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Grande vallée façonnée par l’Oued portant le même nom, la Saoura est l’une des régions les plus attrayantes du sud algérien. Elle est limitée au Nord par les Monts des Ksour et le Haut Atlas marocain, à l’ouest par la Hamada du Draa, à l’est par les oasis du Tidikelt et au sud par le plateau du Tanezrouft. Un décor fait de paysages lunaires de la Hamada du Guir contrastés à l’autre rive par les splendides dunes dorées du grand Erg Occidental. Entre ces deux ensembles féeriques s’incrustent, tels les joyaux d’un collier, palmeraies et ksour le long du lit des Oueds.

 

  

 

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21 juin 2008 6 21 /06 /juin /2008 10:29

La problématique de l’investissement privé dans la région de la Saoura se pose avec acuité malgré les énormes potentialités que enferme cette wilaya, tant minières, agricoles, que dans la PME/PMI. Les opportunités et les volontés existent, mais les textes régissant le code de l’investissement dans toutes ses formules (ANDI, APSI et CALPI) ne différencient pas les modalités d’investissement dans le Nord et le Sud du pays lequel, par sa complexité, sa particularité et son éloignement des centres d’échanges et de commercialité, mérite une attention particulière de la part des pouvoirs publics.

Un régime spécifique s’impose pour favoriser, accompagner et aider les éventuels investisseurs dans ces régions du sud. L’état doit s’investir davantage pour lever ces inégalités et mettre à pied d’œuvre un nouveau dispositif, introduire de nouveau mécanismes et mettre en place des mesures incitatives pour créer une nouvelle dynamique et lever toutes les entraves qui paralysent le décollage de l’investissement dans tous les secteurs. Afin de mettre toute la lumière sur les difficultés rencontrées par les opérateurs privés dans la wilaya de Bechar, le président de la chambre du commerce et de l’industrie, la Saoura, Hammadi Othmane, a bien voulu répondre à nos interrogations.


La voix de l’Oranie: A quoi est due, à votre avis, la faiblesse de l’investissement dans la wilaya?
Hammadi Othmane: L’absence ou la faiblesse de l’investissement, dans notre région en particulier et dans le Sud en général, s’explique par plusieurs facteurs.
D’abord, la politique appliquée actuellement en matière d’investissement n’est guère encourageante, ne tenant pas compte de la spécificité et la particularité des régions du Sud. Nous nous trouvons ainsi alignés sur les régions du nord, ce qui est illogique vu le coût élevé des charges de réalisation, de transport et les difficultés liées à l’écoulement des marchandises à cause de l’éloignement des centres d’échanges, localisés au Nord. C’est pour cela que nous demandons un régime spécifique pour le Sud, basé sur les facilités d’accès au foncier et l’allégement des charges fiscales et parafiscales, en plus des aides destinées à tous les investisseurs dans le Sud du pays. L’état a créé, soutenu et aidé l’entreprise publique, elle doit aujourd’hui favoriser, aider et accompagner l’entreprise privée qui crée la richesse et des postes d’emploi dans le sud, ce qui va permettre le développement économique du pays dans tous les secteurs et préserver notre souveraineté économique qui ne peut être sauvegardée que par les investisseurs nationaux.

- Quelles sont les contraintes rencontrées actuellement sur le terrain?
- Les textes actuels, qui alignant les régions du Nord avec les régions du Sud, n’encouragent guère l’investissement, ceci d’une manière générale. Nous demandons ainsi la promulgation de nouveaux textes spécifiques pour le Sud, basés sur des mesures incitatives et encourageantes et aussi sur des avantages qui tiennent compte de la particularité et des difficultés des régions du Sud. Il faut donc un régime dérogatoire constant et durable dans le temps pour le Sud. Ces mesures permettront même à l’avenir de désengorger le Nord.
L’autre contrainte a trait à la saturation de l’actuelle zone industrielle de Bechar, même si des efforts ont été consentis par monsieur le wali pour son assainissement et sa structuration. Bechar a besoin aujourd’hui d’une nouvelle zone industrielle viabilisée et les espaces ne manquent pas. Par ailleurs, des zones d’activité doivent être créées dans toutes les communes ou, au moins, dans chaque daïra. Il faut créer un environnement favorable à l’investissement et une nouvelle culture d’investissement où tout le monde doit s’impliquer. Il faut créer et former le créateur de richesses, l’investisseur, et pour ce faire, il faut révolutionner les mentalités et bannir à jamais les anciens réflexes qui entravent l’investissement tels les lenteurs administratives, la bureaucratie et les lenteurs dans le traitement des dossiers d’investissements.
- A ce sujet, certains ne manquent pas de remettre en cause l’actuel système bancaire…

