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Grande vallée façonnée par l’Oued portant le même nom, la Saoura est l’une des régions les plus attrayantes du sud algérien. Elle est limitée au Nord par les Monts des Ksour et le Haut Atlas marocain, à l’ouest par la Hamada du Draa, à l’est par les oasis du Tidikelt et au sud par le plateau du Tanezrouft. Un décor fait de paysages lunaires de la Hamada du Guir contrastés à l’autre rive par les splendides dunes dorées du grand Erg Occidental. Entre ces deux ensembles féeriques s’incrustent, tels les joyaux d’un collier, palmeraies et ksour le long du lit des Oueds.

 

  

 

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12 avril 2007 4 12 /04 /avril /2007 09:11

L´enchanteresse invite curieusement au voyage dans le temps, parmi les âges les plus reculés.

Ksour, palmeraies, stations de gravures rupestres sont autant d´éléments témoignant de la profondeur de l´histoire de l´une des plus belles oasis du Sahara, Taghit, située à 93km au sud de Béchar. L´enchanteresse invite curieusement au voyage dans le temps, parmi les âges les plus reculés. A quelques mètres de l´entrée de Taghit, c´est un panorama unique qui s´offre au regard sans avertir, au sortir d´une sinuosité routière altérant brusquement le cliché d´un défilement rocailleux.
Pour mieux apprécier ce merveilleux paysage, le mieux serait de continuer le petit trajet à pied. La ville de Taghit laisse voir à l´arrière, comme un motif de fond, les dunes du grand Erg dont l´une dépasse les 300 mètres et les silex taillés qui abondent dans la région. Au sommet, on saisit l´infinité de l´espace et l´on comprend le sens de la sublimation. Taghit est aussi une agglomération de six ksour lesquels s´éparpillent le long de la palmeraie.
Un endroit choisi il y a des millénaires comme centre d´une florissante civilisation néolithique. Le 3e Festival du tourisme saharien, organisé par le département du tourisme du 26 au 31 mars dernier, a permis aux touristes nationaux et étrangers de découvrir tout ce riche potentiel touristique de l´enchanteresse que beaucoup ne connaissent, malheureusement, pas encore. Le programme arrêté à l´occasion était très riche en activités.
Chaque escale était une invitation à la découverte et à l´évasion. En ce jour ensoleillé du 26 mars, touristes étrangers et nationaux ainsi que les gens de la région, se dirigent vers la porte principale de la ville. Casquettes, bobs, mais aussi des chèches couvraient les têtes de chacun pour se mettre à l´abri d´une éventuelle insolation. Devant l´entrée, parades, chants et danses folkloriques réjouissants des différentes tribus viennent chaleureusement égayer le climat serein de Taghit. A l´intérieur de la ville, une grande kheïma est dressée pour accueillir les hôtes de la perle de la Saoura. Taghit vibrait, une semaine durant, au rythme du tourisme.
Certains ksour de la ville de Taghit sont partiellement restaurés et ce dans le cadre du projet de "la route des ksour", initié par le Pnud et financé par l´Etat. Certains sont classés patrimoine national architectural. Tous se distinguent par leur architecture arabo-musulmane. Beaucoup d´appellations sont d´inspiration linguistique berbère. Il faut savoir que de Béchar à la ville de Kerzaz, il existe 320 ksour. Une cinquantaine de ces ksour peuvent être classés patrimoine mondial!. Une enveloppe avoisinant les 10 milliards de dinars a été dégagée pour la restauration de l´ensemble de ces entités. Selon un guide de la région, 10 seulement sur les 320 sont en cours de restauration alors que trois autres ont été restaurés. Le guide évoque un problème de sensibilisation "mais les gens commencent à prendre conscience de ce qu´ils ont". Il s´agit, en fait, de valoriser ce patrimoine préhistorique qui est aujourd´hui "déserté et abandonné". Car, les ksour, une fois restaurés, constitueront un terrain propice pour la promotion du tourisme et peuvent devenir des centres d´accueil des visiteurs. Le ministre du Tourisme, M.Noureddine Moussa, avait insisté sur la réhabilitation, la préservation mais aussi la gestion de ces espaces ksouriens.
