Tout sur Béchar et la région de la Saoura
AIl est l’heure de rejoindre l’hôtel pour un repos bien mérité. Le départ en direction de Zaouia Fouguania est prévu à 17 heures quand le soleil sera plus clément. Après une bonne sieste et une douche rafraîchissante, nous voici en route en direction de notre destination. La zaouïa n’est qu’à vingt kilomètres au sud de Taghit, il a suffi de quelques minutes pour arriver dans cette agglomération qui vit en totale autarcie. La fraîcheur commence à se faire sentir et les gens sont assis sur une natte tressée, avec le traditionnel thé et le sourire, d’autres sont à même le sable à l’ombre d’un palmier sur lequel gazouillent des oiseaux.
Nous décidons de nous rendre dans une maison qui fait office de musée où l’on peut acheter des souvenirs de la région. Là aussi les commerçants installés à l’intérieur nous ont convié à prendre le thé avec eux. Nous profitons de l’occasion pour visiter les lieux où se trouvent poterie, cadres réalisés avec du sable, et des vestiges de l’époque, pointes de flèche, outils en silex, etc. Nous commençons notre retour mais avant nous avons jeté notre dévolu sur le musée de la commune de Taghit qui, selon nos informations, recèle innombrables d’objets anciens. Arrivé sur les lieux, le gardien nous informe que l’établissement est fermé pour cause de destruction partielle suite aux intempéries.
Quelle déception ! Djamel préconise alors d’aller admirer les dunes qui longent la route menant à Taghit. En effet, c’est un spectacle féerique des dunes de partout à droite et palmeraie et falaise de l’autre côté qui donnent à cette contrée un cachet particulier. Enfin des dromadaires en vue. Nous faisons halte pour des photos souvenirs. Salma est la première à se précipiter vers les vaisseaux du désert, appareil photo en bandoulière, tandis que moi je me morfonds dans mon coin étant donné que mon Canon est tombé brusquement en panne une journée avant.
De très belles couleurs au sommet des dunes
Mais ce n’est pas grave car avec mon téléphone portable j’arrive tant bien que mal à réaliser des prises de vue. Mais à voir notre ami El-Hadj courir derrière les dromadaires qui lui refusent leur portrait nous éclatons de rire pour cette déconvenue et continuons notre progression en direction de Taghit. Nous nous attablons à la terrasse d’un café, le soleil commence à décliner, ce qui donne de très belles couleurs au sommet des dunes. Le thé est délicieux est nous profitons de ces moments de détente pour discuter de la prochaine étape, du lendemain, qui sera Béni Abbès.
Il est huit heures du matin Djamel inspecte le véhicule tandis que Hadj et Salma discutent sous l’ombre d’un palmier à proximité de l’hôtel. C’est go ! Nous fait signe Djamel nous prenons la route en direction de Béni-Abbès. C’est une magnifique journée et la route jusqu’à notre prochaine destination est très bien entretenue, selon les habitants avec lesquels nous avons parlés. 290 kilomètres nous séparent de Béni Abbès. Après avoir rempli le réservoir de mazout à la sortie de Taghit, cap sur l’inconnu.
Nous roulons depuis vingt minutes, la route est droite et les paysages que nous traversons sont très captivants. Bien que la circulation soit fluide vide dans ces espaces désertiques, nous avions tout de même quelques appréhensions. «Si nous tombons en panne, qui pourrait nous sortir de ce pétrin ?» demandais-je. Allons mon ami me rétorque Djamel, c’est un véhicule neuf et puis impossible de sortir de l’asphalte pour nous perdre.
Collé à la porte, j’admire au loin les montagnes qui changent de couleur, allant de l’ocre rouge au jaune. Tout le long du parcours ne subsiste que de la pierraille et pas l’ombre d’un arbre. De temps en temps, nous croisons un camion qui roule à vive allure qui nous salue avec les phares. Il est vrai que dans cette contrée, les gens sont extrêmement solidaires. Si quelqu’un tombe en panne, les chauffeurs de poids lourds le prenne en charge.
Déjà une heure de route, le soleil brûlant irradie une terre aride. Pas âme qui vive dans cet espace où la vie semble très difficile. Nous roulons à vive allure sur un immense plateau agrémenté de pierres. Rien à l’horizon. Nous atteignons le premier village à 120 km de Taghit, le pont a été emporté par les crues du mois d’octobre 2008 et même les poteaux électriques ont été arrachés par la furie des eaux.
Nous continuons notre avance et pour briser la monotonie, Djamel nous met de la musique, Hadj est visiblement très heureux. Délaissant le paysage, il lit le journal. Salma, quant à elle, essaye tant bien que mal de prendre des photos à travers la vitre. La voiture avale des kilomètres, une plaque signale que nous approchons de Kerzaze village où se trouve de très belles gravures rupestres mais ce n’est pas notre destination.