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Grande vallée façonnée par l’Oued portant le même nom, la Saoura est l’une des régions les plus attrayantes du sud algérien. Elle est limitée au Nord par les Monts des Ksour et le Haut Atlas marocain, à l’ouest par la Hamada du Draa, à l’est par les oasis du Tidikelt et au sud par le plateau du Tanezrouft. Un décor fait de paysages lunaires de la Hamada du Guir contrastés à l’autre rive par les splendides dunes dorées du grand Erg Occidental. Entre ces deux ensembles féeriques s’incrustent, tels les joyaux d’un collier, palmeraies et ksour le long du lit des Oueds.

 

  

 

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15 février 2009 7 15 /02 /février /2009 10:50

2ème partie

Béchar au début, Isabelle Eberhardt


Le café maure, sous une tente nomade en loques; de vieilles nattes usées, quelques pierres et un bidon en fer blanc sur un feu de djerids secs et des essaims de mouches, innombrables, acharnées que le thé marocain attire. Le cafetier, jeune ksourien de Kénadsa, a déjà appris des légionnaires à jurer en allemand et même en flamand; il accompagne volontiers ses discours d’énergiques «god ferdom».


Pourtant quand je m’amuse à lui expliquer que c’est un blasphémer, il paraît tout contrit. Ici comme à Béni Ounif, comme partout, les insouciants mokhaznis montent la garde, à demi couchés sur le sable chaud, leur fusil près d’eux, l’œil mi-clos, en une immobilité de chat se délectant à l’ombre brève des murailles.
Le soir, sur le petit mur du quartier de la région, des hommes s’accoudent, pour parler, en langues diverses, des mois qui leur restent à tirer. Deux suisses jurent de ne plus rengager et font d’interminables projets de «noces à tous casser» dans les jolies petites villes des bords du lac Léman.
Tous ces noms si lointains sonnent bien étrangement à cette heure du soir dans cette redoute sud oranaise, et tous ces plans de pauvres soldats étrangers n’ont pas bien l’air de voir jamais se réaliser. Plus bas, au delà d’un grand terrain vague où le vent chasse des tourbillons de poussière, le ksar de Tagda, un dédale de ruelles couvertes et noires, de maisons à terrasses, parfois très hautes, le tout entouré d’une muraille flanquée de tours carrées en toub d’une teinte grise, prenant au soleil des reflets métalliques.
Des Koubbas maraboutiques d’un blanc fané et, comme toujours, d’innombrables sépultures apportant leur note de mélancolie et d’abandon autour des demeures des vivants.
 
Montherlant et Béchar
 
Dans les années 1920, c’est l’écrivain Montherlant qui visite la déjà importante ville qu’était devenu Béchar. Il note un monde figé, presque stérile «Des habitants, les meilleurs participent au service inutile tandis que d’autres spéculent et que l’ensemble vivote» écrit-il.
La ville saharienne et sa région lui inspireront quelques écrits. Influencé par un officier français des Affaires indigènes, le capitaine et écrivain Odinot, peu favorable à la politique française, il aborde peut-être accidentellement la «question indigène».
Il visite les postes et les villages de la région de Béchar, notamment Igli, qui sert de modèle au Birbatine de son roman, «La rose des sables».
Le héros principal, le lieutenant Auligny est un jeune homme de vingt-huit ans, élevé dans un milieu catholique et bourgeois. Nommé chef du bordj de Birbatine (Igli), il a une liaison avec Ram, une jeune arabe de quatorze ans: amour vénal, mais auquel se mêle bientôt une véritable affection.
A travers son aimée, il a une ouverture sur l’âme musulmane, la «question indigène», au point de douter de sa mission et de refuser de se battre contre des insoumis. Il écrit également un autre roman, La chienne de Colomb-Béchar et une série de poèmes et d’essais, «L’Amazone des Sables, le vrai visage» qu’il consacre à Isabelle Eberhardt.

Source: A. Hani, La Voix de L'Oranie.

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Published by Sofiane
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