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Présentation

LA SAOURA

Grande vallée façonnée par l’Oued portant le même nom, la Saoura est l’une des régions les plus attrayantes du sud algérien. Elle est limitée au Nord par les Monts des Ksour et le Haut Atlas marocain, à l’ouest par la Hamada du Draa, à l’est par les oasis du Tidikelt et au sud par le plateau du Tanezrouft. Un décor fait de paysages lunaires de la Hamada du Guir contrastés à l’autre rive par les splendides dunes dorées du grand Erg Occidental. Entre ces deux ensembles féeriques s’incrustent, tels les joyaux d’un collier, palmeraies et ksour le long du lit des Oueds.

 


  
Mercredi 19 mars 2008

Le barrage de Djorf Torba (BDT) a fait couler beaucoup d'encre sur son utilité stratégique en matière d'eau potable et l'irrigation de la plaine d'Abadla. Aujourd’hui, ce barrage nous donne sa manne de comestibilité en matière de viande de poisson.


Les zones sahariennes possèdent des potentialités hydriques superficielles très importantes Oued Guir dans la localité de Bechar jusqu’à la plaine d’Abadla. Oued Righ de Touggourt jusqu’à chott Merouana  wilaya de Oued Souf, sans oublier les ressources  souterraines.
Leur valorisation par la pisciculture saharienne se traduit  sans doute par le programme de la relance économique du ministère de la Pêche et des Ressources halieutiques, de développer cette activité par le financement des fermes pilotes de production d’alevin.


Les différentes espèces d’eau douce ont fait l’objet d’un essai d’élevage dans le Sud-Ouest algérien notamment la carpe argentée. En effet, signalons que la production d’aliment spécial pour poisson a été prise en charge par le ministère de la Pêche et des Ressources halieutiques,  le Centre national pour le développement de la pêche et de l’aquaculture (CNDPA) et l’Office national de l’alimentation de bétail (Onab). L’Onab  dispose de 7 unités au niveau national dont l’UAB (Unité d’aliment de bétail) de oued Telilat de la wilaya de Sidi-Bel-Abbès a été choisie et qui est opérationnelle. Cette dernière commercialise ses produits en matière d’alimentation pour les poissons. Le développement de la production nécessite la maîtrise de trois facteurs indispensables.
Le premier facteur est la production d’alevin concernant le tilapia qui a été réglé dans la région du sud-ouest du pays par la mise en place d’une écloserie, dont l’objectif de production est de trois milliards par an d’alevin de tilapia rouge mono-sexe. S’agissant de la carpe qui est commercialisable, sa reproduction artificielle est parfaitement maîtrisable. Pour ce qui est de la carpe chinoise (à grande bouche), une écloserie est en voie de réalisation au niveau du BDT. Le poisson chat constitue une espèce potentielle pour le développement de la pisciculture saharienne. Des essais de reproduction artificielle ont été réalisés au niveau de la ferme Zahra (W. de Ghardaia) qui ont donné de bons résultats. Le deuxième facteur découle de la production d’aliment artificiel sous forme de granulés. L’aliment sec plongeant est fabriqué par l’Onab à base de protéine d’origine végétale (32 %) répondant aux besoins des espèces citées. Le troisième facteur est la maîtrise de la réalisation des structures de production (génie aquacole).
Dan ce contexte, l’écloserie nécessite un personnel très qualifié en matière bioaquatique pour la production du phytoplancton et du zooplancton qui sont capitaux pour l’alimentation des alevins.
La vie des poissons exige différents types de bassins ayant les formes cylindro-coniques, circulaires, rectangulaires. Les étangs généralement sont réalisés dans le sud-ouest en géo-membrane. Encore un point important à ne pas négliger, c’est l’aspect sanitaire, lorsqu’on atteint un certain degré de développement. Le rôle des vétérinaires est inéluctable au niveau des DPRH dans chaque wilaya pour effectuer le suivi rigoureux et l’élaboration des plans prophylactiques.


Par ailleurs, l’investisseur  M. Chouaïb Belhasnet est en train de réaliser un centre de pêche au niveau du BDT. Le choix du terrain a été effectué par la commission composée des membres de la DPRH, l’ANBT (Agence nationale des barrages et transferts) et l’investisseur de la wilaya de Béchar.
Il est à rappeler que ce centre  de pêche permettra d’exploiter rationnellement le barrage en matière de production piscicole et la création d’emplois dans ce cadre.
Néanmoins, l’investisseur précise que les besoins en alevins pour l’exploitation de ce grand barrage en point de vue superficie, une écloserie piscicole rudimentaire a été installée en attendant l’achèvement de l’étude et la réalisation de l’écloserie qui aura pour objectif de satisfaire la région du sud-ouest des alevins de carpe. L’ANBT a facilité toutes les procédures en mettant à disposition les études existantes au niveau du barrage. Il a ajouté encore que les investisseurs ont organisé récemment une journée d’information sur le développement de la pisciculture saharienne.


Rappelons qu’une cérémonie de dégustation de viande de ces poissons qui ont été ensemencés en juin 2006 a donné l’opportunité aux stagiaires de la section cuisine du CFPA de traiter et préparer le poisson par des séances d’apprentissage lors de la journée d’information. Comme il remercie les collectifs du centre universitaire et ceux du CFPA de leur collaboration.


Source: M. Smail, La Nouvelle République.

par Sofiane publié dans : Saoura
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Mardi 11 mars 2008

Le prochain marathon des Dunes se déroulera cette année du 28 décembre 2008 au 2 janvier 2009 à Kerzaz, ville située à 330 km de Béchar et 250 km d’Adrar. Cette 9e édition du marathon des Dunes est placée sous le haut patronage de Son Excellence,  le Président de la République. Selon l’organisateur, plus de 500 athlètes, dont 200 étrangers, sont attendus pour cet événement et à titre  indicatif, Sporting Management nous annonce déjà l’inscription au cours de ce mois de plus 30 participants à partir de la France, des Etats-Unis, de Suisse et d’Angleterre, alors que les autres années, il fallait attendre le mois de septembre pour connaître les premiers enregistrements des concurrents (site web : www.marathondunes.com).

 

Source : El Moujahid.

par Sofiane publié dans : Saoura
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Mardi 12 février 2008

Selon le chef de Daïra de Kénadsa, l'exercice 2007 aura vu la réalisation de plusieurs projets qui sont engagés tant au plan communal de développement (PCD) qu'au plan sectoriel (PSD).