Il a laissé entendre ainsi que la révision de leur gestion, confiée actuellement à des privés s´impose. La population locale réclamant son implication dans les projets de restauration.
Le premier que nous avons visité était le vieux ksar de Taghit appelé Ksar Sidi Ayad, partiellement restauré et construit à l´époque Morabite au XVIe siècle. Certaines maisons sont toujours habitées. Les principaux traits particuliers du ksar ressortent à travers la concentration de ses habitations ainsi que ses venelles labyrinthiques obscures, même en plein jour, et néanmoins toutes de fraîcheur durant l´été.
Dans certaines petites pièces de ce ksar, des jeunes servent des plats traditionnels et du thé à la menthe.
Après une petite halte à l´une de ces pièces, nous continuons notre découverte en passant par des ruelles "labyrinthiques" qui s´ouvrent joyeusement sur la grande palmeraie. Malheureusement, cette dernière commence à perdre de son éclat à cause des eaux usées qui abondent. Conséquence logique à ce problème: les moustiques envahissent les lieux.
Les autorités locales ne sont pas restées indifférentes, puisqu´un bureau d´études français a été sollicité pour prendre en charge l´opération de désinsectisation dont le montant est estimé à 20 millions de centimes. Au fait, ce ksar est situé non loin de l´hôtel de Taghit, là où nous étions hébergés. Un «trois étoiles» dont les normes, la qualité de service et d´hébergement laissent à désirer!. Tout visiteur de cette ville, pourtant forte d´un riche potentiel, est vite frappé par le manque flagrant d´infrastructures d´accueil et de lieux de loisir et de détente. Le chômage se mêle ainsi à la misère. Un constat que les étrangers n´ont pas manqué de relever. "Taghit nous a permis de découvrir les richesses touristiques de l´Algérie. Une découverte qui a ses forces et ses faiblesses. Pour l´Européen, qui a le goût de la différence, le fait de se retrouver en Algérie, nous remet de toute la fatigue que nous ressentons à Paris. Toutefois, l´ensemble des infrastructures demande à être aux normes internationales. Beaucoup reste encore à faire en la matière", nous lance, René Fagnoni, secrétaire général du comité général du groupe Soc-Presse et directeur du quotidien le Figaro.
Taghit, c´est aussi les sept stations de gravures rupestres, un précieux trésor d´un autre âge, soigneusement taillées dans la roche. Elles sont situées à 28km de Taghit. La station visitée remonte à 40.000 ans avant Jésus-Christ. Mais elle n´est malheureusement pas classée patrimoine mondial. Elle s´étale sur 90km tout au long de la vallée. Ses effigies représentent la vie quotidienne de l´Homme primitif, des vaches, des chèvres gravés sur de grosses pierres. Selon le guide de la région, les écritures sont à 90% en Tifinagh. Mais le visiteur constatera vite l´état déplorable dans lequel se trouvent ces gravures rupestres. Certains dessins sont ignoblement égratignés. Plus grave encore, ces stations sont touchées par la contrefaçon!. Des imitations de gravures se trouvent un peu partout dans ce site, nous dira encore le guide. "Sa préservation n´est pas évidente en raison de son éloignement".

