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Grande vallée façonnée par l’Oued portant le même nom, la Saoura est l’une des régions les plus attrayantes du sud algérien. Elle est limitée au Nord par les Monts des Ksour et le Haut Atlas marocain, à l’ouest par la Hamada du Draa, à l’est par les oasis du Tidikelt et au sud par le plateau du Tanezrouft. Un décor fait de paysages lunaires de la Hamada du Guir contrastés à l’autre rive par les splendides dunes dorées du grand Erg Occidental. Entre ces deux ensembles féeriques s’incrustent, tels les joyaux d’un collier, palmeraies et ksour le long du lit des Oueds.

 

  

 

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21 juin 2008 6 21 /06 /juin /2008 11:14
 Objectif, il reconnaît que beau-coup reste à faire dans dif-férents secteurs, malgré les efforts considérables entrepris en matière de développement multisectoriel dans cette immense wilaya faisant face à bien des contraintes: étendue du territoire, formations naturelles hostiles à l’installation humaine, forte limitation des espaces utiles, conditions climatiques défavorables, remontée du sel dans certains espaces, éloignement entre les centres de vie et par rapport aux régions du Nord, absence d’un tissu industriel générateur d’emploi, économie traditionnelle et faiblesse de l’investissement privé. Il s’agit en somme de contraintes et difficultés rencontrées, à des différences près, dans toutes les wilayas du Sud. Ce constat étant fait, un travail de proximité et d’identification des problèmes majeurs a été entrepris par les autorités locales et un vaste programme a été dégagé, ces trois dernières années, pour répondre aux besoins urgents des populations en matière d’AEP, d’assainissement, de santé, de désenclavement, d’éducation, de logements, d’enseignement supérieur, de formation professionnelle, de réseau routier, d’hydraulique, de raccordement aux gaz et électricité, d’habitat rural, d’agriculture et mise en valeur des terres, d’aménagement urbain et d’infrastructures socioculturelles et sportives.

Cela fera de la wilaya de Bechar un immense chantier et l’on peut affirmer qu’une grande partie du défi a été relevée. Bechar a acquis ainsi ses galons de pôle régional stratégique et véritable carrefour d’échanges.

La voix de l’Oranie: Dès que vous avez été installé à la tête de la wilaya de Bechar, vous avez entrepris des visites de terrain dans toutes les communes et localités et pris contact avec les populations et la société civile. Quel a été votre constat?

M. Mecheri Azzeddine: Effectivement, j’ai effectué des visites d’inspection et de travail dans l’ensemble des communes et localités de la wilaya où j’ai rencontré les citoyens, la société civile et le mouvement associatif. C’était pour moi très important de m’enquérir de la réalité du terrain et de donner l’occasion aux citoyens de s’exprimer et de formuler leurs doléances et préoccupations. Ces sorties m’ont permis d’écouter attentivement cette population merveilleuse, pacifique, accueillante et très patiente.
Les problèmes relevés sont identiques dans toutes les communes et localités. Ils sont liés à l’AEP, l’assainissement, le logement, l’habitat rural, l’enclavement, l’éducation, l’infrastructure routière, l’électricité, le transport scolaire, la santé avec le manque d’équipements médicaux et les ambulances, et ce, en plus des problèmes spécifiques de la ville de Bechar, notamment en matière d’AEP, d’assainissement et de pollution causée par l’Oued Bechar et la décharge publique.

- Vous avez donc fait un véritable diagnostic de la situation?
- Ces déplacements m’ont permis effectivement de faire un diagnostic détaillé de la situation qui était peu reluisante dans tous les secteurs. Ce temps d’observation et d’écoute des populations nous ont permis aussi d’arrêter une stratégie et une politique de développement cohérente, intégrée et pragmatique. Nous avons aussi hiérarchisé et fixé les priorités, dont le désenclavement des localités éloignées comme Ouled Khodeir, Ksabi et le reste.

