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Grande vallée façonnée par l’Oued portant le même nom, la Saoura est l’une des régions les plus attrayantes du sud algérien. Elle est limitée au Nord par les Monts des Ksour et le Haut Atlas marocain, à l’ouest par la Hamada du Draa, à l’est par les oasis du Tidikelt et au sud par le plateau du Tanezrouft. Un décor fait de paysages lunaires de la Hamada du Guir contrastés à l’autre rive par les splendides dunes dorées du grand Erg Occidental. Entre ces deux ensembles féeriques s’incrustent, tels les joyaux d’un collier, palmeraies et ksour le long du lit des Oueds.

 

  

 

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24 avril 2014 4 24 /04 /avril /2014 18:21

actualite2[58415]Le korandjé est, certes, une langue qui est parlée comme nulle part ailleurs, mais sa fonction essentielle demeure celle de lien social de la communauté Belbalie. Tabelbala : petite oasis du Sahara, située à 1.400 au sud-ouest d’Alger, à 400 km au sud du chef-lieu de la wilaya de Béchar et à 150 km de la vallée de la Saoura, dont elle en est séparée par l’erg Errawi, cette ville s’étend sur une palmeraie de 12 km de long et 500 m de large. Tabelbala est en vérité constituée de plusieurs petits villages et de deux ksar (Sidi Zekri, d’où le nom de famille Zekraoui et Cheraia).
Les habitants de Tabelbala que l’on appelle plus couramment les Belbalis sont d’origine très diverses et parlent le korandjé : un parler comme nulle part ailleurs, proche du songhaï. Mais, en fait, d’où leur vient cette langue ? Il serait indispensable de rappeler que Tabelbala a été, depuis une époque très lointaine, le carrefour de pistes chamelières, qui permettaient de rejoindre le Drâ et Tafilalet d’une part et le Soudan et Tombouctou, d’autre part. Les Belbalis seraient donc, aussi loin que l’on puisse remonter dans le temps (selon des études ethnographiques de Champault, 1969), d’origines très diverses : arabes, berbères et d’Afrique noire. Ils sont tous cependant musulmans et un grand nombre de mots de leur parler a une consonance religieuse. Agriculteurs sédentaires qui cultivent surtout le palmier-dattier, chasseurs d’autruches (disparues de nos jours), ces habitants des oasis parlent une langue héritée des populations noires qui auraient précédé les Berbères, puis les Arabes.
Le korandjé (ou korandjié), chez les Belbalis, signifie en réalité le « parler du bled » : Kora-n-, lieu où s’installe une société (ville, village… par opposition au nomadisme) et Djié, qui signifie « le parler » (langage).
Le korandjé est la plus isolée et la plus septentrionale des langues songhaï qu’utilisent les habitants de Tabelbala. Tout en gardant une structure fondamentalement songhaï, cette langue est fortement influencée par le berbère et l’arabe, même si aujourd’hui, on y voit une barrière à l’enseignement, puisque inintelligible... sortie de cette oasis. Avec un vocabulaire fortement emprunt du songhaï, le korandjé que l’on pense préislamique et même protohistorique, aurait été imposé par les esclaves noirs de langue sonrai, qui transitaient par Tabelbala, avant de rejoindre le Maroc et qui est, depuis, resté solidement maintenu par sa morphosyntaxe originelle. Selon plusieurs études linguistiques, une analyse descriptive de cette langue (cf. A. Basset et Tilimatine M.)  permet de déduire que le korandjé n’est pas une langue liée à une ethnie bien définie, d’où l’influence des langues sémitiques, berbère et arabe, mais c’est l’isolement géographique qui lui a toutefois permis de se maintenir jusqu’à aujourd’hui.
A Tabelbala, ville de pierres tombales vieilles de plus de 7 siècles et d’anciens tombeaux géants, le Korandjé est, certes, une langue qui est parlée comme nulle part ailleurs, mais sa fonction essentielle demeure celle de lien social de la communauté belbalie. Le korandjé n’est parlé qu’à Tabelbala et c’est ce qui pousse les habitants des oasis voisines à penser que c’est une langue de djinn (démons) pour montrer à quel point elle leur est inintelligible.
    

Source: Ramdane Bezza, www.elmoudjahid.com/ 

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Published by Sofiane - dans Saoura
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