Témoin d’un passé lointain

Le deuxième ksar visité est Moughel, situé dans la région la plus froide de Taghit. Moughel est, en effet, perché à une altitude atteignant les 900 mètres. il date de 900 ans. Pour l´atteindre, nous traversons des montagnes rocailleuses étendues sur des espaces immenses. Un magnifique tableau des plus captivants, s´offre à nos yeux, marqué merveilleusement par les dunes dorées ou blanchâtres érigées dans l´harmonie et dans une géométrie que seule la nature sait dessiner. Des palmiers, symbole de la vie dans le désert, se dressent avec majesté vers le ciel et de temps à autre, des chameaux y défilent nonchalamment en rangs serrés. De loin et à première vue, nous avons l´impression de voir des dinosaures de l´ère secondaire. Une fois arrivés au Ksar, nous nous retrouvons face à une porte principale appelé "Bensammer" au-dessus de laquelle un poste de contrôle était auparavant installé permettant d´observer l´arrivée de tout étranger à la région. Aux abords, des oeuvres traditionnelles: des jarres, des bols, des assiettes avec des décorations diverses sont déposés par terre en guise de cartes de visites locales. Des ustensiles que l´on retrouve aujourd´hui dans les musées. A l´intérieur, le visiteur est vite conquis par la beauté de son architecture d´inspiration musulmane et le sens de la créativité artistique dans l´exécution des différents éléments constitutifs et dans le souci du moindre détail: les portes en bois sculpté, le hall orné de colonnes en arcades et les plafonds richement sculptés peints de différentes couleurs. A notre gauche, le guide nous fait découvrir un cadran solaire, l´un des patrimoines de la région et l´unique pièce en Algérie. Il a la forme d´un demi-cercle. Il est construit en 1695 par M´barek Ouaïssa. L´utilisation de l´horloge à eau par les autochtones de la région à l´époque demandait une présence permanente, ce qui n´était pas évident d´où la création du cadran solaire composé de neuf bouts de bois. Il ne servait pas à déterminer l´heure exacte mais il était utile pour l´irrigation et la division du temps d´arrosage de chacun, moment important pour les gens du ksar, explique le guide. Le système d´irrigation comprenait 32 sessions qui commencent de l´aube jusqu´au crépuscule. Les gens de Moughel programmaient du premier bout au deuxième, 4 séances d´irrigation. Témoin par excellence de l´authenticité et du prestige de la région, le ksar est divisé en trois groupes: Djmaâ (groupe), Tamasaght (nom berbère qui veut dire solidaire) et El Kasba. Leur rôle était d´informer les 1000 habitants des nouvelles de la région, par exemple de décès, de fête etc. Quatre tribus y habitaient. Il s´agit de Aït Amara, Aït Ouwamas, Aït Kadi et Aït Boussid. La première phase de restauration de ce ksar, menée par des architectes de la région, a débuté en 2002 dans le cadre du projet financé par le Pnud. Cependant, les "vrais" propriétaires du ksar se disent insatisfaits du travail effectué sur le site. "La matière utilisée n´est pas solide", argumentent-ils. Nous poursuivons notre découverte de cette entité historique qui nous a ramené des années en arrière pour nous rappeler la simplicité de la vie. Au beau milieu de la palmeraie, gorgée d´eau, un bassin dans lequel coule une source d´eau douce, la Tidjant, continue à étancher la soif des oasiens. Son nom est amazigh il veut dire le début de la saguia. L´activité principale de l´oasis est basée sur cette source. Un adage dit que toute personne qui ne boit pas de son eau aura de la fièvre! Plus loin les tombeaux des "Awliya salihine ou les Hommes saints" qui entourent le ksar, 17 en tout. Maintenant, nous ne sommes qu´à 15km de la frontière algéro-marocaine. Au retour, l´occasion nous a été donnée d´assister à une cérémonie de mariage. D’ailleurs, les habitants de la ville de Moughel mais aussi de Béchar préfèrent cet endroit pour célébrer les fêtes qui durent, selon les rites de la région, 11 jours. Boukaïs est réputée pour ses vestiges touristiques, ses jardins verdoyants et ses palmeraies. Très ancien, son ksar demeure encore intact, défiant le temps, grâce, notamment aux multiples opérations de restauration lancées dans le cadre de la politique de revalorisation du patrimoine des ksour. Il occupe une superficie de près de 6 hectares et abrite encore une population représentant le dixième de l´ensemble des habitants de cette localité. L´âge de sa fondation remonte à près de 40 ans avant l´avènement de l´Islam. L´appellation de Boukaïs est d´inspiration linguistique berbère composée de "bouk et aïs" signifiant "ton père ô Farès: abouk ya Farès". Une autre version prétend que cette appellation tire son origine du mot "boughamouk" désignant une "seguia ou source". Le village est mitoyen à Moughel. Il n´est, aussi, pas loin de la frontière algéro-marocaine. Ici, le trafic de stupéfiants bat son plein, nous confie un responsable local qui a préféré garder l´anonymat. D´ailleurs, au milieu de la palmeraie où nous avons marqué une petite pause, le temps de siroter un thé, nous avons aperçu des éléments de la gendarmerie placés ça est là avec leur chien pour surveiller et fouiller les lieux. "C´est un lieu de transit. Au lieu de s´occuper de l´agriculture, qui est peu développée dans le village, les gens préfèrent le gain facile en recourant à ce genre de trafic. Mais, le contrôle est particulièrement renforcé", ajoute-t-il sans pour autant nous fournir plus d´information sur ces réseaux et sur les quantités de drogue saisies. L´immigration clandestine est aussi un autre phénomène signalé dans la région par ce responsable. Il avance le chiffre de 600 clandestins arrêtés au courant de ces derniers mois et expulsés vers leur pays d´origine.

