépassé. En effet, le nombre de fellahs recensés actuellement dans la wilaya de Béchar avoisinerait le chiffre de 12 700 ! Autrement dit, ce nombre serait le triple de celui des fellahs d'une wilaya du nord comme Mascara, wilaya qui approvisionnerait la wilaya de Béchar en fruits et légumes.
LA VALLEE DE LA SAOURA ET LE TOURISME AMBRYONNAIRE
Nous avons vu que la plaine du Guir se trouvait en amont de oued Saoura, lequel oued commence à Igli, à la confluence du Guir et de la Zouzfana. La Saoura (appelée aussi au niveau local «oued lehrour») va jouxter le grand erg occidental dont elle sert de frontière et de tampon à l'ouest, sur un peu près 300 km et ce, d'Igli dans la wilaya de Béchar jusqu'à au-delà de Talmine dans la Wilaya d'Adrar. Nous avons ainsi une ceinture de verdure coincée entre un océan de sable doré (le erg) et le reg infini. Bien sûr le paysage est saisissant. D'une beauté cosmique. Une voûte céleste éternellement céruléenne, d'une limpidité cristalline, enlace harmonieusement les immenses dunes ondoyantes, au reflet tantôt rouge or, tantôt d'un jaune pale tirant sur le blond. En soubassement, s'étire à l'infini, une palmeraie nonchalante, une bande de verdure sertie de temps à autre par un joyau ocre, un ksar émergeant de la frondaison.
A partir de Fom-El-Khénègue, la Saoura bifurque à droite vers le sud, abandonne de Grand Erg Occidental pour se diriger vers la ville d'Adrar, plus exactement en direction de Bouda, ksar à 25 km de la capitale du Touat. Là, la Saoura disparaît dans les entrailles de la terre, devenant un oued souterrain.
Les images idylliques autant qu'attractives que donnent les agences touristiques des oasis de la Saoura, pour la consommation de leurs clients en mal d'exotisme, font très souvent l'impasse, sur la véritable vie des oasiens. Ceux-ci font évidemment partie du décor panoramique sans plus. En effet, on se préoccupe très peu de ce que peut bien rapporter aux intéressés un tourisme de circonstance, autrement dit de surface, superficiel et intermittent. Les quelques visiteurs étrangers qui visitent la vallée de la Saoura ne font en général que passer. Ils transportent ce dont ils ont besoin dans leurs 4X4 habituellement bien équipés. Ceci, parce que tout simplement, il n'existe aucune volonté pour promouvoir une véritable politique touristique pour la région. Pourtant, nous avons vu que celle-ci recèle d'authentiques et incontestables potentialités qui ne demandent qu'à être exploitées. Les infrastructures routières et aéroportuaires existent (Béchar, Timimoun, Adrar). Les hôtels de Bén-Abbès et de Tmimoun (deux belles «pouillonades»avec piscines et du confort ce qu'il y a de plus agréable), et l'hôtel de Taghit... offrent toutes les commodités et le standing souhaitables.
A côté de ces merveilles du genre, le contraste est saisissant avec les «Saouris». En effet, ceux-ci vivent encore aux temps bibliques, dans des habitations en terre (toub) de l'ère antédiluvienne. Le dénuement quasi-total est visible à l'oeil nu. Les gens continuent à tirer leurs maigres subsistances de minuscules parcelles agricoles épuisées par une surexploitation intensive plusieurs fois millénaires. Les parcelles de terre en question ne pouvant nourrir tout le monde, les surplus de population sont condamnés irrémédiablement à migrer, par vagues successives de génération en génération. Ils remontent évidemment vers le nord où ils échouent dans les périphéries des grandes villes, dans les quartiers pauvres ou dans les bidonvilles toujours dans l'espoir d'être employés comme manoeuvres dans les chantiers. Depuis quelques années, certains préfèrent «descendre» plutôt vers Adrar, attirer par la mise en exploitation de nouvelles terres agricoles et les nouveaux chantiers du bâtiment...
Aussi, se demande-t-on comment les programmes «spéciaux» sud ou les «fonds de la relance économique» peuvent bien toucher ces populations qui habitent des ksars où il n'y a pas de «trottoirs à refaire» (il n'existe pas de trottoirs du tout, ni parfois de rue d'ailleurs), où l'agriculture est rudimentaire, où toute forme d'industrie est inconnue, où le commerce existant est un commerce de subsistance (quelques épiceries qui font office de commerces multiples). L'artisanat est rare mais quand bien même il existe, c'est souvent un artisanat primitif comme à El Bayada (daïra d'El Ouata) où une famille fabrique depuis la nuit des temps, une poterie répondant aux besoins primaires de la population en ustensiles en terre cuite mais à la manière du paléolithique (plats, jarres à eau ou à grains etc.) ou instruments à percussion (derbouka).
