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Grande vallée façonnée par l’Oued portant le même nom, la Saoura est l’une des régions les plus attrayantes du sud algérien. Elle est limitée au Nord par les Monts des Ksour et le Haut Atlas marocain, à l’ouest par la Hamada du Draa, à l’est par les oasis du Tidikelt et au sud par le plateau du Tanezrouft. Un décor fait de paysages lunaires de la Hamada du Guir contrastés à l’autre rive par les splendides dunes dorées du grand Erg Occidental. Entre ces deux ensembles féeriques s’incrustent, tels les joyaux d’un collier, palmeraies et ksour le long du lit des Oueds.

 

  

 

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13 octobre 2007 6 13 /10 /octobre /2007 11:21
Sidi Abderrahmane Ben  Bouziane père de Sidi Mhammed fondateur de la Ziania s'était fixé a Taghit pour y gérer des biens lui  appartenant .C'est la que naquit Sidi Mhammed a L'époque de la vie où on est susceptible de commettre des péchés. Des qu'il eut grandi, poussé par un appel mystérieux, et encouragé par l'amis de son père Cheikh  Sidi Abdelmalek Boungab Cheikh de la Zaouia Fouqania  qui s'occupa de l'instruire lui même il quitta son pays, Taghit Beni goumi, pour aller apprendre le Coran et. S'adonner a l'étude. Son origine, et sa haute naissance car il était charif, descendant du Prophète par Idris le fondateur de Fez, fut probablement la cause de ce penchant. 11 était, en effet, fils d'Abderrahman ,fils d'Abi Ziane fils d''Abderrahmane , fils d'Ahmed, fils  d'othman , fils de Messaoud , fils d'Abdallah el Ghezouani, fils de Said, fils de Moussa,fils de d'Abdallah,fils d'Abderrahmane fils d'Ahmed,fils d'Abdesselam fils de  machich, fils d'Aboubekr,fils de Horrma, fils d'Aissa, fils ,de Salam, fils de Mazouar, fils d'Ali Haydara fils de Mohammed, fils d'Idris 11, fils d'ldris I, fils d'Abdellah, fils d'Hassan fils de Hassan fils d'Ali et de Fatima Zohra.

Le jeune Mhammed partie de Taghit presque sans provision de voyage. Un de ses oncles paternels lui avait donnée quarante  mouzouna, petite monnaie du pays. II les échangea contre l'argent rachidien, monnaie de Tafilalet, avec laquelle il put accomplir son voyage et se diriger sur Sidjilinfisa. Arrivé dans cette localité, il se retira auprès du cheikh Sidi Mebarek Abdelaziz, chez qui il étudia le Coran.
Notre personnage ne tarda pas à devenir un vrai savant dans l'éxégèse coranique. Bientôt il obtint l'illumination divine, en même temps qu'il acquérait de solides connaissances dans les sciences religieuses ou mystiques. Il s'établit au  Ksar des Oulad Berdala, ou il vécut. Sa manière de vivre, sa dévotion, son ascétisme ne tardèrent pas à en faire de lui le disciple favori de Sidi Mebarek. Celui-ci recommandé même a sa propre famille et a ses autres disciples de  confier le soin de l'ensevelir à Sidi Mharnmed. On comprit que ce dernier devait être l'héritier spirituel et posséderait le sirr (secret mystique) de son maître. Plus tard, Sidi Mebarek se sentant rappelé vers Dieu fit la même recommandation à notre personnage.

Sidi Mebarek appartenait à la tarîqa  (confrérie) des Châdiliya, comme l'indique la chaîne mystique qui montre la transmission du sirr (secret) de cheikh en cheikh depuis l'ange Gabriel
 L'Ange Gabriel  - Le Prophète  - Ali ben AbouTaleb - El Hasan el Basri- Habib el Adjami - Daoud et-Tai - Maarouf el Karkhi – Sanisaqti - Djoueid - Djariri - Abou Taleb el Mekki- El Djouini –Ghazali -Abou l3ekr ben el Arabi -A bou Ya'aza -Ali ben Harehem -Abou Medien -Abou Ahmed-Abderrahman el Madani -Abdessalm Ben Machich -Abou hassan Châdili -Abou Abbés El Morsi -Ibn Ata Allah -Daoud el Bakhli-Ouafa -Ali ben Ouafa -Yahia el Kadiri-Ahmed ben Okba -Ahmed Zerrouk -Ahmed ben Youcef -Ali ben Abdellah -El Ghazi -Ahmed Ben Ali -Mohammed Ben Brahim-Abdellah ben Houcein -Mhammed ben Nacer -Mebarek ben Azzi -Mhammed ben Bouziane
       
Sidi Mebarek ben Azzi étant. Mort, Sidi Mhammed s'acquitta de sa mission funèbre il lava le corps de son maître et l'ensevelit 1ui même dans le linceul. Cela fait, pour imprégner sa propre chair des vertus (baraka)  de la chair du défunt, comme du sirr  de celui—ci il avait imprégné son âme, il but une partie de l'eau qui avait servi a laver le corps du mort. Les résultats de cette action ne se firent pas attendre : ils se montrèrent éclatants en vertus multiples, en prodiges remarquables 
        
Sidi Mhammed, suivant les recommandations de son cheikh, partit alors pour Fez, afin de parfaire ses études coraniques et religieuses. Il resta huit ans dans cette ville, suivant les cours de la Medersa de Sidi Misbâh. Dieu illumina de plus en plus son âme et lui accorda la plénitude des sciences concrètes et abstraites. Les gens affluèrent auprès de lui pour jouir des bienfaits de ses entretiens spirituels.
        
Dans cette Medersa notre personnage suivit les cours de Sidi Mohammed ben Abde1kâder el Fasi, de Sidi Abdesselam Gjâsous, de Sidi Ahmed ben El Hadj. 11 aimait, honorait, vantait les gens de science. Ceux-ci, a leur tour, l'avaient en grande estime, et l'on cite, parmi ceux qui entretenaient une correspondance avec lui, des savants tels que Sidi Mohammed Masnaoui , Sidi l'Hassan ben Rahal, Sidi Mohammed ben Zekri , Sidi Mohammed Meiyâra , Sidi Ahmed ben  Mebarek es-Sidjilmâsi , les fils de Sidi   Abdelkader  Fâsi, etc.
      
A Fez, Sidi Mhammed cherchait surtout la fréquentation des gens pieux. Parmi ceux qu'il fréquentait régulièrement chaque jour était Sidi Abmed el Habib  et Lemti, son frère en Dieu, et Mohammed el Ayachi, mort plus tard au Caire. Ils lisaient le Coran et récitaient le Dikr  ensemble. Mais notre saint aimait trop l'humilité obscure pour rester plus longtemps à Fez. Il quitta cette dernière ville et se dirigea vers le pays de ses ancêtres, Kenadsa. II y séjourna d'abord quelque temps, puis s'y établit définitivement. Ce  fut en a ce moment que Dieu lui permit d'atteindre l‘état suprême des Soufis. De nouveau, de toutes parts, de l'Orient et de l'Occident, les gens arrivèrent en foule solliciter les bienfaits de sa bénédiction. Dans ces circonstances il eut l'occasion d'accomplir de nombreux prodiges et ne tarda pas à être considéré comme un des personnages les plus considérables de son époque. Sa réputation de pole des Soufis été bien établie chez ses contemporains ; la cécité qui l'atteignit sept ans avant sa mort les confirma encore dans cette opinion. Sidi Abderrahmane  Kerzazi  lui-même engageait les gens à faire des Ziara à Sidi Mhammed, preuve qu'il reconnaissait la supériorité de ce dernier. Cette supériorité se manifestait dans toutes les particularités de la vie du Cheikh. II se retirait, pour prier, sur la crête des montagnes ou au fond des vallées, dans les endroits déserts ou il n'avait d'autre fréquentation que celle de Dieu. De nombreuses localités dans lesquelles il a prié, aux environs de Kenadsa, ont conserve son nom, notamment Hadjerat Sidi Mhammed, l'ermitage de Ras A in Sidi Mhammed, I'ermitage de Oumm Sebaa (lion). Notre saint avait le pouvoir de se rendre invisible pendant huit jours, d'un vendredi à l'autre ; puis on le voyait tout a coup revenir de quelque part avec un fagot de bois sur les épaules.
                  
