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Grande vallée façonnée par l’Oued portant le même nom, la Saoura est l’une des régions les plus attrayantes du sud algérien. Elle est limitée au Nord par les Monts des Ksour et le Haut Atlas marocain, à l’ouest par la Hamada du Draa, à l’est par les oasis du Tidikelt et au sud par le plateau du Tanezrouft. Un décor fait de paysages lunaires de la Hamada du Guir contrastés à l’autre rive par les splendides dunes dorées du grand Erg Occidental. Entre ces deux ensembles féeriques s’incrustent, tels les joyaux d’un collier, palmeraies et ksour le long du lit des Oueds.

 

  

 

Archives

29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 16:59

La vallée du Guir se situe à une centaine de kilomètres au Sud Ouest de la Wilaya de Bechar, près de la hamada de guir.

Cette vallée encore est appelée «la Plaine d’Abadla» qui est arrosée par l’oued Guir le plus important des deux oueds qui alimentent la Saoura.

Elle est à l’heure actuelle désertique, basse et sablonneuse dans sa partie supérieure ou le fleuve décrit de nombreux méandres et se partagent fréquemment en deux ou plusieurs bras, elle est encombrée de touffes assez denses de petits éthel et bordée de très maigres pâturages fréquentés par des troupeaux nomades de dromadaires, de chèvres et de moutons.

Encaissée entre de rives abruptes dans un défilé sauvage de 40 Km, la vallée s’évase ensuite pour atteindre 6 à 8 Km de large à hauteur d’abadla, ou la végétation d’éthel devient plus denses et ou quelques languettes de terre limoneuse permettent la culture des maigres céréales entre deux crues.

La plaine d'Abadla est traversée sur toute sa longueur par l'Oued Guir, l'un de plus important fleuve du pays, qui le partage en deux parties hydrauliquement indépendantes les zones du rive gauche et les zones de la rive droite. 

L’oued Guir se grossit avec d’autres cours d’eau qui les rejoignent, naissent sur le versant méridional du massif atlantique et vont alimenter le barrage du djorf torba. 

A la sortie du plateau crétacé du chebket mannounat, il devient le principe fertilisant de cette vaste plaine quaternaire en s’y attardant et on la pénétrant de ses multiples bras sinueux

La vallée s’étale sur une longueur plus de 300 kilomètres et atteint aussi au Sud d’Abadla 30 kilomètres de large, elle est dominé à l’ouest par une immense hamada et à l’est par des plateaux tabulaires (gara).

Il reçoit à droite au sud de la plaine son influent l’oued Bechar dont la cours semble moins long qui ne dépasse pas les 200 Km.

Les éminences qui dominent les deux rives du Guir sont fréquemment bossuées par les tumuli qui se présentent, isolés ou par petits groupes, comme des gros tas de cailloux de 1 à 2 m de haut et de 5 à 10 mètres de diamètres, sans structures apparente.

Selon la nature du sol environnant, ces tumuli sont formés de pierres plus ou moins grosses et plates. En général, leur partie supérieure présente une sorte de plateforme parfois légèrement déprimée comme tassement ou un effondrement de structures internes.

Les tumuli de la vallée de Guir ne sont pas notablement plus nombreux aux kilomètres carrés que ces régions voisines, comme les environs de la daïra de Kenadsa.

 

Toutefois, sur le plateau qui domine les deux rives du Guir à Djorf Torba ,les tumuli sont particulièrement abondants, notamment à proximité immédiates de la route qui relie la daïra de Kenadsa à la commune de Meridja.

II est facile d’en compter une soixantaine sur la rive gauche, dans une bande de terrain de 2 Km Ouest Est sur 1 Km Nord Sud. C’est là ce qu’un topographe des Houillères du Sud Oranais qui en fait un relève sommaire, a appelé « la nécropole de Djorf Torba ».

Sur la rive droite du Guir, dans un espace comparable, il est aisé de dénombrer une vingtaine de tumuli à proximité de la piste, et il en existe également un autre rassemblement d’une dizaine, de facture plus grossière, quelques kilomètres plus au Sud.

Il est difficile de tirer de quelconques conclusions sur la densité de l’habitat dans cette région à l’époque préislamique, car une centaine de tombes réparties sur une dizaine de kilomètres carrés ne signifient pas grand-chose, il est probable, en effet, que ces monuments d’aspects, de volumes, de factures et de structures internes très diversifiés ont été édifiés à différentes époques.

Plus au sud, le Guir s’unit avec la Zousfana à Igli pour former l’Oued Saoura qui bénéficie d’un alimentation hors domaine désertique, grâce à sa branche supérieure, l’Oued Guir, dont le haut bassin versant draine l’extrémité orientale du Haut Atlas marocain.

Ses crues inspirent des sentiments contradictoires : à la fois la crainte pour les violentes dévastations possibles qu'elles peuvent causer aux biens et aux hommes mais font par contre l'objet d'invocations incantatoires pour les bienfaits qu'elles apportent à l'agriculture et par voie de conséquence pour leurs apports à la vie dans cette contrée aride.

D'aucuns pensent que le Guir serait le plus grand oued d'Afrique du Nord, non seulement par la puissance de son débit mais aussi par sa longueur.

 Le Guir ne coule plus ici que par intermittence lors des crues qui, d’une façon générale, viennent trois fois par an : en automne (octobre, novembre), au printemps (mars, avril) et en été (juin). Mais les eaux chlorurées apportées par l’oued Bouanane et Zelmou peuvent saturer çà et là le sol qui, l’été se blanchit d’efflorescences salines; il va sans dire que cette salure nuit grandement à la flore, n’y laissant pousser que des plantes à chameaux.

Ce cours d'eau va couler en surface pour donner naissance à une suite de palmeraies d'importances diverses et à un chapelet d'oasis dont les principales sont d'amont en aval : Igli, Béni-Abbes, El Ouata, Kerzaz, Timoudi, Ouled Khoder, El ksabi dans la wilaya de Béchar. Puis les eaux tumultueuses de ce courant imprévisible, continuent leur chemin pour se perdre dans les immensités désertiques du Sahara central.

Ils iront alimenter notamment les nappes phréatiques du TOUAT et de ses environs (Adrar), du GOURARA (Timimoun) et du TIDIKELT (Aoulef). Captées ici, en partie par l'ingénieux système d'irrigation des «foggaras», système plusieurs fois millénaires, qui suscite l'étonnement et l'admiration des visiteurs étrangers.il peut atteindre jusqu'à mille km de parcours (en plein désert faut-il le préciser !). A titre de comparaison, le Chlef fait 750 km de long et le plus grand oued du Maroc, le Sebou 500 km. La légende fait du Guir un oued mythique surtout par la soudaineté de ses crues, les quantités fabuleuses et inattendues d'eau qu'il peut charrier en un temps à peine croyable.

 

En effet, le spectacle est souvent grandiose et est d'autant plus saisissant que l'on ne peut imaginer que tant d'eau puisse se déverser d'un seul coup à travers de si grands espaces, en un décor aussi ingrat. Il est vrai que l'écoulement ne dure pas longtemps : la durée moyenne est évaluée à 82 jours/an, le débit de crue à 6 400 m3/s. Enfin, pour qui connaît le Guir, ne s'étonnerait pas de cette appréciation prêtée à Ibn Khaldoun, qui aurait dit des oueds d'Afrique du Nord que le Guir est : «Aqtarouhoum nab'an wa akaloum naf'an» (le plus grand en débit mais le moins utile).

Le sol alluvionnaire provient de limons charriés par l’oued en crue qu’une très faible pente (2 à 3 mm.) laisse déposer. Les alluvions recouvrent des terrains primaires du type westphalien.

La vallée de guir est envahie par des bosquets de tamaris et des touffes de  « guettaf »qui abritent une végétation spontanée, fort recherchée des moutons et des chevaux; non consommée, elle sèche surplace et constitue 1e « haïchair »très apprécié également.

Par ailleurs, quand le terrain n’est pas salé, il est emblavé et les bonnes années, la récolte des céréales y est importante.Le climat est chaud et sec.

La plaine d’Abadla était couverte autrefois de riches pâturages où vivait l’éléphant;des gravures rupestres attestent que l’on y élevait le bœuf à bosse. 

La vallée est un lieu d’étape tant pour les nomades que par les animaux, véritable région de transit entre le Sud et le Nord Algérien.

 

Posté par BELAID Tahar, www.nouvelobs.com

 

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Published by Sofiane - dans Saoura
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28 juillet 2011 4 28 /07 /juillet /2011 10:43

Si les estivants des villes côtières se ruent en ce moment sur les plages du littoral, la petite oasis touristique de Taghit (80 km au sud de Béchar) offre, elle aussi, à ses curistes son sable fin depuis le début du mois de juillet.