- Quelles ont été les actions immédiates engagées pour pallier les besoins urgents des populations?
- L’AEP constituait un problème majeur dans toutes les communes et un vaste programme a été dégagé pour mobiliser les ressources en eau et alimenter l’ensemble des populations de la wilaya de Bechar, même les localités les plus reculées du territoire. Et grâce aux efforts de tous, nous avons réglé le problème de l’AEP à travers toutes les communes et localités de la wilaya, soit dans le cadre du PSD ou des PCD.
Dans le secteur de la santé, nous avons procédé à la réfection de toutes les structures sanitaires: des salles de soins jusqu’aux hôpitaux, en passant par les centres de santé et polycliniques. Nous les avons dotés ensuite de tous les équipements nécessaires de dernières générations, à la pointe de la technologie: fibroscopies numériques, scanners (Beni Abbès et Bechar), matériels d’exploration cardiovasculaire, échographes, dopplers, matériels orthopédiques et équipements radiologiques. Toutes les polycliniques, au nombre de 21, sont désormais dotées de laboratoire d’analyse et d’appareils de radiologie.

- Justement, en matière de santé, le problème des spécialistes se posait avec acuité…
- Vous avez soulevé un problème fondamental qui ne se posait pas uniquement à Bechar, mais dans toutes les wilayas du Sud. Il y a trois ans, la wilaya de Bechar ne comptait que 23 spécialistes et nombre de spécialités n’y étaient pas pourvues. Notre approche dans ce secteur sensible et vital était d’abord de doter les hôpitaux de tous les équipements médicaux ultramodernes et dans toutes les spécialités. Ensuite, nous avons entrepris un programme incitatif en direction des médecins spécialistes en leur assurant toutes les conditions socioprofessionnelles. Cette politique a porté ses fruits et nous disposons, aujourd’hui, de 97 spécialistes. Mieux, toutes les spécialités sont couvertes.

- Nous pouvons affirmer alors que la wilaya de Bechar dispose d’une importante couverture sanitaire?
- Le programme engagé dans le secteur de la santé est énorme. L’hôpital de Bechar est devenu un pôle régional de soins et, de l’aveu même du ministre de la Santé, en visite dernièrement dans notre wilaya, «tous les indicateurs placent Bechar parmi les meilleurs en matière de couverture sanitaire». Cette déclaration n’est pas fortuite. Nous avons équipé toutes les salles de soins et centres de santé en les dotant d’ambulances. A Abadla et Béni Abbès, nous avons réalisé 02 centres d’hémodialyse destinées aux localités éloignées. Un hôpital de 120 lits est en cours de réalisation à Abadla pour un montant de 125 milliards de centimes. Trois grands projets sont aussi en cours de réalisation à Bechar: un centre régional anticancéreux, un centre de toxicologie et un hôpital spécialisé en OPH. Il est aussi question d’un autre hôpital psychiatrique et d’un hôpital de 65 lits à Kerzaz et un autre à Béni Ouanif. Tous ces efforts nous ont permis de réduire les maladies et de réduire aussi de 98% les transferts de malades. Et je tiens à souligner que tous ces programmes ont été réalisés en l’espace de 18 mois.

- L’électrification et le raccordement en gaz de ville constituaient aussi des priorités?
- Le taux d’électrification urbaine et rurale a atteint aujourd’hui les 96%. Toutes les communes et localités sont branchées au réseau électrique à l’exception des habitations éparses pour lesquelles nous avons engagé une réflexion avec le HCDS pour les alimenter en énergie solaire. Avec l’entrée en service prochainement de la ligne 400 KVA, de la ligne 60 KVA et les postes blindés, Bechar ne connaîtra plus le problème des coupures de courant, notamment en été, à cause de l’utilisation de la climatisation et des appareils de réfrigération. Concernant le gaz de ville, le projet est en cours de réalisation grâce au gazoduc qui va alimenter la wilaya à partir du GME d’El-Biodh. D’ici à deux années au maximum le problème du gaz de ville sera réglé.

