L’astronomie, science qui étudie les astres de l’Univers, tels que les planètes et leurs satellites, les comètes, les astéroïdes, les étoiles, ou encore les galaxies, était-elle étudiée dans la Zaouïa de Sidi M’hammed Ben Bouziane à Kénadsa? Tout porte à le croire.
Le rapport établi par le Capitaine Gilbert Bonachère de la S.A.S de Kénadsa au cours du mois de janvier 1960, mentionne que lors de la perquisition du domicile d’Ibrahim, le neveu de Si Laâredj Abderrahmane et le Cheïkh de la Zaouïa Ziania, tous deux réfugiés à l’étranger, un Astrolabe Arabe a été trouvé parmi les effets. Il décrit l’objet comme ayant la forme d’un quart de cercle en cuivre d’un rayon de 18 centimètres muni d’un pendentif permettant de le fixer perpendiculairement et d’un bras mobile articulé permettant aisément la lecture sur le cadran comportant plusieurs noms de lieux et d’orientations gravés clairement en lettres arabes tels que Marrakech, Sijilmassa, Fès, Meknès, Salé, Ouazan, Tanger, Le Caire, La Mecque, Médine et en regard des noms de ces villes les tropiques du poisson, du scorpion, du taureau, du bélier… etc. Il est ajouté dans le rapport que cet instrument a été saisi pour faire l’objet d’une «étude approfondie» et qu’il n’est pas le seul à avoir été «découvert» dans la région. Ce que le rapport ne mentionne pas mais qu’on trouve sur un feuillet de la bibliothèque de la Zaouïa comportant une description détaillée est le fait que sur cet instrument le mot «mile», qui chez les arabes mesure 400 coudées, y est clairement gravé. Le fait que plusieurs astrolabes furent «découverts» dans la région ou du moins celui faisant l’objet du rapport du Capitaine Gilbert Bonachère est-il suffisamment probant pour dire que l’astronomie faisait partie des sciences étudiées dans la séculaire Zaoui de Sidi M’hammed Ben Bouziane?
Les habitants de la région les utilisaient-ils comme seuls moyens d’orientation dans leurs déplacements? Si c’était le cas, alors on pourrait dire qu’ils étaient initiés à la manipulation de ces instruments, chose qu’il n’est usité de faire sans un minimum de savoir en astronomie.
L’astronomie est divisée en plusieurs branches: l’astrométrie, qui étudie les positions et les mouvements des astres; la mécanique céleste, qui fournit une explication mathématique de ces mouvements par la théorie de la gravitation. Les voyageurs, et en particulier les navigateurs, apprirent à s’orienter en observant les astres. Astrolabe, en astronomie, instrument servant à mesurer la position angulaire des astres sur la voûte céleste.
Il est constitué d’un cercle ou d’un arc de cercle gradué en degrés d’arc, avec en son centre un bras mobile articulé. Après avoir aligné le point zéro du cercle sur l’horizon, on déplace le bras de l’astrolabe pour viser l’astre considéré, sa hauteur (ou azimut) se lisant sur le cadran en regard.
En revenant au rapport du Capitaine Gilbert Bonachère de la S.A.S, on s’aperçoit que celui-ci quoique soucieux du détail dans la description de l’astrolabe «trouvé» ne mentionne nulle part la destination qui lui a été assignée. A-t-il fait partie du butin de guerre personnel du Capitaine ou se trouve-t-il quelque part parmi tant d’autres curiosités «retrouvées» et faisant partie des collections des musées français? Source: M. Ahmed, La Voix de l'Oranie.