Tout sur Béchar et la région de la Saoura
C’est ainsi que le «Goumbri», le «karkabou» et le «Guenga» désignent respectivement l’instrument à cordes, les crotales et le tambour. Il existe trois genres (Toboâ) de Diwan. Le genre El Filali pratiqué au Maroc, celui Chergui pratiqué dans le Nord algérien et le genre Touati existant au Sud de notre pays. A Bechar, il y avait, au cours des années 70, deux Diwans différents par leurs composantes humaines et par leurs genres. Le Diwan du Mokadem Salem, père de la chanteuse Hasna, et du Mokadem Mejdoub, héritiers du Diwan de Mokadem Faradji Bel Lahbib avait le genre Touati. Le Diwan de Mokadem Blal Essaïdi (de Saïda) avait le Chergui qu’il avait ramené avec lui. Le Mokadem Salem se faisait seconder par sa sœur Lala Mina qui exerçait la fonction de Aârifa et couvrait d’un drap vert les femmes entrées en transe. Toujours du point de vue lexical, «Boulel» désignait le fouet fait à partir du nerf de bœuf noir sacrifié. Le terme «Namayou» désigne la femme et «Bawa» les adeptes de la confrérie. La «sanda» est la danse des bâtons et «Kovo bango» le maâlem. En ce qui concerne la symbolique, qui ne se souvient pas du taureau noir servant de mascotte que les Ouled Sidi Blal déambulaient avec eux dans leurs exhibitions rituelles dans la rue. Le taureau capé représente le traître des esclaves, «Merzoug», qui, à la fin de l’exhibition, sera immolé pour garnir le coucous des festivités. La «Djedba» est une sorte de délivrance des démons car, dans la croyance anté-islamique des esclaves, l’animisme, les démons peuvent entrer dans le corps du possédé, d’où «Meskoun» ou habité par le Djinn. D’ailleurs «labradj», pluriel de «Bordj» et l’encens utilisé sont en fonction de l’invocation de tel ou tel esprit. Laârifa qui sert de médium parle au cours des transes et les paroles qu’elle prononce sont perçues comme étant celles de l’esprit invoqué. La «Djedba» qui sert parfois d’exorcisme pour délivrer certains malades des esprits qui les habitent se termine toujours par l’écoute de ce que «Laârifa» prononce. Le plus souvent c’est l’immolation d’un bouc noir sans tache ou d’un coq de même couleur, selon le statut social du malade ou du demandeur. le «Jaoui soudani», encens africain à base de résine, brûle à profusion en propageant une fumée opaque. Les présents peuvent en avoir une partie en fonction d’une obole offerte en contrepartie. En ce qui concerne la gent féminine, il existe à Kenadsa une troupe gnaouie nommée «Karktou».
Source : A. Messaoud, La Voix de l'Oranie.