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Grande vallée façonnée par l’Oued portant le même nom, la Saoura est l’une des régions les plus attrayantes du sud algérien. Elle est limitée au Nord par les Monts des Ksour et le Haut Atlas marocain, à l’ouest par la Hamada du Draa, à l’est par les oasis du Tidikelt et au sud par le plateau du Tanezrouft. Un décor fait de paysages lunaires de la Hamada du Guir contrastés à l’autre rive par les splendides dunes dorées du grand Erg Occidental. Entre ces deux ensembles féeriques s’incrustent, tels les joyaux d’un collier, palmeraies et ksour le long du lit des Oueds.

 

  

 

Dimanche 27 mai 2012 7 27 /05 /Mai /2012 20:06

La troupe Diwan El Waha de Béchar a décroché le premier prix du concours du sixième Festival  de musique diwane de Béchar, clôturé jeudi dernier au stade En Nasr, après une semaine de compétition. Abdelaoui  Abdelhakem (Maâlem Hakem), leader du groupe El Waha, a obtenu le prix du meilleur joueur de gumbri du festival.

Nassim Chetouhi du groupe Diwane El Bahdja d’Alger a partagé la même distinction. Diwane El Bahdja a également été classé à la deuxième position devant Nora Diwane de Béchar. Un hommage particulier a été rendu à Mohamed Bahaz de Blida, 72 ans, pour l’ensemble de sa carrière dans le domaine de la tradition diwane. Le président du jury, l’ancien ministre Lahcen Moussaoui, a estimé que la décision a été prise «en toute âme et conscience», selon les critères retenus pour le concours. «Le diwan n’est pas un genre musical particulier. Il est plus que cela compte tenu de ses racines et de ses secrets. Quel que soit le poids de la modernité, il faut veiller à préserver ce patrimoine, ses spécificités, ses instruments et ses chorégraphies», a-t-il déclaré lors de l’allocution d’annonce des résultats.

Nora, la seule femme à avoir participé au concours, n’a pas apprécié le verdict du jury. «Je mérite la première place. J’ai représenté l’Algérie dignement en Ethiopie. Personne ne m’a dit merci ici à Béchar. On méprise les artistes. On n’arrive pas à sortir du clivage entre les Noirs et les Blancs. Pourtant, nous sommes tous Algériens. Pourquoi ne sort-on pas de cette mentalité. Je suis la seule femme à jouer du gnawi. Et pourtant !», a protesté Nora. Pour certains festivaliers, Nora fait plus dans la variété que dans le diwan pur, d’où son classement en troisième position. Hocine Zaïdi, commissaire du festival, a qualifié de normale la réaction de colère des candidats et a précisé que l’évaluation se fait sur le travail exécuté sur scène.

«Tout le monde a la prétention d’être le meilleur. C’est légitime d’y penser. Le jury a fait son travail en toute indépendance. Le niveau artistique des troupes participantes n’était pas le même. Il faut peut-être faire un travail en amont en organisant des présélections au niveau des régions avant d’arriver au festival. On va y penser, même si nous sommes une équipe réduite. Nous n’avons toujours pas de local pour le commissariat du festival. On se réunit à la maison de la culture. Les conditions de travail ne sont pas encore bonnes. On ne peut pas préparer un programme sur la durée», a-t-il regretté. Il a reconnu l’absence d’un maâlem (qui joue le gumbri dans une troupe de Diwane) du jury. «Faut-il instaurer un concours entre des groupes interprétant du diwane, une musique traditionnelle ? Il faut revoir les critères. Il est important de passer à une phase qualitative puisque le festival est aujourd’hui bien installé», a soutenu Hocine Zaïdi précisant que la composante du jury sera également revue pour les prochaines éditions.

Pour lui, les master-class avec les enfants et la parade d’ouverture étaient une réussite pour la sixième édition du Festival de Béchar. «Parmi les moments forts, la présence parmi nous du groupe marocain Lemchaheb. La projection de films lors du volet réservé aux conférences doit être encouragé dans le futur, car nous avons vu que cela avait provoqué un certain débat. Les films sont plus accessibles que les conférences elles mêmes. Il faut peut-être susciter des vocations et encourager les gens à produire des documentaires sur le diwane», a proposé le commissaire du festival, reconnaissant au passage être quelque peu fatigué.