Kenadsa, une halte incontournable

Dans le circuit touristique à travers la Saoura, Kenadsa est une halte incontournable pour les passionnés des déserts. Aux portes de la ville, à 22km de Béchar, Kenadsa était, jadis, une importante zaouïa, relevant de la confrérie des Ziana. Elle fut appelée "El Aouina", une petite source d´eau qui servait pour l´irrigation des palmeraies. Elle fut fondée il y a environ huit siècles. Sa source de lumière, durant longtemps, était la merveilleuse mosquée construite par Sidi El Hadj. Ce fut, des générations durant, un centre de rayonnement scientifique et culturel.
Kenadsa était aussi un ksar. Mais l’exploitation en 1971 des mines de charbon perturba sa quiétude. Kenadsa s´était confondue durant une trentaine d´années avec une importatnte exploitation du charbon. La mine, aujourd´hui désaffectée, rappelle encore les silhouettes noires des mineurs. Kenadsa est sortie de l´anonymat grâce à ses enfants artistes et intellectuels, à l´image de Yasmina Khadra et Malika Mokadem, sans oublier l´artiste Alla dont la musique s´égrène en sonorités thérapeutiques. Isabelle Eberhart a également jeté son dévolu sur cette contrée, source d´inspiration et d´élévation.
Beni Abbès ou l´Oasis blanche, située à 247km au sud de Béchar, domine une belle oasis de palmiers et d´arbres fruitiers. Elle est dominée par la couleur blanche, ce qui, entre autres, la distingue de Timimoun au rouge dominant. Elle regroupe sept ksour, dont certains sont encore habités. Le plus beau est celui situé au milieu de la palmeraie. Inhabité depuis 1957, il est aujourd´hui en cours de restauration. La cité est illuminée durant la plus célèbre fête qu´elle abrite, le Mawlid Ennabaoui ou l´anniversaire de la naissance du Prophète Mohamed (Qsssl). C´est un événement de haute valeur culturelle et spirituelle, fêté avec ferveur depuis des siècles par les populations de la Saoura. Des cérémonies religieuses sont organisées aussi bien dans les mosquées que dans les maisons ainsi que sur les places publiques. Dans une ambiance festive, toute la population de la ville, les touristes nationaux et étrangers, se rencontrent au lieu-dit Sahat Echouhada (place des Martyrs) pour y participer. Les rues, désertes dans la journée, sont envahies par des milliers de visiteurs venus des différentes régions du pays. La fête du Mawled Ennabaoui, ou le S´bou, attire une foule de plus en plus dense. Le baroud est un agrément incontournable. Nulle fête n´est célébrée sans que ne tonne la poudre. Tous les enfants et même les tout-petits, se regroupent avec leurs pères au milieu de la piste. Le groupe folklorique animant la fête entoure les enfants tout en continuant le chant et la danse dans des rythmes différents. Tous s´assoient et, simultanément, font parler la poudre.
A Béni Abbès, on explique l´utilisation du baroud par le fait que les détonations enlèvent la peur aux enfants. La population de Beni Abbès mais aussi les participants au 3e Festival du tourisme saharien dont une centaine d´étrangers, ont vécu, deux heures durant, au rythme des chants et des danses. La fête mêle folklore et cuisine traditionnelle. Des plats succulents sont servis: mene ata, un couscous présenté dans les mosquées, el haibous, couscous présenté au public le jour du Mawled, le lait et les dattes. Mais la célébration est surtout religieuse. Il n´y a pas une oasis où le Mawled n´est pas célébré. Récitation du Coran et chants religieux. Ces moments sont une expression de l´hospitalité légendaire des populations locales. En fait, c´est surtout cet événement religieux et hautement culturel qui fait de Béni Abbès un pôle d´attraction pour les visiteurs des autres wilayas du pays et de l´étranger. Notre présence à l´Oasis blanche nous a également permis de visiter l´Ermitage du père Charles de Foucauld. Né à Strasbourg en 1858, il arriva à Beni Abbès en 1901.
Le 1er décembre de la même année, il célèbra la première messe dans la chapelle de l´Ermitage. Celle-ci existe toujours. Huit religieux y habitent. "Il faut passer par le désert et y séjourner pour recevoir la grâce de Dieu: c´est là qu´on se vide, qu´on chasse de soi tout ce qui n´est pas Dieu", écrivait-il.

Source : N. HAMIDACHE, L'Expression.

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Published by Sofiane - dans Saoura
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