82 millions de dinars ont été consacrés pour l'exécution de travaux de VRD, la réfection du réseau AEP, la construction de salles de soins et le renforcement du parc communal en matériel roulant pour la ville de Kénadsa, tandis que la localité de Méridja, a bénéficié de travaux d'assainissement, d'AEP et de l'aménagement d'une piscine. D'autres projets sont en cours de réalisation. Il s'agit de l'aménagement du vieux ksar, un patrimoine séculaire qui nécessite une sauvegarde d?autant plus urgente, ainsi que la réalisation de 194 logements ruraux. Les opérations inscrites au titre de 2008, seront bientôt mises en chantier. C'est ainsi qu'une enveloppe de 70 millions de dinars sera affectée pour la réalisation d'un centre de formation professionnelle (CFPA), deux salles polyvalentes, une piscine semi olympique et une maison de jeunes. En outre, le chantier des 360 habitations rurales, du quinquennat 2005-2009, sera lancé au cours de cette année.

Source : L. Larbi, El Watan.



par Sofiane publié dans : Saoura
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Dimanche 3 février 2008
Le site du barrage de Djorf Ettorba, à 18 km au sud de Béchar, a été proposé pour être classé zone humide devant être protégé dans le cadre de la convention Ramsar, a-t-on appris des responsables en charge de l’environnement dans la wilaya.    
Ce projet de classification porte sur la mise en valeur et la préservation de cet espace qui s’étend sur une superficie de 21.500 kilomètres carrés dont 94 km2 constituant son lac, selon les mêmes sources.    
Le lac est alimenté par les crues de l’oued "Guir", dont le barrage éponyme dispose d’une capacité de stockage de 365 millions de mètres cubes.    
4.000 hectares de diverses espèces végétales, notamment les arbres Tamarix, sont recensés sur cette zone, selon une étude réalisée par le secteur de  l’environnement.    
On y trouve également 43 espèces d’oiseaux et des animaux rares dont le chacal doré, le fennec, en plus de mammifères marins à l’image de la tortue aquatique et plusieurs autres espèces de poissons d’eau douce dont certaines ont été introduites ces deux dernières années comme le Tilapia.   
Les responsables concernés par ce projet estiment nécessaire de classer le site en tant que zone humide, eu égard à sa situation géographique dans une région semi-désertique, reconnue comme étant l’espace de transit pour l’avifaune migratrice empruntant la côte ouest de l’Afrique par le détroit de Gibraltar.    
L’Algérie a entrepris, dans le cadre de la mise en oeuvre de la convention de Ramsar, de nombreuses actions, notamment le classement de 42 sites, s’étendant sur une superficie de près de 3.000.000 d’hectares, sur la liste Ramsar des zones humides d’importance internationale, rappelle-t-on.    
Ces actions portent, également, sur le classement en cours de 18 autres sites sur la liste Ramsar des zones humides d’importance internationale.

Source : El Moujahid.

 

par Sofiane publié dans : Saoura
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Mercredi 26 décembre 2007




La présence de l’Homme dans la région de Taghit
remonte à la nuit des temps. Les multiples sites de gravures rupestres de l’ère paléolithique témoignent d’un environnement luxuriant, où l’eau, la végétation, et une faune variée constituaient un écosystème riche.

 

Les vestiges de Ksour très anciens à l’appareillage "paléo berbère" sont toujours visibles sur les escarpements de la rive droite de la vallée de l’oued "Zousfana". Ces sites archéologiques dates probablement d IIè s. Avant J.-C.

 

Au VIè s. de notre ère, les "Beni- Goumi" originaires de la tribu de "Zenâta" sont considérés comme la première peuplade à s’établir sur le site actuel de Taghit, guidés par le saint Sidi M’hamed Bayazid venu de Bagdad pour prêcher l’Islam, qui les convainquit de descendre des hauteurs escarpée de la rive droite vers la rive gauche de l’oued.

 

Cette descente vers un site relativement peu élevé, a placé Taghit dans une situation de vulnérabilité face aux agressions. La faible hauteur de la muraille et l’empilement graduel des maisons ne constituaient pas un système de défense infaillible. 

 

En fait, Taghit à l’instar d’un certain nombre de Ksour était avant tout un établissement humain édifié par des agriculteurs sédentaires attirés par l’abondance de l’eau et la fertilité des terres. Par sa position sur la route des caravanes cette oasis a également joué le rôle d’une halte importante dans le commerce transsaharien ; Les flux allaient de Tlemcen et du Maroc jusqu’à Gao au Mali et au Soudan. Le Ksar constituait aussi un véritable grenier collectif où les grains, les dattes, les olives, les aliments de bétail étaient entreposés en sécurité.

 

Urbanisme :

 

Véritable dédale sombre et mystérieux de ruelles " Zguag" et d’impasses "zriba" le système de circulation à l’intérieur du Ksar est formé par l’enchevêtrement de passages étroits et sinueux dont la couverture par endroit et à des intervalles irréguliers permet un jeu de lumière claire/obscure qui est loin d’être fortuit. Il sert au marquage des différents seuils d’intimité. C’est ainsi que l’obscurité plus importante sur des fragments de passages menant vers les impasses repousse l’étranger non averti vers l’axe principal qui va de l’entrée du Ksar au sud jusqu’à la sortie nord vers la palmeraie. Cet axe est jalonné par des placettes, la mosquée et quelques commerces. Deux autres axes secondaires viennent desservir les autres parties du Ksar dans le sens est-ouest. Les quatres "Droubs" ou quartiers du Ksar nommés "Bouchlih", " En Wader", "En Wadey", "L’ahnayen" partagent les mêmes structures communautaires :

 

La Mosquee :

 

La mosquée avec son école coranique " la medersa" est l’élément exceptionnel, ordonnateur et rassembleur. elle se distingue par sa centralité et par sa taille, son minaret dont la hauteur dépasse la silhouette des maisons joue le rôle de repère et de symbole de la prééminence du sacré sur les choses d’ici-bas. L’absence d’ornementation rappelle ici les règles de simplicité et de sobriété qui régissent le vécu de ces habitants.

 

 

 

Djemaâ :

 

La "Djemaâ" joue elle aussi un rôle prépondérant dans la vie communautaire des habitants, et porte en fait une double signification : d’une part c’est une assemblée de notables et de sages "chioukhs" qui gèrent les intérêts et les conflits de la communauté et d’autre part, et par extension c’est aussi le lieu où se tiennent les réunions. Composée par la juxtaposition de trois placettes : la place du Souk à l’entrée du Ksar, la place de la mosquée et la placette "Mghizra", la "Djemaa" est aussi un espace de rencontres, de discussions, et de culture pour les hommes

 

Des banquettes en dur couvertes de dallettes en pierre sont disposées de part et d’autre des passages qui lient les trois placettes un trou creusé dans l’une d’elle sert à la préparation de la poudre, "le Baroud". Occasionnellement, lors des fêtes locales les femmes se tiennent en retrait pour assister et participer aux festivités, ainsi le souci de séparation des sexes exigée par la tradition est sauvegardé. A l’extrémité nord, le rempart accompagne la déclivité du terrain quelques mètres plus bas pour inclure l’unique puit à l’intérieur du ksar.

