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Grande vallée façonnée par l’Oued portant le même nom, la Saoura est l’une des régions les plus attrayantes du sud algérien. Elle est limitée au Nord par les Monts des Ksour et le Haut Atlas marocain, à l’ouest par la Hamada du Draa, à l’est par les oasis du Tidikelt et au sud par le plateau du Tanezrouft. Un décor fait de paysages lunaires de la Hamada du Guir contrastés à l’autre rive par les splendides dunes dorées du grand Erg Occidental. Entre ces deux ensembles féeriques s’incrustent, tels les joyaux d’un collier, palmeraies et ksour le long du lit des Oueds.

 

  

 

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3 juin 2007 7 03 /06 /juin /2007 14:51
La Saoura est l'ancienne appellation de tout le sud ouest du pays («le Sud Oranais» étant une plus ancienne appellation de la région). La Saoura fut en quelque sorte l'identité emblématique et historique du Sud Ouest pendant presque un demi-siècle. Pour donner un aperçu sur l'étendue géographique de celui-ci, disons que c'est à peu près le tiers de l'Algérie (ce qui n'est pas rien soit dit en passant).

Pour une représentation plus expressive de cette immensité, c'est aussi un peu plus d'une fois et demi la France ou 25 fois la Belgique. D'une importance géostratégique certaine, cet ensemble fut érigé en département par la France coloniale : «Le département de la Saoura» avec pour capitale BECHAR (Colomb-Béchar à l'époque). Département, il l'est resté jusqu'à l'Indépendance du pays.

La France qui caressait l'idée de couper le Sahara du reste du pays dans le cadre d'une Indépendance tronquée, réservait à cette région d'autres desseins. C'est d'ailleurs en cette contrée-là qu'elle avait élu domicile pour ses expériences spatiales (lancement de fusées à partir de la base de Hammaguir (près de Abadla) au Centre Interarmes d'Essais d'Engins Spéciaux CIEES) et pour ses essais nucléaires (explosions de bombes nucléaires à HAMMOUDIA près de Reggan). Pour ce qui est de ce dernier point, les conséquences et l'étendue des dégâts incontestables causés à la nature et aux hommes n'ont pas encore été évalués à leurs dimensions réelles.

A l'indépendance du pays, cet espace immense est devenu une wilaya ayant pour chef-lieu BECHAR et ce, jusqu'au 31 décembre 1974. Depuis le dernier découpage administratif de 1982, ce vaste territoire est partagé en des proportions diverses, entre les wilayate de Béchar, Adrar, Tindouf, Naama et El Bayadh.
 
 
QU'EST-CE QUE LA SAOURA ?


Avant d'être un territoire, un ensemble humain et des circonscriptions administratives, c'est d'abord le nom d'un important cours d'eau formé par la confluence de deux grands oueds : le Guir et le Zouzfana. Ces deux affluents sont d'une importance vitale pour la région. Sans leur existence, la vie ici n'aurait certainement pas germée, du moins dans ses conditions actuelles.

En effet, ces deux cours d'eau qui prennent naissance sur le côté méridional de l'Atlas saharien, se rejoignent à Igli, village qui se trouve sur la confluence de ces deux oueds et dont, apparemment il tire son nom «el melga» (dont la forme berbère Igli). Donc à partir d'Igli les deux oueds n'en forment plus qu'un seul : la Saoura. Ainsi, sur 600 km, ce cours d'eau va couler en surface pour donner naissance à une suite de palmeraies d'importances diverses et à un chapelet d'oasis dont les principales sont d'amont en aval : Igli, Béni-Abbes, El Ouata, Kerzaz, Timoudi, Ouled Khoder, Elksabi dans la wilaya de Béchar. Puis les eaux tumultueuses de ce courant imprévisible, continuent leur chemin pour se perdre dans les immensités désertiques du Sahara central. Elles iront alimenter notamment les nappes phréatiques du TOUAT et de ses environs (Adrar), du GOURARA (Timimoun) et du TIDIKELT (Aoulef). Captées ici, en partie par l'ingénieux système d'irrigation des «foggaras», système plusieurs fois millénaires, qui suscite l'étonnement et l'admiration des visiteurs étrangers.

«Et nous avons créé de l'eau tout ce qui vit» (Le Saint Coran). Est-ce à dire que les habitants de la vallée de la Saoura vivent dans la prospérité grâce à cette manne céleste que le ciel déverse de temps à autre sur leur région ? Loin s'en faut hélas !
 
