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Grande vallée façonnée par l’Oued portant le même nom, la Saoura est l’une des régions les plus attrayantes du sud algérien. Elle est limitée au Nord par les Monts des Ksour et le Haut Atlas marocain, à l’ouest par la Hamada du Draa, à l’est par les oasis du Tidikelt et au sud par le plateau du Tanezrouft. Un décor fait de paysages lunaires de la Hamada du Guir contrastés à l’autre rive par les splendides dunes dorées du grand Erg Occidental. Entre ces deux ensembles féeriques s’incrustent, tels les joyaux d’un collier, palmeraies et ksour le long du lit des Oueds.

 

  

 

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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 19:11

Une expérience pouvant être apparentée à une véritable odyssée pour retrouver un savoir-faire constructif ancestral, a été présentée lors du séminaire sur «le rôle de l’archéologie dans la mise en valeur de l’identité nationale», tenu dernièrement à Constantine. Cette expérience menée sur des ksour du nord de Béchar, est le fruit d’une initiative de trois architectes algériens qui ont eu à coeur de rompre avec les sempiternels débats théoriques en la matière, pour passer à l’action concrète sur le terrain. Selon le rapport présenté sur le sujet par M.Smaïl Chieb, l’un des trois membres de l’équipe ayant conçu et dirigé cette expérience, celle-ci a permis d’apporter des réponses à des questions qui n’ont cessé, ces dernières décennies, de faire débat, s’agissant de la réhabilitation des médinas et autres patrimoines bâtis. Les problèmes juridiques d’indivisibilité de l’héritage, de la réaffectation des bâtisses restaurées, de leur rentabilité et autres, ont tous trouvé des solutions plus qu’acceptables au titre de cette expérience, a expliqué M.Smaïl Chieb à l’APS.
Outre ces aspects, les travaux menés sous la houlette de ce professeur d’architecture à l’université de Biskra et de ses collègues Saïd Mazouz de la même université et Abdelmadjid Hamouine de l’université de Béchar, ont surtout permis de retrouver une technique ancestrale, à savoir la construction avec du béton en terre stabilisé (BTS), qui constitue, aujourd’hui, un grand domaine d’intérêt pour les recherches architecturales dans le monde. Retraçant les étapes qui leur ont permis de rendre vie à des ksour en ruine et d’en faire des lieux touristiques très prisés, M.Chieb dira que la première étape des relevés et de l’enquête sociale «a été faite avec nos propres moyens car nous étions impatients de passer à l’action et d’expérimenter dans les faits une démarche de réhabilitation». Après l’étape des relevés, il fallait réfléchir à des moyens pour retrouver les contours et les physionomies de ces bâtisses sans plans, construites selon des méthodes traditionnelles n’obéissant à aucune géométrie octogonale reconnue et, de surcroit, réalisées au moyen d’un matériau périssable comme l’argile. «La tâche était loin d’être aisée mais nous avons pu contourner l’obstacle en recourant aux enquêtes et en faisant appel aux souvenirs des vieilles personnes», souligne M.Chieb, décrivant comment lui et ses camarades ont procédé, pour contourner les écueils de l’oralité qui a cette particularité de vous mettre en face de sources possédant un savoir-faire mais ne sachant pas le théoriser ni le raconter, «à la demande» mais de façon spontanée.
Les efforts et la patience ont fini par payer, non seulement auprès de la population locale, mais également auprès des décideurs puisque le projet a fini par être adopté par le directeur de wilaya de l’urbanisme et de la construction (DUC) qui accepta de le financer par tranches et de le prendre comme «projet-pilote» en la matière. A mesure que l’expérience se mettait en place, ses promoteurs ont demandé et obtenu le soutien de l’Union européenne et d’organismes allemands, espagnols et italiens, entre autres, qui ont apporté aides et appuis à l’entreprise, selon M.Chieb. Mais une fois l’espace reconstitué, il fallait penser à l’étape suivante qui est celle de son affectation et de la «re-création» de son vécu. La plupart des maisons étant dans l’indivision, il était malvenu de la part des initiateurs du projet de se poser en donneurs de leçons et de demander à leurs anciens propriétaires de revenir à ces bâtisses qu’ils ont abandonnées de leur propre gré car ne présentant pas les fonctionnalités exigées par la vie d’aujourd’hui, explique M.Chieb, indiquant à ce propos que l’idée de les transformer en auberges et en locaux de tourisme a été retenue et a bien marché surtout dans la ville de Taghit où les gens n’ont pas de problème de logement mais de travail.
Des touristes espagnols, allemands, hollandais et, surtout des artistes, venus séjourner et vivre un moment dans la peau d’un ksourien, ont été très contents de leurs passage, témoigne cet architecte qui estime que cette expérience est très édifiante pour le tourisme culturel qui semble être «la formule qui convient le mieux à la mentalité de l’algérien». L’expérience qui a été une réussite, notamment dans la ville de Taghit, est pour l’instant restée à l’échelle expérimentale car les autorités concernées peinent à sortir de la mentalité du «oui mais à», regrette M.Chieb. Mais les enseignements qui en ont été tirés sont aussi riches que précieux, estime le professeur d’architecture qui souhaite voir à ce propos les décideurs, rompre avec la mentalité «de sapeur-pompiers» agissant par à coups et dans l’urgence pour s’installer dans la mentalité de créateur d’idée et de projets de long terme créateurs de richesse. Cet universitaire estime dans ce contexte qu’il est «démagogique» d’occulter le côté économique dans la réhabilitation du patrimoine bâti, la rentabilité peut même devenir un vrai moteur dans ce genre de projets. Il estime aussi que l’idée de vouloir à tout prix restituer à un patrimoine réhabilité la même fonction qu’il avait dans le passé, n’est pas toujours en sa faveur.

 

Source: R.C., L'Expression.

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Published by Sofiane - dans Culture
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