 

La "Djemaâ" joue elle aussi un rôle prépondérant dans la vie communautaire des habitants, et porte en fait une double signification : d’une part c’est une assemblée de notables et de sages "chioukhs" qui gèrent les intérêts et les conflits de la communauté et d’autre part, et par extension c’est aussi le lieu où se tiennent les réunions.

 

Composée par la juxtaposition de trois placettes : la place du Souk à l’entrée du Ksar, la place de la mosquée et la placette "Mghizra", la "Djemaa" est aussi un espace de rencontres, de discussions, et de culture pour les hommes. Des banquettes en dur couvertes de dallettes en pierre sont disposées de part et d’autre des passages qui lient les trois placettes un trou creusé dans l’une d’elle sert à la préparation de la poudre, "le Baroud". Occasionnellement, lors des fêtes locales les femmes se tiennent en retrait pour assister et participer aux festivités, ainsi le souci de séparation des sexes exigée par la tradition est sauvegardé. A l’extrémité nord, le rempart accompagne la déclivité du terrain quelques mètres plus bas pour inclure l’unique puit à l’intérieur du ksar.

 

Architecture :

 

Ed-dar,ou la maison Ksourienne renvoi aussi bien dans son appellation que dans son mode d’organisation à la maison orientale. C’est une maison à cour interieure, introvertie et généralement bâtie sur deux niveaux. Seule une porte sur le mur extérieur aveugle permet le contact avec la ruelle à travers une "skiffa", espace d’entrée en chicane destinée à briser la vue vers le cœur de la maison et préserver l’intimité

 

Organisation de la maison :

 

Au niveau bas, l’espace "Wast-ed-dar" occupe une place primordiale aussi bien par sa position centrale que par ses fonctions multiples. Bien plus qu’un espace de distribution, c’est l’espace de prédilection pour les activités domestiques ( la cuisine, le tissage, etc.). C’est aussi un lieu de réunions et de disussions.Une petite ouverture "Aîn-ed-dar" pratiquée dans le plafond permet d’assurer un éclairage suffisant, car ici, l’éclat du soleil atteint son paroxysme.

 

Autour de Wast-ed-dar, les "Biout"( pluriel de beyt), de petites pièces sont prévues pour le stockage "Beyt el aoula"( grains, les dattes, le fourrage et les jarres d’eau), pour l’étable "Beyt echiah (chèvre, âne,… ) , ou consacrées au repos. Autour de Wast-ed-dar, les "Biout"( pluriel de beyt), de petites pièces sont prévues pour le stockage "Beyt el aoula"( grains, les dattes, le fourrage et les jarres d’eau), pour l’étable "Beyt echiah (chèvre, âne,… ) , ou consacrées au repos.

Source : M. Sariane, M. Beztout.

 

par Sofiane publié dans : Saoura
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Mardi 25 décembre 2007

Présentation générale :

Localité situé à 22 km à l’Ouest de Bechar, chef lieu de Daïra, kenadsa est une agglomération ancienne qui a la particularité d’avoir au milieu de XX ème s, un important centre minier où le charbon était extrait par la sociétés des houillères du Sud Oranais, les vestiges de cette industrie sont visibles à l’entrée et à la périphérie du village. Kenadsa est connu pour son ksar atypique et aussi pour son importante Zaouïa de la confrérie des Ziania.

 

Milieu Naturel :

Le milieu naturel dans lequel s’inscrit le ksar est largement semblable à celui de la majorité des ksour du Sud Ouest Algérien. Hamada ou falaise rocheuse (ici la Barga), dunes de sable, et la palmeraie qui s’ètire le long de l’Oued, sont les éléments quasi constants du paysage ksourien.

 

Aperçu Historique :

Le premier noyau de kenadsa est une casbah édifiée au 15è siècle durant le règne de la dynastie des Saâdéens. Cette entitée était formée par un ensemble de constructions protégé par une muraille, flanquée de tours de guet. Le choix de ce site qui se situait à l’intersection de deux pistes chamelières, a été dictée par la question vitale de l’eau. En effet, une peuplade guidée par le saint Sidi El Hadj Abderrahmane qui cherchait refuge dans la région, fût attirée par la source d’eau au lieu dit « Laouina » et décida de s’établir à cet endroit. La casbah était dotée des différents éléments constitutifs d’un ksar : remparts, mosquée, cimetière, Souk. La position du Ksar au carrefour de deux routes caravanières favorisa rapidement son essor, d’abord économique et à un certain degré religieux et culturel, suite à la fondation de sa mosquée, baptisée au nom de son fondateur et appelée plustard Mosquée Bi Atiq. Ce lieu de culte qui avait la particularité de se situer à l’extérieur du Ksar, servait aussi d’espace d’accueil et de refuge aux étrangers de passage, grâce à ses annexes destinés à cet usage. Au 17è siècle, un événement important allait bouleverser le statut de Kenadsa. Ce fût l’arrivée du Cheikh Ben Bouziane qui insuffla un nouvel élan au développement de ce qui était une simple casbah, pour devenir une véritable cité ksourienne, siège de la Zaouïa Ziania. Désormais, « Laouina » changea de nom et de statut. Elle prit le nom de Kenadsa et passa d’un petit relais caravanier à un centre spirituel, culturel et commercial, qui rayonnait sur tout le Maghreb et une bonne partie de l’Afrique. Conséquences directes de cet essor vertigineux, l’apparition de nouveaux besoins et la croissance du tissu urbain. De nouveaux quartiers virent le jour pour accueillir les nouveaux arrivants. Durant la période précoloniale qui a connu une grande instabilité politique au Maghreb, la région du Sud ouest algérien vivait dans l’insécurité, et les déplacements étaient périlleux, particulièrement pour les caravanes chargées de marchandises. La gestion des territoires était l’apanage des Zaouïa qui garantissaient la protection des caravaniers contre les attaques des brigands en échange du paiement d’un tribut en plus d’une déclaration d’allégeance. La Zaouïa Ziania a été l’une des plus influentes dans ce domaine en dehors de son rayonnement spirituel et culturel.

 

Urbanisme

 

Niché au piémont de la Barga, le ksar s’intègre parfaitement aux modestes dunes qui longent la falaise rocheuse. De l’extérieur le ksar se présente sous forme d’un amoncellement harmonieux de volumes cubiques, couleur ocre grise, qui se noie totalement dans le paysage, seul le minaret de la mosquée se détache par sa couleur blanche et sa forme élancée

 

La configuration spatiale du ksar obéit à un double souci : permettre une vie autonome aux différents quartiers et assurer l’unité de l’ensemble de la communauté. La Zaouïa et la nouvelle Mosquée Ben Bouziane formant un noyau, autour duquel gravitent les différentes parties qui se distinguent les unes des autres, par la morphologie, la fonction et le rang social des occupants : au centre le quartier des « Mrâbtin », ces nobles(Shurfâ), descendants de Sidi M’hammad Ben Bouziane et occupant de splendide demeures appelées « Dwiriyat, pluriel de Dwiriya ».

