Qu’entend-on précisément par l’expression court-métrage? Le court-métrage désigne un film inférieur à 1.600 m, d’une durée moyenne de 20 minutes et ne pouvant excéder 59 minutes. Le court-métrage est un passage obligé pour tout réalisateur. Le grand Mohamed Lakhdar Hamina y est passé en 1961 avec son œuvre «Yasmina» relatant le quotidien d’une famille algérienne dans un camp de réfugiés en Tunisie. Cet essai considéré comme étant le premier court-métrage algérien produit par le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne a été projeté le soir d’ouverture du Taghit d’Or. «Yasmina» qui tient plus du documentaire que de la fiction est un prélude de la technique qui dominera plus tard la plupart des œuvres de M. L. Hamina basés sur la narration et les plans larges. Ingrédients qui font que ce court-métrage soit considéré comme faisant partie de la mémoire nationale et de l’histoire du cinéma algérien. Pour ce qui est des 32 courts-métrages en joute pour le Taghit d’Or, 1ère édition, quatre réalisateurs seulement se sont basés sur des scénarios écrits par d’autres. Dans les 28 cas restants, les jeunes réalisateurs portent à l’écran leurs propres scénarios. L’un d’eux a même poussé l’outrecuidance jusqu’à devenir l’homme orchestre au lieu de chef d’orchestre, c’est à dire d’être à la fois réalisateur, scénariste, caméraman, preneur de son, monteur et acteur. C’est justement cette manière de faire qui a conduit le cinéma algérien à la dérive. Il n’y a qu’à lire le générique de certains films produits ces dernières années où on trouve le père, la mère, les enfants, la belle-famille et les amis pourvu que le gâteau se partage «Hna fi hna» au détriment de la qualité. Du point de vue technique et plus spécialement en ce qui concerne la valeur des plans de séquences, l’ensemble des courts-métrages en compétition se base sur la largeur des plans, un vieux réflexe de cameramen de la télévision, ce qui taxe ces œuvres de téléfilms plutôt que de films de cinéma. Ils n’échappent pas non plus à la structure narrative spécifique du cinéma arabe. L’école M. L. Hamina fait des adeptes, pourvu que le parcours soit le même! En ce qui concerne le fond, les scénaristes se sont beaucoup servis des préoccupations de la jeunesse, mais aucun en fait ne parle ni de près ni de loin de la colombe, Algérie meurtrie par la longue décennie noire. Les thèmes abordés vont du visa pour l’eldorado européen à la dispute des parents en passant par la drogue, le jeu virtuel, le téléphone portable, le suicide d’un sidéen rejeté par la société. Il faudrait saluer au passage Mme Bahia Rachedi et M. Mohamed Adjaïmi pour leurs interprétations, à titre gracieux, donnant ainsi un coup de pouce à de jeunes réalisateurs.
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BÉCHAR ET LA RÉGION DE LA SAOURA 






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