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Tout sur Béchar et la région de la Saoura

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Béchar : Un pôle culturel se dessine

 

Béchar est en passe de devenir un véritable pôle culturel dans cette région du Sud-Ouest algérien. Les activités culturelles s’y succèdent en diversifiant les centres d’intérêt. Le centre universitaire de la ville accueille ainsi depuis lundi dernier une rencontre nationale sur les manuscrits du patrimoine islamique à laquelle participent une trentaine d’universitaires et spécialistes du patrimoine culturel et scientifique. Les débats de cette rencontre tourneront autour de trois thèmes : l’importance de la science des manuscrits, le rôle des zaouïas du sud-ouest du pays dans la préservation de ce patrimoine et les méthodes et techniques pour l’étude des manuscrits.

 

Une vingtaine de communications résumant les fruits des travaux de nombreux chercheurs, dont ceux du laboratoire des manuscrits de l’Université d’Oran, seront exposées et débattues. Parallèlement, une exposition sur les bibliothèques des localités de Kerzaz et El Ouata est organisée à l’esplanade du centre universitaire. Avant cette rencontre autour du manuscrit, la ville de Béchar avait accueilli la première édition des Journées culturelles des ksour organisées par le ministère de la Culture avec la contribution de l’association locale Tamassrit du ksar Mougheul qui active depuis des années dans le domaine de la protection du patrimoine de la région. Ces journées qui visaient essentiellement la valorisation du patrimoine des espaces ksouriens sous toutes ses formes et expressions, se sont essentiellement intéressées aux moyens à mettre en œuvre pour une réelle prise en charge de l’ensemble des composantes du patrimoine matériel et immatériel tant à travers la Saoura que dans d’autres régions du pays. A l’issue des travaux, les participants ont suggéré la création d’une annexe du Centre national des manuscrits, qui se trouve à Adrar, et d’une banque de données locales pour la poésie. Parmi les principales recommandations émises, on citera l’élaboration d’un programme de formation sur les technologies de restauration des sites et monuments et la reconversion des ksour restaurés en des espaces d’activités culturelles et de rencontres scientifiques. Les séminaristes ont également souligné la nécessité d’organiser une campagne de sensibilisation pour convaincre les habitants des ksour de l’importance de la préservation et de la protection de l’ensemble des composantes du patrimoine culturel et architectural de ces espaces, dont la construction remonte pour la plupart à plus de 15 siècles. Et s’il est vrai qu’il reste à concrétiser si ce n’est toutes ces recommandations du moins une partie, ces Journées ont cependant été «un succès total en raison des manifestations et des activités scientifiques, culturelles et artistiques, animées à travers plusieurs ksour de la région», ont affirmé les participants.

 

Ces rencontres ont, en fait, confirmé la tendance qui se dessine à Béchar. Elles ont permis aux associations culturelles locales de montrer ce dont elles étaient capables et ce qu’elles ont fait pour la valorisation du patrimoine matériel et immatériel de la région de la Saoura. La preuve en sera ce regain d’intérêt pour la culture que connaît la région, qui s’est manifesté par, entre autres, l’ouverture d’une bibliothèque des manuscrits au ksar de Kenadza, l’organisation de festivals de musiques traditionnelles, la tenue de rencontres sur la poésie populaire et l’exposition d’œuvres d’artistes de la région. Et ce ne sont là que des exemples d’actions menées par des associations qui manquent certainement de moyens tant financiers que matériels. On peut imaginer ce que serait la culture à Béchar et dans la Saoura si elle bénéficiait de tous les soutiens et aides dont elle a besoin. C’est d’ailleurs aussi valable pour le reste du pays. Car, quel que soit le régime politique ou économique, la culture en aura toujours besoin et doit être soutenue par l’Etat qui ne peut en aucun cas se désengager entièrement de ce qui fait l’identité du peuple.   

 

Source : R. C., La Tribune.

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