Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Béchar et la région de la Saoura
  • Béchar et la région de la Saoura
  • : Tout sur Béchar et la région de la Saoura
  • Contact

Pratique


Pour pouvoir lire tous les articles, il existe trois moyens :

1- En cliquant sur les dates du calendrier (en haut à droite).
2- En consultant les archives (en bas à gauche).
3- En cliquant sur les catégories (à doite).

N'hésitez pas à me contacter si vous avez des soucis de navigation ou pour toute autre question.



Top classements des meilleurs blogs weblogs
 
 

Livre d'or Saoura

Envoyer une carte postale

Recherche

Grande vallée façonnée par l’Oued portant le même nom, la Saoura est l’une des régions les plus attrayantes du sud algérien. Elle est limitée au Nord par les Monts des Ksour et le Haut Atlas marocain, à l’ouest par la Hamada du Draa, à l’est par les oasis du Tidikelt et au sud par le plateau du Tanezrouft. Un décor fait de paysages lunaires de la Hamada du Guir contrastés à l’autre rive par les splendides dunes dorées du grand Erg Occidental. Entre ces deux ensembles féeriques s’incrustent, tels les joyaux d’un collier, palmeraies et ksour le long du lit des Oueds.

 

  

 

Archives

26 mai 2007 6 26 /05 /mai /2007 21:47
L’une des plus anciennes expressions musicales et chorégraphiques au Maghreb arabe est sans doute le genre Gnaoui, très répandu notamment en Algérie et au Maroc, où il est recensé une multitude de groupes à travers plusieurs régions de ces deux pays. Cet art traditionnel et populaire, dont le 1er festival a débuté hier à Bechar et durera jusqu’au 31 mai, avec la participation de 18 groupes et artistes de renommée internationale, notamment le groupe "Gaada" de Béchar et la chanteuse Hasna El Becharia, est apparu selon différentes sources historiques en Algérie et au Maroc à l’époque des Almohades, au sein de la confrérie des Gnaoua autour de maîtres "Maalem" et de joueurs d’instruments de Karkabou et du Goumbri (instrument à trois cordes fabriquées à base d’intestins de boeuf) en plus du tambour appelé "Tbal".

Au début de son apparition, la confrérie "Gnaoua" regroupait aussi des voyantes, des médiums et de simples adeptes qui pratiquaient un rituel appelé en Algérie "Diwane" et au Maroc "Lila" où se mêlent à la fois des apports culturels et artistiques africains, arabes et berbères et durant lequel on s’adonne à la transe (danse de possession). Ce brassage de cultures a donné à cet art sa richesse et sa diversité musicale et chorégraphique qui ont fait en sorte que d’une région à une autre les rythmes diffèrent, mais les cinq notes appelées "Khoumassi", établies depuis des siècles, sont jouées et respectées par l’ensemble des groupes. Le respect de ces notes musicales par les adeptes du "Diwane" est à l’origine de la préservation des rythmes et des danses qui sont restées immuables depuis des siècles. Le tour de chant dans le "Diwane" s’appelle "Bordj" dont certains textes sont essentiellement des louanges à Dieu, son envoyé Mohamed (Que le Salut soit sur lui) et le compagnon du prophète Bilal. Les Saints patrons sont également cités dans ces chants. Pour de nombreux adeptes de ce genre, l’attachement à l’islam à travers les textes chantés représente une appartenance à une civilisation qui avait rassemblé des peuples de différentes cultures, comme c'est le cas du "Diwane" où les paroles des chansons comprennent des mots en "Bambara", en arabe et dans les différents dialectes berbères. Le rituel Gnaoua pendant le "Diwane" est destiné parfois pour la guérison "des possédés et des malades" à travers des représentations chorégraphiques et des danses implorant Allah à guérir les personnes atteintes de maladies. Le tout animé par les sonorités du Goumbri et un air de karkabou. Le même rituel est pratiqué par les adeptes "d’El Hadhra", très suivie par les habitants des villes et villages de l’ouest et du sud ouest du pays et qui crée une communion entre l’âme et le texte chanté, aboutissant à une transe, sorte d’extase qui permet à l’individu de faire le "vide", comme le disent les Gnaouis.

Le mysticisme est toujours présent durant le cérémonial des Gnaoua. Il a pour objectif la découverte de l’âme individuelle et collective et celle des secrets et mystères de ce monde, l'évasion du quotidien pour aller vers le "sublime", la perfection. La transe est dirigée par le Mokadem, généralement le plus âgé et le maître des membres de l’assemblée qui, au début du cérémonial est salué avec un grand respect par les membres du groupe, du fait qu’il incarne la connaissance parfaite du rite Gnaoui, la sagesse et préserve l’homogénéité du groupe. La beauté du texte, de la musique et de la danse Gnaoua procure, au fil du cérémonial, un sentiment de satisfaction, de bien-être, tant chez les membres de groupes que chez les spectateurs. En chacun s’opère une sensation de l’état sublime, de par la beauté des rythmes ou des sons des instruments, notamment le Goumbri dont la grave sonorité des cordes "pénètre immédiatement dans les fins fonds des âmes des participants".

Cependant, l’apparition ces dernières années de troupes en Algérie, au Maroc et en France, adoptant une instrumentation moderne aux rythmes Gnaoui risque d'affecter une sonorité et un style artistique qui a résisté durant des siècles, demeurant partie intégrante de la culture et du patrimoine des populations de toute la région du Maghreb Arabe. Jusqu'à ce jour, les fêtes continuent d'être célébrée sur un air de Gnaoua, indiquent de nombreux adeptes du Diwane original à Béchar. L'organisation du 1er festival national de cet art séculaire à Béchar atteste de l’engagement des pouvoirs publics, notamment le secteur de la culture, à préserver et à sauvegarder une dimension culturelle ayant contribué à la formation du patrimoine national.

Source : R.C., Le Courrier d'Algérie.

Partager cet article

Repost 0
Published by Sofiane - dans Culture
commenter cet article

commentaires