 
LE GUIR


Le plus important des deux oueds qui alimentent la Saoura est certainement le Guir avec ses crues cycliques phénoménales. Le Guir prend sa source au mont d'Aït Mesrouh à une altitude d'environ 2 200 m. Ses crues inspirent des sentiments contradictoires : à la fois la crainte pour les violentes dévastations possibles qu'elles peuvent causer aux biens et aux hommes mais font par contre l'objet d'invocations incantatoires pour les bienfaits qu'elles apportent à l'agriculture et par voie de conséquence pour leurs apports à la vie dans cette contrée aride. D'aucuns pensent que le Guir serait le plus grand oued d'Afrique du Nord, non seulement par la puissance de son débit mais aussi par sa longueur. En effet, prolongé par la Saoura, il peut atteindre jusqu'à mille km de parcours (en plein désert faut-il le préciser !). A titre de comparaison, le Chlef fait 750 km de long et le plus grand oued du Maroc, le Sebou 500 km. La légende fait du Guir un oued mythique surtout par la soudaineté de ses crues, les quantités fabuleuses et inattendues d'eau qu'il peut charrier en un temps à peine croyable. En effet, le spectacle est souvent grandiose et est d'autant plus saisissant que l'on ne peut imaginer que tant d'eau puisse se déverser d'un seul coup à travers de si grands espaces, en un décor aussi ingrat. Il est vrai que l'écoulement ne dure pas longtemps : la durée moyenne est évaluée à 82 jours/an, le débit de crue à 6 400 m3/s. Enfin, pour qui connaît le Guir, ne s'étonnerait pas de cette appréciation prêtée à Ibn Khaldoun, qui aurait dit des oueds d'Afrique du Nord que le Guir est : «Aqtarouhoum nab'an wa akaloum naf'an» (le plus grand en débit mais le moins utile).
 


QUEL DEVELOPPEMENT POUR CETTE REGION ARIDE ?


Il est évident que la première des visions qui vient à l'esprit est l'agriculture. En effet, il tombe sous le sens que si l'on pouvait capter les immenses quantités d'eau charriées par le Guir et la Zouzfana (d'autres oueds existent mais de moindre importance) on pourrait mettre en valeur des milliers d'hectares de terres agricoles. Pour une pareille entreprise il faut donc associer le génie actif de l'homme et le progrès technologique. C'est ainsi qu'est née l'idée d'une «Californie Algérienne !».

Pour l'époque le concept n'était pas utopique. En ces «temps bénis du boumédiénisme triomphant», il était permis de rêver en état d'éveil et en public. Ainsi, l'idée de cette «Californie» fut admise, conçue, avancée, et formulée de façon précise. On entreprit de la réaliser : quand il y a rêve il y a forcément une part de démesure. Néanmoins, une petite minorité de sceptiques tenait à jouer les mauvais oracles. Mais on n'y prêtât guère attention aux prémonitions «pessimistes». De la conception du projet à sa concrétisation il n'y eut qu'un pas qui fut allègrement franchit. Et c'est ainsi que sont nés, et le barrage de Djorf Torba sur le Guir : retenue 360 millions de m3 à 55 km au sud-est de Béchar (en son temps c'était le plus grand barrage d'Algérie). Et en aval de ce barrage est né le périmètre irrigué de la plaine d'Abadla : théoriquement 16 000 ha (à 88 km au sud de Béchar).


LA PLAINE DU GUIR OU L'ILLUSION PERDUE D'UNE «CALIFORNIE ALGERIENNE»



La première mouture de ce que serait la «Révolution Agraire» est apparue officiellement en août 1966, sous la forme d'un fascicule publié par le Parti Unique (FLN Commission Nationale). Le régime politique d'alors annonçait la couleur de ce que sera la politique agricole du pays et en traça les grandes lignes: «la Révolution Agraire». C'est ainsi que celle-ci allait constituer l'un des 03 piliers de la trilogie dogmatique devant former le socle du «socialisme à l'algérienne», avec les «Révolutions industrielle et culturelle». Ces trois utopies allaient être les bréviaires des cadres dirigeants du pays et les sources qui alimentaient la langue de bois pendant plus de deux décennies.