Sidi Mhammed ne vivait que d'herbages et de feuilles d'arbres; son légume préféré était  l'irmas. A Fez il se nourrissait avec les débris de légumes laissés a terre sur le remplacement des marches. Il ne mangeait que juste ce qu'il fallait pour vivre.
                 
Il ne s'habillait que de laine grossière, ne mettait jamais de vêtements en coton ou en toile. Sur sa tête il portait une kerzia de laine (sorte de turban au tour de la tête). Aux temps froids il mettait une chechia de laine sous cette kerzia. Son corps était protégé par une kechaba  de grosse laine, par-dessus laquelle il mettait un burnous noir du Sous appelé akhnif. Ce costume a été de tout temps, d'ailleurs, le costume des prophètes et des soufis.
                 
Pour lit, Sidi Mhammed n'avait qu'une natte, qui lui servait aussi de tapis de prière. Ce tapis ne le quittait pas, il le faisait suivre partout avec lui. Par sa manière de faire les ablutions, la prière, d'assister aux funérailles, de payer l'impôt zekat, de jeûner, de faire le pèlerinage, de pratiquer la guerre sainte, Sidi Mhammed était un exemple vivant pour tous les Musulmans.
En voyage il montait un âne ; s'il marchait, il allait pieds nus où ne portaient que de simples sandales. Dormait-il ? C'était sur sa natte ou sur le sol. Il ne changeait pas d'effets; il les lavait lui-même lorsqu'ils étaient sales.
                
11 ne quittait jamais son chapelet ; ne cessait de réciter, soit seul, soit avec des frères, le divin Coran, ou de se livrer a l'étude. 11 répétait souvent la sentence suivante, qui était sa devise favorite:
<<Es-Sabha ou el-louh — ila kheroudj er-rouh >>, c'est à ­dire: (il faut dire) le chapelet et (travailler avec) la planchette sur laquelle on écrit le Coran) — jusqu'à l'extinction du souffle de l'âme. Il ajoutait: ~< Ceux qui savent le Coran par coeur et le récitent constamment sont comme s'ils conver­saient  avec Dieu pendant les heures du jour et de la nuit. ~>
               
Lorsque Sidi Mhammed ben Bouziane se fut fixé définitivement a Kenadsa, il trouva le pays manquant d'eau et fort pauvre. Ni fortifications, ni lieu protégé ne défendaient les gens contre les incursions des Arabes nomades et sauvages.
                    
II décida d'y construire une zaouïa. Il la bâtit en pierres et briques jointes au mortier d'argile. Sidi Mhammed recherchait en effet les matériaux qui préservent successivement de la chaleur et du froid. Alors que les khouans (frère de la confrérie) et les visiteurs devenaient de plus en plus nombreux et nécessitaient l‘agrandissement des constructions, il ne se servit jamais de chaux, de carreaux de faïence, de marbre. . Même le minbar de sa mosquée fut fait en maçonnerie ; on y accédait. Par trois marches en briques. Plus tard il en fit, faire un en bois par des ouvriers de Fez.
Sidi Mhammed aimait toutes les œuvres de bien. Il creusa des puits à l'usage des Musulmans dans la zaouïa même, aménagea les sources de Tikoun rabi et de ‘Ain el Baraka. Avant la création de la Zaouia, les gens de Kenadsa étaient presque dénués de ressources. L'établissement de notre saint personnage dans cette localité rendit ces mêmes gens riches et les biens affluèrent vers eux de tous côtés. Les Pillards se trouvèrent impuissants contre la zaouïa et ses protégés, ils furent même obliges de servir Sidi M hammed de gré ou de force. La Horma de ce dernier devint célèbre on s'y rendait de toutes parts et beaucoup de gent s'y établirent a demeure. Le saint traitait, les affaires des visiteurs qui venaient demander ses conseils et ses bénédictions. 11 disait volontiers sous forme de sentence :

                   Quiconque est venu a nous n'a pas été déçu dans ses espérances,
                      Qui est sorti de chez nous a toujours réussi.

Les pieux visiteurs apportaient en retour a La zaouïa les produits que le Sahara ou les environs de la zaouïa ne pouvaient fournir: le blé, l'orge, la graisse de mouton, le mil, etc. L'influence de Sidi Mhammed était aussi grande que son humilité était profonde les zouar (visiteurs) qui venaient le trouver étaient surtout des gents de Beni Snassen (tribut du nord d'Oujda) des Beni Bou Zeggou (tribut a l'ouest d'Oujda)de l'Oued Za (environ de Ain béni Mathar des Oulad Amor (environ de Debdou), des Beni Fachât(tribu entre ouled Amor et Debdou), des Beni Oudjqa!(tribut des plaine de Melouya)), des gents de la région de Debdou et de celle de Tlemcen,Nadroma, Ils arrivaient quelquefois à la zaouïa au nombre de quatre cents hommes. Leur point de concentration pour ce pèlerinage était au sud de Debdou ; la première étape était à El Khourat ; la deuxièrne  a  Aioun el ksar ; La troisième a Oulad Harnou Arzaq ; la quatrième el Hacian (les deux puits) ; la cinquième  a Ain Chair. Là  les zouar déposaient les provisions nécessaires pour le retour. La sixième étape était à Boukais. Le septième jour on campait prés de la colline d'Oumm Sebaa ; la nuit de ce jour on envoyait un exprès au Cheikh pour le prévenir de l'arrivée de la caravane. Telle était la coutume. Le huitième jour les zouars arrivaient à la Zaouïa de Kenadsa.

Grâce à la renommée du Cheikh, le Ksar était devenu un véritable entrepôt. Avant l'installation de Sidi Mhammed, ses contribues se contentaient de faire le commerce du sel, de le porter de pays en pays et de le vendre au détail. Depuis cette installation, et grâce à la baraka du saint, ils ont fait tous les genres de commerce. Le saint était, en effet, un véritable palladium d'origine divine pour ceux qui vivaient autour de lui. Ses frères et ses khouans étaient, par lui, en sûreté partout ou ils allaient. Ils n'ont jamais cessé  jusqu'a nos jours, d'aller et venir a travers le pays, de commercer, de gagner de l'argent, de posséder des biens dans diverses régions, depuis le Sous au Maroc jusqu'au Sahara de l'Est, du Cherg au Maghreb.
        