 

Autour de ce noyau, se trouve dans la partie basse du ksar le groupe ethnique originel les « Thata » et dans la partie haute réside les populations des migrants qui sont venues se greffer au ksar à la recherche de la bénédiction « Baraka » du Cheikh. La configuration du ksar reflète fidèlement la composition ethnique et en même temps l’organisation socioéconomique du ksar. Plusieurs droub portent des noms de groupes généalogiques : derb : Dkhîsa, Hjâwa, A`mûr, Hmiyyân, Ulâd Sîdî `Alî. D’autres, des noms de corps de métiers : Darb al-haddâda ( rue des forgerons) ou celui des fakhkhâra (potiers).

 

Deux voies principales parcourent le kasr : Derb Es Souk et Derb Dlima (ou Dkhissa). Plusieurs lieux publics relient ces deux axes : la place du ksar, la place de la mosquée, la fontaine Sidi M’barek, le cimetière et ses mausolées, Bit El Khalwa et la maison du Cheikh.

 

Une Dwiriyat principale, plus somptueuse constitue le siège de la Zaouïa et la demeure du « Sayyid » le Cheikh de la zaouïa. C’est dans cette demeure que se règlent les conflits et s’organisent les festivités. Actuellement cette Dwiriyat est désignée par une ancienne appellation "Er-riyyâd" 


Architecture

 

Hormis l’importance de sa Zaouïa, Kenadsa se démarque, physiquement des autres ksour par la grandeur relative de son architecture et la richesse du détail de ses constructions. Autres particularité, la présence des « Dwiriyat ».


Ces habitations d’une splendeur exceptionnelle témoignent de la variété et la richesse des arts et métiers qui activait dans le ksar. Contrairement à la signification littérale de son appellation qui veut dire petite maison, la Dwiriya est relativement plus grande qu’une habitation ordinaire c’est qu’elle est la demeure La dwiriya est à la fois un espace public et un espace privé. Espace public, car c’est ici que le « Mrâbet » reçoit les visiteurs, prie et dispense ses enseignements et en même temps c’est l’espace familial puisque la famille du mrâbet y réside. Naturellement la séparation entre ces deux domaines est clairement séparée.

 

La surface importante de la maison permet une ségrégation facile de ces activités antinomiques. Lieu de méditation, bibliothèque, salon de réception, la « jalsa » est l’espace distinctif de la dwiriya. Creusée, telle une alcôve dans l’un des côtés encadrant la cour de la maison qui bénéficie d’un traitement particulier en matière de décoration : de splendides sculptures ornent les parois du patio qui sont-elles mêmes protégées par un système d’arcature. Les autres ailes de la maison sont occupées par les fonctions qu’on retrouve ordinairement dans les maisons.


Source : M. Sariane, M. Beztout.
par Sofiane publié dans : Saoura
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Jeudi 13 septembre 2007

 

A la fin du printemps et en début d’automne, l’oasis de Taghit reçoit de nombreux visiteurs venant parfois des wilayas du Nord pour faire un tourisme particulier: il s’agit de curistes en quête de soin pour leurs rhumatismes et autres maladies articulaires par des bains de sable chaud. La sabulumthérapie (du latin sabulum, sable), cure de sable chaud, mettant à profit les propriétés absorbantes du sable et la chaleur du soleil, a de tout temps été pratiquée dans la région comme traitement pour les rhumatismes et les maladies articulaires sans faire pour autant l’objet d’une quelconque prescription médicale. Les gens de Berbi, un ksar distant de quelque 4 km de Taghit, profitant de l’opportunité qui leur est offerte, étendent les indications à de nombreuses formes de rhumatismes chroniques: arthroses, névralgies, douleurs vertébrales ou des membres. Bien évidemment, la foire fait le larron. Certaines familles offrent le gîte et la nourriture pour 350 Da par jour et par personne. Celui qui se charge de vous ensevelir le corps au pied de la dune, vous fournit de l’eau fraîche, car il faut faire attention à la déshydratation, vous sert aussi un bol de soupe aux herbes médicinales, empoche lui aussi 100 Da par personne. Certains curistes rencontrés sur place louent les bienfaits du sable chaud. Abdelhamid, originaire de Saïda et qui dit venir sur les lieux depuis de nombreuses années, assure, qu’après chaque cure, son état de santé s’améliore. 

A quelques mètres plus loin, A. Yahyaoui, enseignant de la wilaya de Naâma, énumère sans tarir les bienfaits de ce genre de cure. Il dit s’être débarrassé des injections et baumes depuis qu’il s’est habitué aux cures de sable chaud. Selon ce connaisseur, la cure doit durer au moins une semaine pour pouvoir constater les résultats. Il est à conseiller aux intéressés de prendre l’avis d’un médecin avant d’entreprendre pareille aventure. Ceux que nous avons consulté sur ce sujet disent que les bains de sable sont déconseillés aux hypertendus, aux sujets âgés ou atteints d’artériosclérose. De même que l’exposition intempestive et prolongée au soleil peut causer des brûlures. Du point de vue touristique, Taghit peut être considérée à juste titre comme étant la perle des oasis de la Saoura. Son panorama est introuvable nulle part ailleurs et son coucher de soleil sur la dune lui valent le surnom de Taghit l’enchanteresse. Du point de vue infrastructure de tourisme, son hôtel a remporté un prix international de gastronomie en 2006. 

Source : M. Ahmed, La voix de l'Oranie.
par Sofiane publié dans : Saoura
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Dimanche 26 août 2007

Malgré son jeune âge, Mabrouk est ambitieux et plein d’idées. Loin des discours négatifs qui émaillent, par accablement ou par simple habitude, les discussions des jeunes de Béchar, il préfère parler de projets, de potentialités, de l’avenir de Taghit qu’il chérit plus que tout. Il a gros sur le cœur et espère que ceux qui ont déserté leurs «origines» reviennent vers l’enchanteresse pour lui restituer sa couronne d’antan en faisant d’elle la destination touristique prisée qu’elle fut durant les années 70. Mabrouk, ce digne fils du vieux ksar de Taghit, a débuté cette année une carrière professionnelle en ouvrant sa demeure à l’exploitation touristique. Le 3e festival du tourisme saharien est pour lui une occasion à ne pas lâcher. Et il en sort satisfait : «J’ai loué les trois chambres de ma demeure aux touristes étrangers. C’est ma manière à moi de faire dans la promotion de la culture ancestrale et du “way of life’’ de nos aïeux», nous dit-il. A 200 DA la nuitée, cette proposition a enjoué les hôtes de la Saoura et Mabrouk trouve son compte : «J’ai employé trois amis qui se chargent de la préparation du thé, de la cuisine à l’étouffée et l’accompagnement», assène-t-il tout en fierté. Couscous traditionnel, Khliaa, R’fis et autres préparations culinaires leurs sont proposées et ce, en sus des randonnées sur dromadaire et discussions familiales : «Ils apprennent beaucoup sur notre vie et notre histoire et c’est ce qu’ils recherchent en visitant une région», nous dit-il. Comme lui, beaucoup d’autres propriétaires se sont lancés dans cette aventure. L’arrivée, à l’occasion du festival, de près de 300 étrangers avait de quoi les pousser à tenter l’expérience. Mohamed, voisin de Mabrouk nous explique que ses hôtes ont beaucoup apprécié les nuits chaleureuses  dénuées de tout signe de modernité. Hormis l’éclairage électrique, les chambres du ksar se distinguent par la simplicité et le calme infini : «C’est cette odeur de toub et cette ambiance bien de chez nous que cherchent les étrangers», Mohamed l’a bien compris. 