- Le désenclavement a été pour vous, Monsieur le Wali, l’une des plus grandes priorités…
- les voies de communications sont indispensables à tout développement durable. Nous avons réhabilité 1.700 Km de routes et inscrit un projet de deux voies express, l’une reliant Bechar à Kenadsa et l’autre Bechar à la limite territoriale de Naïma. Ce deuxième projet s’inscrit dans la perspective d’une autoroute reliant Bechar à Oran. Avec cet énorme projet et la ligne de chemin de fer, considérée comme le projet du siècle car permettant d’atteindre une vitesse de 160Km/h, une nouvelle dynamique va être enclenchée dans toute la région et Bechar récupérera son rôle de pôle régional. Nous avons aussi inscrit deux projets de grandes routes. L’une est en cours de réalisation entre Béni-Abbès et Tametert et l’autre reliera Bechar à Oued Namouss. Cette dernière route est stratégique pour le développement de l’agriculture. Par ailleurs, nous avons réhabilité l’aéroport de Bechar, procédé à son extension et l’avons doté d’une nouvelle piste tout comme pour l’aérodrome de Béni-Abbès. En matière d’ouvrage d’art, huit ponts ont été inscrits, notamment celui d’Oued Kaloum et Oued Khodeir pour régler définitivement le problème se posant lors des grandes crues des deux oueds, en plus des deux ponts de Hassi Abdallah et Ksabi. Une fois tous ces projets achevés, la wilaya de Bechar sera totalement désenclavée.

- De grands efforts ont été consentis en matière d’éducation et, par rapport aux années précédentes, le taux de scolarité est, paraît-il, très élevé.
- en effet, la wilaya de Bechar connaissait un fort taux de déperdition scolaire, dû essentiellement à l’éloignement, à l’enclavement, à l’absence du transport scolaire et l’insuffisance des capacités d’accueil, de cantines de demi-pensions et d’internat. Mais la réalisation d’un grand nombre d’écoles, de CEM et de lycées dans l’ensemble des communes et localités de la wilaya, le désenclavement, la disponibilité du transport scolaire, l’ouverture de cantines scolaires et l’instauration des régimes des demi-pensions et d’internats dans les CEM et lycées ont contribué efficacement à atteindre un très fort taux de scolarisation et d’éradiquer la déperdition scolaire. De plus, la réalisation de toutes ces infrastructures scolaires a réglé définitivement le problème de saturation des salles de classes, surtout avec l’ouverture du lycée d’Abadla et de Louata, considéré comme un joyau architectural.

- Et qu’en est—il de l’enseignement supérieur?
- Avec ses 8.000 étudiants, l’université de Bechar, qui n’était qu’un centre universitaire, est devenue un véritable pôle régional universitaire où 27 disciplines sont enseignées. Mais notre vision s’inscrit dans le futur et nous sommes en train de réaliser un nouveau pôle universitaire d’une capacité de 23.000 places pédagogiques et des cités universitaires de 8.000 lits, en plus d’un restaurant universitaire central, d’une bibliothèque centrale et toutes une série d’équipements complémentaires. Avec la réception de cet énorme projet, Bechar ne connaîtra aucun déficit en places pédagogiques, ni lits, peut-être même pour au moins une décennie.

- Long de 17Km et traversant la ville de Bechar, l’Oued Bechar constitue une véritable tâche noire. Quelles sont les actions engagées pour résoudre le problème?
- Plusieurs erreurs ont été commises par le passé dans la prise en charge du problème de l’Oued Bechar et la plus grande erreur a été la réalisation de la conduite principale du barrage dans le lit de cet oued. A chaque crue, tout est emporté. Actuellement, l’OIE a finalisé une étude portant sur le schéma directeur de l’Oued Bechar et une autre étude est inscrite pour sa prise en charge pour un montant de 100 milliards de centimes. Par ailleurs, une STEP est en cours de réalisation en aval afin de traiter les eaux usées drainées par cet oued Bechar pour un montant de 300 milliards de centimes.