Mouley lsmail avait envoyé son fils Mouley Ali dans les régions du Guir et de Figuig pour traquer les marabouts faisant du prosélytisme. Lorsque Mouley Ali en prenait un, il le tuait, dépouillait ses héritiers, et s'emparait de leurs propres biens s'ils réclamaient. Le fils du Sultan, étant arrivé a Figuig, envoya dire a Sidi Mhammed de venir se présenter a lui. Sidi Mhammed partit, au grand étonnement du public, malgré les avis contraires de son entourage qui craignait pour sa vie. On laissait  ressortir que, dans tous les territoires traverses par Mouley Ali, celui-ci n'avait pas laissé échapper un seul marabout, et tout le monde craignait pour la vie du Cheikh. Mais il se présenta devant le jeune potentat, lui rendant les devoirs que Dieu lui-même veut qu'on rende l'Emir des Croyants. Après cette rencontre, le fis de l'émir, Mouley Ismail le traita avec bienveillance, lui parla avec des paroles pleines de douceur.Dé lors tous les vizirs et tout l'entourage du prince traitèrent a qui mieux le Cheikh.
        
Lors du départ de ce dernier pour sa zaouïa, des courtisans s'étonnèrent auprès de Mouley Ali d'une telle réception : < Parmi tous ceux qui sont venus me trouver, leur' dit-il, je n'ai point vu d'homme aussi pieux. Il m'a paru comme un lion rugissant a  mes oreilles, j'ai compris que c'était le lion des saints et je l'ai traité de mon mieux .Quant au Cheikh, il avait fait des voeux pour le prince et l'avait mis en garde contre les fautes graves.
        
Tous les compagnons de Sidi Mhammed se réjouirent de son retour auprès d'eux, sain et sauf. C'était le soir en revenant vers Kenadsa, ils passèrent près d'un oued  et campèrent sur la berge. Le Cheikh leur dit : ~< cet oued va grossir et tout inonder. Quelqu'un lui dit : il peut grossir, mais il ne viendra pas jusqu'a nous, il viendra, dit le Cheikh. Une heure ne s'était pas encore écoulée que l'inondation avait lieu et obligeait les gens à lever le campement au plus tôt. Une partie des bagages fut emportée par le courant et il fallut les repêcher. Le Cheikh avait montré par cette prédiction combien Dieux le favorisait.
                                 
La vie pieuse de Sidi Mhammed :
sa conduite privée, sa conduire avec les aspirants-profès, ses épouses, sa mort. Visions de ses disciples.
        
Toute la conduite privée de Sidi Mhammed présentait l'image de l'humilité et de la vertu. Nous avons déjà dit comment il aidait ses gens dans les travaux de la maison, surtout quand il fallait servir les .zouars (khouan en visite de ziara). C'était aussi un homme de beaucoup d'ordre quand il trouvait un ustensile abandonné quelque part, il le rapportait dans la maison d'habitation de la zaouia . Ses qualités morales, ses vertus mystiques reproduisaient les qualités et les vertus du Prophète et des grands soufis, tels que Djoneid, Chadheli, etc., venus après Mohammed.
       
Nous avons déjà mentionné que Sidi Mhammed s'appliquait a servir d'exemple vivant pour les autres Musulmans dans la pratique de la loi islamique de même faisait-il dans sa conduite mystique. Les livres dont il suivait les préceptes étaient ceux d'Ibn ‘Ata Allah, de Chadheli, d'El Marsi, d'Ibn Abbas, de Mohammed ben es—Samak et de leurs imitateurs. C'étaient leurs exemples et les qualités vantées dans leurs ouvrages qu'i s'appliquait à faire suivre par ses disciples.
        
Il n'avait pas de pratique spéciale a sa confrérie en dehors de celles recommandables par les docteurs du Soufisme.sa manière d'endoctriner les aspirants-profès (mourid) consistait a leur faire répéter un nombre considérable de lois la formule ~< La ilaha illa Allah! > ~< Il n'y a d'autre dieu que Dieu! >~ — ou bien encore la prière dite Istigh far ou la prière sur le Prophète. A celui qui lui demandait l'affiliation a la confrérie ziania, il disait : ~< Que Dieu purifie nos coeurs ! Lis-tu le Coran ? Le sais-tu par Coeur? >> Dans l'affirmative, le postulant était affilié comme Sidi M hammed avait coutume de le faire avec les gens du Coran. Le Cheikh invoquait Dieu sur le postulant, lui faisait ses recommandations, sur­tout sur le qiam el liyl ou action de passer une partie de la nuit en prière. Si le postulant ne savait pas le Coran, le Cheikh se bornait. A lui transmettre l'ouird des Soufis de sa chaîne mystique, ou selsela. 
         
D'après l'ouvrage intitulé: (Adjouibat Naciria), des tolba de Tlemcen écrivirent. Un jour a Sidi Mhammed pour entrer dans sa confrérie. Ils lui demandèrent quel genre de chapelet, de vêtement (des soufis)   ils devaient adopter. Le Cheikh leur répondit : ~< Nous n'avons pas de tradition spéciale sur le chapelet. la kherqa, etc... Notre confrérie (notre tariqa, c'est EDIKR tel que l'a indiqué le Cheikh Senoussi a la fin du commentaire de son ~Aqidat es­Soghra   Si vous désirez entrer dans notre selsela (chalne mystique), assurez d'abord votre retour a la voie de Dieu avec ses conditions essentielles; ayez soin de vous livrer a Lui, de le craindre dans tous les actes de votre vie. Préparez-vous ainsi pour le jour de la descente au tombeau. >~ Sidi Mhammed ajoutait. Sa lettre l'indication du dikr et de la selsela  d'aprés les Soufis antérieurs.
        
C'était donc la pratique du Soufisme usuel, la multiplication des prières, l'observation des rites de l'Islam, surtout pour les funérailles, qui formait le fond de la doctrine du Cheikh. Il recommandait à tous ses frères en Dieu la con— naissance des sciences religieuses. ~< Soyez, leur disait-il, du groupe des savants ou du groupe de ceux qui instruisent ne soyer point. Du troisième groupe. ~ Ce dernier groupe, dans son esprit, était celui des ignorants. ~< Fréquentez, disait-il encore, fréquentez les savants. Ils font fructifier les âmes comme la pluie du ciel fait fructifier les plantes.
        
L'intérieur familial de Sidi Mhammed correspondait à ses hautes vertus. Sa première femme, la dame Oum Kolthoum, celle qui fut La mère de ses fis, sidi Mohammed Laredj, sidi Abdelouahab, sidi Ahmed était pieuse, douce de caractère, droite dans sa conduite. Elle observait avec soin la souna. Elle était obéissante à son mari, vigilante à faire exécuter les ordres de celui-ci. Elle était pleine de charité pour les veuves et pour les orphelins, donnait généreusement aux religieux et aux pauvres une partie des biens dont Dieu l'avait gratifiée. Lorsque le Cheikh est partit en pèlerinage, elle le remplaça auprès des frères et des autres personnes, multipliant, pour tous, ses bienfaits. On ne s'aperçut pas du départ du fondateur de la zaouia. 
       
Elle avait une coutume spéciale: toutes les fois que le Cheikh avait terminé la prière du vendredi, elle secouait la poussière des livres de la zaouia, les parfumait d'encens, les replaçait et mettait sur leur reliure un peu de poussière de chaux.
      