L’initiative de Mabrouk et Mohamed s’intègre parfaitement avec la nouvelle vision du ministère de tutelle. Les autorités en charge du dossier comptent en effet sur l’implication de la population dans l’activité touristique et ce, en vue de l’instauration d’une véritable culture et promotion touristique. Message visiblement bien reçu même si l’on est encore en phase de balbutiement : «Nous faisons de l’artisanat de manière conjoncturelle en attendant que l’activité touristique s’installe durablement dans la région», nous dit un jeune vendeur de toiles en sable. Le vieux ksar étant totalement rénové, les jeunes de Taghit commencent timidement, mais sûrement, à y installer  une dynamique commerciale :  «Nous voulons faire de cette Casbah du sud le nid de l’art artisanal», assène-t-on. Le directeur du tourisme le souhaite aussi : «Le ksar est voué à devenir un pôle touristique de premier rang mais notre rôle se limite à exercer le contrôle de cette activité sachant qu’elle incombe aux seuls propriétaires de ces demeures», annonce M. Karbouaâ en précisant qu’une vingtaine de chambre est mise à la disposition des visiteurs de Taghit.   
 
Réhabilitation  des ksour : la confusion

L’apparition de ces activités, créatrices d’emploi, pose cependant la problématique de la gestion de ces ensembles urbains tout aussi agréables que fragiles. La remise en état d’un ksar coûte en moyenne 1,5 milliard de centimes. Un programme spécifique a été lancé par le ministère de la Culture pour la réhabilitation de ces ksour et ce, avec le concours du PNUD qui s’est engagé à financer une partie de ces réhabilitations. Selon M. Karbouaa, ce programme est lancé sur le terrain : «La partie financée par le gouvernement algérien est en bonne voie au niveau des dix premiers ksour», nous dira-t-il.  Il s’agit des ksour de Kenadsa, Taghit, Beni Ounif, Beni Abbès, Moghel, Boukaïs et Louata (30 km au sud de Béni Abbès). 
Lors des visites touristiques organisées dans le cadre du programme du 3e festival du tourisme saharien, l’on a cependant constaté que les parties réhabilitées dans les plupart des ksour ne représentent que les zones communes : placettes, ruelles et fondations. «Le programme de réhabilitation est scindé en plusieurs phases. Ce programme est perturbé par une absence de financement», nous dit un haut responsable du département du tourisme en précisant que le PNUD n’a pas encore débloqué le budget consacré à la partie du programme qui lui a été confiée. Pour leur part, les propriétaires des demeures qu’on a rencontré à Moghel, Kenadsa, et Boukaïs nous ont clairement signifié qu’ils sont prêts à reprendre en main leurs propriétés si l’Etat s’engage à les assister : «Nous sommes pour la plupart des gens pauvres et ne pouvons pas assurer une telle opération», nous confie un jeune habitant de Boukaïs.
Pour sa part le secrétaire général de l’APC de Moghel atteste que les facilitations accordées dans le cadre du logement rural ont encouragé la grande évasion : «On aurait préféré que cette aide soit orientée vers la réhabilitation des ksour», dira-t-il. En attendant, ce qui reste de ces ksour s’effrite peu à peu sous le regard triste des autochtones. Selon les estimations d’un expert rencontré dans la région, plus de la moitié de ces ksour est désormais irrécupérable… une perte inestimable pour l’humanité, commente-t-on.    

Habiter un ksar…  et vivre avec  un minimum d’eau… 

La situation de ces ksour désole la population locale qui continue à y organiser les cérémonies de mariage et exercer une activité agricole. La vie à l’intérieur du ksar est loin d’être monotone, contrairement aux idées reçues : «J’ai passé mes plus belles années dans ce ksar, tous mes souvenirs de jeune mariée y sont reliés», nous dit el hadja Fatima. C’est un mode de vie qui ne peut qu’être exceptionnel. Habiter un ksar c’est côtoyer intimement son voisin. Vivre avec des habitudes uniques. Une utilisation minimale d’eau, pour exemple ! Même les salles de bains sont conçues de façon à éviter tout contact avec cette ressource démolisseuse : «On ne boit même pas à notre soif !», ironise  Mabrouk. La demeure est conçue tel une vieille maison de la Casbah… sauf qu’elle est de couleur rouge brique. Avec son patio au milieu, des chambres et un imprenable panorama à partir de la splendide minuscule terrasse. Hommes, comme femmes, passaient le plus clair de leur temps plus bas, dans l’oasis, à cultiver les terres qu’ils ont hérité de pères en fils. Aujourd’hui, ces ksour sont abandonnés mais les propriétés agricoles demeurent soignées par leurs propriétaires : «Nous avons été obligés de quitter nos maisons durant la période coloniale. Lorsque des moudjahidine trouvaient en ces ksour le lieu idéal pour tenir leurs réunions ou simplement se cacher des troupes coloniales», nous lance la vieille Abbou qu’on a rencontré à Beni Abbès. Depuis, ces sites datant du début du 15e siècle sont livrés à un délabrement continu rendant irrécupérables bon nombre des 65 ksour de la Saoura. Des projets pour l’alimentation des ksour en eau potable et leur connection au réseau d’assainissement sont inscrits, une fois les travaux de réhabilitation menés à terme. Des dispositions qui encourageront davantage le retour d’une vie à l’intérieur des ksour. En attendant, ces sites gardent intacte leur attirance. La région de la Saoura reçoit progressivement de plus en plus de touristes nationaux et étrangers. Selon les statistiques de la direction du tourisme de la wilaya de Béchar, près de 2.000 touristes étrangers (contre 202 en 2002) choisissent chaque année cette destination et savourent la beauté de ses irrésistibles oasis parsemées ici et là.  Entre les étendues de palmeraies et ces imposants ksour, témoins de l’histoire de l’humanité, les visiteurs de la Saoura trouvent en ces lieux un berceau de tranquillité et de quiétude tout en caressant une culture qui existait jadis et qui revient progressivement avec le retour des ksour…   


 - 2.000 touristes ont visité les oasis de Béchar en 2006, contre 200 en 2002 !
 -  Pour 200 DA la nuitée, les touristes étrangers ont apprécié la culture et le mode de vie de la population du Sud.