Il a appelé à doter Béchar d’infrastructures culturelles dignes de ce nom, comme un théâtre de plein air pour permettre l’organisation d’activités culturelles dans des conditions adéquates. Parmi les heureux de la soirée, Maâlem Hakem, doublement primé. «Ce premier prix va m’encourager à continuer la recherche dans mon travail. Je vais répéter et répéter jusqu’à atteindre la perfection. Je suis pour la rénovation du diwane à condition de respecter les règles de base. Il faut séparer entre le diwane traditionnel et le diwane fusion», nous a-t-il déclaré. Les trois lauréats du Festival de Béchar sont qualifiés d’office au Festival international du diwane d’Alger, prévu en juillet prochain.

La soirée a été animée par la troupe Sarwiya, composée d’enfants, qui a rendu un hommage à la défunte Warda El Djazaïria en reprenant Aïd Al karama. Ce récital, résultat de master-class, a été suivi par un concert en fusion entre trois groupes de diwane, Tourath d’Oran, El Bahdja d’Alger et El Waha de Béchar.
La plupart des bradj du diwane ont été repris par ces trois groupes qui ont créé une ambiance festive au stade En Nasr. Enfin, les présents ont été agacés par le cérémonial de «distribution» d’hommages (takrimate) inutiles et sans raison au wali, Abdelghani Zaâlane, et à ses collaborateurs lors de la clôture du festival. Faut-il à chaque festival donner des petits cadeaux aux représentants de l’administration locale ? La question se pose.

Source: F. Métaoui, El Watan.
Par Sofiane - Publié dans : Culture
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Samedi 26 mai 2012 6 26 /05 /Mai /2012 20:17

Le groupe El Ferda a envoûté, mercredi soir, le public présent au stade « Ennasr » à l’occasion des soirées programmées au titre de la 6ème édition du festival national des musiques et danse Diwane.
Ce groupe de chants et musique de genre Melhoun, après un istikhbar d’usage, a interprété plusieurs chansons de son répertoire, notamment Ya Karim El-Kourama, qui a fait sa célébrité, nationale et internationale.

Ghazal Fatma, Ben-Bouziane et d’autres belles chansons de ce groupe ont été très appréciées par les plus de 2 000 spectateurs présents à cette soirée. Auparavant, les groupes Diwane de Gnawa el Waha de Bechar et Ahl Diwane d’Oran ont gratifié l’assistance de plusieurs Bordj, ou chants puisés dans le répertoire ancien du Diwane.

Le Maâlem (maître) Hakem de la troupe Gnawa el Waha, l’un des meilleurs joueurs de Guembri, instrument à cordes à la base de la musique Diwane, n’a pas laissé, lui aussi, le public indifférent de par sa maitrise du jeu de cet instrument, confirmant ainsi son statut du plus jeune Maâlem du Guembri à travers le pays.

Pour ce jeudi, où est prévue la soirée de clôture et de remise des prix aux trois meilleurs groupes, une master-classe animée par plusieurs musiciens des différentes troupes participantes est au menu de cette soirée finale.

 

Source: AlgerieSite.

Par Sofiane - Publié dans : Culture
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Vendredi 25 mai 2012 5 25 /05 /Mai /2012 20:15

Lahcen Torki, un des fondateurs de l’association Salama pour la protection du patrimoine, enseigne la musique à la Maison de la culture de Béchar. Lors du 6e Festival de la musique diwane, qui s’est tenu jusqu’à hier à Béchar, il a plaidé pour «la rénovation» de la tradition musicale gnawi. Ce qu’il propose ne fait pas consensus. Débat.

-Vous plaidez pour l’introduction de nouvelles sonorités dans le diwane. Pourquoi ?

C’est une contrainte. On doit renouveler la musique du diwane parce qu’elle est devenue mondiale. On doit revoir la composition de cette musique. Il faut y introduire des changements dans le fond et dans la forme. Même dans les rites, pourquoi pas ? On ne doit pas présenter cette musique aux spectateurs avec les mêmes anciennes méthodes. L’auditeur actuel est ouvert sur ce qui existe dans le monde, sur les nouvelles technologies… Pour être à cette hauteur, le diwane doit être renouvelé, rafraîchi…

-Et que faut-il introduire dans cette musique ?

