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LA SAOURA

Grande vallée façonnée par l’Oued portant le même nom, la Saoura est l’une des régions les plus attrayantes du sud algérien. Elle est limitée au Nord par les Monts des Ksour et le Haut Atlas marocain, à l’ouest par la Hamada du Draa, à l’est par les oasis du Tidikelt et au sud par le plateau du Tanezrouft. Un décor fait de paysages lunaires de la Hamada du Guir contrastés à l’autre rive par les splendides dunes dorées du grand Erg Occidental. Entre ces deux ensembles féeriques s’incrustent, tels les joyaux d’un collier, palmeraies et ksour le long du lit des Oueds.

 


  
Mercredi 5 septembre 2007
Deux nouveaux lycées seront réceptionnés dans les daïras d’El-Ouata et Abadla, ainsi que des infrastructures destinées à servir de cantines scolaires dans différentes localités, relevant de la direction de l’Education de la wilaya (DEW) de Béchar, qui faute de mieux, emploie des profs de français «fâchés» avec l’orthographe.

 Les deux lycées en question sont livrés en temps opportun, pour soulager la pression qui s’exerce sur les 17 autres structures existantes. Cela permettra en outre aux élèves du secondaire d’Abadla et d’El-Ouata, d’éviter à se déplacer loin du cocon familial. Ainsi, la wilaya de Béchar disposera désormais de 19 lycées, de 44 CEM et de 75 écoles primaires, pour une population de 34.000 élèves, tous paliers confondus. De leur côté, les enseignants espèrent à travers ces nouveaux acquis, s’approcher de l’objectif de 30 à 35 élèves/classe, ce qui n’était pas le cas jusqu’ici. Côté restauration, notre source indique que plusieurs nouvelles cantines scolaires entreront en service à travers le territoire de la wilaya, et ce, dès la prochaine rentrée des classes, à l’occasion de laquelle 10 minibus destinés au ramassage scolaire seront réceptionnés. S’agissant de la santé en milieu scolaire, elle sera renforcée par 6 unités de dépistage (UDS), encadrées de médecins et de paramédicaux. Ces unités seront également dotées de fauteuils dentaires.

 
Pour ce qui est de l’encadrement, la DEW enregistre un manque d’enseignants en langues étrangères, notamment le français. Ces deux dernières années, les responsables du secteur ont opté pour le replâtrage, en recrutant des ingénieurs diplômés,... mais pas en orthographe. Le moins que l’on puisse conseiller à ceux qui les ont recrutés, c’est de puiser dans le riche réservoir constitué par les jeunes retraités, sortis au bout de 32 ans de service et qui sont encore aptes à dispenser des cours de langue, dans lesquels ils excellent. Et certains de se demander pourquoi, ce qui se fait partout ailleurs, ne réussirait pas dans l’enseignement qui, à plus forte raison, a besoin de recourir aux seules compétences. Finalement, c’est l’enseignement supérieur qui se taille la part du lion, avec l’extension voire la réalisation de nouvelles infrastructures d’accueil et d’hébergement des étudiants. Les 11 hectares initialement réservés au centre universitaire se sont rapidement révélés limités, pour accueillir d’autres projets pédagogiques. Les responsables ont donc envisagé la création d’un nouveau pôle universitaire, qui s’étendra cette fois sur une centaine d’hectares, le long de la route menant à Lahmar. Il y est question de réaliser l’infrastructure d’accueil de 3.000 places pédagogiques, ainsi qu’une résidence universitaire de 1.500 lits. Lancé depuis un an déjà, le projet connaît un taux d’avancement appréciable, selon la même source. En attendant, le centre universitaire de Béchar accueillera cette année 1.100 nouveaux inscrits. Un centre que les responsables aspirent à élever au rang d’université régionale et qui compte actuellement 10.100 étudiants environ. 

Source: Messaoud Ahmed, La Voix de l'Oranie.

