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Tout sur Béchar et la région de la Saoura

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Béchar dans la littérature francophone

1ère partie
Le tout temps, il a été beaucoup écrit sur le Sahara pour ne remonter qu’à Hérodote, arriver à Frison Roche et Théodore Monod en passant par Strabon, Ibn Khaldoun, Léon l’Africain, Fromentin, Psichari, Isabelle Eberhardt, Charles de Foucauld, pour ne citer que les plus connus. Le plus récent catalogue d’un libraire spécialisé comporte encore, à la rubrique «Sahara», 163 titres, pour les seules éditions françaises. Jusqu’à la bande dessinée: certains épisodes du «Crabe aux Pinces d’Or» de Hergé s’inspirant directement de «l’Escadron Blanc». La ville de Béchar, «porte du désert» a été l’objet d’un grand nombre de ses écrits. Tardivement occupée par les Français, puisque le ksar de Béchar n’a été occupé qu’en 1903, soit 73 ans après l’occupation d’Alger, la ville de Béchar fait irruption dans la littérature française très tôt.

Béchar au début, Isabelle Eberhardt

A l’origine rien ne distinguait le vieux de Béchar des ksours voisins de Ouakda, Lahmar, Boukaïs, et Kenadsa. Ce dernier ksar était même beaucoup plus important puisque le siège d’une célèbre zaouïa qui rayonnait sur toute la région. Pour contrôler la région, les Français choisissent le site voisin de Taagda comme siège d’une future ville de garnison. Les archives expliquent ce choix: «La désignation de Béchar comme chef-lieu du cercle à créer chez les Dhwi Mnî, a paru au gouverneur général, préférable à celle de Kénadsa, l’expérience ayant démontré qu’il valait mieux laisser distinct les cercles d’action administrative et les centres d’influence maraboutique, et notre installation à Béchar, présentant autant d’avantages, tout en étant moins délicate». Et c’est dans cette conjoncture que la célèbre Isabelle Eberhardt visite la région en 1904. Le vieux ksar de Béchar est révélé au monde par les écrits de la journaliste. La jeune reporter est le témoin de l’agonie du vieux ksar et de la naissance de la nouvelle ville du Béchar contemporain qui se construit: «Béchar. Un embryon de village dominant l’oued. Des maisons en toub, des chantiers. Quelques boutiques déjà dans une grande cour de caravansérail. Là, sous de petites tentes, des Juifs roux de Kénadsa, vêtus de gandouras vertes et jaunes, avec un petit turban noir sur leurs longs cheveux huileux, martèlent lentement des bijoux en or et en argent. Les métaux précieux fondent en de petites casseroles de fer, des braises fument en une petite forge. Et les Juifs pâles se penchent attentivement sur leur menu travail, avec parfois un chant cadencé et monotone au zézayant accent. Plus haut, presque au pied de la longue dune dorée, la redoute encore inachevée, les cours encombrées de matériaux. Vers le Sud-ouest, l’emplacement du bureau arabe. Là, surtout, c’est une genèse, un labeur hâtif, une palissade en fil de fer sépare la seule cour de la plaine nue. Des tentes blanches d’officiers se dressent parmi les chevaux des spahis et du maghzen entravés».

Source: A. Hani, La Voix de L'Oranais.
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