On doit utiliser d’autres modes musicaux. Ne pas se contenter du pentatonique, mais utiliser le majeur, le mineur. Pourquoi ne pas introduire d’autres instruments tels que les guitares classiques et basses, le luth ? Ce mixage va peut-être nous donner une autre vision sur cette musique.

-Aller vers des fusions, peut-être ?

Une fusion et un changement en même temps. Un changement dans la composition et l’harmonie. Malheureusement, l’harmonie est absente dans la musique diwane. Le rythme est déjà présent. Il faut le sauvegarder. Mais il faut ajouter au karkabou d’autres instruments de percussion, la batterie…

-La musique du diwane est-elle folklorique, populaire, religieuse, rituelle ?

Ces appellations ne s’adaptent pas à la musique du diwane. Le diwan est une musique de spectacles, de festivités. Avec le temps, elle a changé. Chez nous, il n’existe pas de musique de classes. Et la musique du diwane est celle de tout le monde. Une musique qui fait partie du patrimoine.

-Quelle différence y a-t-il entre le diwane algérien et le gnawi marocain ?

C’est la même racine. Mêmes rythmes et traditions. Il y a des différences dans la manière de s’adapter aux rites. Les textes se ressemblent. La plupart des textes ont une origine africaine. Au fil du temps, les paroles se sont mélangées avec celles du Maghreb. Cela concernait surtout les textes religieux. Le diwane a été quelque peu adapté à certains rites religieux.

Source: F.Métaoui, El Watan
Par Sofiane - Publié dans : Culture
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Vendredi 25 mai 2012 5 25 /05 /Mai /2012 20:08

Au 6e Festival de la musique diwane, un musicien fait sensation. Il a détourné le gumbri, au bonheur des puristes.

Mâalem Hakem est jeune. Moins de 30 ans. Il est né dans le diwane à Béchar, ville connue par ses mhala (confréries). Comme tous les mâalmine, il joue du gumbri, l’instrument sacré de cet univers rituel et artistique des temps anciens. Mâalem a «osé» innover en introduisant des modifications au gumbri. «J’avais déjà un gumbri avec des cordes aiguës. Des amis musiciens jouaient, eux, du gumbri avec des cordes graves. J’ai eu l’idée de mélanger les deux en un seul. Une gumbri à six cordes ou à trois cordes doublées. J’ai un peu risqué, mais cela a donné un bon résultat», nous a expliqué mâalem Hakem, mercredi soir, quelques minutes avant de monter sur scène au stade En Nasr de Béchar.

Avec sa troupe, Diwane El Waha, mâalem Hakem participe au 6e Festival de musique diwane, qui s’est achevé hier soir. «Hakem ! Hakem !», criaient les nombreux jeunes venus les écouter. Le mâalem au gumbri aux six cordes est une star dans la région. Il a une parfaite maîtrise du chant diwane et du jeu d’instruments. «Les autres mâalmine ne m’ont pas encore écouté jouer de ce gumbri. C’est la première fois que je monte sur scène avec l’instrument. J’envisage d’en faire un élément de fusion musicale dans le futur», nous confie encore mâalem Hakem conscient d’avoir enfreint une règle «sacrée» ou peut-être «rigide».

Mais il l’assume, lui qui a appris seul le jeu du gumbri, quelque peu aidé par mâalem Mohamed Belâalem. L’adhésion des présents, dont des puristes de la tradition gnawi, a été totale. L’enchaînement des bradj (morceaux musicaux du diwane) a été réussi : Rassoul Allah, Mbara, Sergou, Hamadi… El Waha, qui existe depuis six ans, a pris part, en 2009 en Chine, à une tournée culturelle algérienne. «Le public a adoré notre musique. Il s’est vite adapté à nous. Cela nous a étonnés ! On dirait que les Chinois connaissaient le diwane !», se souvient Abdelerrezak Kirayou, membre d’El Waha. mâalem Hakem et El Waha travaillent actuellement sur un nouvel album diwane traditionnel. La fusion se fera plus tard.