Source : A. Fadila, El Moujahid.

 

par Sofiane publié dans : Saoura
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Jeudi 12 avril 2007

L´enchanteresse invite curieusement au voyage dans le temps, parmi les âges les plus reculés.

Ksour, palmeraies, stations de gravures rupestres sont autant d´éléments témoignant de la profondeur de l´histoire de l´une des plus belles oasis du Sahara, Taghit, située à 93km au sud de Béchar. L´enchanteresse invite curieusement au voyage dans le temps, parmi les âges les plus reculés. A quelques mètres de l´entrée de Taghit, c´est un panorama unique qui s´offre au regard sans avertir, au sortir d´une sinuosité routière altérant brusquement le cliché d´un défilement rocailleux.
Pour mieux apprécier ce merveilleux paysage, le mieux serait de continuer le petit trajet à pied. La ville de Taghit laisse voir à l´arrière, comme un motif de fond, les dunes du grand Erg dont l´une dépasse les 300 mètres et les silex taillés qui abondent dans la région. Au sommet, on saisit l´infinité de l´espace et l´on comprend le sens de la sublimation. Taghit est aussi une agglomération de six ksour lesquels s´éparpillent le long de la palmeraie.
Un endroit choisi il y a des millénaires comme centre d´une florissante civilisation néolithique. Le 3e Festival du tourisme saharien, organisé par le département du tourisme du 26 au 31 mars dernier, a permis aux touristes nationaux et étrangers de découvrir tout ce riche potentiel touristique de l´enchanteresse que beaucoup ne connaissent, malheureusement, pas encore. Le programme arrêté à l´occasion était très riche en activités.
Chaque escale était une invitation à la découverte et à l´évasion. En ce jour ensoleillé du 26 mars, touristes étrangers et nationaux ainsi que les gens de la région, se dirigent vers la porte principale de la ville. Casquettes, bobs, mais aussi des chèches couvraient les têtes de chacun pour se mettre à l´abri d´une éventuelle insolation. Devant l´entrée, parades, chants et danses folkloriques réjouissants des différentes tribus viennent chaleureusement égayer le climat serein de Taghit. A l´intérieur de la ville, une grande kheïma est dressée pour accueillir les hôtes de la perle de la Saoura. Taghit vibrait, une semaine durant, au rythme du tourisme.
Certains ksour de la ville de Taghit sont partiellement restaurés et ce dans le cadre du projet de "la route des ksour", initié par le Pnud et financé par l´Etat. Certains sont classés patrimoine national architectural. Tous se distinguent par leur architecture arabo-musulmane. Beaucoup d´appellations sont d´inspiration linguistique berbère. Il faut savoir que de Béchar à la ville de Kerzaz, il existe 320 ksour. Une cinquantaine de ces ksour peuvent être classés patrimoine mondial!. Une enveloppe avoisinant les 10 milliards de dinars a été dégagée pour la restauration de l´ensemble de ces entités. Selon un guide de la région, 10 seulement sur les 320 sont en cours de restauration alors que trois autres ont été restaurés. Le guide évoque un problème de sensibilisation "mais les gens commencent à prendre conscience de ce qu´ils ont". Il s´agit, en fait, de valoriser ce patrimoine préhistorique qui est aujourd´hui "déserté et abandonné". Car, les ksour, une fois restaurés, constitueront un terrain propice pour la promotion du tourisme et peuvent devenir des centres d´accueil des visiteurs. Le ministre du Tourisme, M.Noureddine Moussa, avait insisté sur la réhabilitation, la préservation mais aussi la gestion de ces espaces ksouriens.
Il a laissé entendre ainsi que la révision de leur gestion, confiée actuellement à des privés s´impose. La population locale réclamant son implication dans les projets de restauration.
Le premier que nous avons visité était le vieux ksar de Taghit appelé Ksar Sidi Ayad, partiellement restauré et construit à l´époque Morabite au XVIe siècle. Certaines maisons sont toujours habitées. Les principaux traits particuliers du ksar ressortent à travers la concentration de ses habitations ainsi que ses venelles labyrinthiques obscures, même en plein jour, et néanmoins toutes de fraîcheur durant l´été.
Dans certaines petites pièces de ce ksar, des jeunes servent des plats traditionnels et du thé à la menthe.
Après une petite halte à l´une de ces pièces, nous continuons notre découverte en passant par des ruelles "labyrinthiques" qui s´ouvrent joyeusement sur la grande palmeraie. Malheureusement, cette dernière commence à perdre de son éclat à cause des eaux usées qui abondent. Conséquence logique à ce problème: les moustiques envahissent les lieux.
Les autorités locales ne sont pas restées indifférentes, puisqu´un bureau d´études français a été sollicité pour prendre en charge l´opération de désinsectisation dont le montant est estimé à 20 millions de centimes. Au fait, ce ksar est situé non loin de l´hôtel de Taghit, là où nous étions hébergés. Un «trois étoiles» dont les normes, la qualité de service et d´hébergement laissent à désirer!. Tout visiteur de cette ville, pourtant forte d´un riche potentiel, est vite frappé par le manque flagrant d´infrastructures d´accueil et de lieux de loisir et de détente. Le chômage se mêle ainsi à la misère. Un constat que les étrangers n´ont pas manqué de relever. "Taghit nous a permis de découvrir les richesses touristiques de l´Algérie. Une découverte qui a ses forces et ses faiblesses. Pour l´Européen, qui a le goût de la différence, le fait de se retrouver en Algérie, nous remet de toute la fatigue que nous ressentons à Paris. Toutefois, l´ensemble des infrastructures demande à être aux normes internationales. Beaucoup reste encore à faire en la matière", nous lance, René Fagnoni, secrétaire général du comité général du groupe Soc-Presse et directeur du quotidien le Figaro.
Taghit, c´est aussi les sept stations de gravures rupestres, un précieux trésor d´un autre âge, soigneusement taillées dans la roche. Elles sont situées à 28km de Taghit. La station visitée remonte à 40.000 ans avant Jésus-Christ. Mais elle n´est malheureusement pas classée patrimoine mondial. Elle s´étale sur 90km tout au long de la vallée. Ses effigies représentent la vie quotidienne de l´Homme primitif, des vaches, des chèvres gravés sur de grosses pierres. Selon le guide de la région, les écritures sont à 90% en Tifinagh. Mais le visiteur constatera vite l´état déplorable dans lequel se trouvent ces gravures rupestres. Certains dessins sont ignoblement égratignés. Plus grave encore, ces stations sont touchées par la contrefaçon!. Des imitations de gravures se trouvent un peu partout dans ce site, nous dira encore le guide. "Sa préservation n´est pas évidente en raison de son éloignement".