- Et le problème du pillage du sable de l’Oued Bechar?
- Le pillage du sable de l’Oued Bechar constitue un phénomène très grave pour l’écosystème. Nous avons justement arrêté une série de mesures visant à éradiquer ce problème. Il a été même procédé à l’interpellation de pilleurs. Parallèlement, nous avons lancé toute une campagne de sensibilisation à travers les ondes de la radio locale pour que les gens prennent conscience du danger que représente ce phénomène.

- Monsieur le Wali, existe-t-il une crise aiguë de logements dans la wilaya de Bechar?
- Réellement, le problème de logement ne se pose pas actuellement avec acuité comme il n’existe pas de crise aiguë. La réalisation de nombreux logements ces dernières années a permis d’atténuer cette crise, notamment avec l’attribution de 12.000 logements ruraux. Cette opération a permis la stabilisation des populations. Par ailleurs, nous avons recensé 4.800 habitations précaires et avons engagé un vaste programme de leur résorption. La première tranche a concerné 500 unités dont 300 à Bechar, le reste étant reparti à travers les autres communes. En matière de logements sociaux, nous avons attribué 500 unité il y a moins d’une année et 1.000 autres vont l’^ter incessamment. Un programme de 200 logements est par ailleurs en voie d’achèvement. Le LSP a été, lui, un échec du fait de la mauvaise qualité des logements érigés sur des fougaras ou ne répondant pas aux normes architecturales locales. Mais depuis une année, nous avons procédé à des enquêtes menées par différents services de sécurité, dont la gendarmerie, sur tous les logements LSP construits par le passé. Actuellement, nous réalisons des logements LSP de bonne qualité et la population commence à y adhérer. Au niveau de la Zone bleue, c’est toute une nouvelle ville qui a vu le jour. Tous les équipements y ont été réalisés: école, lycée, CEM, groupement scolaire, polyclinique, sûreté et terrains de jeux et de sports. Enfin, et dans le cadre du RHP, on a injecté de l’habitat rural à Haï Zeriguet, ce qui nous a permis de reloger 840 familles.

- D’aucuns, Monsieur le Wali, soutiennent que l’aménagement urbain reste votre cheval de bataille.
- Effectivement, j’ai fait de l’aménagement urbain mon cheval de bataille, et pas uniquement au chef-lieu mais dans toutes les communes. Les opérations engagées visent à améliorer les conditions de vie des citoyens. Tous les quartiers de la ville de Bechar ont été ainsi touchés et cela a nécessite une enveloppe financière de 600 milliards de centimes. Mon autre cheval de bataille est l’assainissement et la réhabilitation de l’Oued Bechar qui est déjà pris en charge et les travaux de protection des berges sont en cours de réalisation. Par ailleurs, dois-je signaler, sur le plan sécuritaire, il n’existait auparavant que deux sûretés urbaines. Aujourd’hui, la ville de Bechar est totalement sécurisée avec l’installation et la création de trois autres sûretés urbaines, d’une BMPJ et d’un commissariat au quartier populaire de Debdaba. Ces moyens participent à rendre la vie agréable aux citoyens.

- Dans le secteur de l’agriculture, beaucoup d’efforts financiers ont été consentis. Toutefois, les résultats restent en deçà des moyens injectés…
- Il existe 13.000 agriculteurs affiliés à la Chambre de l’agriculture de la wilaya de Bechar dont 5.373 ont bénéficié de fonds de soutien dans le cadre du FNDRA. Malheureusement, sur le terrain, et malgré les efforts de certains fellahs, nous restons tributaires du Nord. Je ne suis pas satisfait des résultats et j’ai demandé une enquête à la gendarmerie nationale sur toutes les personnes qui ont bénéficié des fonds de soutien car je reste persuadé que plusieurs d’entre eux n’ont rien réalisé. Les dernières inondations ont coupé notre région du Nord et si cela avait duré dans le temps les populations auraient manqué de tout. Il est inadmissible qu’on puisse se taire sur ce volet et j’insisterai pour que toute la lumière soit faite sur ce dossier. Avec les moyens financiers injectés, on aurait pu obtenir des résultats plus conséquents. Cela dit, la wilaya dispose d’énormes potentialités à même de lui permettre de devenir un pôle stratégique, et je suis optimiste. Les moyens existent, surtout le Fonds du Sud. Cela reste une idée géniale en ce sens que ce fonds a réglé énormément de problèmes dans les wilayas du Sud. Même je dois souligner ici que le chômage ne se pose pas avec acuité dans notre wilaya et le problème de la main-d’œuvre reste un grand problème auquel la région est confrontée.

