Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Béchar et la région de la Saoura
  • Béchar et la région de la Saoura
  • : Tout sur Béchar et la région de la Saoura
  • Contact

Pratique


Pour pouvoir lire tous les articles, il existe trois moyens :

1- En cliquant sur les dates du calendrier (en haut à droite).
2- En consultant les archives (en bas à gauche).
3- En cliquant sur les catégories (à doite).

N'hésitez pas à me contacter si vous avez des soucis de navigation ou pour toute autre question.



Top classements des meilleurs blogs weblogs
 
 

Livre d'or Saoura

Envoyer une carte postale

Recherche

Grande vallée façonnée par l’Oued portant le même nom, la Saoura est l’une des régions les plus attrayantes du sud algérien. Elle est limitée au Nord par les Monts des Ksour et le Haut Atlas marocain, à l’ouest par la Hamada du Draa, à l’est par les oasis du Tidikelt et au sud par le plateau du Tanezrouft. Un décor fait de paysages lunaires de la Hamada du Guir contrastés à l’autre rive par les splendides dunes dorées du grand Erg Occidental. Entre ces deux ensembles féeriques s’incrustent, tels les joyaux d’un collier, palmeraies et ksour le long du lit des Oueds.

 

  

 

Archives

14 août 2007 2 14 /08 /août /2007 13:36
DES RONDS-POINTS ET DE LA VERDURE

Pour l'embellissement de la ville, certains ronds-points qui ressemblaient de sinistre mémoire, à des «check points» israéliens en Palestine occupée, car fait de blocs de béton préfabriqués, ont pris des allures plus heureuses. En effet, sur ces plateformes circulaires, les blocs de bétons ont disparu pour laisser place à une verdure hypothétique mais visible. Un gazon roussissant, ramené à grand frais des contrées septentrionales orne ces espaces rotatoires. Au voisinage de ce gazon allochtone ainsi enchâssé par plaques, loin de sa terre natale, ont fait leur apparition également, quelques fleurs et arbustes non moins hétéroclites. Aussi, on reste perplexe en effet, et non moins admiratif devant une telle hardiesse botanique, et on ne peut s'empêcher de ce demander comment se fera l'entretien de «ces jardins» qui promettent de l'agrément au regard de qui aime le beau. Car le but recherché est assurément l'embellissement. Un embellissement qui additionné aux trottoirs se chiffreraient en milliards. Mais dans les cas d'espèce ce beau est appelé à être pérenne sinon quel intérêt ? Or le gazon roussissant («green grass» à l'origine) a déjà viré piteusement au blond paille par endroits, ceci sous l'effet de la soif et des rayons thermogènes d'un soleil sous lequel il n'existe pas l'ombre d'un nuage en été.

Certaines compétences autorisées relèvent la facilité avec laquelle certains choix ont été faits. Il est noté déjà l'inadéquation des systèmes d'arrosage utilisés. Aspersion, irrigation, goutte à goutte_? L'arrosage qui convient au gazon ne pourrait convenir aux plantes associées à celui-ci. En d'autres termes : trouvera-t-on le système d'arrosage adéquat pour les différents types de plantes qu'on essaie d'acclimater en juxtaposition sous ce ciel réputé hostile ? Et surtout trouvera-t-on suffisamment d'eau pour un arrosage exigeant un service permanent ? Et aussi le cas échant, combien de temps ces plantes résisteraient-elles aux dards torrides d'un soleil sans pitié, au souffle brûlant du siroco et ses rafales de sables qui généralement ont raison de plantes beaucoup plus coriaces ? A-t-on prévu un système d'arrosage, de renouvellement et d'entretien permanents ? Car comme signalé plus haut, nous avons vu que déjà une partie de ce gazon est passée de vie à trépas alors que nous sommes dans une logique, voire une optique, de perpétuation de ces espaces verts ?

Bien sûr certaines plantes autochtones n'auront pas de difficulté à survivre même insuffisamment arrosées après que leurs racines aient été bien ancrées au sol tel le palmier dattier local, le fameux phoenix dactyliféra dont il sera question plus loin, les différents types de lauriers qu'ils soient roses, blancs ou rouges à l'aise partout dans nos oueds.