- Les dossiers d’investissement du sud sont traités au niveau d’Alger.
Nous demandons donc la création d’une banque du sud spécialisée dans le traitement des dossiers d’investissement dans les régions sud, et ce, pour beaucoup plus de fluidité et de transparence. Nous sommes actuellement lésés du fait que nos dossiers restent longtemps à Alger pour être ensuite rejetés parfois sans motif valable. De même qu’il faut que la chambre du commerce s’implique dans le traitement de ces dossiers et doit jouer pleinement son rôle d’orientation, de proposition, de régulateur, d’accompagnateur et de conseil. L’investisseur étranger est accompagné dans son investissement en Algérie par son état et sa banque parce qu’ils savent que l’Algérie est solvable alors que, nous autres nationaux, sommes asphyxiés par nos propres banques.
C’est une concurrence déloyale. Ils n’investissent que dans les produits manufacturés ou les services, mais jamais dans l’industrie productive, à quelques rares exceptions près. L’état doit donc réagir et mettre en œuvre de nouveaux mécanismes pour relancer l’investissement national, l’encourager et l’aider.
- Vous revendiquez aussi l’allégement des charges fiscales et parafiscales…
- En général, l’Etat doit adopter une nouvelle politique fiscale incitative qui encourage l’investissement et attirer les investisseurs. Pour les régions du Sud, il faut un régime spécifique. On ne peut investir dans le Sud avec les charges fiscales actuelles. D’autres mesures doivent être aussi mises en place pour aider les entreprises qui recrutent ou emploient un effectif important, et ce, afin de préserver l’entreprise et les postes d’emploi et permettre aussi à l’entreprise de se développer. L’exonération ou l’allégement des charges dans les régions permet de créer une nouvelle dynamique. De même qu’il faut créer une nouvelle culture fiscale et parafiscale et d’instaurer de nouveaux points entre l’entreprise et l’administration fiscale basés sur la confiance et la respectabilité mutuelle.

- Quelles sont les perspectives permettant de développer le tourisme dans la région qui recèle d’énormes potentialités dans le domaine?
- Pour développer le tourisme dans la région, il faut instaurer un programme prévisionnel étalé sur 5 ou 10 ans. Il faut aussi encourager les gens à réaliser les structures d’accueil durant cette période et permettre la formation d’un personnel pour gérer ces structures. L’Etat doit faciliter à ces gens l’accès au crédit et aux facilités de caisse avec des aides complémentaires sous forme de bonus pour tous ceux qui auront respecté les cahiers des charges et réalisé des infrastructures répondant aux normes internationales en matière d’accueil, de restauration, d’hébergement et de service. Tisser ensuite des relations avec les tour-opérateurs étrangers et nationaux spécialisés qui auront la charge de proposer notre produit aux éventuels touristes.

- Et l’artisanat?
- L’artisanat est très développé dans la région; c’est une tradition ancestrale. Le problème réside dans l’écoulement du produit artisanal. Il faudrait donc réfléchir à créer de nouveaux mécanismes pour préserver ce trésor culturel, à travers la mise sur pied d’organismes ou agences chargés d’écouler ces marchandises. Il va sans dire que si les artisans parviennent par ces moyens à vivre de leurs produits et améliorer leurs conditions sociales, l’artisanat ne mourra pas et le secteur se développera nécessairement.

- Et quelles sont les contraintes qui entravent le développement de l’agriculture à votre avis?

- L’Etat a alloué des sommes considérables pour le développement de l’agriculture, soit dans le cadre du PNDA ou la mise en valeur des terres. Seulement, plusieurs bénéficiaires de ces aides n’ont rien réalisé. Là, la responsabilité du maire est entièrement engagée. C’est lui qui devait accompagner, vérifier et contrôler tous les bénéficiaires dans sa commune. Il devait donner périodiquement des statistiques sur l’évolution du programme de mise en valeur et son état d’avancement. Malheureusement ce manque ou cette absence de suivi a permis à certains bénéficiaires de détourner les aides de l’Etat. Et dire que le service fait doit être signé par le P/APC. Je suggère en ce sens l’organisation d’un séminaire périodique, regroupant les maires, pour leur inculquer les bases du management et la culture de l’investissement et du développement local. Ils doivent eux aussi prendre des initiatives créatrices de richesse dans leurs communes respectives.

- Où en est l’opération de réalisation des locaux pour jeunes?
- Sur ce point, je félicite tout particulièrement le wali de Bechar. Je dois signaler ici que la wilaya de Bechar est l’unique wilaya du pays qui a achevé ce programme. Pour les futurs bénéficiaires de ces locaux, la chambre du commerce et de l’industrie reste à la disposition de ces jeunes en matière de conseil, d’aides et d’accompagnement dans tous les secteurs d’activité. Et il faudrait instaurer dès à présent des cahiers des charges pour les futurs postulants pour ne pas voir ces locaux déviés de leurs vocations initiales.

- Un dernier mot?
- Je souhaiterais voir l’université s’adapter à son environnement et créer des filières spécifiques à chaque région. Par ailleurs, l’accord d’association avec l’UE doit prendre en compte la survie de l’entreprise algérienne et la préservation de l’économie nationale, garantes de notre souveraineté nationale. Il faut aussi se préparer à l’adhésion de l’Algérie à l’OMC en mettant tous les atouts entre les mains de l’entreprise algérienne afin qu’elle fasse face à la mondialisation. L’état doit jouer pleinement ici son rôle pour rendre performante l’entreprise algérienne qui va faire face à une concurrence déloyale et féroce.

Propos recueillis par B. Soufi, La Voix de l'Oranie


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Published by Sofiane - dans Actualité
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