LES MOYENS D'INFORMATION «RADIO SAOURA»
«Radio Saoura» est l'une des premières radios locales qui ont vu le jour dans le pays. Cette radio existe depuis bientôt vingt ans. Et elle a porté le nom emblématique de «radio Saoura» jusqu'en 2007. Ce qui est curieux dans cette affaire est que jamais ! Et au grand jamais ! Et à ce jour, cette radio n'a atteint la vallée de la Saoura dont elle porte encore pompeusement le nom de «radio Saoura». Une appellation trompeuse qui fait croire que cette radio a été créé pour les habitants de la Saoura ! Or, sa voix ne dépasse pas la périphérie de Béchar. De qui se moque-t-on ?
TDA (ENTREPRISE NATIONALE DE RADIO ET TELEDIFFUSION)
Cette entreprise qui est le vecteur principal de transport du son et de l'image aussi bien en matière de radio que de télévision n'est pas étrangère au mauvais état des moyens d'information dits «lourds» aussi bien radiophoniques que télévisuels. Des zones importantes de la région ne sont pas atteintes par la radio à l'exemple de la vallée de la Saoura, de Béni-Ounif et pour certains ksour du nord (Moghel, Sfisifa...) qui reçoivent médiocrement une FM en différé. La ville de Kénadsa reçoit une image télévisuelle médiocre.
La chaîne III qui est souvent en panne pendant des mois, est captée de temps à autre mais souvent de façon inaudible. En effet, en ce qui concerne cette chaîne importante (internationale) le son est d'une qualité plus que médiocre.
La ville de Béchar elle-même est pénalisée par un matériel de télédiffusion et de radio obsolète. A ce titre un bruit court sur la construction d'un siège administratif neuf de TDA dont les crédits étaient destinés à la construction d'un Centre Régional Technique et non pas administratif.
L'ENTV «LOCALE»
Conçue pour répondre aux besoins régionaux voire nationaux en matière d'information audiovisuelle, force est de constater que les quelques maigres reportages et les très rares productions «socioculturelles» - dont cette institution daigne gratifier ces téléspectateurs- sont d'une affligeante médiocrité. Les thèmes éculés et mille fois rabâchés du folklore local sont usés jusqu'à la trame, et lorsqu'il n'y a plus rien à dire sur l'écosystème du désert (thèmes récurrents), on viendrait presque à souhaiter une invasion de sauterelles pour donner le change au vide abyssal du programme de cette chaîne. Combien de documentaires 26mn/52mn ont été réalisés au cours de la dernière décennie ?
Les responsables locaux (ou régionaux) peuvent toujours se prévaloir du fait que leurs services ont toujours été mal lotis matériellement par rapport aux autres régions. Mais cela ne peut justifier aucunement une production médiocre. Cependant, il y eut en effet, le Centre d'Actualités Télévisés (CAT) pour la région, dont la première pierre a été posée en l982 et qui n'a connu une finalisation tirée au forceps qu'en 2006 ! C'est-à-dire après 24 ans ! Et les équipements techniques sont toujours attendus. Le CAT de Ouargla qui aurait bénéficié de la même enveloppe budgétaire, octroyée à la même époque, aurait démarré en 1985 !
La station ENTV de Béchar utilise toujours le réseau d'ALGÉRIE TELECOM pour ces envois («secours téléphone»), ce qui fait que l'image laisse toujours à désirer (analogique) alors que les autres stations (Oran, Constantine..) bénéficient du réseau TDA numérisé. Il est dommage que pour une région aussi vaste et surtout aussi sensible que celle du Sud Ouest, que tant d'insuffisances soient encore enregistrées en 2007, quand les pays voisins émettent sur des chaînes numériques multiples avec une qualité de l'image et des programmes qui feraient pâlir certaines chaînes de pays dits «développés» alors qu'avec la médiocrité de nos chaînes, nous faisons figure de «sous-dèv».
LA PRESSE ECRITE
La presse écrite quotidienne arrive à Béchar seulement le soir vers 17 heures. Les habitants du chef-lieu seulement donc peuvent avoir un titre quelconque (de ceux qui parviennent ici). Pour le reste de la wilaya, la distribution reste aléatoire et pour les habitants des autres localités, lire un journal du jour reste une entreprise hypothétique et certainement un voeu pieu.
