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Tout sur Béchar et la région de la Saoura

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Taghit : La perle de la Saoura (I)

Djamel avec son sourire déroutant cherche désespérément un passage parmi les voitures pour atteindre le lieu du rendez-vous avec notre autre ammi El-Hadj et Salma la fille de Djamel. Après avoir tourné en rond pendant plus d’une heure, nous arrivons enfin devant le lieu du rendez-vous pour embarquer le reste de l’équipe.

Direction: l’Ouest du pays
Ouf ! Il était temps : nous prenons le cap en direction de l’Ouest, la journée s’annonce bien.
Après avoir traversé la Mitidja, nous empruntons la route qui mène en direction d’El-Khemis. Nous dépassons El-Affroun, Oued Djer et Bou-Medfaâ, le paysage est magnifique. A El-Khemis, nous bifurquons vers la gauche pour atteindre Theniet El-Had où une légère pluie commence à tomber.  Pour rejoindre le chef-lieu de la wilaya de Tissemssilt, il nous faudrait grignoter quelques minutes de plus, vu que la route est sinueuse mais tout de même pittoresque. A 14 h15 minutes nous arrivons dans la capitale des Rustumides, Tiaret. La grêle a fait son apparition et rien ne nous empêche de prendre notre déjeuner dans cette belle ville des Hauts-Plateaux. A 15 h, nous prenons le départ après un bon repas et un excellent café qui nous a revigorés. Pour ce faire, nous décidâmes de rejoindre Béchar en passant par Mascara et Saïda.  La pluie double d’intensité et déjà l’asphalte a disparu laissant place à d’immenses flaques d’eau qui freinent considérablement notre avancée. Malgré les conditions atmosphériques, nous découvrons de très beaux panoramas. La grêle continue de tomber et la route devient peu à peu glissante du fait de l’amoncellement des grêlons qui recouvrent la chaussée. Au volant, c’est El-Hadj qui mène le bal tandis que Djamel lit son journal, et Salma sa fille ne rate rien le visage collé à la vitre. El-Hadj, notre ami, s’ingénue à se frayer un chemin sur une chaussée à vrai dire qui lui donne du fil à retordre.


Une riche Region agricole
Nous traversons le paisible village de Medroussa, l’éclaircie et de retour. Nous profitons de cette accalmie pour avancer. La terre est parée d’un manteau vert et de partout surgissent des champs de blé et d’orge à foison. Et puis, soudain, la terre change de couleur qui va du brun foncé à l’ocre clair où exsude une multitude de petites fleurs faites de pâquerettes, de bleuets et de coquelicots. Sur cette terre ostensiblement abondante, l’élevage d’ovins est omniprésent et partout les troupeaux paissent tranquillement l’herbe grasse qu’offre généreusement la nature. A 16h45, nous faisons halte à Frenda pour nous soulager et prendre un stimulant. Moi, je suis porté plutôt pour l’eau minérale tandis que mes amis, Salma incluse, optent pour le thé traditionnel. Dans ce café où nous avons décidé de nous reposer, nous avons remarqué que cet établissement mérite à bien des égards que’on s’intéressé à lui. En effet, la propreté est un maître mot dans ce lieu à l‘image de son propriétaire qui ne ménage aucun effort pour lui donner un caractère particulier tant bien que tout est parfait, à commencer par les toilettes qui rutilent et un service digne des cafés étrangers en plus d’un agencement où se mêlent convivialité et traditions.
Juste une parenthèse sur les cafés de notre capitale où les toilettes ont littéralement disparu laissant place à la saleté, sans parler des serveurs dont le comportement frise parfois l’inconscience. C’est dire que ceux que l’on appelle les ruraux et qui de surcroît on leur colle des étiquettes telles que «chabrague»  «fellah». Après un repos bien mérité, nous effectuâmes quelques achats et en route pour l’aventure.