Témoin d’un passé lointain

Le deuxième ksar visité est Moughel, situé dans la région la plus froide de Taghit. Moughel est, en effet, perché à une altitude atteignant les 900 mètres. il date de 900 ans. Pour l´atteindre, nous traversons des montagnes rocailleuses étendues sur des espaces immenses. Un magnifique tableau des plus captivants, s´offre à nos yeux, marqué merveilleusement par les dunes dorées ou blanchâtres érigées dans l´harmonie et dans une géométrie que seule la nature sait dessiner. Des palmiers, symbole de la vie dans le désert, se dressent avec majesté vers le ciel et de temps à autre, des chameaux y défilent nonchalamment en rangs serrés. De loin et à première vue, nous avons l´impression de voir des dinosaures de l´ère secondaire. Une fois arrivés au Ksar, nous nous retrouvons face à une porte principale appelé "Bensammer" au-dessus de laquelle un poste de contrôle était auparavant installé permettant d´observer l´arrivée de tout étranger à la région. Aux abords, des oeuvres traditionnelles: des jarres, des bols, des assiettes avec des décorations diverses sont déposés par terre en guise de cartes de visites locales. Des ustensiles que l´on retrouve aujourd´hui dans les musées. A l´intérieur, le visiteur est vite conquis par la beauté de son architecture d´inspiration musulmane et le sens de la créativité artistique dans l´exécution des différents éléments constitutifs et dans le souci du moindre détail: les portes en bois sculpté, le hall orné de colonnes en arcades et les plafonds richement sculptés peints de différentes couleurs. A notre gauche, le guide nous fait découvrir un cadran solaire, l´un des patrimoines de la région et l´unique pièce en Algérie. Il a la forme d´un demi-cercle. Il est construit en 1695 par M´barek Ouaïssa. L´utilisation de l´horloge à eau par les autochtones de la région à l´époque demandait une présence permanente, ce qui n´était pas évident d´où la création du cadran solaire composé de neuf bouts de bois. Il ne servait pas à déterminer l´heure exacte mais il était utile pour l´irrigation et la division du temps d´arrosage de chacun, moment important pour les gens du ksar, explique le guide. Le système d´irrigation comprenait 32 sessions qui commencent de l´aube jusqu´au crépuscule. Les gens de Moughel programmaient du premier bout au deuxième, 4 séances d´irrigation. Témoin par excellence de l´authenticité et du prestige de la région, le ksar est divisé en trois groupes: Djmaâ (groupe), Tamasaght (nom berbère qui veut dire solidaire) et El Kasba. Leur rôle était d´informer les 1000 habitants des nouvelles de la région, par exemple de décès, de fête etc. Quatre tribus y habitaient. Il s´agit de Aït Amara, Aït Ouwamas, Aït Kadi et Aït Boussid. La première phase de restauration de ce ksar, menée par des architectes de la région, a débuté en 2002 dans le cadre du projet financé par le Pnud. Cependant, les "vrais" propriétaires du ksar se disent insatisfaits du travail effectué sur le site. "La matière utilisée n´est pas solide", argumentent-ils. Nous poursuivons notre découverte de cette entité historique qui nous a ramené des années en arrière pour nous rappeler la simplicité de la vie. Au beau milieu de la palmeraie, gorgée d´eau, un bassin dans lequel coule une source d´eau douce, la Tidjant, continue à étancher la soif des oasiens. Son nom est amazigh il veut dire le début de la saguia. L´activité principale de l´oasis est basée sur cette source. Un adage dit que toute personne qui ne boit pas de son eau aura de la fièvre! Plus loin les tombeaux des "Awliya salihine ou les Hommes saints" qui entourent le ksar, 17 en tout. Maintenant, nous ne sommes qu´à 15km de la frontière algéro-marocaine. Au retour, l´occasion nous a été donnée d´assister à une cérémonie de mariage. D’ailleurs, les habitants de la ville de Moughel mais aussi de Béchar préfèrent cet endroit pour célébrer les fêtes qui durent, selon les rites de la région, 11 jours. Boukaïs est réputée pour ses vestiges touristiques, ses jardins verdoyants et ses palmeraies. Très ancien, son ksar demeure encore intact, défiant le temps, grâce, notamment aux multiples opérations de restauration lancées dans le cadre de la politique de revalorisation du patrimoine des ksour. Il occupe une superficie de près de 6 hectares et abrite encore une population représentant le dixième de l´ensemble des habitants de cette localité. L´âge de sa fondation remonte à près de 40 ans avant l´avènement de l´Islam. L´appellation de Boukaïs est d´inspiration linguistique berbère composée de "bouk et aïs" signifiant "ton père ô Farès: abouk ya Farès". Une autre version prétend que cette appellation tire son origine du mot "boughamouk" désignant une "seguia ou source". Le village est mitoyen à Moughel. Il n´est, aussi, pas loin de la frontière algéro-marocaine. Ici, le trafic de stupéfiants bat son plein, nous confie un responsable local qui a préféré garder l´anonymat. D´ailleurs, au milieu de la palmeraie où nous avons marqué une petite pause, le temps de siroter un thé, nous avons aperçu des éléments de la gendarmerie placés ça est là avec leur chien pour surveiller et fouiller les lieux. "C´est un lieu de transit. Au lieu de s´occuper de l´agriculture, qui est peu développée dans le village, les gens préfèrent le gain facile en recourant à ce genre de trafic. Mais, le contrôle est particulièrement renforcé", ajoute-t-il sans pour autant nous fournir plus d´information sur ces réseaux et sur les quantités de drogue saisies. L´immigration clandestine est aussi un autre phénomène signalé dans la région par ce responsable. Il avance le chiffre de 600 clandestins arrêtés au courant de ces derniers mois et expulsés vers leur pays d´origine.

