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Grande vallée façonnée par l’Oued portant le même nom, la Saoura est l’une des régions les plus attrayantes du sud algérien. Elle est limitée au Nord par les Monts des Ksour et le Haut Atlas marocain, à l’ouest par la Hamada du Draa, à l’est par les oasis du Tidikelt et au sud par le plateau du Tanezrouft. Un décor fait de paysages lunaires de la Hamada du Guir contrastés à l’autre rive par les splendides dunes dorées du grand Erg Occidental. Entre ces deux ensembles féeriques s’incrustent, tels les joyaux d’un collier, palmeraies et ksour le long du lit des Oueds.

 

  

 

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16 septembre 2007 7 16 /09 /septembre /2007 13:29
Eden-dène est un personnage qui veille à la perpétuation d’une vieille tradition qui consiste à passer dans les rues de la ville en jouant du tambourin pour annoncer l’heure du S’hour aux paisibles dormeurs. Il existe encore en Egypte et en Syrie sous l’appellation de «M’saharati».

 

 
En Europe médiévale, il y avait un personnage similaire, le veilleur qui passait dans les ruelles pour dire: «Il est telle heure, tout va bien, dormez paisiblement braves gens».
 
Les ramadhans se succèdent mais ne sont plus ce qu’ils étaient autrefois. Qui ne se souvient avec nostalgie des veillées ramadanesques du passé où les familles se rendaient visite lors de ce mois de piété, de réconciliation et de retrouvailles autour d’une meïda spécialement dressée? Aujourd’hui, les veillées se résument souvent en des séances télé où les nombreuses chaînes nous enchaînent et nous privent d’évasion. Ici, à Béchar, le charme de ces nuits ramadanesques était fait, autrefois, par le son du tambourin du Eden-dène qui annonçait aux paisibles dormeurs que l’heure du S’hour était arrivé. Sur son passage, les lumières s’allumaient et les ménagères se pressaient à réchauffer la Seffa aux raisins secs, arrosée de l’ben que quelques-uns accompagnaient de fruits de saison ou de thé à la menthe. Le Eden-dène faisait ainsi partie des nuits du Ramadhan à tel point qu’on ne pouvait les imaginer sans lui. On l’entendait passer sans savoir qui c’était. Du quartier de Manougat, en passant par les ruelles sinueuses du quartier populeux de Débdaba, le son de son tambourin parvenait en cette heure de grande accalmie, jusqu’aux confins de la ville. Den-den-den était le son de l’instrument à percussion d’où l’appellation de Eden-dène était née pour nommer l’homme qui se chargeait de perpétuer cette tradition ancestrale qui allait de pair avec l’annonce de la rupture du jeûne par un coup de canon «Madfaâ» ou «N’fadh», comme on disait alors dans d’autres régions.

 

 

Mon ami, l’artiste peintre Salhi Fodhil, toujours aux aguets pour immortaliser dans ses œuvres les charmantes petites choses qui font notre quotidien chercha, il y a une vingtaine d’années à faire le portrait du Eden-dène en pleine action. Il le poursuivit de ruelle en ruelle au son du tambourin pendant trois nuits et vint nous dire avec l’enthousiasme d’un chercheur qui découvre une chose rare: «Je l’ai rencontré». De cette rencontre du peintre avec le musicien naquit alors un des plus beaux chefs-d’œuvre de l’artiste. L’œuvre fut acquise par la femme d’un haut responsable au cours d’une exposition dans la capitale. Pour narguer notre ami Salhi, nous avions baptisé son œuvre «Le Jocond» par référence à la Joconde de Léonard de Vinci. Le Eden-dène, tel que nous l’avions su grâce au tableau de notre cher Fodhil, n’était autre qu’un homme timide que nous côtoyions sans savoir que c’était lui, le chargé de la perpétuation de la tradition, lui qui vivait à Manougat et travaillait le jour à l’abattoir. Il annonçait aux dormeurs l’heure du S’hour et en contrepartie, les gens reconnaissants, lui donnaient Zakate El Fitr, la veille de l’Aïd. La décennie noire ne le ménagea point lui aussi. Les tristement célèbres par leur «Yajouze» et «la yajouze» qui faisaient table rase de toutes les traditions l’agressèrent dans un coin obscur lors de l’une de ses tournées. La raclée qu’il reçut, ajoutée à l’humiliation et au manque de protection lui firent perdre toute envie de jouer du tambourin. Maintenant l’homme a vieilli et personne n’a osé prendre la relève. C’est comme cela aussi que se perdent nos plus veilles traditions.

 

 

Source : M. Ahmed, La Voix de l'Oranie.

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Published by Sofiane - dans Culture
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