Entre melhoun et haidouss

Le groupe El Ferda de Kenadsa (Kenadsa est située à 20 km de Béchar) a pris le relais sur scène dans un autre style musical, le melhoun. Larbi Bastam, Hocine Zaïdi et les autres membres du groupe, habillés comme d’habitude en blanc, ont interprété des chansons connues de leur répertoire : Sewlt nefsi (une chanson de Tahar Bensaïd El Kandoussi, aujourd’hui disparu), Krim el kourama, Cheikh Benbouziane et Chayallah ou bik ya el badawi. Les jeunes de l’Association Ouled Sidi M’hamed Bouziane de Kenadsa ont accompagné El Ferda sur scène, munis de leur karkabou et tbal. Ils sont une dizaine à vouloir perpétuer l’héritage haidouss, genre musical de la région. «Nous n’avons pas l’habitude de la scène. Jusque-là, nous nous sommes produits à Tlemcen et à Sidi Bel Abbès. Nous récupérons les textes et les airs des vieux de Kenadsa comme Benderouiche et Bendjillali pour les chanter», nous explique Belkacem Boudinar, chef de la troupe.

Larbi Bastam d’El Ferda a, pour sa part, reconnu que c’est la première fois que Ouled Sid M’hamed Bouziane accompagnent le groupe dans un concert. «Nous avons voulu les encourager. Leur présence sur scène a ajouté de l’ambiance. La chorale était plus grande et le rythme plus intense. Les pas de danse exécutés ont donné une autre couleur et une autre chaleur à notre prestation. On fera encore une fois appel à eux dans le futur», a expliqué Larbi Bastam. El Ferda vient de faire sortir un coffret contenant dix-sept titres édités par l’Office national des droits d’auteur (ONDA). Un coffret pas encore mis en vente. «Le but de cet enregistrement est de sauvegarder le patrimoine musical. Nous envisageons de continuer les recherches et de faire sortir d’autres textes et les faire connaître du public», précise Larbi Bastam. Il a appelé à créer un conservatoire ou une école de musique pour enseigner et protéger le patrimoine de la région de la Saoura.

«Actuellement, la transmission ne se fait qu’oralement, de mémoire en mémoire. Il faut écrire tout cela et le laisser pour les futures générations. Il faut aussi assurer la relève», plaide-t-il. Larbi Bastam a encadré une master class à la faveur du Festival du diwane dans un souci de transmission. Il est peut-être temps de poser sérieusement la question de l’enseignement des musiques populaires et traditionnelles algériennes à l’Institut national supérieur de musique (INSM). A défaut, il faut créer d’autres structures d’enseignement en impliquant l’université pour éviter la perte irréversible du patrimoine artistique du pays. Un patrimoine qui appartient aussi à l’ensemble de l’humanité...

Source: F. Métaoui, El Watan.
Par Sofiane
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Mercredi 23 mai 2012 3 23 /05 /Mai /2012 20:58

Ce Festival regroupe annuellement plus de 120 maâlems (maîtres), musiciens, chercheurs et journalistes.

La classification de la musique et de la danse diwane, en tant que patrimoine culturel immatériel national, est nécessaire pour la préservation et la protection de cet art populaire, ont indiqué des chercheurs et responsables de troupes, rencontrés en marge de la 6e édition du Festival national de la musique diwane à Béchar.
Cette expression chorégraphique et musicale, ou plutôt cet héritage culturel enraciné dans la longue histoire du pays, doit maintenant faire l'objet d'une classification, afin de conforter les chercheurs en patrimoine et les adeptes du diwane, a souligné M.Azzeddine Benyakoub, de l'université de Béchar.
L'apport des études anthropologiques, sociales et culturelles, constituent un outil «important» pour le développement et la protection de ce patrimoine dont l'héritage culturel et social est partagé par plusieurs régions du pays, observe le Dr. Mansour Margouma, chercheur en patrimoine à l'Université de Mostaganem. La présence à travers le pays de troupes de diwane est une preuve de la préservation par la population, notamment les jeunes musiciens, de cet héritage culturel et social, d'où la nécessité de la création de «laboratoires ou structures spécialisées dans son étude au niveau de nos universités», a estimé l'universitaire Mohamed Belkhedem, lui-même membre d'un groupe diwane à Oran.
La classification au patrimoine national immatériel du diwane est «salutaire pour sa survie et la pérennité d'une sonorité musicale séculaire», note, de son côté, le maâlem (maître) Bahaz Mohamed, de la troupe Gnawa de Blida.
L'artiste, qui passe pour être actuellement l'un des doyens des musiciens du diwane dans le pays, estime que «cette classification, si elle aura lieu, constituera un moyen efficace pour la préservation de cet art populaire». Plusieurs autres musiciens des autres régions du pays abondent dans le même sens et pensent que le Festival de la musique diwane de Béchar nourrit ce souhait de classification de ce patrimoine.
Ce Festival, qui regroupe annuellement plus de 120 maâlems (maîtres), musiciens, chercheurs et journalistes, est considéré par le ministère de la Culture comme une contribution des pouvoirs publics à la valorisation et la connaissance académique du diwane, «d'où notre soutien à toute décision de sa classification», a fait savoir le commissaire du festival, M.Hocine Zaïdi.