Combien les populations du sud ouest souhaiteraient être informées régulièrement sur l'utilisation des crédits débloqués par l'Etat pour améliorer leur quotidien, voire leur niveau de vie, pour éradiquer une partie du chômage, pour le développement durable, pour le sport et les loisirs. Quid des fonds spéciaux du Sud, des Fonds pour la relance économique, des crédits sectoriels, des PCD...) ? Qu'est-ce qui est fait pour l'amélioration des réseaux d'eau potable (à Béchar tout le monde sait que le barrage de Djorf Torba est plein mais ne s'explique pas les coupures prolongées de l'eau potable). Et les réseaux d'assainissement ? Toujours à Béchar certains égouts continuent à déverser leurs eaux nauséabondes sur les chaussées, polluant l'atmosphère et l'environnement. Les moustiques empêchent les gens de dormir et les épidémies de leishmaniose continuent à sévir. Certaines maladies liées à l'hygiène disparues ailleurs comme la tuberculose, refont leur apparition. Qu'est-il fait pour l'amélioration de la «bonne» prise en charge des malades dans les hôpitaux et les dispensaires ? La «bonne prise en charge» et non pas le médiocre hébergement du malade pendant un séjour qu'il préférerait passer chez lui s'il n'y était obligé.
Beaucoup de questions restent en suspens que seuls des moyens de communication et d'information adéquats et efficaces permettraient de
satisfaire.
Source : A. AZIZI, Le Quotidien d'Oran.
LA MORRISSON AND KNUDSON INTERNATIONAL COMPAGNY
Pour faire «californien» on fit même appel aux Américains. Ainsi la viabilisation des terres avait été confiée à une société américaine,
la Morrisson & Knudson International Compagny (MKIC). Il s'agissait d'une opération centralisée, liée à un prêt de l'Eximbank, une banque américaine connue. Et lorsqu'une banque de ce genre
prête de l'argent pour un projet donné, à un pays en particulier du Tiers-monde, elle exigerait que ce soit une entreprise américaine qui réalise physiquement le projet. Cela obéit à une certaine
logique qui se comprend aisément. D'abord le projet doit profiter en premier à l'économie américaine, d'autre part, dans une autre alternative, l'argent ne risquerait pas d'être dilapidé ou
détourné de son objectif.
Les Américains ont installé leur base de vie et de travail sur le site. Ils ont commencé à embaucher à toute berzingue, tant et si bien qu'un grave déséquilibre dans l'emploi de la main d'oeuvre
fut ressenti dans toute la région comme un séisme social. Tout le monde voulait travailler «chez les Américains» affriolé par les salaires mirifiques qu'ils pratiquaient. On nota une certaine
désertion au niveau des autres chantiers de la région. Une main-d'oeuvre très diverse accourait de toutes parts. Jamais la loi de l'offre et de la demande n'aurait subi un tel choc sur «la
bourse» du travail : une dérive insolite qui constitua un vrai casse-tête pour les autorités locales. C'était la ruée vers Abadla. Ce modeste village était devenu pour un temps, le «Far West» de
la «ruée vers l'or». Il ne manquait plus que les chevaux, les révolvers et la poudre à canon.
Ayant fait le plein en main-d'oeuvre, les Américains s'attaquèrent à l'objectif de leur contrat : la viabilisation du périmètre. Commencèrent alors les opérations de défrichage, de désherbage, de
terrassement, de nivellement, de pose de drains, de construction de canaux magistraux, de canaux secondaires etc. Ces «diables» travaillaient d'arrache-pied de jour comme de nuit. La nuit ils
utilisaient de puissants projecteurs dont on pouvait apercevoir les lueurs blanchâtres et poussiéreuses à des kilomètres. Le désert se transformait à vue d'oeil. Les autochtones regardaient
ébahis les engins en actions sur le site, admiraient et commentaient les nouvelles techniques, le savoir-faire de ces géants blonds aux yeux bleus, bottés de cuir, venus d'une autre planète. Des
machines bizarres, monstres, prodigieux, s'attaquaient à la forêt touffue des tamarix millénaires de l'oued Guir pour les déraciner, les arracher du plus profond des entrailles de la terre, pour
laisser place à de grandes surfaces planes d'une régularité incroyable.