- Nous avons été surpris, Monsieur le Wali, par le nombre important d’infrastructures sportives. Mais les résultats ne suivent pas…
- Les efforts et les moyens financiers consentis dans ce secteur sont énormes. Même certaines wilayas du Nord ne disposent pas de nos infrastructures. Nous avons réalisé deux piscines semi-olympiques, une piscine olympique à Gouraï, deux stades gazonnés, un stade à Kenadra, deux pistes d’athlétisme, des auberges de jeunes, des maisons de jeunes, des camps de jeunes, des stades matico dans tous les quartiers et établissements scolaires, des salles omnisports, des stades dans toutes les communes… Nous avons ainsi donné les moyens, mais les résultats ne suivent en effet pas. Et le problème, fait-il le souligner, n’est pas spécifique à la seule wilaya de Bechar.

- Existe-t-il encore des problèmes non réglés à ce jour dans votre wilaya?
- Deux grands problèmes restent encore non encore réglés, mais déjà pris en charge. Il s’agit du réseau d’assainissement de Guir Lotfi qui était très mal réalisé. L’étude du sol est terminée et les travaux vont démarrer prochainement. Le second problème est celui de la leishmaniose liée à la prolifération des moustiques et des rats dans les communes d’Abadla et Tabelbala. Tous les moyens ont été ainsi mobilisés pour éradiquer ce phénomène très grave et les résultats sont très probants. Quant aux problèmes aigus, ils ont été réglés définitivement dans la wilaya de Bechar. Je parle essentiellement du transport scolaire, de la couverture sanitaire, de l’AEP, de l’éducation, du réseau routier, du désenclavement, de l’électrification...

- Et l’épineux problème de l’investissement? Il reste très faible dans la wilaya malgré les grandes opportunités existantes…
- L’Investissement dans la wilaya est perçu comme une catastrophe. La faible adhésion des investisseurs est due aux problèmes d’ordre réglementaires (foncier et ventes aux enchères), mais aussi à des problèmes d’ordre bureaucratique. Parler d’investissement, c’est d’abord créer des zones industrielles viabilisées et des zones d’activité. Notre zone industrielle est sous-exploitée et traîne derrière elle des problèmes liés au foncier. En l’absence de contrôle et de suivi, beaucoup de pseudo-investisseurs ont vendu leurs terrains ou n’ont rien réalisé en se couvrant derrière l’inexistence de cahiers des charges. Un assainissement de la zone industrielle s’impose donc, en plus de la création des zones d’activités dans les communes renfermant des potentialités minières, agricoles et touristiques.

- Et si vous deviez vous adresser aux investisseurs, que leur diriez-vous Monsieur le wali?
- Ils sont les bienvenus dans notre wilaya. Toutes les facilités leur seront accordées. Celui qui veut y investir, la wilaya mettra 10 hectares à sa disposition, mais avec un cahier des charges précis et il sera assujetti à un délai de réalisation. Avec ces conditions, seuls les vrais investisseurs répondront à l’appel. Les spéculateurs y réfléchiront à deux fois! Nous avons une nouvelle vision et une approche pragmatique: les facilités certes, mais le cahier des charges reste une condition incontournable, et ce, dans tous les secteurs, surtout le tourisme, l’agriculture et l’exploitation minière. Dans le domaine touristique, des ZET ont été créées uniquement sur papier. Concrètement, rien n’a été réalisé. Je dois dire enfin que l’investissement reste aussi lié au problème des banques, lesquelles, dans la plupart des cas, n’accompagnent pas les investisseurs animés de bonne volonté.