Des hommes et des femmes souffrant de douleurs rhumatismales sont venus des régions de l’ouest du pays et ont envahi par centaines la localité de Taghit, sortie subitement de sa torpeur. Ils ont débarqué dans l’oasis déserte pour effectuer un traitement par enfouissement dans le sable.

Stoïques et courageux, ils n’hésitent pas, sous la chaleur torride du mois de juillet, où le thermomètre franchit la barre des 44°C, à prendre d’assaut les dunes de sable en enterrant la moitié du corps pendant plusieurs heures sous le sable fin à la recherche d’une guérison incertaine.

La localité de Taghit, aux capacités d’hébergement très limitées (l’unique hôtel de l’Etat est fermé pour des travaux de rénovation), n’a pas enregistré un tel rush même au plus fort moment de la saison touristique. Mais le souci principal des curistes reste cet engouement pour un traitement curatif qui atténuerait les douleurs du rhumatisme.

«Les visiteurs ne sont pas exigeants au plan des commodités offertes et s’entassent à cinq ou six dans de petites chambres louées par les habitants», confie un patient venu de la wilaya de Naâma. «Une affaire juteuse pour les propriétaires de maisons de plusieurs pièces», ajoute-t-il.

La cure rhumatismale par enfouissement dans le sable obéit toutefois à des prescriptions médicales strictes. Les personnes atteintes de complications cardiovasculaires et du diabète, par exemple, ne sont pas admises à effectuer ce type de traitement qui présente un grand risque pour elles. D’ailleurs, plusieurs personnes, signale-t-on, sont décédées dans le passé pour avoir passé outre les prescriptions médicales.


Source: M. Nadjah, El Watan.

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 16:59

Des cérémonies commémoratives du 51 e anniversaire de la mort du colonel Lotfi et du commandant Farrad , ont été organisées dimanche à Bechar en présence du ministre des Moudjahidine, Mohamed Cherif. Le ministre a assisté, en compagnie des autorités locales, de moudjahidine, de membres de la famille du colonel Lotfi et de citoyens, à une cérémonie de recueillement à la mémoire des deux martyrs. Sur le site du ''Djebel Bechar'', ou les deux martyrs sont tombés au champ d’honneur, le 27 mars 1960, devenu un site historique, plusieurs compagnons d’armes de ces martyrs ont pris la parole pour apporter leurs témoignages sur le parcours politique et militaire du colonel Lotfi.   

 

Source: Algérie Soir

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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 18:24

Le pensionnaire de la division nationale amateur groupe Centre-Ouest, la JS Saoura, aura défrayé la chronique durant les trois dernières saisons avec à la clé trois accessions consécutives. La saison écoulée, la formation de Bechar a dominé de bout en bout le championnat de l'inter-régions Ouest, puisque l'équipe chère au président Zerouati avait terminé le championnat avec onze points d'avance sur son poursuivant immédiat, le Widad de Mostaganem.

Pour la saison en cours, le représentant du Sud-Ouest dans ce palier croit dur comme fer à une éventuelle accession, d'autant plus qu'il partage le fauteuil de leader avec le WA Boufarik et le CRB Aïn El Turck. C'est dire que les camarades de Hamlili gardent leurs chances intactes. Pour le premier responsable du club, Zerrouati Mohamed, l'équipe est bien partie pour arracher une troisième accession consécutive. «Dieu merci, l'équipe est sur de bonnes bases, car, financièrement, on ne manque de rien, du moins pour le moment.

D'ailleurs, les joueurs sont tous régularisés. L'équipe a été renforcée par huit joueurs qui ont donné entière satisfaction. Avec cet effectif, je garde espoir de voir la JSS atteindre son objectif.

Dans ce contexte, nous comptons sur l'apport de notre cher public pour nous soutenir, notamment dans les moments difficiles, tout en remerciant les autorités locales qui ne ménagent aucun effort pour répondre à nos doléances tout en veillant à l'achèvement des travaux du stade dont la capacité a été portée à huit mille places sans omettre les autres commodités», conclura-t-il.

 

Source: K. Lezoul, Le Quotdien d'Oran

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 21:07

L’emploi des jeunes est la plaie de l’économie algérienne. Le tourisme y pourvoit à la marge. Pour éviter le désœuvrement total. Walid, 23 ans, en vit partiellement à Béni Abbes, oasis d’environ 15 000 habitants à  250 kilomètres au sud ouest de Béchar. Portrait d’un précaire ordinaire qui ne renonce pas.


Walid est gardien et hôte au gîte que tient l’association Ouarourout. Il a 23 ans et habite dans la commune de Béni Abbes. Grande taille, il est aussi reconnaissable à sa casquette américaine toujours vissée sur sa tête et à l’écouteur téléphonique qui dépasse du col de sa veste qu’il ne décolle que rarement de son oreille.

Passionné par la célébration de la fête du Mouloud (el mawlid ennaboui) devenue une spécialité  de la région de la Saoura, Walid se prépare des mois à l’avance : « J’ai déjà mes cartouches (à blanc) de fusil, un ami m’en a ramené une partie à un très bon prix, j’en ai plus de 500, les jeunes de la région ne peuvent pas tous se payer des cartouches d’origine, ça coûte cher, 20 dinars, 30 dinars,  ça dépend, donc ils en fabriquent avec des bouts de canettes de Coca».

Dans cette petite ville du sud, le travail se fait rare si on ne veut pas être tâcheron dans le bâtiment. Peu de secteurs d’activités. Les jeunes en recherche d’emploi n’ont donc pas beaucoup de ressources, à moins de se faire embaucher dans les petits chantiers de la ville qui s’étend. « On trouve souvent des boulots comme manœuvre », nous dit Walid, « il m’arrive de le faire, mais en ce moment je construis chez nous. Je me contente donc de travailler ici dans le gîte de Ouarourout »

Ce gîte, tenu par la très active association Ouarourout – nom d’une petite oasis de la région –, a été totalement rénové et mis à la disposition des visiteurs. Pour des prix quasi symboliques le visiteur peut  profiter d’un cadre agréable et passer la nuit dans des chambres-grottes creusées dans la roche mais avec la connexion Wifi. Il peut, surtout, apprécier l’accueil des gérants et plus particulièrement celui de Walid, l’homme qui s’occupe de tout y compris la préparation du petit-déjeuner : « On a toujours des visiteurs ici, mais l’essentiel des visites se fait pendant le jour de l’An et le Mouloud », explique Walid. Le travail est loin de couvrir l’année. «Quand nous avons des invités, je suis au gîte. J’y passe la nuit aussi. Je touche 500 DA par jour passé au gîte. J’arrive, quand il y a du travail, à gagner jusqu’à 10 000 dinars, sinon je travaille dans la construction, ce n’est pas beaucoup mais j’arrive à aider ma mère et participer à la construction de la maison ».

400 dinars pour une virée à Béchar

Le gîte de l’association Ouarourout fait travailler d’autres jeunes comme Boudjemâa, le guide qui propose aux invités des sorties et excursions et d’autres qui prêtent main forte aux occasions de grande influence.  Orphelin de père, Walid vit avec sa mère et ses sœurs, son grand frère marié a dû partir chercher du travail très loin de Béni Abbes. Pour Walid, le mariage n’est pas encore à l’ordre du jour, « ici pour se marier, il faut dépenser au moins l’équivalent d’un sac de semoule, donner 10 000 DA et trois ou quatre moutons. Et, bien entendu, tout le monde est invité !»

Pour le moment Walid passe beaucoup de temps au téléphone, il est d’ailleurs à la recherche d’une puce « millénium », car le téléphone « va finir par l’empêcher de fêter convenablement le mouloud », quant aux sorties, elles se résument principalement à la ville de Béchar : «On y va pour acheter des habits et des CD, on y trouve tout, les instruments de musique aussi, mais on n’y va pas si souvent, un aller-retour par bus nous coûte déjà 400 dinars, plus le déjeuner… ». Du nord, Walid ne connaît que Mostaganem et Oran. Visites uniques. Il projette d’aller jusqu’à Alger cette année : «Un ami d’Alger que j’ai connu ici m’a invité à l’accompagner. Ce sera après le mouloud ».

 

Source: Maghreb emergent.

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 20:46

Samy Moulay, le plus jeune des marathoniens, est vivement attendu aux abords de l’arrivée où une foule de jeunes et de moins jeunes participe à la réussite de ce 11e Marathon des dunes qui se déroule du 27 décembre 2010 au 2 janvier 2011 à Taghit-Igli, deux belles stations dans cette splendide Saoura.