Kenadsa, une halte incontournable

Dans le circuit touristique à travers la Saoura, Kenadsa est une halte incontournable pour les passionnés des déserts. Aux portes de la ville, à 22km de Béchar, Kenadsa était, jadis, une importante zaouïa, relevant de la confrérie des Ziana. Elle fut appelée "El Aouina", une petite source d´eau qui servait pour l´irrigation des palmeraies. Elle fut fondée il y a environ huit siècles. Sa source de lumière, durant longtemps, était la merveilleuse mosquée construite par Sidi El Hadj. Ce fut, des générations durant, un centre de rayonnement scientifique et culturel.
Kenadsa était aussi un ksar. Mais l’exploitation en 1971 des mines de charbon perturba sa quiétude. Kenadsa s´était confondue durant une trentaine d´années avec une importatnte exploitation du charbon. La mine, aujourd´hui désaffectée, rappelle encore les silhouettes noires des mineurs. Kenadsa est sortie de l´anonymat grâce à ses enfants artistes et intellectuels, à l´image de Yasmina Khadra et Malika Mokadem, sans oublier l´artiste Alla dont la musique s´égrène en sonorités thérapeutiques. Isabelle Eberhart a également jeté son dévolu sur cette contrée, source d´inspiration et d´élévation.
Beni Abbès ou l´Oasis blanche, située à 247km au sud de Béchar, domine une belle oasis de palmiers et d´arbres fruitiers. Elle est dominée par la couleur blanche, ce qui, entre autres, la distingue de Timimoun au rouge dominant. Elle regroupe sept ksour, dont certains sont encore habités. Le plus beau est celui situé au milieu de la palmeraie. Inhabité depuis 1957, il est aujourd´hui en cours de restauration. La cité est illuminée durant la plus célèbre fête qu´elle abrite, le Mawlid Ennabaoui ou l´anniversaire de la naissance du Prophète Mohamed (Qsssl). C´est un événement de haute valeur culturelle et spirituelle, fêté avec ferveur depuis des siècles par les populations de la Saoura. Des cérémonies religieuses sont organisées aussi bien dans les mosquées que dans les maisons ainsi que sur les places publiques. Dans une ambiance festive, toute la population de la ville, les touristes nationaux et étrangers, se rencontrent au lieu-dit Sahat Echouhada (place des Martyrs) pour y participer. Les rues, désertes dans la journée, sont envahies par des milliers de visiteurs venus des différentes régions du pays. La fête du Mawled Ennabaoui, ou le S´bou, attire une foule de plus en plus dense. Le baroud est un agrément incontournable. Nulle fête n´est célébrée sans que ne tonne la poudre. Tous les enfants et même les tout-petits, se regroupent avec leurs pères au milieu de la piste. Le groupe folklorique animant la fête entoure les enfants tout en continuant le chant et la danse dans des rythmes différents. Tous s´assoient et, simultanément, font parler la poudre.
A Béni Abbès, on explique l´utilisation du baroud par le fait que les détonations enlèvent la peur aux enfants. La population de Beni Abbès mais aussi les participants au 3e Festival du tourisme saharien dont une centaine d´étrangers, ont vécu, deux heures durant, au rythme des chants et des danses. La fête mêle folklore et cuisine traditionnelle. Des plats succulents sont servis: mene ata, un couscous présenté dans les mosquées, el haibous, couscous présenté au public le jour du Mawled, le lait et les dattes. Mais la célébration est surtout religieuse. Il n´y a pas une oasis où le Mawled n´est pas célébré. Récitation du Coran et chants religieux. Ces moments sont une expression de l´hospitalité légendaire des populations locales. En fait, c´est surtout cet événement religieux et hautement culturel qui fait de Béni Abbès un pôle d´attraction pour les visiteurs des autres wilayas du pays et de l´étranger. Notre présence à l´Oasis blanche nous a également permis de visiter l´Ermitage du père Charles de Foucauld. Né à Strasbourg en 1858, il arriva à Beni Abbès en 1901.
Le 1er décembre de la même année, il célèbra la première messe dans la chapelle de l´Ermitage. Celle-ci existe toujours. Huit religieux y habitent. "Il faut passer par le désert et y séjourner pour recevoir la grâce de Dieu: c´est là qu´on se vide, qu´on chasse de soi tout ce qui n´est pas Dieu", écrivait-il.

Source : N. HAMIDACHE, L'Expression.

par Sofiane publié dans : Saoura
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Dimanche 1 avril 2007
arton64599-46dd3.jpgDe Moughel à Boukaïs en passant par Kenadsa, les ksour partiellement restaurés livrent une partie de leur secret. Leur architecture est d’inspiration musulmane.

Pour mieux apprécier les escales, on se promène dans les venelles labyrinthiques obscures. Le visiteur est vite emporté par la beauté des lieux sauvés par le projet de « la route des ksour », initié par le Pnud et financé par l’Etat. Au ksar de Moughel, un guide nous demande de lever les yeux. Il nous fait découvrir un cadran solaire, l’un des patrimoines de la région. « Il ne servait pas à déterminer l’heure exacte mais il était utile pour l’irrigation et la division du temps d’arrosage de chacun », précise-t-il. Le ksar Boukaïs est l’un des plus anciens. L’âge de sa fondation remonte à près de 40 ans avant l’avènement de l’Islam. Beaucoup d’appellations sont d’inspiration linguistique berbère. La mine de charbon, aujourd’hui désaffectée, rappelle les silhouettes noires des mineurs. Ici, l’histoire se raconte en vestiges. Chaque escale est une invitation à la découverte. Le désert exerce une forte fascination et une pittoresque magie qu’on ne peut exorciser qu’en couchant des mots sur du papier. Le défi du gouvernement est de donner un sens concret à la stratégie de développement d’ici à 2015 en transformant ces sites en circuits touristiques attractifs. A Beni Abbès, les hôtes du festival avaient un rendez-vous avec les festivités de la célébration du Mawlid. Dans la place centrale, des troupes folkloriques se sont réunies habillées d’une manière traditionnelle. Il y a des louanges, des incantations et le baroud qui tonne. La Saoura est une région qui est rythmée par les rites et les traditions. Beni Abbès est blanche, ce qui la distingue de Timimoun, l’oasis rouge. Autre curiosité : la course des chameaux. Au Mawlid, l’effervescence est à son comble. Toute la population s’implique. Les rites religieux et culturels s’entremêlent. Le dépaysement est total. Les visiteurs prennent des photos souvent en groupe pour « immortaliser » ces instants d’une forte émotion. Une visite a été programmée à l’hermitage du père de Foucauld. Une petite chapelle existe encore. Sœur Rémond Dandrai connaît l’Algérie depuis 1963. Française de nationalité, elle affirme être « Algérienne de cœur ». A ses yeux, il n’y a pas l’ombre d’un doute : on rencontre Dieu aussi dans le désert. Malgré la désorganisation, le festival du tourisme saharien a réussi à mieux faire connaître la région. Le wali de Béchar a conscience des insuffisances : « Oui, il y a eu quelquefois cafouillages mais pour moi, la tenue de ce festival est une réussite. Nous avons accepté de l’organiser ici en sachant que nous avons un déficit en infrastructures et en vols irréguliers. » Le transport aérien est un sérieux écueil pour l’essor du tourisme. Le ministère des Transports a été saisi sur cette question. Une réflexion est engagée mais force est de reconnaître que sans la libéralisation de ce secteur (réseau domestique), le problème restera entier. Air Algérie ne pourra pas faire face toute seule à l’augmentation de la demande. Un festival est aussi une occasion de se remettre en question et de tenter de trouver des solutions ou du moins de prendre en charge les problèmes sérieusement.

Source : K. Benelkadi, El Watan. 

par Sofiane publié dans : Saoura
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