- Le problème de la pollution de la décharge publique n’est pas encore contenu. N’est-ce pas qu’il était question de réalisation d’un CET?
- La décharge publique reste un grand point noir à Bechar. Le problème est pris en charge, mais la réalisation du CET accuse un grand retard.

- Si vous voulez ajouter quelques choses ou dire un mot.
- Je vous remercie pour le travail d’investigation accompli, ce qui permet d’éclairer l’opinion publique sur tout ce qui se passe dans notre wilaya en matière de développement, de problèmes spécifiques à notre région et des difficultés rencontrées dans nos différents programmes de développement. De notre côté, nous avons arrêté une stratégie avec des priorités bien étudiées et dégagé une politique de développement cohérente, claire et transparente. Et l’objectif que nous nous sommes assigné est que, d’ici un ou deux ans, la wilaya de Bechar deviendra réellement la capitale de la Saoura. Pour le reste, je suis très optimiste sachant les importants projets réalisés, en cours de réalisation, inscrits ou à l’étude dans la wilaya. A ce rythme, la wilaya de Bechar gagnera, dans peu de temps, ses galons de véritable carrefour d’échanges régional et de pôle stratégique incontournable.

- Passons, si vous le permettez Monsieur le Wali, au secteur de l’hydraulique. Malgré les importantes ressources existantes, la wilaya de Bechar connaissait un grand problème d’eau?
- Le problème se posait essentiellement pour la ville de Bechar. Les ressources existent mais le problème résidait dans la vétusté du réseau et des conduites principales partant du barrage de Djorf Torba qui a une capacité de 263 millions de m3. L’érosion et le taux élevé de salinité ont dégradé l’ensemble des canalisations et conduites, ce qui nous a poussés à inscrire une opération de rénovation de la conduite principale du barrage qui alimentait Bechar. Ce projet, en voie d’achèvement, va permettre la récupération de 20.000 m3 d’eau des fuites. Pour ce qui est de la vétusté et l’ancienneté du réseau d’AEP, nous avons engagé un bureau d’études français chargé de nous fournir une expertise de ce réseau qui est a refaire totalement. Un autre projet important est achevé. Il permettra d’alimenter Bechar en AEP à partir de Mougheul avec un débit de 140l/s. Nous avons aussi augmenté les capacités de stockage d’eau grâce à la réalisation de plusieurs châteaux d’eau. Une fois ces projets achevés, le problème d’AEP ne se posera plus à Bechar.
 
Entretien réalisé par B. Soufi pour la Voix de l'Oranie
 
Qui est Mecheri Azzeddine ?
 
Diplômé de l’ENA, Mecheri Azzeddine a occupé le poste d’administrateur, faisant fonction de S.G. dans la daïra d’Ouargla, avant d’être attaché de cabinet à la wilaya de Biskra. En 1986, M. Mecheri est promu chef de daïra à Lakhdaria, fonctions qu’il assumera pendant quatre ans avant de prendre les destinées de la daïra d’Aïn Beïda dans la wilaya d’Oum Bouaghi. Il est ensuite muté à Annaba comme S.G. de la wilaya puis au même poste à El Tarf. En 1999, il est nommé wali dans la wilaya d’El Oued où il réglera l’épineux problème de la remontrée des eaux et celui du gaz de ville. Nommé ensuite wali à Laghouat, il sécurisera la wilaya qui a connu des problèmes liés au terrorisme avant d’être muté à la tête de la wilaya de Bechar.
Volet lectures, M. Mecheri Azzeddine a une préférence pour les livres littéraires et politiques, dévorant essentiellement les livres ayant trait à l’histoire et la révolution algérienne.

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Published by Sofiane - dans Actualité
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