Le travail ne manquait pas dans la région. C'était l'époque qui suivit la nationalisation des hydrocarbures. En d'autres termes, l'époque «des vaches grasses» qui permettait une politique de
«plein emploi» sans souci du lendemain. Une époque qui, curieusement a quelques ressemblances avec celle que nous vivons actuellement.
LES STRUCTURES DE REALISATION DE L'ETAT ET LEURS ACTIONS
Des structures administratives «de mise en valeur du périmètre» ont été installées sur la plaine tels :
- le CDR (Commissariat de Développement Rural)
- l'ONAMA (Office National du Matériel Agricole)
- Le CFVA (Centre de Format. Et de Vulgarisation Agricole)
- La station de l'INRA devenue ITDAS
- OPI (Office du Périmètre Irrigué)
A titre indicatif, le périmètre d'Abadla était le périmètre agricole le plus mécanisé d'Algérie. Le «Commissariat de Développement Rural» (CDR), un établissement public à caractère administratif
qui fonctionnait cahin-caha, avait du mal à suivre le rythme imprimé au chantier par les Américains. Cet établissement devait «logiquement» atteindre sa vitesse de croisière après réception des
terres et leur distribution aux paysans, en même temps que la mise en place des organes de gestion de la Révolution Agraire.
Parallèlement, les autorités locales avaient pour mission de construire sur le site, six villages de la Révolution Agraire. C'est-à-dire préparer les logements que devaient habiter les paysans
bénéficiaires des terres agricoles de la «Future Californie de l'Algérie».
Nolens volens, les six premiers villages agricoles prirent forme. Un jeune architecte belge, coopérant technique chargé des études d'un projet (inespéré «en son plat pays»), s'était fait les
dents sur une architecture providentielle techniquement «en déshérence». Ainsi, l'agrégat des logements de l'un de ces villages, vu d'avion, configurent les initiales du nom et prénom de cet
architecte indélicat.
Ces constructions étaient (et sont encore hélas !) loin d'être des modèles accomplis d'art architectural. Mais enfin, sur cet aspect-là, même à cette époque on était aussi moins regardant
qu'aujourd'hui sur la qualité du produit. Néanmoins, ces «cubes» de béton, accolés les uns aux autres construits à la fin des années soixante dix avaient les circonstances atténuantes d'être des
«logements ruraux» et peuvent bénéficier d'une certaine indulgence inhérente à l'inexpérience des jeunes cadres de l'époque. Mais depuis, «nous avons fait un grand pas en avant» : nous avons
ruralisé, plus exactement, nous avons «gourbisé» les logements au coeur même de nos villes. Du coup, les logements de la plaine d'Abadla «de la Révolution Agraire» peuvent faire désormais bonne
figure dans la médiocrité urbanistique générale !
En matière d'équipements sociaux et administratifs, il était prévu en chaque village une mosquée, un dispensaire, une mairie ou une antenne de mairie, une école primaire, un bureau de poste etc.
Tout cela avec possibilité d'extension.
Comme c'était de nouvelles créations, pour un besoin de commodités bureaucratiques, les villages avaient reçu pour noms premiers, des lettres de l'alphabet latin. On avait ainsi :»village A»,
village «B», «village C» et ainsi de suite. Le village «E», était destiné à devenir le nouveau Abadla. Le nouveau village fut construit sur un plateau rocailleux limitrophe à l'ancienne
agglomération agro-pastorale qu'était l'ancien Abadla. Ce village dit «E» (future capitale de notre «Californie»), porte aujourd'hui le nom de Abadla «capitale» de la plaine éponyme. Mais il faut
bien se garder de tenter la moindre comparaison avec la vraie Californie, et encore moins avec la capitale de celle-ci qui se trouvent l'une et l'autre à des années lumières des nôtres. Les
autres villages (A, B, C, D, et F) sont aujourd'hui baptisés par des noms de marabouts également éponymes ou de noms de chahids. L'un de ces villages porte le nom prestigieux de «Machra'a Houari
Boumediene» (c'était le moins que l'on pouvait faire pour rendre en ces lieux farouches, un insigne hommage au président défunt). De l'ancienne agglomération qui était un petit village en toubs
(briques rudimentaires d'argile séchée parfois mélangée de paille) accroché sur une butte dominant la plaine, on conserva quelques constructions utiles (casernes, quelques bâtiments
administratifs civils, quelques maisons particulières). Le reste a été rasé.