 

Source: L'Expression.

Par Sofiane - Publié dans : Culture
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Mercredi 23 mai 2012 3 23 /05 /Mai /2012 20:10

Es-Sed a rendu hommage au groupe marocain «Lemchehab», dont il s’inspire dans une partie de son répertoire ghiwani, en reprenant Ya latif.

ôpère ! la nuit est longue et son obscurité a trop duré. Raconte-moi comment est mon pays, comment est le savoir. Celui qui est jeune apprendra et comprendra (…) Les cœurs ne seront purs qu’une fois la hogra abolie.» Premières paroles d’une chanson réquisitoire contre l’injustice du groupe Es-Sed, interprétée lundi soir au stade En-Nasr à Béchar lors d’un concert organisé à la faveur du sixième Festival de la musique diwane. Cette chanson fait partie du nouvel album du groupe musical le plus illustre de la Saoura. «Taâlou ya lwlad nzahaw nkhilou el ham fe halou» («Venez les jeunes pour qu’on s’amuse et oublions les malheurs») est un autre extrait du nouvel opus, «Li âad seghir» (Celui qui est encore jeune), chanté également devant un public nombreux.

«Nous faisons les dernières retouches à cet album. Il sera dans les bacs l’été prochain. Notre public est composé essentiellement de jeunes. Nous sentons donc une certaine responsabilité à leur égard. Nous voulons lui transmettre des messages», nous a expliqué Lahcen Bestam, leader d’Es-Sed. L’album comportera huit chansons, dont Bladi bladi et une autre contre la violence dans les stades, El kora li tejmaâna.  Es-Sed n’a pas manqué, en exhibant les maillots jaune et vert de la Jeunesse sportive de la Saoura (JSS), de saluer l’accession du club de football en première division, permettant pour une fois au sud du pays d’être présent parmi le gotha sportif national. Es-Sed a rendu hommage au groupe marocain «Lemchehab», dont il s’inspire dans une partie de son répertoire ghiwani, en reprenant Ya latif . 

«Lemchehab» a animé la première soirée du Festival de musique diwane de Béchar, marquant ainsi un retour dans cette région du Sud-Ouest algérien, 38 ans après le premier concert. Munis de bendir, tumba, batterie, derbouka, kerkabou et mandole, les musiciens et chanteurs d’Es-Sed ont réussi à plonger les présents dans une belle ambiance musicale assez rare dans la Saoura. «Nous avons l’habitude de ne pas préparer de programme. Nous nous adaptons au public», a confié Lahcen Bestam. Il a regretté que le festival du diwan se tienne toujours dans un stade en tuf. «Il est anormal que Béchar n’ait pas de théâtre de plein air où l’on puisse organiser normalement des activités artistiques et dans des conditions convenables. C’est injuste. Il manque beaucoup d’autres choses à Béchar, région connue pour ses artistes. A longueur d’année, il ne se passe presque rien ici, mis à part ce festival. Un festival organisé dans des conditions difficiles», a-t-il déclaré, appelant à aider les talents qui restent toujours dans l’ombre. «Il faut penser à ceux qui n’ont pas eu notre chance. Il existe des énergies qui ne demandent qu’à être libérées», a ajouté le leader d’Es-Sed.

Dernièrement, la Cinémathèque de Béchar a été rouverte au public après des années de fermeture. Le public du festival a été invité à assister à la projection du documentaire de Larbi Lekhal, Abdelkrim Al Maghili, produit à la faveur de l’événement «Tlemcen, capitale de la culture islamique 2011». A cette occasion, Larbi Lekhal a salué le retour d’une certaine vie culturelle à Béchar après une longue période de sommeil. Avant la montée sur scène d’Es-Sed, la troupe Jouharat Diwane, participant au concours du festival, a assuré la première partie de la soirée, qui a été quelque peu perturbée.