Après Frenda
De Frenda en direction de Saïda, nous nous engageons sur une route très sinueuse ; la terre vire à présent vers le blanc et jaune et devant nous il ne reste que quelques pins maritimes plantés dans le cadre du Barrage vert qui, autrefois, était la fierté de la région. Cette contrée est disséminée de tas de pierres qui sont amoncelés sur le bord de la route, c’est dire que les hommes ont bien sué pour arracher à la terre leur subsistance et parfois dans des conditions inhumaines. Cette pierraille sert aussi à la construction de solides maisons. Entre Frenda et Takhmaret, nom berbère, la route est truffée de nids- de-poules- qui ralentissent notre progression et force  notre chauffeur à faire des zigzagues pour échapper à une crevaison certaine.  Pour  briser la monotonie, nous entamons une discussion, mais très vite l’attrait du paysage nous surprend et nous poussons des Ha ! Et des Ho ! De plaisir. Selma, quant à elle, vit dans son vase clos ; elle se sent bien dans son petit espace. Elle écoute, elle observe sans broncher. En effet, le voyage est encore loin. Et vlan ! Nous heurtons un dos-d’âne, la plaque de signalisation est collée au monticule et pas moyen de l’éviter. Il faut être très vigilant, on ne sait jamais.


Saïda n’est plus qu’à 57 km ; la route est assez carrossable et la verdure contraste merveilleusement avec le bleu azur du ciel. Le soleil est resplendissant ; une très bonne journée en perspective. Je jette un regard par-dessus mon épaule : Selma est en train de s’assoupir bercée par une belle musique venant du CD que son papa Djamel a mis dans le lecteur. A une quarantaine de kilomètres de Saïda, la voie devient chaotique ; une déviation nous engage sur une piste poussiéreuse mais ouf ! on rejoint l’asphalte. Tant mieux pour nous. Nous continuons notre route et bientôt une série de virages, les montagnes ont disparu du paysage laissant place au plateau.
Nous rentrons à Balloul, un joli petit village à l’allure très charmante. La rue principale est vide et seul un policier assure une maigre circulation. C’est la désolation ici : quelques commerces sont ouverts, les cafés sont vides. Nous venons de nous engager dans la descente qui mène vers Saïda à plus que trente kilomètres. Le paysage change totalement ; après le plateau c’est un maquis assez dru mais c’est la chaussée qui nous inquiète. En effet, sur une longueur de près de trois kilomètres, la route est cabossée, ce qui malmène sérieusement le véhicule. Mais qu’importe : de part et d’autre de la route, de très beaux vergers se succèdent: amandiers en fleurs et autant d’arbres de différentes espèces ornent la ville de Tifrit toujours à connotation berbère. Le soleil commence à disparaître ; le ciel devient plus menaçant. A l’horizon, l’éclair zèbre le ciel suivi d’un tonnerre à vous donner le frisson. Malgré la grisaille qui donne aux montagnes une allure de majesté. Si l’état de la route est mauvais, il n’en demeure pas moins que l’on reste perplexe devant tant de beauté. La générosité de la nature est incommensurable et à chaque détour c’est l’étonnement, la béatitude.


A 17h30, nous nous approchons de  la ville de Saïda : c’est une véritable délivrance. Toute l’équipe décide de faire la prière et  nous ravitailler en mazout. Le temps est annonciateur de pluie, le tonnerre gronde ; la pluie refait son apparition et il ne reste que quelques petits kilomètres mais attention, la route est glissante. Une pluie fine tombe sans discontinuité sur le pare-brise, les balais ont du mal à évacuer l’eau. Cette eau bénie qui vient du ciel  irrigue la terre pour lui donner la vie. A l’entrée de la ville de Saïda, une image attire notre attention : une vache déambule tranquillement sur le trottoir tandis que son ange gardien est de plein-pied sur la route. Qui a dit que les animaux ne sont pas doués d’intelligence ? Au centre-ville, nous éprouvons quelques difficultés du fait de manque de plaques de signalisation qui se font rares. Nous prenons la route de Béchar, selon une plaque. Mais mal nous a pris : au bout de la route, une barrière nous indique qu’elle est barrée.  Nous rebroussons chemin à la recherche d’une personne à même de nous renseigner. Rien à l’horizon ; il pleut des cordes. Juste en face de nous, un barrage de police : ouf ! Après nous avoir indiqué le cap direction la station d’essence pour y arriver, il nous a fallu toutes les peines du monde. Mais voici qu’une queue interminable de véhicules agricoles fait la chaine devant la pompe. Djamel en bon négociateur discute avec les fellahs, car ces derniers ont chacun plus de trois futs imaginer alors l’attente. Djamel a réussi à les convaincre c’est une véritable aubaine on fait le plein et on disparaît.
(A suivre)

Source: Mohamed El-Ouahed, La Nouvelle République.

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B
Salem, lire cet article majestueuesement decrit et rédigé par notre ami El Ouahed m'a fait un immense plaisir... ça m'a fait rappeler Taghit l'idyllique tout court!!! C'est magnifique, merci Mr El Ouahed! 
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