En effet, Igli, la deuxième étape, attend Samy, le benjamin sur ses treize ans, un enfant qui nous vient de Djelfa avec son papa, cardiologue de profession, lui aussi marathonien. Elle attend avec une certaine curiosité ce “petit diable” que le bruit désigne, dans la rubrique des potins de la course, comme étant décidé d’aller vers la même performance que celle des deux précédentes années lorsque, serein comme un pinson, il arrive bien en avance, laissant derrière lui son géniteur non moins fier, bien sûr, d’avoir enfanté un grand athlète pour son âge et qui sait, un futur savant, peut-être, s’il reste sur ce caractère de battant… L’année passée, dans le Hoggar, ne m’a-t-il pas dit à l’oreille – que j’ai aussitôt relevé dans un article – : “Je vais vaincre mon papa…” ? Et au paternel, amoureux de la nature et de l’activité physique, de lancer tout fier, loin de son fils, dans un sentiment d’auguste générosité : “Je vais quand même le laisser partir…” !
Ainsi, le Marathon des dunes pour la famille Moulay est une bonne occasion pour se remettre en forme, s’oxygéner et mesurer ses capacités à travers l’effort, en sillonnant de beaux sites que la nature a maintes fois remis à l’œuvre. Il est aussi un événement des plus propices pour les retrouvailles, dans un climat culturel et touristique où la convivialité, le rapprochement et l’entente sont de rigueur. En tout cas, les Moulay, père et fils, sont un exemple de courage, d’engagement, de simplicité et, on ne le dira pas assez, un modèle d’éducation qui gagne à être suivi par les jeunes.
 “Bon sang ne saurait mentir !” car, encore une fois, Samy boucle ses 14 km de la deuxième étape, bien avant son papa, sous les applaudissements nourris d’une population en liesse, plantée là, dans ce décor particulier, divinement paré par Dame Nature qui déploie ses meilleurs atours en cette journée de fête. Aujourd’hui, il est plus qu’évident que Samy embellit ce décor qui est relevé, lui aussi, par les troupes folkloriques auxquelles se mêle l’odeur forte de la poudre que crachent d’un seul coup, en une parfaite harmonie, des tromblons et de vieux fusils évasés, dans un fracas assourdissant.
Pour cela, il y a lieu de signaler que le Tout-Igli a participé, plus qu’ailleurs, grandement, spontanément, à cette 11e édition du Marathon des dunes, qu’ont abrité les luxuriantes oasis des fins confins de la région de Béchar. En effet, la commune a déployé un notable effort de mobilisation de sa population, accueillante, disponible et démonstrative, pour une participation effective à cette fête sportive et culturelle. Igli n’a-t-elle pas été bâtie sur ce lieu de rencontre des Oueds Ghir et Zouzfana qui forment l’Oued Saoura – ce dernier fait son lit le long du Grand Erg Occidental – pour s’étonner qu’aujourd’hui elle aille étreindre chaleureusement tous ses hôtes et leur réserver un excellent accueil ? N’a-t-on pas compris que sa situation géographique, où se réunissent les deux cours d’eau, déteint immanquablement sur le caractère de ses habitants, et lui donne ce nom qui, en “chleuh”, signifie jonction, et par extrapolation, veut dire rapprochement, hospitalité ou encore… partage et convivialité ?
En insistant plus particulièrement sur cette commune, à cause de sa parfaite préparation, nous n’allons pas oublier ceux qui la maintiennent en bonnes conditions d’accueil et de gestion des grandes manifestations internationales. Comme nous n’allons pas oublier que cette dernière édition a été placée sous le haut patronage du wali de Béchar, M. Zaâlène Abdelghani, qui a fait le déplacement à Taghit pour donner le coup d’envoi, saluer tous les participants et les assurer de son entière disponibilité pour que cette manifestation se déroule dans de bonnes conditions.
L’élite algérienne de l’ANP, de la DGSN et autres participants nationaux, auxquels s’unissaient plusieurs étrangers, venus de huit pays, à savoir la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Australie, la Belgique, la Grande-Bretagne, le Canada et l’Autriche, ont fortement apprécié le geste ô combien auguste du premier responsable de la wilaya. C’est alors, qu’avec toutes ces attentions, le Marathon des dunes entrera de plain-pied dans un circuit qui l’érigera comme une manifestation socioéconomique et culturelle des plus grandioses, dans un espace où les oasis sahariennes ne constitueront plus pour la majorité des observateurs étrangers un univers opaque et paradoxal, mais des lieux de confluence des cultures de la Méditerranée et des pays de l’Afrique. 
Sortons de cette merveilleuse cité d’Igli et allons voir les autres aspects de ce marathon plein de promesses, dans ces régions sahariennes, Taghit et autres Beni-Abbès, Kerzaz, Timimoun, que Dieu a faites belles, pour qu’elles s’enorgueillissent d’un splendide paysage aux formes et aux couleurs naturelles admirables. Oui, cette compétition sportive à l’origine, qui se répand sur d’autres horizons où interviennent de riches programmes touristiques et culturels, est en droit de prétendre à sa doyenneté dans ce domaine du marathon, vis-à-vis de secteurs concernés qui, hélas, malgré de grands moyens, font dans les projets sans lendemain. Ceux-là, les secteurs ne comprennent pas que la “visibilité” ne remplace pas l’activité et que la “communication”, même si elle est nécessaire, ne remplace pas l’action. Et, sans complaisance aucune, l’action des Rezkane, au nom de la société Sport Events International, va dans le “moufid”, tant leurs gestes sont multiformes et pleins de recettes concrètes pour un Sud qui souffre de trop d’inconvenances : le laisser-aller et même l’abandon dans certaines endroits. C’est vrai qu’ils ne sont pas l’expédient miracle en ces temps moroses, mais ils contribuent courageusement avec tous ceux qui les entourent, sponsors et autre personnel d’encadrement, à présenter des activités intéressantes et on ne peut plus réalistes, profitables aux régions qui les accueillent.
Ainsi, le sport, il y en avait bien sûr, à côté d’autres activités qui évoluent autour de cette remarquable compétition qui est le Marathon des dunes. Trois étapes ont rassemblé 120 participants, parmi lesquels Samy Moulay le benjamin de 13 ans, Mohamed Selmet, le vétéran de 76 ans, un émigré qui nous vient de Paris qui se proclame toujours jeune, et un nombre éloquent de marathoniens représentants les pays d’Europe. Là, il faudrait peut-être insister sur cette bonne organisation pour dire à ceux du Quai d’Orsay que l’aspect sécuritaire a été bien pris en charge et que notre pays multiplie ses efforts pour garantir la sérénité à ses hôtes.
Sur le plan du tourisme, les Rezkane, avec la collaboration des collectivités locales, ont proposé aux participants, un excellent programme de dépaysement, dans le Sud algérien. Des déjeuners à l’extérieur du camp où ils étaient hébergés, en des repas agrestes, dans des palmeraies, sous des “kheimate”, dans des “zribate”, aux visites des ksour, des monuments historiques, des mosquées très anciennes, des zaouïas, des marchés traditionnels, des gravures rupestres, ça n’en finissait pas dans ce périmètre magnifique où la nature appelle au farniente. Les participants ont eu droit également aux ballades à travers les dunes, à une course de chameaux, aux danses séculaires et à d’autres activités qui relèvent des traditions millénaires, qui leur ont permis d’avoir un bon regard sur le patrimoine matériel et immatériel du Sahara.
Nonobstant ces activités, ils ont tenu, également, à ce que la culture soit là, présente, tous les soirs, parmi les 120 participants et leur aréopage qui formait cet encadrement efficace et non moins attentif. Plusieurs conférences ont été animées par les Kamel Bouchama, ancien ministre et ancien ambassadeur, l’incontournable Yacine Ould Moussa, expert international en économie, Hakim Ferradji, docteur en STAPS de l’université de Rouen et le professeur Hamid Berchiche, ancien ministre, sénateur et doyen de la faculté de droit.
N’est-ce pas du béton un programme pareil qui ne vous laisse aucun répit, mais beaucoup de regrets quand, le dernier jour, lorsque vous êtes sur le chemin du retour, vous vous sentez tristes de quitter ceux que vous avez aimés au cours d’un agréable séjour qui vous parait une éternité ?
Enfin, et on ne le dira pas assez, la société Sport Events International a su mettre au point des techniques aussi diverses qu’ingénieuses dans ce Grand Sud, à travers une compétition haut en couleur. Par ce moyen, elle essaye de faire face, pour ce qui concerne les domaines où elle intervient, aux insuffisances flagrantes constatées dans ces régions qui souffrent d’un manque d’intérêt, malgré le travail inlassable des états-majors locaux qui ahanent – et le verbe est à sa place – pour donner quelque chose à ces populations qui sont en droit de recevoir leur part de sollicitude et de respect.
C’est de cette manière, et seulement de cette manière, que n’importe quel visiteur ose abonder dans le sens de la comparaison en faisant la différence entre ceux qui travaillent et ceux qui… promettent de travailler. Ce n’est pas de la critique gratuite, c’est un constat, hélas douloureux, qui nous fait dire qu’il faudrait que l’on retrousse nos manches et qu’on fasse des efforts pour sortir du confort de la paresse, de la vie au jour le jour, de l’instinct de conservation qui nous protège pour enfin… rattraper le retard. 
Les Rezkane, au nom de la société Sport Events International, ont pris des risques et donné des finalités à leurs mouvements. Alors, plus ces finalités et ces rêves sont ambitieux, plus ils sont capables de les mettre en mouvement, et nous avec eux...