Curieusement, la police a exigé de terminer le service à…minuit. «Police-cendrillon !», a commenté un festivalier. Aucune explication n’a été donnée à cette décision qui confirme encore une fois qu’à Béchar la police d’El Hamel a d’autres «préoccupations» que la sécurité des citoyens. Sinon comment expliquer cette volonté manifeste de vouloir «saboter» un festival culturel national ? Pourquoi la police doit-elle arrêter sa mission à minuit et pas après ? Du jamais-vu ! Les organisateurs ont été obligés de supprimer le groupe Ahl Gnawa venu de la lointaine Mohammadia de la programmation, pour s’adapter aux conditions des représentants locaux de la DGSN.

Source: F. Métaoui, El Watan.
Par Sofiane
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Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 20:11

Très populaire à Béchar et même dans toute l’Algérie, Essed a pris part, pour la sixième année consécutive au Festival national de la musique Diwan, et a présenté un mix entre ses anciens succès, et les prochains titres qui figurent sur leur nouvel album.

 

 

Originaire de Kenadessa, la célèbre formation Essed, qui a été reconstituée entre 2005 et 2006, et en est aujourd’hui à la troisième génération, a présenté, lundi soir au stade En-Nasr, des extraits de son prochain album qui sort le mois prochain. Elle n’a pas privé le public, venu nombreux, de quelques-uns de ses titres phares, à l’exemple de « Ya latif », un morceau de Lemchaheb, repris à la sauce Essed. Mais qu’est ce que la sauce Essed ? D’abord des paroles engagées, des rythmes entrainants qui invitent à la fête, et une harmonie entre les musiciens-chanteurs. Essed s’illustre donc dans le genre Ghiwane, mais joue à sa manière le répertoire sacré du Diwane, à certaines occasions. Mené par son leader emblématique, Lahcène Bastam, le groupe qui a enrichit sa palette de sonorités notamment avec une Tumba, a fait revisité dans l’effervescence générale, les tires « El mizan maâdoul » (le titre phare du prochain disque qui comporte huit titres), « El kora li tejmaâna » (un morceau sur la violence dans les stades), « Ola, ola, sahraoua yelaêbou el kora » (un clin d’œil à l’équipe de football JS Saoura qui a accédé cette année à la première division), et « Tmenit ya rebbi l’Algérie champion » (une chanson pour l’équipe nationale de football). Près d’une heure de spectacle c’était peut être un trop court ! En tout cas, Essed se produiront le 3 juillet prochain à Alger, et le 4 juillet à Ain Defla. En attendant, on aura tout le temps de savourer l’album qui sort en juin.

 

Le coup de gueule de Lahcène Bastam


Rencontré quelques minutes avant de monter sur scène, Lahcène Bastam est revenu sur le lieu où se tient le festival : un stade de football qui n’a pas pour vocation d’abriter des concerts. « Nous sommes à la sixième édition du festival et il se tient encore dans un stade de football. Béchar n’a même pas un théâtre de verdure où le public pourrait s’asseoir et assister aux spectacles. C’est injuste pour une ville comme Béchar qui est importante et qui a des artistes connus. Je lance un appel pour que l’an prochain, il y ait un théâtre de verdure », a-t-il martelé. Il y a, en effet, quelques gradins très loin de la scène, le reste des spectateurs restent debout toute la soirée. Un écran géant a été installé pour permettre à ceux assistent aux concerts du côté des gradins de voir le spectacle…de loin. Outre Lahcène Bastam, beaucoup d’autres artistes de Béchar ont déploré l’inexistence d’un théâtre de verdure, qui permettrait aux talent de la région (et ils sont très nombreux) de se produire à longueur d’année, dans des conditions professionnelles. Le leader d’Essed dira, par ailleurs, que même si sa formation n’est pas vraiment concerné par la marginalisation, « les artistes ici sont ‘mahgourines’ et n’ont pas tous notre chance. Pourtant, les artistes à Béchar ont beaucoup de talent et pratiquent la musique avec art, mais ne réussissent pas à émerger ».

 

Source: S. Kharfi, Liberté.