A tout hasard, nous nous sommes intéressés au prix coûtant du m2 de ce gazon («importé» de Blida ?). La question fut posée au contremaître en train de poser sur un rond point de la ville des plaques de ce précieux herbacé. Il avança spontanément 2000 DA le m2. «Ah bon ? Autant que çà ? Après tout, ce n'est quand même que de l'herbe associée à du chiendent !?». Devant notre étonnement, le monsieur se ravise pour rabaisser le prix à 1 200 DA le mètre carré. Mais quand bien même...!? Il y a comme cela des actions qui ressemblent à de véritables coups d'épée dans l'eau. A titre d'exemple, il a été planté des pousses de palmiers tout le long de la route à doubles voies qui mène de la ville à l'aéroport. L'action est louable en soi et combien cette voie aurait pu gagner à avoir un peu de verdure pour son esthétique intrinsèque et bien sûr, pour le plaisir de la vue de l'usager. En outre, cette route serait la première «vitrine» de la ville pour le visiteur étranger qui débarque pour la première fois à Béchar. Que nenni ! Le pauvre visiteur n'aura droit qu'au paysage rocailleux et désolant du plateau d'Oum Esbaa, une hamada en hauteur, un reg affligeant. En effet, les palmiers plantés le long de cette route n'arrivent pas à décoller, à s'accrocher au sol rocailleux où ils ont été plantés. Beaucoup sont déjà morts et de leur belle mort, asséchés par le soleil et le manque d'eau. D'ailleurs par endroit, ces pauvres palmiers rabougris quand ils ne sont plus que du bois mort, ne se voient même plus car leurs trous ont été recouverts de sable par le vent.

Nous avons eut une version explicative à ce patent échec. Il semblerait que le palmier que l'on a essayé de faire pousser malgré lui sur l'aride Hamada de Oum Esbaa, est une variété de phoenix appelée canariensis, et qui serait originaire, comme son appellation latine l'indique, des îles Canaris. Or, cette variété de palmacées demande beaucoup de chaleur et aussi beaucoup d'eau pour prospérer. Il se trouve que dans le cas qui nous intéresse, l'on dispose de beaucoup de chaleur mais de beaucoup moins d'eau. Hélas ! Aussi, on se demande comment a-t-on pu faire un pareil choix ? Comment au pays du palmier, on ait pu «aller si loin» chercher une «race» de palmacée compliquée et inadéquate pour le climat local, au lieu d'aller à quelques centaines de mètres de là, dans la palmeraie autochtone, cueillir le bon vieux et prosaïque phoenix local, qui est à l'aise chez lui, et qui ne ferait pas tant de chichi pour se maintenir debout sur la route de l'aéroport de Béchar ? Il pourrait faire ça pour «le décor» et «pour la galerie». Surtout les palmiers mâles dont la principale caractéristique est justement la robustesse. Et n'est-ce pas ce qui est recherché pour les besoins de la cause ? Il est clair que toute plante nécessite un minimum d'eau au départ et un peu de soins pour peu qu'on se donne la peine, après elle se débrouille toute seule.

Somme toute, si l'on rechercherait coûte que coûte cette teinte d'exotisme à laquelle on semble tenir tant, on aurait pu opter notamment pour le washingtonien, un palmier ornemental dont le port de tête d'une élégance particulière, déploie des palmes en éventail aux pointes filandreuses à l'image d'une blonde et fière crinière et qui donne aussi de bons résultats en cette contrée au climat si sévère. Enfin, eu égard à ce qui précède et vu l'optimisme ambiant, loin de nous l'idée de jouer les trouble-fêtes. Car enfin, pourquoi offenser l'avenir ? Et que certainement, il ne sera pas dit que les responsables concernés n'auront pas «tout» essayé. N'est-ce pas ? 


LA VILLE N'EST PAS QUE RONDS-POINTS ET TROTTOIRS


Pour revenir au reste, il est tout à fait évident que la ville n'est pas faite que de carrefours «verdoyants», de trottoirs carrelés de blanc, vert ou rouge, d'asphalte et de lampadaires rococos... Il y a tout ce qui va avec. C'est-à-dire l'essentiel, le gros : à savoir les superstructures. La ville c'est d'abord des artères faites de bâtiments, d'immeubles, de maisons particulières, de magasins etc. Il y a les rues et les ruelles, les places et les placettes, les espaces verts et les mosquées, les édifices publics et les monuments. Enfin toute une architecture très variée. Si l'on se limiterait à la seule réfection des trottoirs, la ville ressemblerait à quelqu'un qui mettrait des souliers flambant neufs, au vernis étincelant et habillé d'un vieux costume chiffonné. Ou peut-être aussi, pour une symbolique plus féminine, la cité ressemblerait-elle à une vieille dame qui s'acharnerait à masquer les outrages du temps par un excès de fards.