 

par Sofiane publié dans : Actualité
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Mercredi 5 septembre 2007

 

Le passage par Paris est devenu presque obligé pour les artistes bécharis pour s’affirmer en tant que tels. Le passage sous le pont des arts leur confère prestige et notoriété. Feu Bachir et sa sœur Hasna, Si Alla et Aïcha Lebgaâ et la troupe «Gaâda» ont mis à l’épreuve le proverbe «Personne n’est prophète en son pays». Ils ont troqué le titre d’ambassadeurs de la chanson bécharie contre celui de simples migrants.

 

Pour «Gaâda» au départ, il y’avait les rythmes du grand Sud connu pour le nombre important de ses troupes et la diversité de ses courants musicaux. C’est à Adrar et Timimoun que Laoufi Abdelaâti a passé une partie de son enfance, bercé par les fameux cantiques d’Ahl Lil ou de Helil, pour certain, qui font l’objet de recherche par de nombreux centres internationaux. Féru de musique, ce sociologue de formation, l’accent local aidant, peut se targuer d’être le seul à restituer les madihs et complainte d’Ahl lil avec fidélité. Il forma sa troupe et s’installa dans la capitale française. «Gaâda» est née et ses premiers albums surprirent les amoureux de ce genre musical fort en vogue à Béchar. «Darha Ould Laoufi» disent certains, car Abdelaâti est le fils d’un moudjahid originaire d’El-Bayadh et connu sous le nom de guerre d’Ahmed Wahbi. A l’indépendance, le moudjahid échangea sa tenue de combat contre la robe de juge, fonction qu’il exerça à Adrar plus précisément. C’est à Marseille que les six garçons de la troupe «Gaâda» croisèrent une chanteuse connue à Béchar et en Algérie puisque ses chansons étaient diffusées par la télévision nationale. Il s’agit de Aïcha Labgaâ qui a fait un passage remarquable par l’incontournable émission «Alhan wa chabab». L’introduction, cette voix claire comme de l’eau de source jaillie de sous les dunes dans la troupe, apporta un plus en voix féminine à «Gaâda» et ceux qui suivent les itinéraires de «Gaâda» et de Aïcha Lebgaâ se trouvent dans l’embarras de dire qui des deux a provoqué la symbiose. En tous les cas, la surprise fut grande pour les bécharis de découvrir lors du festival du Gnaoui que Aïcha s’est élevée au rang supérieur en puisant dans le terroir mystique, que son timbre sied bien au spirituel qu’au sentimental, quelle passe avec aisance de «Salallah Alik a zine Laâmama» à «Arbane rahala» de Khélifi Ahmed. La troupe a pris habitude de débuter son répertoire, l’espace d’une gaâda dans toute ville où elle s’introduit, par «Besmallah jit enzour» perpétuant ainsi le rite du pèlerinage et du «taslim» au Saint Patron. Loin de tremper dans l’exotisme, la troupe s’est donnée pour mission de donner un souffle de vie aux chants oubliés ou délaissés au profit d’un modernisme à outrance. La sagesse des paroles, véritables perles de l’oralité ancestrale, et la sérénité des rythmes exercent sur l’auditeur un charme qui s’attache à son âme et le force à méditer. Leur gnaoui joué sans artifices ni ambages vous traîne si vous êtes initiés vers l’apothéose qui se termine par une djedba ou transe délivrant de tous les stress. Lors du festival du gnaoui qui s’est déroulé à Béchar, «Gaâda» à subjugué le public en interprétant avec «El ferda», la chanson phare de cette dernière troupe à savoir «Ben Bouziane fi aârek rani...» et a montré une autre facette de ce qu’elle peut promettre pour l’avenir. Humble comme il l’a toujours été avec les enfants de sa ville, Abdelaâti ne se considère pas comme une star mais préfère dire qu’il joue ce qu’il a envie de jouer et de le faire apprécier par son public. Le ton et la manière de le dire révèle en cet homme mûr, l’enfant rebelle qu’il a toujours été. Dans sa jeunesse, il brillait par sa verve quelque peu excentrique mais touchante et il n’est pas rare d’entendre dire à Béchar «comme disait ould Laoufi...» et quand les premiers albums de «Gaâda» sont arrivés chez les disquaires, on a dit «Darha Ould Laoufi».

 

Source : M. Ahmed, La Voix de l'Oranie.
par Sofiane publié dans : Culture
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