 

Source: K. Bouchama.

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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 18:28

Trois étapes ont rassemblé 120 participants, parmi lesquels Samy Moulay le benjamin de 13 ans, Mohamed Selmet, le vétéran de 76 ans, venu de Paris, et un nombre éloquent de marathoniens représentant les pays d’Europe.


Samy Moulay, le plus jeune des marathoniens, est vivement attendu aux abords de l’arrivée où une foule de jeunes et de moins jeunes - pratiquement le «Tout-Igli» - participe à la réussite de ce 11e Marathon des Dunes qui se déroule du 27 décembre 2010 au 2 janvier 2011 à Taghit-Igli, deux belles stations dans cette splendide Saoura. En effet, Igli, la deuxième étape, attend Samy, le benjamin sur ses treize ans, un enfant qui nous vient de Djelfa avec son papa, cardiologue de profession, lui aussi marathonien. Elle attend avec une certaine curiosité ce «petit diable» que le bruit désigne, dans la rubrique des potins de la course, comme étant décidé d’aller vers la même performance que celle des deux précédentes années lorsque, serein comme un pinson, il arrive bien en avance, laissant derrière lui son géniteur non moins fier, bien sûr, d’avoir enfanté un grand athlète pour son âge et qui sait, un futur savant, peut-être, s’il reste sur ce caractère de battant... L’année passée, dans le Hoggar, ne m’a-t-il pas dit à l’oreille - que j’ai aussitôt relevé dans un article -: «Je vais vaincre mon papa...»? Et au paternel, amoureux de la nature et de l’activité physique, de lancer tout fier, loin de son fils, dans un sentiment d’auguste générosité: «Je vais quand même le laisser partir!...»


Ainsi, le Marathon des Dunes pour la famille Moulay est une bonne occasion pour se remettre en forme, s’oxygéner et mesurer ses capacités à travers l’effort, en sillonnant de beaux sites que la nature a maintes fois remis à l’oeuvre. Il est aussi un événement des plus propices pour les retrouvailles, dans un climat culturel et touristique où la convivialité, le rapprochement et l’entente sont de rigueur. En tout cas, les Moulay, père et fils, sont un exemple de courage, d’engagement, de simplicité et, on ne le dira pas assez, un modèle d’éducation qui gagne à être suivi par les jeunes.
«Bon sang ne saurait mentir!», car, encore une fois, Samy boucle ses 14 km de la 2e étape, bien avant son papa, sous les applaudissements nourris d’une population en liesse, plantée là, dans ce décor particulier, divinement paré par Dame nature qui déploie ses meilleurs atours en cette journée de fête. Aujourd’hui, il est plus qu’évident que Samy embellit ce décor qui est relevé, lui aussi, par les troupes folkloriques auxquelles se mêle l’odeur forte de la poudre que crachent d’un seul coup, en une parfaite harmonie, des tromblons et de vieux fusils évasés, dans un fracas assourdissant.
Pour cela, il y a lieu de signaler qu’Igli a participé, plus qu’ailleurs, grandement, spontanément, à cette 11e édition du Marathon des Dunes, qu’ont abrité les luxuriantes oasis des fins confins de la région de Béchar. En effet, elle a déployé un notable effort de mobilisation de toute sa population, accueillante, disponible et démonstrative, pour une participation effective à cette fête sportive et culturelle. Igli, n’a-t-elle pas été bâtie sur ce lieu de rencontre des Oueds Ghir et Zouzfana qui forment l’Oued Saoura - ce dernier fait son lit le long du Grand Erg Occidental - pour s’étonner qu’aujourd’hui elle aille étreindre chaleureusement tous ses hôtes et leur réserver un excellent accueil? N’a-t-on pas compris que sa situation géographique, où se réunissent les deux cours d’eau, déteint immanquablement sur le caractère de ses habitants, et lui donne ce nom qui, en «chleuh», signifie jonction, et par extrapolation, veut dire rapprochement, hospitalité ou encore... partage et convivialité?


En insistant plus particulièrement sur cette Daïra, à cause de sa parfaite préparation, nous n’allons pas oublier ceux qui la maintiennent en bonnes conditions d’accueil et de gestion des grandes manifestations internationales, comme notamment le Marathon de cette année qui, en plus de l’élite algérienne de l’ANP, de la DGSN et des autres participants nationaux, a regroupé plusieurs étrangers venus de huit pays à savoir: la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Australie, la Belgique, la Grande-Bretagne, le Canada et l’Autriche.


Nous espérons que les autres régions de notre superbe et vaste Sahara, en comptant sur leur initiative et ce sentiment qui les porte à se surpasser, feront de même pour les prochaines éditions afin que cette manifestation, qui prend de plus en plus de l’ampleur, soit véritablement un appel aux jeunes et aux étrangers qui viennent renouer avec l’exotisme de nos plus belles contrées touristiques. Ainsi, le Marathon des Dunes rentrera de plain-pied dans un circuit qui l’érigera comme une manifestation socio-économique et culturelle des plus grandioses de notre pays, dans un espace où les oasis sahariennes ne constitueront plus pour la majorité des observateurs étrangers un univers opaque et paradoxal, mais des lieux de confluence des cultures de la Méditerranée et des pays de l’Afrique.

Une région ensorcellante


Sortons de cette merveilleuse cité d’Igli et allons voir les autres aspects de ce Marathon plein de promesses, dans ces régions sahariennes, Taghit et autres Beni-Abbès, Kerzaz, Timimoun, que Dieu a faites belles, pour qu’elles s’enorgueillissent d’un splendide paysage aux formes et aux couleurs naturelles admirables. Oui, cette compétition sportive à l’origine, qui se répand sur d’autres horizons où interviennent de riches programmes touristiques et culturels, est en droit de prétendre à sa doyenneté dans ce domaine du marathon, vis-à-vis de secteurs concernés qui, hélas, malgré de grands moyens, font dans les projets sans lendemain. Ceux-là, les secteurs ne comprennent pas que la «visibilité» ne remplace pas l’activité et que la «communication», même si elle est nécessaire, ne remplace pas l’action. Et, sans complaisance aucune, l’action des Rezkane, au nom de la société «Sport Events International», va dans le «moufid», tant leurs gestes sont multiformes et pleins de recettes concrètes pour un Sud qui souffre de trop d’inconvenances: le laisser-aller et même l’abandon dans certains endroits. C’est vrai qu’ils ne sont pas l’expédient miracle en ces temps moroses, mais ils contribuent courageusement avec tous ceux qui les entourent, sponsors et autre personnel d’encadrement, à présenter des activités intéressantes et on ne peut plus réalistes, profitables aux régions qui les accueillent.
Rappelons présentement ce qu’a été cette dernière édition du Marathon des Dunes, en milieu naturel vierge, et donc propice à toutes les initiatives qui peuvent féconder des conséquences incroyables et surprenantes sur tous les plans. Parlons des domaines du sport en général, où les étapes, dans le périmètre Taghit-Igli, ont été le clou du spectacle. Évoquons le tourisme, par le truchement de visites et de grandes randonnées pour la connaissance du Sud et, enfin, l’Histoire par les visites aux sites qui racontent l’Antiquité à travers les marques indélébiles qu’elle conserve dans un environnement que l’érosion et l’oubli, quand ils persistent, peuvent abîmer davantage.
Donner ici le programme du séjour de l’importante délégation qui représentait ce 11e Marathon des Dunes, n’est pas superflu, bien au contraire, c’est un repère pour évaluer les efforts consentis dans l’espoir de promouvoir le Sud algérien. Il y a lieu de signaler que cette dernière édition a été placée sous le haut patronage du Wali de Bechar, M.Zaâlène Abdelghani, qui a fait le déplacement à Taghit pour donner le coup d’envoi, saluer tous les participants et les assurer de son entière disponibilité pour que cette manifestation se déroule dans de bonnes conditions. En effet, le programme a été riche, comme chaque année d’ailleurs. Six jours pleins dans une région ensorcelante, d’après les expressions sincères de ceux venus d’Europe, expressions que nous partageons foncièrement, puisque nous aussi, sommes des profanes émerveillés par la beauté de ce vaste territoire qui nous appartient.