Par Sofiane - Publié dans : Culture
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Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 20:50

La soirée d’ouverture du 6e festival national de la musique Diwane de Bechar, a vu le passage du groupe marocain de chants engagés, "Lemchaheb", a été marquée par la présence d’un public nombreux, en grande partie des jeunes, ce qui a créé quelques débordements sans gravité et démontre l’envergure qu’a pris ce festival, a indiqué M. Zaidi Hocine.

Ce festival, auquel prennent part une vingtaine de troupes, dont 12 en compétition, "constitue un moyen très important pour la promotion de ce patrimoine musical national", a-t-il précisé.

Le passage samedi en soirée des troupes de Diwane BA hadja d’Alger, Gnawa de Blida et Sara Ksar de Bechar, a été une occasion pour ces troupes de confirmer leur statut et de s’illustrer.

En effet les différentes compositions et les représentations artistiques, hautes en couleurs, de ces troupes a permis aux spectateurs, dont de nombreuses familles, d’apprécier les différentes danses et chorégraphies de ces troupes, appuyées par un jeu musical à la hauteur des attentes du public, connaisseur du Diwane.

Ces trois troupes en compétition ont démontré une connaissance et une maîtrise parfaite des textes et musique Diwane, augurant d’une "réelle pérennité" de cette expression musicale et chorégraphique, selon des spécialistes et chercheurs dans ce genre musicale, présents à Bechar pour la circonstance, dont Dr.S enouci Saliha chercheur en patrimoine musical populaire au centre de recherche d’anthropologie sociale et culture d’Oran (CRASC).

En marge des représentations artistiques, un cycle de conférences-débats sur le thème "Diwane, art et tradition culture" est organisé à la maison de la culture. Divers sujets, à l’exemple de la "musique Diwane entre tradition et modernité", "le rôle social de la musique Diwane", et les modes de préservation et de classification de cet art, sont débattus par des chercheurs nationaux.

Pour cette édition, le commissariat du festival a innové par la projection, ce dimanche, du film-musical "Tagnawittude", de Rahma Benhamou El Madani. Cette œuvre cinématographique de 1h 20 minutes, démontre le passage du Diwane algérien et Gnaoui marocain du sacré au profane, à travers des interviews réalisés avec Kateb Amazigh et plusieurs autres Maâlems (maitres) de cette musique.

La réalisatrice, qui a animé un débat à l’issue de la projection de sa production, a estimé que son travail s’inscrit dans la "logique des nouvelles réalités de cette musique, qui du sacré est passée en une décennie en de véritables grands spectacles, donnés par des musiciens algériens et marocains à travers le monde, d’où le succès mondial que connaît ce genre musical ancestral, dont l’héritage culturel est partagé par l’ensemble des peuples du Maghreb", a-t-elle souligné.

APS

Par Sofiane - Publié dans : Culture
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Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 20:14

Intriguée par la pratique de transe, l’algéro-marocaine Rahma Benhamou El Madani, documentariste, a voulu pousser la curiosité jusqu’au bout. Après avoir reçu un CD de Gnawa Diffusion le groupe de Amazigh Kateb à la radio où elle travaille, elle s’est intéressée encore plus à l’univers de cette musique.

Béchar

De notre envoyé spécial

Même si le fils de Kateb Yacine ne faisait que de la fusion entre le gnawi et le reggae, Rahma Benhamou  lui a réservé un large espace dans son reportage « Tagnawittude », projeté dimanche à la Maison de la culture de Béchar à la faveur du sixième Festival de la musique diwane.  Amazigh Kateb y évoque « l’africanité » et révèle comment il jouait faussement le gumbri. « Amazigh Kateb est un chanteur algérien qui n’a rien avoir avec la Gnawa. Il s’est rapproché de cette confrérie comme d’autres l’ont fait », raconte-t-elle dans ce reportage. Les mâalime  Boussou et Benaissa y sont également montrés mais n’ont pas eu droit à la parole alors qu’ils pouvaient dire beaucoup de choses. Pour expliquer la culture Gnawa, Rahma Benhamou El Madani a tendu son micro à un guitariste français du groupe Gnawa Diffusion au lieu de faire parler des chercheurs ou des historiens.

Elle a évoqué le festival Gnawa d’Essaouira au Maroc sans qu’on voie bien de quoi il s’agit exactement mise à part quelques extraits réduits de spectacle. Des mâalmine marocains dont Hamid Bakhou et Abdellatif Ould Sidi Amara sont interviewés. Certains parlent de l’énigmatique Bouderbala, le troubadour sage tant chanté par la communauté gnawie. D’autres tentent d’expliquer l’utilisation des couleurs (blanc, vert, rouge et noir) qui différencient les rites gnawi.

