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Grande vallée façonnée par l’Oued portant le même nom, la Saoura est l’une des régions les plus attrayantes du sud algérien. Elle est limitée au Nord par les Monts des Ksour et le Haut Atlas marocain, à l’ouest par la Hamada du Draa, à l’est par les oasis du Tidikelt et au sud par le plateau du Tanezrouft. Un décor fait de paysages lunaires de la Hamada du Guir contrastés à l’autre rive par les splendides dunes dorées du grand Erg Occidental. Entre ces deux ensembles féeriques s’incrustent, tels les joyaux d’un collier, palmeraies et ksour le long du lit des Oueds.

 

  

 

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8 octobre 2007 1 08 /10 /octobre /2007 10:24
Chaque année, le Barka Yéchou de Kénadsa envahit les rues. Il se déroule le soir d’Achoura et attire des centaines de visiteurs venus de Bechar. Cette manifestation est réputée pour sa singularité, pour ses Madihs et la bizarrerie des costumes dont se parent les personnages de la célèbre parade.

 

 
La ville de Kénadsa, située à 18 km au sud ouest du chef lieu de wilaya de Bechar, conserve avec ferveur ses traditions et son folklore. Masqués et parés de costumes extravagants, les Boufdams au nombre de six sont les principaux personnages de Barka Yéchou. L’espace d’un jour, la ville de Kénadsa, héritière d’une fête profane célébrant le jour de l’Achoura, organise une manifestation qu’on ne rencontre nulle part ailleurs dans le pays exception faite pour la zone du Hoggar où une fête similaire a lieu le même jour et porte le nom de Sébouba, durant laquelle les Touaregs portant des masques se livrent à une danse rituelle.
 
Selon certains, Barka Yéchou tire son nom de l’expression en arabe vernaculaire Barka qui veut dire «suffit» et qu’on rencontre dans de nombreuses expressions telles que «Barka m’na esdaâ», «Barka m’n etmeskhire» etc... Yéchou est un nom juif. Barka Yéchou serait alors: suffit Yéchou soit pour le rappeler à l’ordre soit pour freiner l’immigration intense de juifs venus du Tafilalet. Ce qui confirme cette thèse est le fait que l’un des personnages du Barka Yéchou, supprimé de la procession depuis longtemps, représentait le commerçant juif. Pour d’autres, la parodie du commerçant juif, le représentant comme cupide et usurier, lui disait de mettre un terme à ses agissements. C’est à Haouche Naâm, un lieu situé au milieu de la Zaouïa de Sidi M’hammed Benbouziane que les personnages se parent de costumes spécifiques à la cérémonie avant de défiler en ville. Il y’a d’abord les Boufdams au nombre de six. Fdam désigne une toile qui ressemble à la toile de jute et qui est produite par le palmier dattier. Boufdam désigne celui qui se couvre de cette toile. L’effigie du dromadaire est portée par quatre personnages, celle du lion par quatre personnages aussi, celle du cheval par deux personnages et celles de la chauve-souris et du porc-épic
 
par un personnage chacune. Le tout est accompagné par une dizaine de Aïssaoua qui jouent du Tbal, Bendirs et de percussion métallique tout en chantant des Madihs du Prophète (QSSL). Les Boufdams se séparent en deux groupes de trois et se chargent de tenir la foule à distance, assurant l’ordre en quelque sorte. Tous les membres de la procession ont le visage couvert pour ne pas être reconnus. Les Madihs commencent par: «Aârat Allah Ou N’bi a Benbouziane, A soltane salihin sidi Boumédienne...». Pour ce qui est de la symbolique, le dromadaire représente la sobriété et la sagesse, le cheval, l’honneur et la noblesse, le lion, la majesté et le respect, le porc-épic, qui s’y frotte s’y pique, la chauve souris, les ténèbres et l’effroi. Le commerçant juif, qui ne fait plus partie de la procession, représentait la cupidité, l’avarice, l’usure et la mauvaise intention. D’ailleurs, il faisait semblant de mesurer du tissu aux spectateurs avec des coudées et terminait la mesure par un geste malsain.
 
Pour ce qui est de la rythmique, lors de la marche royale du lion, les Aïssaoua arpègent en un rythme cadencé tandis que l’animal, affublé d’un cor, lance un semblant de rugissement. Pour celle du dromadaire, ils ondoient dans un mouvement lent. Celle du cheval nécessite une alternance de sonorité imitative du piaffement. Barka Yéchou sert en quelque sorte de délivrance, de peurs et de craintes accumulées tout au long de l’année, comme il sert de conjurer le mauvais sort. Loin de toute prétention, nous avons fait là une simple approche du sujet, laissant le soin aux anthropologues de l’enrichir.
 

 

Source : M. Ahmed, La Voix de l'Oranie.

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Published by Sofiane - dans Culture
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