Néanmoins, on sait que certains caciques de ce même régime qui ne voyaient pas d'un bon oeil, une telle orientation pour l'agriculture du pays, traînèrent les pieds, tergiversèrent, essayèrent même d'en retarder son application sur le terrain. L'opposition la plus surprenante était venue curieusement du responsable direct de «l'appareil du Parti» de l'époque, feu KAID Ahmed (Ct SLIMANE), qui, s'étant opposé à Boumediene, s'exila au Maroc. Ces opposants avaient-ils raison ? L'Histoire est en train de nous le dire. Il est évident qu'il est toujours plus aisé de porter des jugements rétrospectifs sur des faits et événements historiques passés qu'au moment où ceux-ci ont lieu, ceci nonobstant la part certaine de subjectivité, aussi infime soit-elle, qui puisse fatalement en résulter. Boumediene pouvait alors avertir et menacer : «Je ne saurais vous cacher ces problèmes qui peuvent nous réunir ou nous séparer et qui constituent le critère appelé à distinguer ceux qui sont acquis à la Révolution, au peuple et à l'Algérie, de ceux qui ne croient pas à tous ces principes. Nous ne saurions dans ce contexte tolérer aucune réserve. Il serait préférable à ceux qui émettent des réserves par rapport à ces principes et à ces grands objectifs de la Révolution, de se retirer, de s'éloigner des responsabilités et de ne plus jamais parler de Révolution» (IIème session du CNES, 15 octobre 1970). C'était clair net et précis. En d'autres termes il y aura «ceux qui sont avec nous» et «ceux qui sont contre nous» et ceux-là doivent partir. Quel était à l'époque ce ministre, ce wali, ou tout autre responsable à tous les niveaux de la hiérarchique politique, administrative voire militaire qui pouvait émettre une opinion contraire ? Feu KAID Ahmed l'avait fait. Cela lui a coûté sa carrière, voire indirectement sa vie. Et qui d'autres de connu ? On faisait plutôt exploser l'applaudimètre ! D'ailleurs pour prétendre à un quelconque poste de responsabilité, il fallait obligatoirement non seulement adhérer sans réserve à l'option socialiste (prétendue irréversible pour le pays : force est de constater que le temps a prouvé le contraire), mais avoir surtout sa carte du Parti,

L'ordonnance n° 71-73 portant Révolution Agraire est signée le 08 novembre 1971, par Houari Boumediene, Président du Conseil de la Révolution. Mais par souci de «symbolique révolutionnaire», ce texte fait naïvement une entorse à la règle de la non rétroactivité des lois, en faisait s'appliquer l'ordonnance susdite, à compter du 1er novembre 1971. A partir de cette date, ce texte était devenu, du moins théoriquement, applicable sur tout le territoire national et comme de juste en SAOURA. C'est donc et aussi dans ce cadre que cette région bénéficiera du projet important (et non pas d'un programme spécial comme pour d'autres régions à l'époque) que devait être le périmètre agricole irrigué de la plaine d'Abadla. Pour l'époque, c'était un projet fort ambitieux, sérieux, et donc loin d'être une banale affaire. D'abord, de par son gigantisme (16 000 ha pour une première tranche), et d'autre part, du fait qu'il s'agissait d'un projet agricole à réaliser à partir du néant et en plein désert ! Tout un programme et une véritable gageure. Pour relever ce défi sans précédent, on ne lésina pas sur les moyens. Ces derniers ne pouvaient être que pharaoniques en effet, à la mesure de «la grande Révolution» qui allait faire le bonheur des paysans algériens en général et ceux du Sud Ouest en particulier. C'était l'avenir assuré pour des générations de «Saouris». Aucun qualificatif n'était assez fort pour illustrer l'image idyllique du futur projet. On eut recours à des comparaisons qui devaient frapper les esprits. Les plus enthousiastes parlaient de «Californie de l'Algérie» n'hésitant pas à faire référence à une région étasunienne, capitaliste par essence, et ce, au sein même d'un régime résolument marxisant. D'autres plus prudents restaient dans les frontières nationales pour évoquer, à l'instar du Président Boumediene lui-même, «une nouvelle Mitidja en plein Sahara». L'enthousiasme était à son comble. Au risque de nous répéter, il était permis de rêver en état de veille sans que cela puisse choquer personne. Bien au contraire !

Cependant, un grand tapage médiatique fut orchestré autour du premier plan quadriennal 70-73, qui privilégia comme on sait l'industrie (on parlait alors d'industries industrialisantes). Dans le «feu de l'action» et sans modestie aucune, on parlait de faire de l'Algérie «le Japon de la Méditerranée». Pas moins ! Et pourquoi pas donc une «Californie» dans le Sud ? Feu le président Houari Boumediene qui tenait personnellement et particulièrement à la réussite de ce projet, n'avait pas hésité de dire dans un discours «Que si le projet de mise en valeur de la plaine agricole de Abadla, ne réussissait pas, le soleil ne se lèvera pas sur l'Algérie».

Pour ce faire, trois actions principales devaient être menées de front

- la viabilisation des terres

- la création de structures administratives adéquates de mise en valeur

- la construction de plusieurs villages agricoles sur le site. 
 
Source : A. AZIZI., Le quotidien d'Oran.

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Published by Sofiane - dans Béchar
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