Le spectateur restera sur sa faim puisqu’il ne comprendra pas  le sens artistique et rituel de ces couleurs. Et Rahma Benhamou El Madani n’a fait aucun effort pour donner ne serait-ce qu’un début d’explication. Elle s’est étalée à travers ses images parfois agaçantes sur le phénomène de la transe liée au chant gnawa. Sans plus. D’où la sensation d’exotisme. En quelques minutes, la réalisatrice a souligné l’existence d’un certain rite diwane à Sidi Bel Abbes en montrant des images de danses de rue et de moutons égorgés. Là aussi, peut de choses sont dites. La démarche de Rahma Benhamou El Madani est très discutable.

Le souci pédagogique est complètement absent. Ce n’est pas en regardant « Tagnawittude » qu’on saisira la profondeur historique et sociologique de la culture gnawie. « Je ne suis pas une scientifique. J’essaie d’être très simple. Je n’aime pas faire parler les spécialistes. Ma façon à moi est de permettre aux gens qui sont à l’intérieur de la musique gnawa d’en paler avec leurs mots et leurs sensibilités », a expliqué Rahma Benhamou El Madani, après la projection du reportage.

Elle a reconnu avoir sollicité l’universitaire Zineb Majdouli qui a préparé une thèse sur la musique Gnawa et la sociabilité de la transe.« Je n’aime pas dire aux gens comment ils doivent voir un film et comment ils doivent le percevoir. Je refuse d’expliquer à chaque fois ce qui est dit. On ne peut en une heure vingt minutes expliquer la culture gnawa et les rituels qui en sont liés», a-t-elle ajouté. Elle a estimé qu’il est important d’écouter les gens qui composent autour de la musique Gnawa comme Amazigh Kateb et qui créent des fusions. Les jeunes, selon elle, tente de reprendre l’héritage gnawa avec des expressions modernes.

 

Source: F; Métaoui, El Watan.
Par Sofiane - Publié dans : Culture
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Dimanche 20 mai 2012 7 20 /05 /Mai /2012 20:48

La ville de Béchar vibre depuis vendredi sous l'intensité des diverses activités culturelles nationales.

De la musique, de la danse, des conférences et débats sont au programme élaboré par les initiateurs du 6e Festival national de la musique diwane.
Ainsi, une vingtaine de troupes venues de plusieurs wilayas du pays animent cette édition dédiée à la musique et danse diwanes. Le coup d'envoi a été donné vendredi soir au stade Ennasr de la ville de Bechar, en présence d'un public nombreux.
La soirée d'ouverture de cette manifestation a été animée par le célèbre groupe marocain Lemchaheb.
Il a subjugué par son récital le public, en interprétant 12 chansons de son répertoire déjà très riche.
Parmi les activités adjacentes de cette édition, placée sous le signe de Diwane, art et culture, il est prévu la participation d'une pléiade de chercheurs, universitaires et cinéastes, nationaux et étrangers. Ces derniers animeront une série de conférences et projections-débats sur le thème selon les prévisions du commissaire du festival.
En marge des conférences et projections de documentaires, notamment «Tagnawittude» de la française Rahma Benhamou El-Madani, et «Rites diwane à Bechar» de Larbi Lakehal, des expositions sur les instruments de musique traditionnels et un atelier de démonstration des différentes phases de fabrication du goumbri. Le goumbri est un instrument à cordes traditionnelles.
Il est l'instrument de base dans la musique diwane.
Cette série d'activités est organisée à la Maison de la culture à Bechar. Des activités similaires du festival sont programmées dans d'autres communes de la wilaya pour toucher le plus grand nombre de citoyens des localités éloignées de la ville principale de Bechar.
Ainsi, des troupes participantes prévoient de sillonner les contrées et se rapprocher des populations locales afin de les faire profiter des activités artistiques durant la manifestation.
Cette année, il est question par ailleurs d'honorer les meilleurs groupes du festival. Des distinctions seront distribuées. Ainsi, trois prix récompensant les meilleures troupes seront décernées par un jury à la clôture du festival prévu pour jeudi prochain.

 

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Par Sofiane - Publié dans : Culture
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