Du sport, il y en avait bien sûr, à côté d’autres activités qui évoluent autour de cette remarquable compétition qui est le Marathon des Dunes. Trois étapes ont rassemblé 120 participants, parmi lesquels Samy Moulay le benjamin de 13 ans, Mohamed Selmet, le vétéran de 76 ans, un émigré qui nous vient de Paris, et un nombre éloquent de marathoniens représentant les pays d’Europe. Tout s’est bien déroulé, selon le programme arrêté. Il faudrait peut-être insister sur cette bonne organisation pour dire à ceux du Quai d’Orsay que l’aspect sécuritaire a été bien pris en charge et que notre pays multiplie ses efforts pour garantir la sérénité à ses hôtes.
Ceci dit, voyons sur le plan du tourisme ce que les Rezkane, avec la collaboration des collectivités locales, ont proposé aux participants, lors de séances de dépaysement, dans le Sud algérien. Eh bien, ils leur ont proposé des déjeuners à l’extérieur du camp où ils étaient hébergés. Ils leur ont préparé des repas agrestes, dans des palmeraies, sous des «Kheimate», dans des «Zribate», ils leur ont fait visiter des «Ksours», des monuments historiques, des mosquées très anciennes, des «Zaouïas», des marchés traditionnels, des gravures rupestres et, bien entendu, ils leur ont organisé des ballades à travers les dunes. Cela ne suffisait pas; il fallait les programmer pour assister à une course de chameaux, aux danses séculaires et à d’autres activités qui relèvent des traditions millénaires, bref, ils leur ont permis d’avoir un bon regard sur le patrimoine matériel et immatériel du Sahara. Nonobstant ces activités, ils ont tenu, également, à ce que la culture soit là, présente, tous les soirs, parmi les 120 participants et leur aréopage qui formait cet encadrement efficace et non moins attentif. Plusieurs conférences ont été animées par les Kamel Bouchama, ancien ministre et ancien ambassadeur, l’incontournable Yacine Ould Moussa, expert international en économie, Hakim Ferradji, docteur en Staps de l’université de Rouen et le Pr Hamid Berchiche, ancien ministre, sénateur et doyen de la faculté de droit.


N’est-ce pas du béton un programme pareil qui ne vous laisse aucun répit, mais beaucoup de regrets quand, le dernier jour, lorsque vous êtes sur le chemin du retour, vous vous sentez tristes de quitter ceux que vous avez aimés au cours d’un agréable séjour qui vous paraît une éternité?
Enfin, et on ne le dira pas assez, la société «Sport Events International», a su mettre au point des techniques aussi diverses qu’ingénieuses dans ce Grand Sud, à travers une compétition haute de couleurs. Par ce moyen, elle essaie de faire face, pour ce qui concerne les domaines où elle intervient, aux insuffisances flagrantes constatées dans ces régions qui souffrent d’un manque d’intérêt, malgré le travail inlassable des états-majors locaux qui ahanent - et le verbe est à sa place - pour donner quelque chose à ces populations qui sont en droit de recevoir leur part de sollicitude et de respect.
C’est de cette manière, et seulement de cette manière, que n’importe quel visiteur ose abonder dans le sens de la comparaison entre ceux qui travaillent et ceux qui... promettent de travailler. Ce n’est pas de la critique gratuite, c’est un constat, hélas douloureux, qui nous fait dire qu’il faudrait que l’on retrousse nos manches et qu’on fasse des efforts pour sortir du confort de la paresse, de la vie au jour le jour, de l’instinct de conservation qui nous protège pour enfin... rattraper le retard. Les Rezkane, au nom de la société «Sport Events International», ont pris des risques et donné des finalités à leurs mouvements. Alors, plus ces finalités et ces rêves sont ambitieux, plus ils sont capables de les mettre en mouvement, et nous avec eux...

Sait-on vendre notre produit?


Pour l’instant, nous disons, malgré tous les efforts consentis par les autorités locales, la situation dans ce Grand Sud est au même point que celle du Nord, pour ne pas faillir à ce sentiment d’abandon, malheureusement. Il n’y a aucune contradiction dans cet écrit. Une explication de notre part s’impose.
Le paysage est beau, splendide, merveilleux, pour reprendre les qualificatifs déjà employés pour le raconter à ceux qui ne connaissent pas ce Sud féerique - encore un autre qualificatif, sans aucun excès de notre part - ou revenir avec cette impression de tout homme (ou femme) conscient, qui vous exprime tout de go: «Ah, que ne pourrait-on faire dans ce Sud, si on lui donnait des moyens!»... Mais notre Sud est-il conforme aux normes acceptables d’accueil, pour attirer les nationaux d’abord, et les étrangers ensuite? Non, ce qu’il a aujourd’hui, n’est pas suffisant et nous l’avons constaté, encore une fois, à l’occasion de ce 11e Marathon des Dunes où beaucoup de jeunes venus du Nord, que nous avons rencontrés, ne trouvaient pas, sans être exigeants, les commodités les plus élémentaires, pour passer un séjour convenable. Certes, il y a de l’ambiance, et la population est accueillante, elle aime partager, elle est conviviale autour du verre de thé, un rite qui se perpétue de génération en génération..., mais ce n’est pas tout. Les jeunes, et tous ceux qui viennent, aimeraient trouver plus d’aises dans ce Sud pourtant rayonnant de beauté, de sérénité et où, dans tous les cas, le spectacle est toujours grandiose...


Il ne lui faut pas grand-chose, franchement, parce que Dieu lui a donné l’essentiel. Il lui a donné un contenu éternel, matérialisé par de divines structures de base, bien faites, bien étudiées, notamment ces dunes imposantes, majestueuses, ce soleil éternel et ce climat adéquat où poussent de fraîches palmeraies. Il lui reste seulement cet effort, le nôtre, pour apporter notre valeur ajoutée. Le faisons-nous vraiment? Au premier regard..., non! Il n’y a pas beaucoup de traces montrant notre participation, même si les autorités locales, du wali au président d’APC, comme affirmé précédemment, se démènent avec grands espoirs. Mais ce dévouement n’est pas suffisant, hélas, puisque le développement du Sud est l’affaire, avant et après tout, d’une politique claire et précise..., une politique suivie d’une sérieuse mise en oeuvre par les pouvoirs publics.
Que remarquons-nous aujourd’hui? Une certaine désuétude qui se lit sur les palmiers, ces arbres élancés vers le ciel, qui se meurent lentement depuis des années, parce que nous ne les avons pas entourés d’attention, comme le faisaient ceux qui nous ont précédés. La même désuétude se lit dans ces Ksours, majestueusement édifiés en leur temps, mais qui, présentement, sont délabrés et abandonnés. Ils ressemblent à ces ruines anonymes, alors qu’ils témoignent, aux yeux de ceux qui s’intéressent à l’Histoire, d’une certaine majesté de ces Berbères et de leurs pratiques ancestrales. Elle se lit également dans ces dunes qui, imposantes elles aussi, mais lamentablement esseulées, souffrent d’un manque d’exploitation et de visites qui leur amènent ce plus d’intérêt dont elles ont besoin pour remplir convenablement leur tâche dans ce désert de tous les mystères. Elle se lit enfin, dans le manque flagrant d’infrastructures adéquates ou des aménagements sommaires pour recevoir les visiteurs dans des conditions acceptables.
Avec toutes ces carences, c’est-à-dire avec cette nonchalance ou ce manque de compétence dans la vente de notre produit national, comment voulez-vous que le Sud soit une destination privilégiée du tourisme national et international, au moment où nous n’avons pratiquement que cela pour pénétrer la compétition?