Lorsque cette sainte femme fut morte, un des frères, qui ignorait sa maladie la vit en songe monter au ciel. Elle y fut reçue par Abou Bekr et les femmes du Prophète.Le Cheikh Sidi Mhammed Vécut. De nombreuses années après elle. On lui conseilla souvent de se remarier; chaque fois il refusait d'écouter de pareils avis. Cependant une maladie nécessitant des soins intimes l'ob1igea a cherché une épouse. II songea d'abord, dans ce but, à se procurer une esclave noire a Sidjilmasa. Mais son ami, le saint Sidi Ahmed ci Habib, lui écrivit pour lui démontrer que se contenter d'une affranchie était au-dessous de la condition de Sidi Mhammed; il l'engagea a prendre, malgré la répugnance éprouvée, une femme libre et d'une certaine origine. Le Cheikh se laissa convaincre. Peu de temps après, un fils de Sidi Abd-el-Djebbar de Figuig proposa au Cheikh .sa soeur en mariage. Sidi Mhammed chargea alors son propre fils Hadj Mohammed Laredj d'aller a Figuig conclure l'affaire.  Et lui recommanda de bien se renseigner sur la femme et de voir si elle lui convenait réellement. Sidi Mohammed Laredj. Fut bien reçu par le faquir fils d'Abd-e1-Djebbar, mais il apprit que la femme en question était une divorcée qui avait déjà abandonné trois époux successifs ; il n'en voulut pas et amena a son père une autre .femme de La même famille  il eut avec elle son fils Sid Houcein.
        
Sidi Mhammed ben BouZiane finit par arriver au terme de sa vie exemplaire. Proche de ses derniers instants, il demanda a ceux qu'il l'entouraient de vouloir bien partir, de le laisser seul en La présence de son Divin Maître avec lequel il avait des conversations confidentielles. Les gens de son entourage lui demandèrent si Fun des frères (khouan) pourrait entrer et venir vers lui. II leur répondit ~<Je n'ai plus rien de commun avec le monde. Obéissez à mon fils Mohammed LAREDJ, mon vicaire et l'héritier du sirr après moi. Les saints personnages sont tous d'avis qu'il doit me succéder dans La direction de la zaouïa. II vous fera bénéficier, — et vous verrez combien ! — des grâces divines par son intermédiaire. >~ Pendant son agonies lorsqu'il faisait .appeler un frère (khouan) auprès de lui, il lui disait : < Je vous ai (tous) recommandés a Dieu; notre amitié se continuera dans le ciel ou nous nous retrouverons un jour >


A. Cour
Professeur a La Medersa De Tlemcen.
Revue du Monde Musulman N°11 Novembre 1910
Extrait de Laredj moulay Abdellah  Zaouia de Kenadsa

 

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Published by Sofiane - dans Histoire
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12 octobre 2007 5 12 /10 /octobre /2007 11:25
Sidi Mhammed mourut le jeudi  10 Ramdan, au moment de l'acer. II fut enseveli après la prière du Maghreb La nuit du lendemain vendredi. C'était en l'an I145. (Mars 1733.).
        
Le haut degré de sainteté du Cheikh a été certifié par la vision qu'a eues un certain nombre de saints personnages. Un jour, le frère en Dieu (khouan) Sidi Ali ben Aderrahman Bou Asami vit un grand groupe de saints portant chacun un écriteau sur lequel se trouvait un passage du Coran. Mais il ne put en lire que deux: celui de Sidi Ahmed ben Nacer et celui de Sidi Mhammed. Sur le premier il y avait Nous lui  avons donné le pouvoir et la science, et sur le second : Nous l'avons place dans l'intérieur de notre miséricorde, car il est un saint.
       
Sidi Mharnmed ben Mohammed ech-Chara y Tlemçani, dans la nuit d'Achoura, vit en songe le Prophète. Il eut d'abord l'idée de lui demander quelque bien terrestre, car il était pauvre. Mais il n'osa point et se contenta de l'interroger pour savoir quel était le plus grand saint de l'époque. Il i'interrogea d'abord sur Sidi Mohammed el Ayache. Le Prophète répondit : ~< II est (puissant) comme un sultan en ce monde et dans l'autre; il est comme l'arche de Noé, quiconque y entre est sauvé. >~ Questionné sur Sidi Mhammed ben BouZiane, l'Envoyé de Dieu répondit : ~< II est le maître de l'époque et l'un des sept pôles. Par son intercession Dieu a préservé du feu de l'enfer une foule de gens. > A propos de Sidi Ahmed el Habib, il ajouta : << El Habib est notre Habib (ami intime) dans ce monde et dans l'autre. ~ Or ces trois saints, Mohammed el Aya chi, Sidi Mhammed ben BouZiane et Ahmed el Habib étaient, de leur vivant, en relations amicales continuelies .
    Un autre personnage fort pieux, le faquir (religieux), le frère en Dieu des gens de la zaouïa (khouan), vit de nombreuses fois le Prophète en songe. Toujours Sidi Mharnmed se tenait auprès du Prophète ou devant lui comme son serviteur.
        
Les historiens musulmans racontent que la Zaouia de Kenadsa exerce une hospitalité réputée de même d'ailleurs que toutes les autre Zaouia des Ziania. Riches et pauvres y trouvent la maison hospitalière ainsi qu'aide et protect
                        
                  
Sidi Mhammed était souverainement puissant contre les pillards. Un groupe d'Oulad Delim (tribu du sahel de Mauritanie) vint un jour pour piller la zaouïa. Ils étaient nombreux et montés sur des mehara; ils avançaient avec circonspection pour ne pas être reconnus. Mais une personne du pays donna l'alarme à la zaouïa. Le fils du Cheikh, Mohammed Laredj, alla à leur rencontre, essaya de les détourner de leur projet. Mais il fut chassé, tomba de cheval, et se fit aux pieds une blessure d'ou le sang coulait abondamment. 1l revint vers le Cheikh, qui se mit en prière. La prière n'était pas finie qu'un ruisseau débordant envahit le ravin dans lequel les pillards s'étaient mis en embuscade, et les immobilisa. Pendant ce temps un groupe de nomades Ghenanema  les atteignit, les battit, enleva leurs montures. Les Oulad Delim furent tués jusqu'au dernie Une autre fois, un homme conduisait un troupeau pendant la nuit. Des brigands vinrent pour le voler. En chas­sant les brigands, un des esclaves de la zaouïa fut atteint d'un coup de feu a l'œil i1 la perdait ; le sang coulait en abondance. 11 alla trouver le Cheikh, qui le guérit aussitôt avec l'eau de Zamzam.
Des gens venus en ziara auprès du Cheikh furent, en route, menaces d'être voles. Le saint, se changea en lion, les protégea. 11 se fit connaitre des voleurs, qui se convertirent et allèrent à leur tour en ziara auprès de lui.
        
Les Oulad Bâligh (tribu de la Mauritanie) avaient enlevé une caravane à la zaouÏa. Les gardiens se mirent à invoquer le Cheikh. Un des brigands contrefit alors ceux qui invoquaient le Cheikh et tourna le saint en ridicule il tomba foudroyé. Les autres brigands effrayés s'enfuirent, et la caravane put revenir a la zaouïa .L'intervention de Sidi Mhammed pour retrouver le bétail égaré ou perdu n'était pas moins puissante : une simple in­vocation a ce saint suffisait. Un jour une chamelle prit Ie mors aux dents et se sauva. Son propriétaire invoqua le saint ; die se trouva subitement en travée et on nuit ainsi la reprendre.
        