Nous ne voulons pas revenir sur les malfaçons flagrantes visibles dans les nouvelles constructions et que nous avons évoqués notamment dans d'anciens articles cités supra. Ici, il s'agit de traiter de la tentative en cours, de «l'embellissement» de la ville de Béchar mais avec l'existant, c'est à dire avec aussi les malfaçons de toutes sortes. En fin de compte «embellissement» serait trop dire. Il est clair que l'action des pouvoirs publics restera toujours insuffisante. Mais les améliorations générales sont l'affaire de tous. Donc, il restera la formule à trouver pour amener les citoyens à participer à «la fête du grand toilettage». Car, pour l'efficience de cette opération, il faudrait bien que chacun mette du sien. Les citoyens (au sens étymologique «citoyen» veut dire «habitant de la cité et en même temps responsable») sont invités implicitement à mettre la main à leurs escarcelles. Autrement dit, à ravaler et à peindre ou repeindre leurs biens (maisons, magasins etc.) afin de faire rimer la propreté des trottoirs avec le reste. Et là, on peut craindre que le civisme spontané ne sera pas tout à fait au rendez-vous.

Quand on sait que le collage des carreaux granitos sur les trottoirs ne se fait pas avec tout le soin voulu, une opération de correction s'impose dès lors, d'elle-même. En effet, ce collage se fait avec du ciment blanc, lequel ciment blanc est déversé à grand seau sur les carreaux granitos posés sur le sol. Lors de cette opération, le ciment blanc liquide se répand partout jusque sur la chaussée et surtout contre les murs. D'où toute l'esthétique recherchée à l'origine, prend un coup. Car enfin, il faut bien nettoyer et le trottoir et la chaussée et les murs ! Les entrepreneurs chargés de ce travail devraient en principe être contraints à être plus soigneux et à soigner le travail.

Pour une approche d'esthétique générale, peut-être qu'une campagne médiatique de sensibilisation est-elle nécessaire, notamment par l'utilisation de la radio local, l'affichage ou autres, pour emmener les gens à participer à un mieux de leur cité. Il fut un temps où on imposa aux citoyens de cette même ville de peindre leurs maisons en rouge ocre. Et ils l'ont fait. Seulement, on oublia de fixer une norme à cette couleur, une nuance harmonieuse que les gens auraient été tenus de respecter. Mais au lieu de cela, on laissa faire une peinture au gré de chacun. On confondit peindre et peinturlurer. Ce fut la catastrophe : il y eut toutes sortes de rouges ocre possibles et imaginables et les nuances penchaient surtout vers le mauvais goût caractérisé. Ainsi, l'expérience qui ne fut pas très heureuse, finit par être abandonnée au fil du temps mais la ville en garda de mauvaises séquelles : on s'est rendu à l'évidence que Béchar n'était ni Adrar ni Timimoun ni encore moins Marrakech... où cette couleur ocre fait le bonheur des habitants et la réputation de ces villes. Le malheur est qu'ici on cherche toujours à copier au lieu d'imaginer, d'inventer et surtout d'être soi-même.

D'échecs en pis-aller, on est revenu au «choix démocratique» : c'est-à-dire de laisser à chacun la liberté de peindre sa maison comme il l'entend. On s'est rendu compte que finalement, une cité aux maisons spontanément chamarrées, peut avoir son charme. Les édifices et bâtiments publics pouvant être ravalés et repeints de façon autoritaire par les pouvoirs publics, lesquels donnant l'exemple pour le bon ton des couleurs, voire orchestrer autant que faire ce peut, l'harmonie générale liée à la qualité et au bon goût. Ailleurs, des municipalités ont crée des précédents d'ingéniosité, dans la créativité et dans l'inventivité dans ce domaine : concours de la plus belle façade, concours du plus beau magasin, de la plus belle vitrine voire de la plus belle maison et/ou du plus beau jardin etc. avec des prix honorifiques et également des prix conséquents à la clé.

Un préalable nous paraît cependant nécessaire : les services de l'urbanisme devraient remplir toutes les prérogatives qui leur sont conférées par la loi, pour imposer une discipline stricte du respect des plans urbanistiques. Les autoconstructeurs devraient respecter les plans pour lesquels ils ont reçu un permis de construire, comme cela se fait ailleurs, et à achever leur construction en conformité avec les règles de l'art. Pour le moins en ce qui concerne la façade. Sinon comment donner une quelconque forme d'esthétique à une ville où beaucoup de façades, hideuses, sont constituées de parpaings, ou de briques rouges, parfois un mélange des deux, des malfaçons flagrantes et des fers ronds qui dépassent sur les toits (pour les générations futures) !? L'Algérien devenu insensible à son environnement quand il n'est pas carrément égoïste, s'occupe plus de son intérieur et s'enfiche complètement de son espace environnant. 

Source : A. Azizi, Le Quotidien d'Oran.

Partager cet article

Repost 0
Published by Sofiane - dans Actualité
commenter cet article

commentaires