NI CALIFORNIE, NI KOLKHOZE NI KIBBOUTZIM
Quid de ce périmètre qui devait nourrir non seulement toute une région, mais aussi une bonne partie du pays, et qui devait déverser ses surplus de produits sur les
pays frontaliers ?
La partie du périmètre viabilisée et livrée pendant les années 70, était de 5400 Ha, divisée en parcelles réparties sur les deux rives de l'oued Guir, en aval du barrage dit «de reprise» servant
à réguler la distribution des eaux (petit barrage aménagé en amont de la plaine et en aval du grand barrage de Djrof-Torba). Aujourd'hui, trente ans après, cette superficie s'est réduite comme
une peau de chagrin : elle ne fait plus que 1200 ha et dans un état lamentable. Nous sommes donc loin des 16 000 ha ambitionnés à l'origine du projet.
Cela veut dire que, pendant ces trente dernières années, 4 200 ha viabilisés à coups de millions de dollars US sont perdus à jamais parce que non cultivés et leur dégradation s'accentuant avec le
temps. Ici, la nature sauvage a repris ses droits. Les surfaces abandonnées par l'homme ont été envahies par le sable et par différentes sortes d'arbustes et d'herbacées tels que le tamarix, le
chiendent et les roseaux. Parmi les raisons évoquées pour justifier d'abandon de ces terres, les services agricoles avancent leur excessive salinité. Mais, n'avait-on pas prévu cet état de fait ?
Oh que si ! En effet, à quoi sert le système de drains installé à l'origine sur le périmètre et permettant justement d'évacuer le sel ? La triste réalité est que ce système de drainage n'a jamais
bien fonctionné et le lessivage des parcelles n'a pu donc se faire. Selon un ingénieur agronome des services, cette carence «originelle» organique, a fait que la machine à fabriquer les drains,
non utilisée, a disparu du périmètre. Il s'agit d'une machine-usine qui non seulement fabrique les drains, mais qui creuse, pose les drains et les enterre. Par ailleurs, d'après un rapport des
services techniques, «les opérations de sous-solage servant à briser la semelle de labour, abandonnées depuis le début des années 80, ont entraîné la formation d'un horizon imperméable à une
profondeur de 30 cm, constituant un barrage à l'infiltration des eaux. Les sols devenus hydromorphes, entraînent l'accumulation d'eau en excès».
ETAT DU RESEAU D'IRRIGATION DIT «A LA CALIFORNIENNE»
Le système d'irrigation adopté dès l'origine sur le périmètre est dit de «type californien» ou arrosage «à la californienne». Aussi, l'utopique «Californie de
l'Algérie» n'était pas tout à fait une simple vue de l'esprit. Au niveau de la plaine de Abadla, le système en question était constitué du barrage de reprise visé supra, de canaux dit
«magistraux», de canaux «secondaires» et «tertiaires» à ciel ouvert, d'une canalisation souterraine. Le tout fonctionnant selon un mécanisme de gravitation des eaux, de bornes d'irrigation, de
vannes et de débitmètres : ce que les ingénieurs de l'agriculture appellent dans leur jargon «le système piézométrique».
Tout cet ingénieux système est aujourd'hui quasiment hors d'usage par manque d'entretien. Des kilomètres de canalisation de diverses dimensions sont abandonnés à la nature, ensablés et/ou envahis
par le tamarix, le chiendent ou le roseau.
LA PLAINE AUJOURD'HUI
Le périmètre est en train de perdre sa caractéristique de «périmètre irrigué». En effet, l'irrigation «à la californienne» est actuellement abandonnée au profit d'un
autre système qui est «le goutte à goutte». D'après notre ingénieur suscité, ce dernier système est non seulement inadapté mais il est quasiment ruineux sur le plan financier, parce qu'il
nécessite la construction de bassins de retenue, lesquels bassins exigent des pompes et de l'énergie électrique pour leur remplissage. L'énergie électrique est également indispensable pour la
distribution de l'eau ( la distribution originelle se faisait par gravitation donc gratuitement en quelque sorte) et ce, sans compter le coût du système du «goutte à goutte» en lui-même.
Toujours selon notre source, «le goutte à goutte» convient lorsque l'eau manque. Or, au niveau du périmètre d'Abadla ce n'est pas le cas. Par conséquent, le nouveau système dénature complètement
la destinée du périmètre qui, à l'origine, devait être un immense verger (production de fruits) et une aire de production de cultures fourragères destinées aux diverses laiteries notamment celle
d'Igli. Celle-ci fonctionne depuis sa création avec du lait en poudre. Quant aux chèvres laitières espagnoles importées à coût de devises fortes, pour faire du «formage de chèvre», on ignore ce
qu'elles sont devenues. Dans cette optique, l'industrie agro-alimentaire que le périmètre était censé créer et alimenter, demeurera une vue de l'esprit tout comme «le rêve californien» de la
plaine du Guir.