Sidi Mhamrned protégeait tous ceux qui se rendaient en ziara au tombeau des saints où a sa zaouïa. Un jour, il allait. En ziara au tombeau de Son maître Sidi Mbarek avec un groupe de Zouar. Arrivé prés de l'oued Guir, nos gens trouvèrent La rivière gonflée. Ils n'avaient ni vivres ni provisions suffisantes pour attendre La décrue. Ils s'interrogeaient déjà avec anxiété, puisque le Cheikh leur dit<< Mangez ce que vous avez. >~ Puis il se lava les mains dans I'Oued ; les eaux se séparèrent aussitôt et laissèrent passer les pèlerins a pied sec.
Un habitant des environ de Tlemcen venait. Au ziara chez Sidi Mhammed  Est garé en route, mourant t de soif, il invoqua le Cheikh, qu i1 lui apparut Sous sa forme humaine et lui donna une outre d'eau. La même aventure arriva à un voyageur avec deux enfants dans l'oued Talazaza (oued près de Ain Cheir) Ils mouraient de faim et de soif  puisque le saint, invoqué, leur apparut et leur donna une outre d'eau et des dattes.
Au temps du Roi Mouley Small, le pacha Othman, gouverneur de Taza, était méchant. Sans pitié pour le peuple. Il fit arrêter, un jour, un disciple du Cheikh, jeune homme qui avait commis une légère faute. Ce pacha faisait précipiter les gens du haut de l‘escarpement d'un profond préci­pice et personne n'en échappait vivant. Le disciple de Sidi Mhammed invoqua Dieu le Prophète et le Cheikh. On le précipita ; il tomba sur ses deux pieds, louant Dieu et le Cheikh a haute voix. Le pacha le fit relâcher.
Un faquir d'Almis (prés de Malouya), qui était allé commercer au Soudan, fut jeté en prison chez les nègres. Un jour il s'endormit en invoquant le Cheikh. Pendant son sommeil les chaînes tombèrent et il fut délivré.
Le Cheikh délivrait les Musulmans pris pendant la guerre sainte, faits prisonniers par les chrétiens et favori­sait leur évasion. D'autrefois il apparaissait aux maîtres des prisonniers et imposait leur délivrance. Des gens de Figuig, dont le kadi Mohammed Bou Anane, le faquir Mohammed ben Abou Beki, des gens d'EI-Maiz et de Zénaga a un jour raconté qu'un homme était captif chez les chrétiens. II pensa tout à coup à Sidi Mhammed, l'invoqua à très haute voix et souvent. Ce captif ce trouvait chez le chef des chré­tiens. Celui—ci avait une fille, qu'i1 chérissait beaucoup. Le Cheikh apparut en songe a cette fille, la tourmenta et lui dit : ~< Je ne te laisserai point tant que tu n'auras pas fait relâcher le captif par ton père. Sache que je suis Mhammed ben Bou ziane. >~ Cela se renouvela pendant plusieurs nuits, et elle finit par raconter a son Père ce qui lui arrivait. Le père, la voyant dépérir, eut des craintes pour la santé de sa fille et délivra le captif. La fille apprit de celui-ci le pou­voir du saint ; fort émerveillée, elle se convertit à l'Islam.
Un pauvre faquir de Kenadsa demande un jour au cheikh de lui faire le pèlerinage le cheikh promit le fakir partit arriva a Tripoli s'embarqua pour l'Égypte et de la essaya de gagner le Hidjaz a pied en se confiant a Dieu mais ses provisions de route furent vite épuisées notre pèlerin, arrivé a Dar el Hamra, fut tourmente par la soif et faillit mourir. 11 n'avait, pour tout bien, qu'un exemplaire des Dalil el Khairat; il l'offrit à un Turc en échange de quelques gouttes d'eau, mais le Turc ne daigna pas répondre. Alors Sidi Mhammed, portant une outre d'eau fraîche a la main, apparut au pauvre faquir, qui ne le reconnut point. Il donna l'eau à ce dernier, qui se désaltéra et offrit en paiement son livre. Le saint le lui rendit et fut alors reconnu. Le faquir se mit à pleurer de joie et tomba a demi évanoui. Lorsqu'il Revint a lui, il se trouvait a la Mecque, 11 chercha le saint autour de lui, ne le revit plus, tendis que beaucoup de gens l'entouraient. Ceux-ci interrogèrent ; il leur raconta son histoire, alors on lui donna de la nourriture et quelques vêtements dont il avait besoin. Lorsque la caravane du Maghreb arriva a la Mecque, elle trouva le faquir sain et sauf. Le récit merveilleux de ce dernier augmenta l'étonnement général. II accomplit ensuite les formalités du pèlerinage avec les gens de la caravane.

 

Isabelle Eberhardt : Quelques extraits de son oeuvre

La morne indifférence qui s'empare de moi, aux heures de malaise dans la journée, se dissipe; et c'est de nouveau d'un oeil avide et charmé que je regarde la quotidienne splendeur de ce décor déjà familier de Kenadsa, qui est d'une beauté simple avec ses lignes sobres et ses couleurs à la fois chaudes et transparentes qui relèvent brusquement la monotonie des premiers plans, tandis que des vapeurs diaphanes noient les lontains.
C'est très doux et très consolant cette renaissance de l'âme tous les soirs.
Dans les jardins, la dernière heure chaude du jour s'écoule pour moi doucement, en de tranquilles contemplations, en des entretiens paresseux coupés de longs silences (...)
Etre sain de corps, pur de toute souillure, après de grands bains d'eau fraîche, être simple et croire, n'avoir jamais douté, n'avoir jamais lutter contre soi-même, attendre sans crainte et sans impatience l'heure inévitable de l'éternité.- C'est bien la paix, le bonheur musulman, - et qui sait ? peut-être bien la sagesse...
Certes ici, les heures monotones s'écoulent avec la douceur et la tranquillité d'une rivière en plaine, où rien ne se reflète, sinon des nuées très vaporeuses qui passent et ne reviennent pas.
Peu à peu je sens les regrets et les désirs s'évanouir en moi. Je laisse mon esprit flotter dans le vague et ma volonté s'assoupir.
Dangereux et délicieux engourdissement, conduisant insensiblement, mais sûrement, au seuil du néant.
Ces jours, ces semaines, où il ne s'est rien passé, où on n'a rien fait, où on n'a même tenté aucun effort, où on n'a pas souffert, à peine pensé, faut-il les rayer de l'existence et en déplorer le vide ? Après l'inévitable réveil, faut-il, au contraire, les regretter, comme les meilleures peut-être de toute la vie ?
Je ne sais plus.

A mesure seulement que passe dans mon sang la sensation de vieil Islam immobile, qui semble être ici la respiration même de la terre, à mesure que s'en vont mes jours calmés, la nécessité du travail et de la lutte m'apparaît de moins en moins. Moi qui, naguère encore, rêvais de voyages toujours plus lointains, qui souhaitais d'agir, j'en arrive à désirer, sans oser encore me l'avouer bien franchement, que la griserie de l'heure et la somnolence présentes puissent durer, sinon toujours, au moins longtemps enore.
Pourtant, je sais bien que la fièvre d'errer me reprendra, que je m'en irai; oui, je sais que je suis encore bien loin de la sagesse des fakirs et des anachorètes musulmans.
Mais ce qui parle en moi, ce qui m'inquiète et qui demain me poussera encore sur les routes de la vie, ce n'est pas la voix la plus sage de mon âme, c'est cet esprit d'agitation pour qui la terre est trop étroite et qui n'a pas su trouver en lui-même son univers.
Finir dans la paix et le silence de quelque zaouïa du Sud, finir en récitant des oraisons extatiques, sans désirs ni regrets, en face des horizons splendides.
Au fond, cela serait la fin souhaitable quand la lassitude et le désenchantement viendront après des années.
A Kenadsa où Isabelle Eberhardt s'installe, on sent qu'elle perd peu à peu la notion de l'extérieur, de l'agitation des passions, pour se laisser aller à l'immobilité ambiante: immobilité des choses dans le désert où "tout est blanc et apaisé", mais aussi celle des gens aux gestes lents, graves et silencieux: : "Il en est ainsi sur les routes désertes du Sud, de longues heures sans tristesse, sans ennui, vagues et reposantes, où l'on peut vivre de silence"