Et là, il faut s’en convaincre, une fois pour toutes, que le développement de cette industrie en Algérie, doit se faire dans le Sud et non au Nord où nous ne sommes ni performants ni concurrentiels devant les nations qui ont déjà pris beaucoup d’avance sur nous.
Que faudrait-il alors? La réponse n’est pas loin de nous. Elle se situe dans cet engagement de l’Etat, mais surtout du secteur privé, qui doit jouer son rôle par de sérieux investissements dans ce Sud qui lui appartient. Cet engagement doit être nécessairement accompagné de facilités, pour ne pas sombrer dans le dédale d’une administration bureaucratisée à outrance.
C’est la première condition de réussite qui va à l’encontre du vide et annihile ces réflexes démagogiques qui consistent à étaler sur du papier une «politique» qui ne peut jamais se concrétiser sur le terrain.
C’est alors que cette réussite, que nous souhaitons tous, va permettre au jeune Samy qui a créé une sorte de complicité au niveau de la jeunesse de cette Saoura aux magnifiques cités, de revenir constamment dans ce Grand Sud..., une région qui sera plus accueillante, plus rayonnante, parce que mieux aménagée. Là, en jeune étudiant, et nous en sommes certains, il fera ce constat positif: «Malgré les mouvements convulsifs d’une gestion à l’emporte-pièce qu’elle a connus et qu’elle a défaits, l’Algérie profonde est encore indemne...»

 

Source: Kamal Bouchama, l'Expression.

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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 18:23

Igli, l’oasis de rêve se réveille, en ce mercredi 29 décembre de l’année finissante, aux sons du tumulte festif que seuls les hommes du désert savent produire. L’événement n’est autre que le «Marathon des Dunes» organisé par «Sport Events International» dans sa onzième édition qui se déroula alternativement à Taghit et Igli.


Le triptyque «Sport, culture et tourisme» est le thème récurrent de ces joutes sportives qui sont à leur douzième année. Abdelmadjid Rezkane, manager général de l’entreprise, aura réussi le pari là où de nombreuses tentatives ont échoué au bout d’une ou deux éditions. Le froid cinglant des matins sahariens fouette les visages des compétiteurs venus d’ici et d’ailleurs ; ils sautillent pour se réchauffer les membres inférieurs engourdis par la gelée matinale. Si l’été est connu pour être torride dans ces contrées, le froid continental n’est pas moins indisposant jusqu’au lever franc du jour. La longue procession, constituée de bus et de 4×4, quitte le camp de jeunes de Taghit, fraîchement réceptionné et mis à la disposition des organisateurs. Implanté sur le plateau du village naissant de Zaouïa El Fougania, il est prévu pour recevoir 500 hôtes dont la moitié en camping libre, offrant ainsi la sécurité du gîte et le confort tout relatif propre à la randonnée saharienne.

Encadrée par un service d’ordre impeccable constitué de la Gendarmerie nationale, la Sûreté nationale et de Services annexes (Santé et Protection civile), la caravane se dirige sur Igli à une soixantaine de kilomètres au sud-ouest de Taghit. La route revêtue à l’enrobé et nettement matérialisée rend le parcours plus plaisant. Elle permet au regard de fouiller ces immensités ocres. Monotone certes, la platitude de la hamada offre une myriade de tons agréables à la vue. La pureté du ciel et la lumière profuse permettent aux éminences rocheuses d’exhiber, dans une sorte de ballet clair-obscur muet, des tableaux époustouflants d’ombres chinoises. Le couvert végétal fait de touffes herbeuses steppiques agrémente l’espace saharien et lutte crânement contre la désertification sablonneuse.


Les quelques maigres champs rencontrés, qui semblent lutter contre l’adversité climatique, sont semés de jeunes plants d’oliviers et de palmiers. Le PPDRI, cher à Rachid Benaïssa, fera-il sortir le Sud de sa torpeur séculaire par le développement durable ? Seul l’avenir nous le dira.

La pente douce amorcée par la route préfigure de l’approche d’Igli qui, comme tous les groupements humains oasiens, se blottit dans un vallon creusé par un cours d’eau. Un chantier des travaux publics s’affaire à jeter un pont sur un oued immensément large dont seul le grand Sud en détient le secret. L’œuvre d’art de plusieurs centaines de mètres, construite sur d’imposants cubes creux en béton, mettra probablement fin à l’isolement occasionné épisodiquement par les crues impétueuses de ces «fleuves» du désert.

La route qui serpente doucement entre les blocs rocheux fait découvrir un petit cimetière veillé par un mausolée maraboutique. La localité verdoyante, au vieux bâti en pisé clairsemé de bâtiments modernes des administrations et services, respire la sérénité. A la lisière ouest de l’Erg occidental, elle se calfeutre dans sa palmeraie vieillissante, dernier rempart à la menace spectrale du cordon dunaire qui semble guetter l’oasis. Un pont relativement récent enjambe l’Oued Saoura qui naît ici même de la jonction des Oueds Zouzfana et Guir, ce dernier dévalant des territoires marocains voisins. L’auberge de jeunesse flambant neuve accroche irrésistiblement le regard, par une architecture pour le moins paradoxale, du moins en ce qui concerne sa façade faite de verre fumé enserré dans un châssis en aluminium. Hormis l’effet de serre certainement étouffant en période estivale, ce matériau jure par son incongruité dans l’immobilier oasien. A ce rythme, il ne restera plus beaucoup de repères identitaires pour la préservation du patrimoine ksourien qui a, malgré les turpitudes de toutes sortes, traversé le temps.


En dépit de l’apparente fragilité de la brique de terre, le bâti oasien est encore là après au moins quatre siècles d’existence. Le mausolée de Sidi Benothman, patron de la cité oasienne, en est la preuve irréfutable s’il en était besoin.

Au milieu du village, un réservoir d’eau, en forme de pyramide tronquée, trône sur une butte rocheuse. En parfaite harmonie avec l’environnement, se fondant dans le décor, il est à peine perceptible. Presque en vis-à-vis, un autre, mais cette fois-ci de conception moderne, jure par son intrusion inopportune. Hissé sur une hideuse colonne en béton, peint en bleu, il fait violence par son décalage temporel au patrimoine ancestral.


La fébrilité festive est perceptible au centre du village. Les larges rues sont enguirlandées de drapeaux et d’apprêts multicolores. Le baroud tonne bruyamment dans un nuage de fumée et fait tressaillir les convives du moment qui sourient nerveusement. Le regard est cependant curieux et interrogateur. Le Marathon des Dunes a réuni plusieurs nationalités européennes dont une forte délégation italienne. Les Franco-algériens de tous sexes et âges «connaissant la musique» semblaient dire aux étrangers : «Regardez notre pays… comme il est beau !» Ils prenaient probablement leur revanche sur l’adversité de l’ostracisme communautaire dans lequel ils ont été toujours confinés ou du moins leur ascendance. Assis à même le sol, les vieux autochtones, amusés par les jeunes qui s’égaillent au gré de l’attraction: «Allez voir le spectacle… nous, nous l’avons plusieurs fois vécu», tel semblait être leur propos. Les jeunes filles en costume traditionnel joliment bigarré, la moitié du visage voilée, évoluaient en grappes rieuses. Les jeunes gens style «hip hop» à la tignasse «gelée» et aux jambes enserrées dans des jeans, portant volontiers oreillette sur le pavillon, se chahutaient bruyamment, manière de dire que nous sommes non seulement «in», mais nous fréquentons aussi l’université ou le lycée.

On apprenait par la bouche de M. Kouider Brahimi, maire de la cité, que cette commune de près de 7.000 âmes est un fief ancestral du savoir. Et pour étayer le propos, il annonçait fièrement que la majorité des foyers comprenait de 2 jusqu’à 3 bacheliers. La jolie résidence de la commune recevait ses hôtes avec le binôme coutumier (dattes et lait) et l’inévitable verre de thé. Kamel Bouchama et Hamid Berchiche, anciens ministres de la Jeunesse et des Sports, respectivement ancien ambassadeur et sénateur, étaient «pris à partie» pour la photo souvenir. Les jeunes avides de considération et de reconnaissance profitaient de l’aubaine. Ils étaient tout simplement heureux, ne serait-ce que l’espace d’un marathon. Yacine Ould Moussa, expert international en économie et enseignant universitaire, devisait avec les responsables locaux sur les opportunités de développement du tourisme saharien, et dont Igli en détient une bonne part. Le dynamique office local du tourisme, dirigé par M. Boudjemaa Bentayeb, n’a pas manqué de distribuer, à l’occasion, un dossier promotionnel relatant le site.


