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Tout sur Béchar et la région de la Saoura

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Béchar dans la littérature francophone

5ème partie


Michel Leiris et Khadidja

Le 19 septembre 1939, Michel Leiris arrive à Beni-Ounif (à l’époque Révoil-Beni-Ounif), entre Béchar et Aïn-Séfra, à la frontière du Maroc, «oasis assez maigre où pousse un insignifiant village indigène doublé d’une petite ville de garnison», «bled passablement sinistre, pépinière de cafard».


Durant son séjour à Beni-Ounif, il tue le temps en lisant, entre autres, Proust, «Le Temps retrouvé, un livre admirable», écrit-il à sa mère. Et à Louise Leiris: «De plus en plus, je trouve Proust génial. Dans peu d’ouvrages, il m’est arrivé de trouver à un tel point ce que j’ambitionnerais de faire moi-même». En Novembre 1939 - février 1940. À la base 2, quasi désertique, à quatre-vingt-dix kilomètres environ au sud-est de Beni-Ounif, il note que chimistes et artilleurs essaient leurs armes chimiques en tirant au canon sur des moutons, les moutons des malheureux nomades de la région.
Michel Leiris ne sortira pas indemne de ce séjour monotone dans la région de Béchar puisqu’il s’éprend en grand élan de tendresse pour Khadidja, vingt-trois ans, prostituée exerçant à Béchar et venue travailler à Beni-Ounif. Il fera de cette aventure le chapitre, «Vois! Déjà l’ange... dans Fibrilles, la jeune femme sera promue «du rang méprisé de putain à celui de magicienne» et regardée comme «un ange de la mort». Le 26, il quitte Beni-Ounif pour Paris, via Oran et Marseille
 
Pontier Arnaud, l’enfance meurtrie à Béchar
Arnaud Pontier passa une partie de son enfance à Béchar où ses parents exerçaient dans les années 1970 comme enseignants coopérants. Dans «La treizième cible», Arnaud Pontier tente son autobiographie à peine romancée: «En 1955, à Colomb-Béchar, l’immensité du désert est comme un aimant. Les femmes en caftan brodé, les yeux peints de noir et de henné, dansent au milieu des attroupements et les dromadaires, de leur pas d’autruche, transportent des litières garnies de coussins». François le héros du roman qui incarne l’auteur lui-même a 7 ans lorsqu’il quitte la France pour Saïgon, avec sa sœur cadette et ses parents.
Il en a 13 quand ils s’installent à Colomb-Béchar. Le jeune garçon passe ainsi son enfance et son adolescence dans deux territoires du colonialisme français, qui vit ses premières inquiétudes. Arnaud Pontier affirme que son séjour d’enfant à Bechar ne fut pas une sinécure. Ils auraient été, selon son témoignage, victime d’actes de malveillance de la part des habitants de la ville et il en garda une profonde amertume.
En fait, il semble que les mauvais souvenirs qu’il associe à son séjour à Béchar avaient d’autres motifs, car le jeune enfant, héros de son livre, avait pour père un monsieur directeur d’école -mais également au service du Renseignement- alcoolique, qui bat sa femme et ses enfants, régulièrement admis à l’hôpital pour cause de «chute dans l’escalier. Quant à la mère, aucune âme ne semblait occuper ce corps affecté par ses manières et par ses poses. Jamais elle n’adressera une phrase ou un geste de consolation envers sa fille ou son fils.

Source: A. Hani, La Voix de L'Oranie.
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