Et sa quête d'elle-même va s'intensifier dans la chaleur du Sud saharien. Elle va recevoir la révélation de l'islam comme une explosion en elle : "Je sentis une exaltation sans nom emporter mon âme vers les régions ignorées de l'extase". Elle est fascinée par l'islam et n'a de cesse d'approfondir cette révélation jusqu'à s'engager dans un profond mysticisme. Isabelle Eberhardt va faire une expérience intérieure dans la "zaouïa" de Kenadsa, confrérie où elle est reçue en tant que "taleb", c'est-à-dire étudiant, plus précisément "demandeur de savoir " ou "voyageur en quête de sens". Elle va y trouver ce vieil islam qui la fascine et qui va la conduire vers une forme de dépouillement et de contemplation et même d'anéantissement qu'elle recherche. Jean-René Huleu nous explique :"L'apaisement des désirs, la vie humble, le pèlerinage dans les profondeurs de l'être, la rapprochent de ce rêve d'islam pur, de vieil islam qu'elle chérit depuis si longtemps". Isabelle Eberhardt elle-même a écrit : "Je goûtais dans l'âpreté splendide du décor, la résignation, le rêve très vague, l'insouciance profonde des choses de la vie et de la mort".
Elle est certainement initiée par les plus inspirés des musulmans, les mystiques soufis qui ont dû lui montrer la voie d'initiation à une mystique métaphysique et une méthode de réalisation spirituelle. Arrivé à ce niveau de connaissance et de pratique religieuse, l'initié devient "marabout" et pour Isabelle Eberhardt la question maraboutique s'est certainement posée. Elle est devenue celle qui a certains pouvoirs surnaturels, celle qui fait des rêves prémonitoires, des rêves d'anéantissement dans le "paradis des eaux".
Nous ne savons pas grand chose de cette expérience qu'elle gardait secrète, car sans doute n'a -t-elle pas eu le temps de briser le silence sur ce qu'elle a vécu. Rappelons simplement qu'elle est morte à l'âge de vingt sept ans, emportée par un oued en crue et qu'elle avait vécu, quelque temps auparavant, dans un moment de délire dû à la fièvre, l'anéantissement de son corps dans les eaux et l'envol de son esprit.
                               
les successeurs de Sidi Mhammed :

I. Ce fut son fils et vicaire, Sidi Mohammed Laredj qui lui succéda a la tête de la zaouïa. Sa conduite est identique a celle de son père; mais il fit porter ses efforts sur la propagande auprès des Musulmans, sur l'enseignement, et continua a protéger les caravanes  il donna une expansion considérable a l'Ordre et créa plusieurs Zaouias instituent même des correspondants au Soudan, au Sénégal et dans tout l'Afrique Central il eut avec la sultan du Maroc de bonne relations la zaouia fut exemptée d'impôt et même comblée de présents royaux    etc. Ses grandes qualités lui valurent d'être loué dans un poème de Mohammed ben el Hadj  Tlemceni il mourut après la prière du Dhohor le lundi 12 rabit II de l'an 1175 (novembre 1761.).

II.      — Le deuxième successeur fut Sidi Abou Medien, fils de Mohammed Laredj. Ce cheikh, homme doué de grandes qualités et de grandes vertus, augmenta énormément le patrimoine de la zaouia. C'est lui qui fit bâtir le minaret de la zaouïa que la confrérie possédait à Fez depuis l'époque de son fondateur. Il fit aussi bâtir une mosquée et un minaret à Kenadsa C'était un homme habile, qui trouvait dans le commerce de grandes ressources. Cette manière d'agir et de gagner dé l'argent inspira tout jour des scrupules a son oncle paternel, Sidi l'Hassan ben Mhammed ben l3ouZiane, qui craignait que cela ne détournât le Cheikh de ses devoirs envers le Maître par excellence. Sur ces entrefaites Sidi l'Hassan se prépara à partir en voyage pour donner lui-même l'affiliation à des adeptes. Il alla faire ses adieux au Cheikh, qu'il trouva dans sa demeure, à la zaouïa. Le Cheikh devina ses intentions est ses pensées intime; il lui dit : << 0 mon oncle, tu veux voyager ? > << Oui >>, répondit l'autre. ~< Et bien, lui dit le Cheikh, que tu n'aies a mon sujet aucune arrière-pensée. L'homme juste et pieux se partage également entre ses deux. Épouses (il voulait dire ce bas monde et l'autre vie). >~ Sidi l'Hassan demanda alors pardon au Cheikh de ses mauvais. Soupçons; puis il implora la miséricorde de Dieu.
    Le Cheikh Abou Medien mourut après le dernier Ichâ de la nuit du mercredi 27 rabi II de I'an 1204 (janvier 1790)

III.     — Le troisième successeur fut Sidi Mohammed ben Abdallah fils d'Abou Medien. Ce fut surtout un pieux personnage. II mourut a l'heure du coucher du soleil le jeudi 23 rabit II de l'an 1242 (décembre 1826).

 IV.    — Le quatrième successeur, Abou Medien, fils du précédent, fut un juriste consulte distingué et une lettre. Il composa aussi des poésies. 11 mourut. Au lever du jour du lundi 17 djournada II de I'an 1268 (avril 1852).

V.      —— Le cinquième Cheikh fut le frère du précédent. Il se nommait Mohammed Mustafa. Outre les vertus de ses. Ancêtres, il montra une énorme charité pour les pauvres, les veuves, les orphelins. Jusqu'a la fin de sa vie il rechercha l'humilité et la solitude. Il mourut avant le lever du jour dans La nuit du jeudi 13 rab I de l'an 1275(novembre 1851)

VI.     — Le sixième Cheikh fut encore un frère des précédents, Sidi Mbarek. Il resta onze mois a la tête de la confrérie, puis laissa la place a son neveu, Mohammed ben Abdallah. A prés cela il partit du coté d'Outate Zitoun, ou 'établit sa zaouia. Il y mourut la nuit du mercredi 11 djoumada II de L'an 1284 de l'hégire (octobre 1867.)

 VII.   — Le septième successeur de Sidi Mhammed ben Bouziane fut un des plus distingués en vertu et en générosité. 11 était fils de Sidi Mohammed Mostefa et se nommait Mohammed ben Abdallah. 11 mourut après le coucher du soleil le jeudi 26 dou ‘1 hidja de l'an 1312 (juin 1895)

 VIII. — Ce fut. Son fils, Sidi Brahim, le vertueux Cheikh, qui lui succéda il fut la bonté même très aimé très respecté aussi très craint par les gredins il fut a l'origine la réconciliation entre  les grandes tribu de Beni Guil et Ouled Djerir.