Il semblerait qu'aujourd'hui le périmètre soit orienté vers la culture du palmier dattier. Est-ce une orientation dictée par un choix de facilité ? Là aussi, selon notre ingénieur, il s'agit d'un
mauvais choix. D'après ce spécialiste, le palmier dattier ne pourra jamais réussir sur la plaine du Guir à cause des variations excessives de température entre le jour et la nuit où celle-ci
descend parfois au dessous de zéro degré Celsius ce qui entraîne un certain gel des racines. Le palmier exige une grande quantité d'eau à la plantation que le système du «goutte à goutte» est
incapable de lui fournir.
Pour conclure, force est de constater que ce projet agricole de la plaine de Abadla, qui a suscité un grand espoir pour la région, se résume en définitive, par un véritable fiasco. Un projet qui
a dramatiquement avorté. Nous ne savons pas pourquoi tant d'efforts et d'argent ont tourné au désastre : au lieu de 16 000 ha de prévus, à peine 1200 ha sont actuellement en exploitation. Et
quelle exploitation ? Sans le système de drainage des sels, ces quelques ha qui restent sont également voués à une mort certaine. Les Américains étaient partis précipitamment. Pourquoi
n'avaient-ils pas été jusqu'au bout de leur contrat ? Dieu seul le sait sans les «rracikhouna fi el ilm».
Nous sommes à la fin des années l970. La DNC avait pris la suite des Américains. Puis d'autres intervenants sont venus et encore d'autres. Le bout du tunnel n'est pas visible. A l'époque
quelqu'un, un «sceptique» qui avait le sens de l'humour, avait comparé ce projet au jeu du bonneteau, où en désespoir de cause le joueur infortuné continue à jouer, non pour gagner, mais, dans
l'espoir de récupérer un peu de son argent perdu. Quand il s'agit de milliards de dinars sur plus de trente ans, cela ne ressemble-t-il pas à de la schizophrénie ?
Source : A. AZAZI, Le quotidien d'Oran.
est revenu à la troupe "Sidi Billel" de Mascara alors que les deux prix suivants ont été décernés aux
groupes "Diwan Dzaïr" d’Alger et "Dikioussia" de Béchar. La troupe lauréate "Sidi Billel", composée d'une dizaine de jeunes musiciens adeptes du diwan, a charmé le public par la qualité de sa
prestation, particulièrement par l'originalité de sa chorégraphie puisée de la tradition gnaouie. La cérémonie de clôture de cette manifestation culturelle s'est déroulée jeudi au stade "En-Nasr"
devant un public nombreux captivé tout au long de la soirée, et essentiellement charmé par la production de Hasna El-Bacharia, la diva maghrébine du genre gnaoui qui clos la manifestation
culturelle. La chanteuse et sa troupe musicale dirigée par son propre fils ont subjugué, par les mélodies envoûtantes du gumbri, les spectateurs qui reprenaient spontanément tous les refrains des
chansons telles "Djazaïr Johara", "Jangari" et surtout "Nabina" en louange au Prophète Mohamed (QSSSL). Cette soirée, haute en couleur et en son, a été également marquée par un hommage rendu au
doyen des Maalem de la confrérie des gnaouis, Brahim Berrezoug. Ouvert le 27 mai dernier, le Festival national de la musique et danse gnaouies a regroupé 18 troupes en provenance d'Aïn Sefra,
Alger, Béchar, Béjaïa, Jijel, Mascara, Mostaganem, Saïda, et Sidi Bel- Abbès, rappelle-t-on. Son organisation intervient dans le cadre de la promotion des expressions musicales et chorégraphiques
traditionnelles du pays, a souligné Mlle Kaddouri, représentante de la ministre de la Culture, Mme Khalida Toumi. Pour sa part, le wali de Béchar s'est lui aussi félicité de la réussite de cette
manifestation qui consacre, selon lui, la ville dans son statut de capitale culturelle du Sud du pays. A noter, par ailleurs, que les trois troupes primées lors de cette grande fête musicale
prendront part au Festival international de la musique et danse gnaouies prévu en juillet prochain à Alger.