A 11h tapantes, la deuxième étape se fera dans la plaine de Touzdit en longeant, sur 14 kilomètres, le cordon dunaire à la couleur fauve contrastée par la transparence bleutée du ciel. Cette plaine alluvionnaire, enserrée par la palmeraie rendue moribonde par la remontée saline et l’erg sablonneux, aurait une surface agricole utile de 10.000 hectares. Ce sol, potentiellement vierge et riche, pourrait constituer le grenier alimentaire de tout le Sud-ouest. Les quelques exploitations agricoles perçues çà et là semblent geindre sous la chape de l’oubli. Il n’est certainement pas suffisant de soutenir financièrement le bâti rural et le bassin d’irrigation, mais bien plus que ça. Il s’agira probablement d’accompagnement technique et d’animation agricole. Les moyens didactiques, présentement démocratisés, peuvent être avantageusement mis à profit pour intéresser les jeunes à l’acte agricole. Les timides tentatives individuelles de régénération des palmeraies en friche, sans les moyens adéquats, ne feront que conforter la désillusion largement entamée.

La course débonnaire se déroulera tranquillement sous le regard médusé des femmes paysannes. Elles suivaient de loin et avec étonnement ces hommes et ces femmes «à moitié nus». Les compétiteurs d’âge avancé marcheront tranquillement en se lançant des boutades. L’arrivée, organisée sous l’arche du vieux ksar, était haute en couleur. Seuls les sponsors majeurs de l’événement tels Mobilis et Nestlé (eau minérale), fortement présents par leurs logos et gadgets technologiques semblaient être hors du temps. Ils rappelaient, qu’en ces lieux, le songe ne sera qu’éphémère. Femmes, enfants et jeunes imberbes festoyaient à pleins poumons ; l’occasion de sortir du morne quotidien de la platitude était trop belle pour être ratée. On y entame à pleines dents. Le dépit étant l’ennemi juré de l’espoir, ils semblaient emmagasiner de la joie. Le tonitruant baroud, couvrant intempestivement les sons du karkabou et des tambourins, ajoutait un zeste piquant à la mystique du cérémonial. La transe transcendantale se saisit en ce moment de communion des individus, y compris ceux venus d’ailleurs. Elle doit probablement rappeler le vague à l’âme de la soul music. La preuve en a été cet Australien, de mère jamaïcaine à la coiffe et la chevelure typiques, en extase. Il n’a pas touché à sa guitare tout au long du séjour. Heureux, il a dû trouver son compte dans la rythmique des sonorités locales. A l’issue de la compétition, les autorités locales, menées par M. M’Hamed Khamlich, le jovial chef de daïra, offraient aux invités un déjeuner traditionnel à la palmeraie de Sidi Lahcène, à la périphérie d’Igli. En dépit de la triste mine qu’elle offrait à la vue, la palmeraie, gardant quand même quelques attraits, est un havre de paix au milieu de l’immensité désertique. Le trait de génie de l’Office local de tourisme a été celui d’installer un stand à même le sol des produits de l’artisanat du cru.

Plus loin, cachée par un bouquet de palmiers, une vieille femme installée près d’un foyer de feu étalait ses vertus culinaires par la confection d’un mets local fait de pâte et d’oignon épicé (Khoubzet El B’ssal) qu’elle offrait gracieusement après cuisson. Les belles jeunes filles, discrètement maquillées et bien mises dans des costumes traditionnels, présentaient chacune ses outils domestiques de cuisine ou de tissage. Mme El Alia Bouhalou, qui a organisé l’exposition au pied levé, avertissait que rien n’était à vendre. Les objets conservés jalousement font partie des reliques mémorielles de l’homme face à l’adversité du désert. Il créa ses objets usuels à partir du tronc et des palmes phoenicicoles et de la peau d’animaux domestiques abattus. Mêmes les jeunes autochtones ne reconnaissent parfois pas l’objet, encore moins sa fonction. Une tente de transhumance des Hauts Plateaux et un auvent fait de branchages étaient dressés au milieu de la clairière sablonneuse. Un copieux couscous était offert aux convives ébahis par tant de générosité seigneuriale. Les appareils photo crépitaient nerveusement, on immortalisait l’instant. Le champ était placé sous l’objectif de Canal Algérie, de la station ENTV de Béchar et de Nessma TV. Le mouvement associatif, très présent et représenté par des jeunes, comprenait l’association sportive «El Wiam», dirigée par le sympathique Touhami Khendouci, l’association des jeunes paysans de Okacha Bensaïd. Fier d’avoir rencontré à trois reprises M. Alioui, Secrétaire général de L’UNPA à qui il aurait remis un dossier sur la remontée du sel dans la palmeraie, ce dernier espère toujours une réaction à sa doléance. L’association de protection des handicapés, dirigée par Djillali Faradji, biologiste de formation, lui-même handicapé moteur, qui fait de la prévention de l’invalidité due à l’explosion accidentelle des mines antipersonnel son crédo, était fortement représentée ce jour-là. Cette région frontalière souffre encore des champs de la mort qu’a semés le colonialisme français dans sa rage de réduire la résistance armée. La tragédie, vieille de plus d’un demi-siècle, fait encore des victimes innocentes. Le travail méritoire de cette association réside dans la sensibilisation sur les risques induits par les mines par des affichettes et des spots sur disque compact. Elle s’est inscrite résolument dans le plaidoyer du PNUD et de «International handicap» dans le cadre de la Convention d’Ottawa que l’Algérie a ratifiée depuis une dizaine d’années déjà.

La visite du vieux ksar et la collation offerte par la municipalité clôturaient cette immersion culturelle dans les profondeurs de la légendaire Saoura. La découverte de cet autre terreau amazigh n’était pas sans laisser certains sans voix, devant une telle richesse culturelle enfouie dans les plis de l’expugnable Erg occidental qui a résisté à toutes les convoitises. L’oasis n’a été occupée qu’en 1901. En attendant le Nouvel An et la dernière étape, la caravane du Marathon des Dunes ralliait son cantonnement à Taghit.


Source: F. Zahi, Afrique Actu.

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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 18:33

La nouvelle année 2011 a débuté avec l’annonce de plusieurs projets pour la protection et la promotion du patrimoine archéologique, architectural et culturel algérien.Ainsi, lundi dernier sur les ondes de la Chaîne III de la radio nationale, dans le journal de la matinée, le correspondant de Béchar a annoncé le recensement de six nouvelles stations de peintures rupestres, datant de trente mille ans, dans les différentes localités de la wilaya : Beni Abbès, Taghit et Abedla. Ce qui dénote l’intérêt des services concernés pour la protection contre le vandalisme et le pillage des sites rupestres, en attendant leur inscription sur la liste du patrimoine national. Il est à noter qu’au niveau de la wilaya de Béchar, vingt-trois autres sites archéologiques, architecturaux et industriels, dont treize ksour datant de plus de quatorze siècles, sont toujours dans l’attente d’être classés et inscrits sur cette liste.Par ailleurs, toujours dans le cadre de la promotion du patrimoine, le wali de Béchar a donné, dimanche dernier à Taghit, le premier tour de manivelle du documentaire-fiction intitulé Cheikh Abdelkrim El Maghili Tilimssani, rapporte l’APS.

 

D’une durée de 70 minutes, cette œuvre produite par le ministère de la Culture dans le cadre de la manifestation «Tlemcen, capitale de la culture islamique 2011», vise à faire connaître cette illustre personnalité qui a contribué grandement au rayonnement de l’islam à travers les pays du Sahel, a précisé Larbi Lakehal, scénariste et réalisateur de cette épopée historique. Dans un autre registre, plus précisément dans le domaine de l’édition, le patrimoine se taille également la part du lion dans les projets de cette nouvelle année avec le lancement prochainement d’une série consacrée aux travaux de recherche sur le patrimoine par l’Entreprise nationale des arts graphiques (Enag). Le directeur des éditions Enag, Kamel Yahiaoui, a confié à ce sujet à l’APS que «cette sous-collection, qui entre dans la collection art et patrimoine et devant être supervisée par un universitaire, reprendra les travaux d’éminents chercheurs, toutes disciplines culturelles confondues», mettant ainsi en exergue l’importance accordée par l’Enag aux ouvrages traitant du patrimoine culturel national. En outre, l’année 2011 débute par l’annonce de l’octroi d’une importante enveloppe financière, d’un montant d’un milliard de dinars, par le ministère de la Culture pour la réhabilitation de deux sites archéologiques romains dans la wilaya de Skikda.

 

Les deux sites en question, dont la délimitation sera entamée durant cette semaine par la Direction de la culture, sont la ville romaine d’une superficie de plus de 9 hectares, communément appelée Kalaat El Kolla, dans la commune d’Ouled Hbaba, et les «Ruines romaines sacrées» d’une superficie de 8 hectares, dans la région de Guerbaz, commune de Filfila. La chef de service de protection du patrimoine à la Direction de la culture de la wilaya de Skikda, Mme Ghania Chekrit, a précisé que ce dernier site se trouve dans une situation de dégradation avancée, assurant que l’ensemble des sites archéologiques de la wilaya bénéficiera, à l’avenir, d’actions de réhabilitation en fonction de leur importance et de leur état.