 

Atteint de cécité, Sdi Brahim rendit son âme au créateur le 17 djoumad I  1331 (1913)
Sidi Brahim, un cheikh entre la foi et la bannière
Abderahmane Moussaoui
A partir d'une incursion dans l'histoire récente de la zaouia de Kenadsa, Abderahmane Moussaoui dresse le portrait de cette figure qui illustre parfaitement le profil d'un type particulier d'intellectuel traditionnel : le cheikh ziania.
Son comportement et ses attitudes renseignent sur les enjeux d'une époque (la pénétration coloniale dans le sud-ouest algérien).Ils montrent également les ressources d'un leader appartenant aux détenteurs de la parole autorisée et leurs limites. Dans le cadre d'un ethos informé par le religieux, son rôle est de concilier le vécu prosaïque avec l'absolu sublimé. Producteur de sens (principale fonction de l'intellectuel), il constitue de ce fait une sorte d'exemple dont s'inspire la Loi de la cité.

 

VIII - Il fut succédé par son neveu Sidi Mohammed Laredj a la tête da la Zaouia ZIANIA dans des conditions très difficile du a la pénétration française dans le sud de l'Algérie qui a imposé des restrictions au Zouar ainsi qu'aux adepte de la confrérie.

X – Sidi Abderrahmane a hérité des traditions de loyalisme, de charité et de dévouement qui avait le renom de son père .Nommé Cheikh de la Ziania en 1934 il lui fallut lutter pour maintenir son autorité et des efforts pour rendre a la Zaouïa la prospérité de jadis mais la présence des Français sur la zone d'influence de la zaouia a été impossible il ne montra pas l'empressement que l'administration Française attendait de lui, il adhérait a Ouléma Mouslimine  pour lutter contre l'occupation Française,  il soutient a fond la candidature de la liste formé par son cousin Sidi Mohammed Ben Brahim pour les élections de djamaa en Novembre 1947 les pressions exercer sur lui par l'administration l'obligea a se retirer au Maroc a sa maison de Midelt.
 A cette période critique la famille maraboutique demande le retour du cheikh .1949 il revient du Maroc       

 


Zone d'Influence :
- En Algérie :
        KENADSA. BECHAR IGLI. TAGHIT. ADRAR. Binkane.TSABIT. TIMIMOUN. REGGAN. LAHMAR. MOGHEL. BOUKAIS. OUAKDA.AIN SEFRA . MECHRIA. EL BAYEDH . SAIDA. MASCARA. FRENDA. RELIZANE. MOHAMADIA MEKARA. SIDI BEL ABBES .TEMOUCHENT. TLEMCEN. NEDROUMA MAGHNIA. OULED NHAR.  BENI SNOUS. SEBDOU. HAMMAM BOUHJAR. BENI SAF. AIN LARBAA . BLIDA . ORAN
- Au Maroc
    OUJDA . BENI ZNASSEN BENI BOUZAGOU . OULED AMAR. FIGUIG. TENDRARA. AIN BENI METHAR . BOU YAIA. DEBDOU. RACHIDIA. RISSANI. MISSOUR. AIOUN MELOUK. AHFIR. KEBDANA. GLAYA. GHIATA. BENI OUARAINE. BENI BOUNSA. OUTAT EL HADJ. EDJADJEN. MERMOUCHA. SERAINA. AIT AYACH. OULED HADJ .AIT ATTA. TALSINT. AIT TSEGHEROUDEN. AIT AHMED OU SAID. BENI  BACIA. BENI TADJIT. AIT BOU MERIEM. TIT ALI. BENI GUIL. OULED NACER. AIT AISSA. TAFOUGHALT. MELILIA.MEHAIA. ANGAD. FES.    
 
Filiales de la Ziania :
- En Algérie :

 

REGGANIA de Sidi Abdelmalek a Reggan Adrar
La Zaouia de Beni Ouersous prés de Tlemcen de Sidi Mouloun Ben Traa
La Zouia d'ATIA prés de Maghnia de Sidi Ahmed Ben Elouk
- Au Maroc :

 

La zaouia de Talesint
La Zaouia d'Elhajoui de Sidi Abderrahmane Ben Yahia
La Zaouia 'Edouira Arfoud de Moulay Hachemi Cherif
La Zaouia de Sidi Mebarek prés de TAZA
                                                                                                                                  

 

A. Cour
Professeur a La Medersa De Tlemcen.
Revue du Monde Musulman N°11 Novembre 1910
Extrait de Laredj moulay Abdellah  Zaouia de Kenadsa
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22 septembre 2007 6 22 /09 /septembre /2007 19:47

A l’origine, l’actuelle ville de Bechar s’appelait Tagda. L’occupation coloniale du lieu se fit en 1903 et le nom de la Redoute Colomb Bechar construite pour abriter les troupes en 1910 s’étendit à la ville naissante où s’installa une forte immigration d’européens d’une part et de juifs venus de Rissani au Tafilalet d’autre part. Certains écrits de l’époque estiment la population de Colomb Bechar à 20.000 âmes. Entre le Ksar, le maleh juif et la Grand rue, un grand espace fut érigé en place donnant lieu de marché. Les caravanes chargées de marchandises et de bois faisaient halte en ce lieu, ce qui lui donna le nom de «place des chameaux», nom qu’elle mit du temps pour s’en défaire.


Le lieu fut entouré d’arcades ombragées et tout le monde s’y rencontrait. Un ancien directeur d’école à Bechar Djedid, en l’occurrence Raymond Chauvet, rapporte dans son écrit sur la ville qu’en 1914, l’archiduc Ferdinand en visite à Colomb Bechar a admiré l’immense place appelée «Place des chameaux». Les vieux se rappellent avec nostalgie de ce grand marché à ciel ouvert où le négoce était florissant. Au cours de l’après midi, les commerçants couvraient tout simplement leur marchandise d’une toile de jute imbibée d’eau et la retrouvait le soir telle qu’ils l’avaient laissée. Le vol était méconnu, selon eux, à cette époque. La place des chameaux, qu’on appelait avant, selon certains, place de Tanezrouft, fut baptisée plus tard place Luteaud, mais l’appellation, place des chameaux, persista. Etait-ce une résistance au nom colonial? Toujours est-il qu’à partir de 1920, un édifice non moins important vint s’ajouter à un coin de la dite place. C’est le siège de la SATT, autrement dit la Société africaine des transports tropicaux et tout près de là, le Bordj Citroën édifié à l’occasion de la traversée du Sahara par des autochenilles. Une fois sa mission terminée, le Bordj Citroën cèdera la place au siège du territoire français qui donna par extension son nom au quartier limitrophe. Des baraquements furent installés sur cette place qui prit plus l’allure d’un marché que d’une place. Un violent incendie qui eut lieu dans cet endroit lui fit reprendre sa vocation première. A partir de 1950, la place abrita plusieurs manifestations commerciales qu’on appelait à l’époque Souk aâm. Le célèbre cirque Amar y dressa aussi ses chapiteaux à plusieurs occasions. A partir de juillet 1962, la place du Tanezrouft, des chameaux puis Luteaud, abandonna toutes ses appellations pour devenir Place de la République. Au début des années 70, l’endroit devient un espace vert agréablement aménagé et ornementé en son milieu par un jet d’eau lumineux ce qui fit la fierté des bécharis. C’était tellement beau que son image fut utilisée, on s’en souvient, par la télévision nationale avant le début des programmes. Puis certains irresponsables défigurèrent le lieu en y projetant leurs idées de génie. Certains l’ont entouré de barreaudages métalliques, d’autres y plantèrent pêle-mêle des arbres, d’autres autorisèrent la construction de baraquements servant de cafés, etc. Et le lieu qui servait de détente devint un lieu de jeux de cartes et de jeu de dames pour les retraités pendant le jour et un repaire pour les adeptes de Bacchus, le soir venu. Il faudrait revoir la configuration du lieu qui sert de vitrine pour la ville en confiant la tâche à des architectes paysagistes et en recrutant des jardiniers permanents pour lui refaire retrouver sa vocation d’antan.

Source : M. Ahmed, La voix de l'Oranie.
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31 décembre 2006 7 31 /12 /décembre /2006 14:44

Philippe Marie de Hauteclocque, dit Leclerc

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Maréchal Leclerc

Né le 22 novembre 1902 à Belloy-Saint-Léonard dans la Somme, mort près de Colomb-Béchar en 1947, Philippe de Hauteclocque, dit Leclerc, est issu d’une vieille famille aristocratique de tradition militaire.

 

On peut dire que cet homme est très brillant ; en effet il sort de l’École militaire de Saint-Cyr en 1924, de l’École d’Application de la Cavalerie de Saumur en 1925, sert au Maroc où il participe à des opérations de pacification et revient en tant qu’instructeur à Saint-Cyr. Nommé capitaine en 1934, il réussit en 1938 le Concours de l’École de Guerre, dont il sort major en 1935.

 

Capitaine d’état-major à la 4e division au début de la Seconde Guerre mondiale, il combat sur le front belge. En mai 1940, il rejoint les lignes françaises ; capturé par les Allemands, il s’évade et retourne au combat.

 

Le 25 juillet 1940, après avoir quitté la France par l’Espagne, il est l’un des premiers à rejoindre le Général de Gaulle.

 

Tout s’enchaîne : chef d’escadron, il est envoyé en Afrique aux côtés de Claude Hettier de Boislambert et de René Pleven pour gagner l’Afrique équatoriale française au nom de la France libre. Il accomplit cette mission dès fin août 1940.

 

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Insigne de la 2e division blindée

 

Commandant militaire du Tchad, le 1er mars 1941, Leclerc s’empare de l’oasis de Koufra, tenue par les troupes italiennes et fait devant ses hommes le serment de ne déposer les armes que lorsque les couleurs   nationales flotteront sur la cathédrale de Strasbourg.

 

Il participe à toutes les batailles menées dans le Sud tunisien ; nommé général de division en mai 1943, Leclerc est chargé par le Général de Gaulle de former au Maroc la 2e division blindée, composée notamment des tirailleurs sénégalais du Tchad et des chasseurs d’Afrique de Dakar. La 2e division blindée sera en Grande-Bretagne en avril 1944 pour préparer le débarquement en Normandie.

 

1er août 1944 : Leclerc est sur le sol français, il mène sa division jusqu’à Paris, où elle entre triomphalement le 24 août. Le 25 août, il reçoit, avec le colonel des FFI Rol-Tanguy, la reddition du Général von Choltitz, gouverneur militaire de Paris. Puis la 2e division blindée fonce sur la Lorraine : Strasbourg est libérée le 23 novembre 1944.

 

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Philippe Leclerc

 

Quelques temps à Châteauroux, la 2e division blindée participe à la réduction de la poche de Royan. Puis, devant l’insistance de son chef, elle retourne vers l’est et atteint Berchtesgaden le 5 mai 1945.

 

En 1946, Commandant supérieur des forces françaises en Extrême-Orient, Leclerc assiste à la capitulation du Japon. Il rétablit la souveraineté française en Indochine. Il est à l’origine de l’accord du 6 mars 1946 reconnaissant le Viêt Nam comme État indépendant.

 

Farouchement opposé au mouvement nationaliste, il entre en désaccord avec l’amiral Thierry d’Argenlieu et refuse le titre de Haut-Commissaire que lui offre Léon Blum. Il est nommé Inspecteur général des forces françaises d’Afrique du Nord en juillet 1946.

 

Il trouve la mort le 28 novembre 1947 lors d’une tournée d’inspection, dans un accident d’avion près de Colomb-Béchar. Il est inhumé aux Invalides. Il sera élevé à la dignité de Maréchal de France à titre posthume le 7 mai 1952.

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30 décembre 2006 6 30 /12 /décembre /2006 14:56
L'action de résistance de Bou 'Amama et les troubles causés par des tribus tafilaliennes particulièrement turbulentes, aggravèrent la situation sur les confins algéro-marocains, ce qui conduisit les troupes françaises à intervenir et à installer des postes au sud ouest Algérien. En 1903, celui de Béchar reçut le nom de Colomb, premier officier à avoir fait une incursion dans la région, dès 1870 : ce sera le premier pas vers la création de Colomb-Béchar.

Voici, en images, certains épisodes de la conquête française.
 

1905 : le nom de Colomb-Béchar entre dans l'usage et la petite localité reçoit la visite du gouverneur.


Le nouveau toponyme prendra forme associé à BECHAR, l’appellation arabe datant du XVIII° siècle et de l’envoi d’un messager (Bechir) par un sultan marocain (Mohamed Lakhal ?) soucieux de se rendre compte des possibilités de colonisation de l’endroit.

   
 

Lyautey à Colomb-Béchar


Longtemps avant ces événements, une population sédentaire était installée là, sur la routes des caravanes ; elle était constituée de trois groupes fixés, le premier (celui des jardiniers berbérophones) le long de l’Oued Béchar, à OUAKDA , le second, arabophone et musulman, à TAGDA, le ksar actuel, le troisième (les Juifs) à ZAKOUR, petit village situé vers le sud, en bordure de l'oued et de l'Erg Occidental.

Dans les alentours de Colomb-Béchar, à la lisière de la palmeraie et près des villages du sud, se dressaient les tentes des groupes nomades, les Oulad Jrir surtout, les Beni Guil, mais aussi les Doui Mne’ du Guir, les Ch’amba des Hauts Plateaux… 

Colomb-Béchar, devenue une importante garnison et rapidement dotée d'un aérodrome est animée de nombreuses activités.

A quelques kilomètres, la communauté juive de Kenadza, constituée de descendants des rescapés du massacre des Juifs du Touat de 1492, consciente de son particularisme, vivait repliée sur elle-même.


A partir des années 1940-1950, Colomb-Béchar va cesser d’être seulement une importante garnison et, grâce aux ressources minières de la région et à une position géographique idéale, pour devenir non seulement la "porte du Sahara", mais une véritable plaque tournante entre le Maghreb et la rive africaine du désert : après la construction d’une deuxième ligne de chemin de fer – le Méditerranée-Niger – nous verrons l’ouverture de lignes aériennes directes vers Oran et Alger, Marseille et Paris.

 

La ville qui s’est déjà beaucoup développée, connaîtra un extraordinaire essor  en retrouvant sa vocation militaire avec l’installation des deux centres d’essais, d’abord le C.I.E.E.S. (centre inter-armes d’essais d’engins spéciaux), créé en 1955 et réservé à l’expérimentation des missiles Matra et des premières fusées (Vesta, Véronique…, ancêtres des Ariane actuelles ), puis celui de Reggan, théâtre des premiers tirs en atmosphère des bombes atomiques françaises.

Evidemment, les opérations qui furent conduites par l'armée française pour stabiliser la région, ne se sont pas faites sans résistance  : des monuments  glorifient  les artisans de la conquête (Lyautey), des personnalités qui se sont mises en évidence. Ils commémorent aussi les combats de Taghit, El Moungar et Menabha..., qui firent de nombreuses victimes de part et d'autre.

 
 

 

 

L'histoire de Colomb-Béchar, avant tout militaire , fut dès 1903 marquée par des combats, des pertes et des accidents, commémorés jusqu'en à 1962 par de nombreux monuments, érigés dans la ville et aux alentours.

 
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