 

Source: S.A., La Tribune.

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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 18:46

Taghit, comme Timimoun il y’a quelques années, est devenue une grande destination de séjour de fin d’année. L’hébergement reste à inventer.  Le seul hôtel – public – a fermé pour travaux. La population locale aménage des gites dans le vieux Ksar et dans la nouvelle ville. Et les agences multiplient les bivouacs dans l’erg. Tout pour absorber un pic de saison de plus en plus haut. De plus en plus problématique. Dans un quasi huis clos national.

 

C’est le dernier coucher de soleil de l’année. Et cela se voit à la couleur de la grande dune. Elle est noire de monde. Peut être 500 personnes sur la longue crête ondulée qui cache derrière elle l’océanique grand erg occidental. Flashs, youyous. Emotions. A l’ouest, derrière la hamada qui borde l’oued Zousfana, le grand astre laisse une trainée éruptive sur son chevalet cosmique. La nuit tombe en lamelles rougeâtres. Il faut redescendre. Car le froid interstellaire se diffuse plus vite que la pénombre. Et avec lui le grand stress de Taghit : où héberger tous ces visiteurs ? D’année en année, « l’oasis enchanteresse de la Saoura »- 95 kilomètres au sud de Béchar- émerge comme la destination phare du réveillon du nouvel an au Sahara. Plus proche que Timimoun des villes « émettrices » du nord - Oran, Tlemcen, Alger, Tizi ouzou, en tête – Taghit est restée aussi plus homogène autour de son vieux Ksar, le plus vivant du sud ouest, et aussi le plus pittoresque.

 

Concert évènement et Marathon des dunes

 

La semaine a été animée. Le marathon des dunes, itinérant sur les villes du sud, s’est posé entre Igli (60 km) et là. L’occasion de voir quelques touristes européens braver les « warning » sécuritaires et venir se mêler à la centaine de coureurs locaux. S’ils devaient être plus nombreux, les touristes étrangers feraient désordre. Une consigne bureaucratique étend la mesure d’escorte obligatoire pour les étrangers à cette paisible région du nord Saoura. « Cela nous gêne vraiment dans notre travail, d’avoir autour de nous des gendarmes armés et pressés de finir leur mission » se plaint le correspond local d’un voyagiste. L’autre évènement qui fait monter la tension à Taghit ce soir, est le concert de clôture de l’opération « Caravane Tour sur la route des Ksour », avec Amazigh Kateb en guest-star. Ce n’est pas un canular, le chanteur et ses musiciens ont bien été aperçus la veille, à Berrabi. C’est là, à 4 km du siège de la mairie de Taghit, que l’organisateur a trouvé un logement - pas chauffé - pour le séjour de ses illustres invités. La nouvelle se répand jusqu’à Béchar. Le réveillon à Taghit devient vendeur. La place en bus à partir de Béchar qui faisait 80 dinars passe à 300 dinars le vendredi après midi. Les gendarmes auront du travail. Mais pas pour le tourisme saharien des étrangers.

 

L’hôtel ferme, les gîtes explosent

 

L’affluence est à son paroxysme ce vendredi 31 décembre. Bus des voyages organisés et voitures de particuliers témoignent de la grande diversité des provenances. Il faudra loger quelques 1500 touristes dans une Oasis qui compte à peine plus que le triple en habitants durant l’année. Management public à l’ancienne, l’hôtel de la ville est fermée depuis le 1er jour du ramadan dernier. Pour des travaux de 18 mois, qui n’ont toujours pas commencé à fin décembre. Pic de saison gratuitement perdu pour 120 lits en occupation double. C’est l’hôtel El Djazair qui, après une rénovation à succès avec le Kedada à Bou Sâada, tente d’étendre son label avec le bel hôtel de Taghit  inauguré en 1972. Mal engagé. Cela fait le bonheur des familles entre Zaouïa Fougania et Zaouïa Tahtania, le bout de vallée de 15 km ou s’étend Taghit et ses villages satellites. Dans le Ksar, les vieilles maisons familiales abandonnées sont transformées en gîtes. « Il y’avait deux maisons d’hôtes il y’a dix ans dans le Ksar. Il en existe 17 maintenant, si je ne compte pas la mienne que j’ai arrêtée ces jours-ci car je veux me concentrer sur mon travail d’animateur culturel ; et puis je ne veux pas être associé à tout ce qui se fait un peu n’importe comment dans l’hébergement. Héberger les touristes est un vrai métier qui nécessite du temps et des moyens » explique Tayeb, guide éco-touristique connu sur la place.

 

1000 dinars par tête par nuit.

 

Le réveillon à Taghit est une grande bourse d’hébergement chez l’habitant. 1000 dinars par personne la nuit dans une chambre qu’il faut combler. Comme un taxi à places de grande ligne. Il n’est pas rare de croiser à l’entrée du Ksar des familles au bord de la crise de nerfs. L’accueil sur site en mode « entassé » est un traumatisme, après le stress de la RN 6, le long ruban de goudron qui amène du nord vers Bechar. La carte postale de Taghit se brouille dans les sanitaires collectifs : « les habitants font ce qu’ils peuvent pour rendre leur gîte confortable. Mais dans le Ksar, la plupart des maisons n’ont pas de branchement sur le réseau d’assainissements » explique un propriétaire de maison traditionnelle. La parade dans ce cas est de multiplier les bivouacs dans l’erg. Un produit magique par temps clément. La voute céleste enveloppe le campement, et le silence des lieux est messianique. Mais le froid peut tout aussi transformer l’expérience spirituelle en supplice religieux. La température nocturne a frôlé plusieurs fois le zéro durant la semaine. Des nombreux organisateurs ont été pris au dépourvu et leur relation avec leur client s’en sont ressentis. La coupe sauvage de bois de feu dans les palmeraies a proliféré. Les aides publiques à la rénovation du Ksar arrivent au compte goutte. Les séjours de visiteurs sont encore trop irréguliers. «  Je ne peux pas  m’avancer dans de grandes dépenses en pour une maison d’hôtes aux normes si je ne suis pas associé avec un tour opérateur qui me garantit des groupes de voyages sur toute la saison touristique » explique le propriétaire de maison dans le Ksar. La solution populaire de l’hébergement de fortune à Taghit a encore quelques années devant elle.

 

Le séjour résidentiel, une autre piste

 

En dehors de son pic de fin d’année Taghit propose le maoussem du mawlid Ennabaoui, célébré avec faste dans la Saoura et dans le Gourara, et aussi un bout de saison estival pour la thérapie de l’arthrose par l’enfouissement dans le sable chaud. En fait, d’octobre à avril, le séjour y est à tout temps réparateur pour les anxieux de la grande ville. En attendant l’arrivée des investissements en hôtellerie promis par le ministre du tourisme, l’option d’un investissement en résidentiel se précise sous la grande dune prêtresse des lieux. A Bordj Taghit, au sommet du Ksar, une association d’Algériens répartis entre diaspora et Alger a pris en concession l’ancien hôtel Transat devenu, avec son fameux salon panoramique sur l’erg, mess des officiers français durant la guerre de libération. La chambre double y est à 5000 dinars la nuit, un peu plus cher que l’hôtel Taghit quand il était ouvert, mais le standing est comparable à ce qui se fait dans les oasis voisines du Tafilelt et dans l’Anti Atlas Marocain. Le bordj propose des formules à l’année tout intégré : visites culturelles, bivouacs nocturnes, méharées, virée en quads, buggys ou motos, soirées musicales. Les clients – socialement plutôt aisés - reviennent souvent… et  pensent alors à acheter une maison traditionnelle dans  le Ksar. Un couple d’algériens installés à Toulouse a franchit le pas il y’a deux ans et a confié la réfection des lieux à Madjid l’artisan le plus couru du Ksar. Le résultat est entraînant. D’autres ont entamé les démarches pour devenir acquéreur – souvent selon l’ancien système sans actes dit du « ourfi » – d’une maison dans le Ksar. Taghit a un avenir dans le résidentiel. Il lui reste à trouver une solution pour accueillir encore plus de visiteurs en  décembre 2011. Car à la fin, malgré les 18 heures de bus d’Alger, le feu de camp qui s’éteint trop tôt dans la nuit glaciale, et l’appareil photo qui « disparaît » dans le fatras de l’hébergement collectif, tout le monde promet de revenir avec un groupe plus grand.

 

Source: K. Ihsane, Le Maghreb Emergent.

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Published by Sofiane - dans Saoura
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